Les paroles du psalmiste nous invitent à la confiance en Dieu, en ce Dieu qui montre sa fidélité et son amour tout au long de l’histoire, de notre histoire de vie. Et nous, aujourd’hui, nous lui disons : dans ton grand amour, Dieu, réponds-nous. Le prophète Jérémie a rencontré des difficultés et des oppositions lorsqu’il transmettait la parole reçue du Seigneur. Mais, confiant en Dieu, il a tenu bon, fidèle à sa mission de prophète. Faisant l’expérience que le Seigneur était avec lui, il a transmis la parole dont il était le dépositaire et qui était pour tout le peuple, pour l’humanisation de toute le peuple. Et, dans son chant, il reconnaît que le Seigneur a délivré le malheureux de la main des méchants.
Le Seigneur n’oublie pas les siens. La venue de Jésus en notre humanité est le signe efficace de cette volonté de Dieu de nous conduire à la vie et à la joie. Parce qu’il n’oublie pas les siens, le Père nous envoie son propre Fils pour que nous soyons libérés de l’emprise du mal et de la mort. En Jésus, nous dit saint Paul, la grâce de Dieu s’est répandue en abondance sur la multitude. Par son offrande sur la croix, le Christ nous obtient la guérison et la vie. De son cœur jaillissent les sacrements du baptême et de l’eucharistie qui donnent et entretiennent la vie de Dieu en nous. Lorsque nous regardons notre vie, nous constatons que le péché est encore présent, mais nous croyons que l’amour du Père, manifesté par le Christ, nous sauve et nous restitue sans cesse notre dignité d’enfants de Dieu, d’enfants bien-aimés. Solidement enracinés dans l’amour du Seigneur, nous marchons dans le monde de ce temps comme autant de témoins et de messagers. Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu, dit le psalmiste. Nous sommes, toutes et tous, des chercheurs de Dieu, des assoiffés de son amour et de la vie nouvelle qu’il nous offre afin que nous soyons au service de l’avènement de son règne de justice et de paix. L’Esprit qui nous est donné est une force et une lumière en vue du témoignage. Nous prenons conscience que là où nous vivons, nous sommes les témoins du Christ pour ce temps dans la simplicité de notre vie quotidienne et dans la diversité de nos vocations personnelles.
Les obstacles ne manquent pas lorsque nous voulons annoncer la parole de Dieu et proposer la rencontre régulière avec lui. Parfois nous nous laissons emporter par le flot des critiques et des reproches et certains s’en servent même pour justifier leur désertion et leur abandon de la vie en Église. Mais soyons suffisamment vigilants pour ne pas nous laisser conduire à la tiédeur ou au silence. Toutes ces difficultés ne doivent pas porter atteinte à notre liberté d’être des témoins du Christ vivant. Nous venons d’entendre Jésus nous dire : ne craignez pas… et proclamez sur les toits ce que vous avez écouté du Verbe de Dieu, ce que vous avez touché de sa présence d’amour, ce que vous avez expérimenté de sa fidélité et de sa bienveillance. Comme nous l’avons entendu dimanche dernier, nous avons reçu, à nous maintenant de donner. Mais de donner à la manière du Christ, dans une totale fidélité à la volonté du Père, pour le salut du monde.
Ne craignez pas d’enraciner votre vie dans l’amour de Dieu en apprenant à vivre simplement cet amour en tout instant ; ne craignez pas de vous mettre à l’écoute de la parole du Seigneur car elle est vérité et vie ; ne craignez pas de partager avec les autres vos raisons de croire et d’espérer ; ne craignez pas d’être concrètement des artisans de réconciliation et de paix à tous les niveaux des relations humaines. Ne craignez pas de donner vos vies pour le service du Seigneur et de vos frères et sœurs. Proclamez sur les toits et faites entendre la Bonne Nouvelle qui transforme la vie et donne l’audace d’être des coopérateurs du Seigneur.
Nous sommes tous artisans et responsables du présent et de l’avenir de notre Église, de notre monde, de nos communautés humaines. Comme vient de nous l’écrire notre Pape, « personne n’est sans responsabilité. Chacun dispose d’un propre champ d’action, et c’est là – et nulle part ailleurs – qu’il est appelé à choisir entre alimenter la logique de la force (ne serait-ce qu’avec indifférence, cynisme, mensonge, haine), ou conserver la logique de la paix (avec vérité, sobriété, proximité, attention) ».
Chaque petit geste accompli par amour est déjà une belle victoire. Chaque parole de confiance et de fraternité est déjà une belle victoire. Et de cela, nous sommes tous capables grâce au don de l’Esprit Saint qui rejoint notre liberté et notre bonne volonté. Avec le psalmiste, nous croyons que le Seigneur écoute les humbles, qu’il n’oublie pas les siens et qu’il nous regarde dans une grande tendresse. Ne cessons pas d’être des chercheurs de Dieu et de prendre notre part pour que la pleine lumière du Seigneur et sa Bonne Nouvelle parviennent à toutes les nations, à tous nos proches… et aussi à nous-mêmes.