Jésus n’est pas venu en ce monde pour accomplir quelques miracles spectaculaires. Il est venu avant tout nous révéler la volonté de Dieu sur nous-mêmes . Ainsi, que fait-il durant les trois années de sa vie publique ? D’abord, il enseigne les foules. Être disciple de Jésus ne consiste donc pas d’abord à fabriquer de l’émotion ou à gérer une organisation religieuse. Être disciple, c’est avant tout écouter un enseignement et le mettre en pratique.
Le passage que nous venons d’entendre nous le rappelle. Jésus, tel un nouveau Moïse, donne au peuple de Dieu la Loi nouvelle sur une montagne. On peut se demander pourquoi la Loi de Moïse ne suffirait pas pour rentrer dans le Royaume des cieux. Après tout, Jésus aurait pu simplement entretenir le système religieux en place! Or il n’aura de cesse que de se situer en surplomb de la Loi lorsqu’il prendra la parole. Il est le Fils de Dieu. Il est Dieu lui-même. Il est le Maître de tout. Lui seul peut se permettre cette formule: « On vous a dit ceci…Et moi, je vous dis cela.» Or, lorsque Jésus présente la Loi nouvelle, il place la barre très haut, à un niveau tel qu’il semble impensable de pouvoir la mettre en pratique ! Jésus ne vient pas détruire la Loi, proposer un brave petit chemin de compromis, mais il vient mener la Loi à sa perfection. Il ne nous prend pas pour des brebis bêlantes, mais il sait qu’avec la grâce de l’Esprit Saint, nous pouvons poser les actes mêmes de Dieu!
Aussi Jésus fait-il aussi appel à notre liberté : « Si tu veux, tu peux », disait Ben Sira. Suivre le Christ n’est pas une contrainte humaine insoutenable, ni un conditionnement social ou un simple bain culturel. Suivre le Christ, c’est engager sa liberté, c’est faire le choix de la sainteté et s’y tenir fidèlement, chaque jour. Le but, ne l’oublions pas, sera clairement exprimé un peu plus loin dans l’Évangile. Le but n’est rien moins que d’être parfaits. Le Christ donne la Loi nouvelle « pour que vous soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait.»
Dans trois jours, toute l’Eglise va entrer en carême et le programme de ces 40 jours nous est offert en ce dimanche:
La moindre trace, le moindre germe de péché doit être impitoyablement éliminé. Nous ne sommes plus là dans la simple application de la Loi. Jésus nous appelle à un discernement constant, à repérer sans cesse les pièges de la puissance de la mort, à accueillir la grâce et à choisir la vie. C’est cela le combat spirituel.
À l’heure où la représentation nationale va voter le droit de donner la mort et ce, au nom de la fraternité, l’Évangile nous invite à nous battre pour la vie, à la choisir face à toutes les puissances de mort.
D’un côté, l’homme devant sa mort, livré à lui-même, découragé et choisissant la mort. De l’autre, l’homme qui choisit de servir la gloire de Dieu jusqu’au bout, en accueillant la vie comme un don.
Ben Sira le disait bien : « Devant les hommes sont la vie et la mort, à leur gré l’une ou l’autre est donnée. » Discerner et choisir la vie, c’est le chemin exigeant qui nous est offert durant le carême. Il nous mènera au lumineux matin de Pâques.
Suivons donc Jésus au désert sur le chemin d’une liberté vraie et exigeante, la liberté qui nous donnera, à son image, d’aimer et de vivre jusqu’au bout.
Homélie du 6ème dimanche du Temps Ordinaire
dimanche 15 février 2026