Homélie du 21ème dimanche du temps ordinaire

dimanche 24 août 2025

Par le père Michel Desplanches, recteur

« N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » demande-t-on à Jésus. La question salut ne semble pas beaucoup préoccuper nos contemporains, même si elle peut surgir, ça est là par des conversions inattendues… ou des revendications identitaires pas toujours très éclairées. À cette question, Jésus ne donne pas de réponse chiffrée. Il n’y a pas de "numerus clausus" dans le cœur du Père.

Non, le Fils de Dieu nous prévient simplement  qu’elle est étroite la porte qui conduit au salut.

Qu’est-ce que cela peut signifier ? Elle est étroite, c’est-à-dire qu’elle ne se voit pas bien de prime abord. En effet, le Seigneur n’impose pas à son chemin. Il le propose à ceux qui le cherchent et qui acceptent les conséquences qu’implique cette démarche. Pourtant, nous aimerions, nous, un chemin évident, bien signalisé, une sorte d’autoroute du salut. Mais force est de constater que la taille des grands portails de nos églises ne suffit pas à les remplir! Si le salut était évident, il serait du même ordre que toutes les sagesse humaines et donc incertain et fragile. Or, l’Ecriture  nous rappelle que "la folie de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes". Quel est donc le critère pour passer par cette porte étroite, pour être accueilli par Dieu?

Le critère semble être la justice. Pour entrer dans l’intimité du Père, il faut être juste, c’est-à-dire ajusté à Dieu. La porte  reste fermée pour ceux et celles qui commettent l’injustice. Ils ne passeront pas.

Pourtant, on s’écriera comme dans l’Evangile de ce jour : « Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places… Seigneur, ouvre nous! » On reconnaît ici clairement la référence à la célébration de l’Eucharistie, à l’écoute de la Parole et au partage du repas du Seigneur.

Pourtant la pratique religieuse ne semble pas suffire à elle seule. Le culte extérieur est nécessaire n’est pas suffisant. Si la parole de Dieu est proclamée, c’est pour que quelque chose change en nous. Si nous recevons le corps du Seigneur, c’est pour que quelque chose change en nous.

Il nous faut sans cesse, sur le chemin de la foi, nous ajuster au cœur de Dieu, nous laisser imprégner par sa justice. Une vie qui change de logiciel, voilà la véritable conversion. Alors la porte s’ouvre:"On viendra de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi, prendre place au festin du Royaume."

À l’heure où nos pays se réarment massivement, à l’heure où le dialogue semble si difficile entre nations, il nous faut bien relire ce texte car ce qui est juste vient de Dieu. Et cela réclame toute notre attention et tous nos efforts. C’est sur ce point précis que se joue notre salut : une conversion sans retour.

Les artisans de justice et de paix entreront par la porte et droite, venant de tous les horizons. L’Évangile n’a pas de frontières et le salut n’est  la propriété de personne. Dieu seul ouvre la porte ou la tient fermée. Bien sûr, nous n’avons pas les clés de la justice universelle, mais, à notre mesure, nous pouvons faire nôtre la justice de Dieu. Fuyons les paroles qui blessent, les jugements sans miséricorde, les regards qui jugent impitoyablement.

Nous voulons le salut de notre âme ?

Changeons pour de bon! Le Seigneur, aujourd’hui, secoue nos certitudes qui peuvent être injustes et sans amour. Notre conversion est urgente, chers amis. Le temps que Dieu nous offre ne cesse de diminuer et la porte est étroite! Plus nous serons petits, plus notre ego se fera humble, plus nous pourrons franchir le seuil de la porte étroite qui conduit au cœur de Dieu. Pourquoi hésiter encore? C’est un bonheur sans fin qui nous attend!

 

Père Michel Desplanches

Recteur