Is 7,10-16 – Ps 23(24) – Rm 1,1-7 – Mt 1,18-24
Nous avons marché durant ce temps de l’Avent à la lumière du Seigneur. La Parole de Dieu nous a fortifiés et a ravivé notre enracinement en Jésus Christ. Avec Jean Baptiste, nous avons reconnu en lui le Messie qui apporte au monde l’amour du Père et la paix dans une communion renouvelée avec Dieu et avec nos frères et sœurs. Comme les prophètes, nous recevons la mission d’annoncer et de témoigner, de manifester à travers nos actes et notre vie que le Dieu de l’Alliance est fidèle à ses promesses.
Le prophète, qu’il s’agisse d’Isaïe ou de nous, est au service de la Parole de Dieu et de sa volonté d’amour. Malgré ses limites humaines, il se rend disponible pour qu’à travers lui, le Seigneur puisse accomplir son œuvre. La Parole qu’il accueille, est une Parole à transmettre, une Parole à vivre, une Parole à répandre comme une semence qui vient féconder la terre de l’humanité pour que des fruits nouveaux apparaissent.
Saint Paul se présente comme serviteur du Christ Jésus, … mis à part pour l’Évangile de Dieu. En disant cela, il atteste qu’il a reçu une mission, il ne se l’est pas donnée à lui-même. Ce qu’il transmet, ce n’est pas sa parole, mais ce que l’Esprit de Dieu lui révèle pour qu’il manifeste le Christ. Il n’est pas le serviteur d’une lettre morte, d’une lettre figée par le poids de la tradition ou des habitudes, mais d’une Parole vivante, d’une Parole qui prend chair dans le Verbe de Dieu et qui donne à toute chair une dimension nouvelle.
Joseph est aussi serviteur du dessein de Dieu. Il apprend la disponibilité pour que s’accomplisse ce que ses projets humains n’avaient peut-être pas imaginé. Il se laisse surprendre et sa paix intérieure n’est pas troublée. A l’écoute du message de l’ange, il offre son consentement et accepte librement de prendre sa part à l’œuvre de Dieu pour l’humanité. L’obéissance à ce qui lui est demandé le libère de toute crainte. Il accueille l’enfant qui vient par lui dans la descendance de David. Le nom qu’il lui donnera dira aussi sa mission, Jésus-le-Seigneur-sauve.
À sa place Marie est au service des merveilles que le Seigneur veut réaliser pour offrir le salut à toute l’humanité. Comme tout le peuple d’Israël, elle était dans l’attente du Messie et voici que c’est en elle et par elle, qu’il se donne au monde, qu’il vient à la rencontre des petits et des pauvres, des simples et des humbles de cœur. Elle est la terre vierge où prend naissance le Sauveur, l’Ève nouvelle qui devient mère du Vivant, de l’Emmanuel, Dieu-avec-nous. Elle est la mère que nous pouvons aussi prendre chez nous pour entrer avec elle dans l’intimité de l’amour de Dieu, dans la joie d’une liberté humaine totalement offerte.
Et puis, finalement, Jésus est lui aussi le Serviteur. Serviteur de la volonté du Père, serviteur de la vie des hommes et des femmes de tous les temps et de toutes les cultures. Serviteur de notre humanité défigurée par trop de haine, de violence et d’injustice ; de notre humanité marquée par la présence du Mal et du péché ; de notre humanité écrasée par la souffrance et par tout ce qui porte atteinte à l’image de Dieu en elle. En Jésus, nous découvrons que seul le Seigneur sauve. Pour réaliser ce salut, il s’engage pleinement jusqu’à se donner lui-même en signe d’amour, en offrande d’amour. Il ne reste pas enfermé dans son mystère et sa transcendance intouchable, il vient dans le concret de notre humanité pour nous relever et nous guérir, pour nous apprendre à vivre de la vie même de Dieu. Il est pour nous un signe tangible d’espérance.
Avec l’avènement de Jésus parmi les hommes les temps sont accomplis. Toute la création est ainsi renouvelée et réorientée vers un avenir de justice et de paix. Mais, alors que Dieu pourrait tout réaliser sans nous, il ne veut rien réaliser sans nous. Cela signifie qu’il a besoin de nous comme autant de serviteurs de son amour et de sa vie, de sa paix et de sa réconciliation. Alors, saurons-nous entendre l’appel à être des serviteurs ? À notre tour, serons-nous prêts et disponibles pour nous mettre concrètement au service d’une humanité nouvelle ?
Regardons le Christ, c’est en lui que nous contemplerons le Serviteur et c’est de lui que nous recevrons la force de l’être à notre tour là où nous vivons.