Vous l’avez remarqué comme moi, les coachs sont partout. Nous en avons besoin en sport, au travail, en couple, en famille, à la paroisse… Partout !
Ceci n’est pas une mauvaise chose en soi, mais cela nécessite beaucoup de prudence car la supercherie n’est jamais loin.
L’autre jour, surfant sur Internet, j’ai trouvé qu’il existait une Université des sciences du bonheur qui proposait une formation au coaching dernier cri. Je suis alors retourné à l’Évangile que nous venons d’entendre. Jésus choisit son équipe. Il n’a pas bénéficié des dernières découvertes en neurosciences, il n’a pas pris en compte les nouveaux paradigmes apportés par les lois de la physique quantique, il n’a pas employé non plus les outils inédits et innovants d’intelligence et de régulation émotionnelle…
Non, il a simplement appelé personnellement 12 hommes, les a assurés de sa grâce et les a envoyés sur les chemins du monde.
Il aurait pu prendre ses précautions face à Pierre qui allait le renier ou à Judas qui allait le trahir. En plus, il ne confie pas à ses apôtres une petite mission. Ils ne vont pas vendre des aspirateurs ou faire des réunions Tupperware. Ils vont proclamer que le Royaume des cieux est tout proche. Pas facile à vendre tout ça! En plus, ils doivent donner des signes de la proximité de ce Royaume : les malades doivent être guéris, les morts doivent ressusciter, les lépreux doivent être purifiés et les démons chassés. Rien que ça… Et avec une formation ultra light…
Qu’est-ce que cela signifie ?
Eh bien, cela signifie que la grâce de Dieu seule opérera par eux.
Les qualités personnelles sont limitées chez chacun, c’est certain. Mais la grâce de Dieu est toute puissante. Quand Dieu appelle, quand Dieu choisit, il propose une alliance. Il s’engage dans la relation. Et quand une liberté se livre à la grâce, prévenante de Dieu, tout devient possible. Rien ne peut résister à la grâce puissante de notre Dieu. Seule notre liberté peut s’y opposer et notre péché sera toujours un écran à sa puissance.
En cette période d’ordinations, nous prions le maître de la moisson dans tous les diocèses. Oui, prions ardemment. Une Eglise stérile est une Eglise qui s’éteint. Le sacerdoce n’est pas un produit consommation pour avoir la messe en bas de chez moi ou un baptême à l’heure qui me convient.
Le sacerdoce est engendré dans l’Eglise par la soif de Dieu, par le besoin irrépressible de vivre de Dieu et de lui seul. La place de l’absolu de Dieu, de l’absolu de son Amour est centrale.
Quand la vie de foi n’est plus qu’un ornement passager de notre existence, l’amour s’éteint.
Oui, les ouvriers sont peu nombreux et Jésus ne propose pas une solution sur-mesure calculée par l’Université des sciences du bonheur...
Il te fait simplement confiance. Et si en retour tu lui offres ta confiance, la grâce produira l’impossible Car rien n’est impossible à notre Dieu.
La Vierge Marie le sait, elle qui nous aide à grandir dans la foi. Notre-Dame du Laus, engendrez parmi nous les prêtres saints et zélés dont notre monde à tant besoin. Donnez-nous de nous convertir sans cesse pour accueillir généreusement l’appel de Dieu. Nous mettons en vous notre confiance. Notre-Dame du Laus, priez pour nous.
Père Michel Desplanches
Recteur
Homélie du dimanche 14 juin
Sunday 14 June 2026