Homélie du 2ème dimanche de l'Avent

dimanche 07 décembre 2025

Par le p. Michel Desplanches recteur

Alors que dimanche prochain va s’achever pour nous le jubilé des "pèlerins de l’espérance",  il nous est bon de savourer ce temps de l’Avent qui est, par excellence, le temps de l’espérance. Car l’espérance brûle en nous!

Non, nous ne baissons pas les bras face aux violences meurtrières de la guerre ou du terrorisme. Non, nous ne nous laisserons pas entraîner dans la spirale dépressive qui atteint tant de nos contemporains.

Car, chers amis, l’espérance est une vertu de résistance que rien ne pourra détruire. Le temps précieux de l’Avent nous invite donc à lever la tête et à avancer avec assurance et fermeté vers le  Seigneur, qui vient.

Certes, la figure hirsute de Jean-Baptiste, sa parole provocante et son régime sauvage peuvent légitimement nous impressionner. Il sait mettre à bas nos fausses sécurités.  Il sait dénoncer nos pieuses certitudes qui ne sont pas plus solides que celles des pharisiens ou des sadducéens… Il nous rappelle que Dieu vient et qu’il attend de nous des fruits et pas de bonnes paroles. Car si Dieu vient réellement à nous, tout est renouvelé, plus rien ne peut être comme avant.  Si Dieu vient dresser sa tente au milieu de nous, la vie a enfin un sens.

Alors que les derniers temps approchent, rejetons vite de nos vies tout ce qui ne peut que vieillir. Car Dieu attend de nous de bons fruits de conversion, des fruits savoureux, des fruits nouveaux.

Le feu brûlant de l’amour de Dieu va être répandu sur terre , annonce Jean-Baptiste. Le choix nous est alors offert : nous abandonner à lui dans la joie d’aimer ou brûler comme l’arbre mauvais qui n’a rien à offrir ?

Là où nous pensions maîtriser nos existences, notre avenir, notre vie spirituelle, la voix de celui qui crie dans le désert nous appelle à tout retourner. C’est bien le sens du mot conversion. Il s’agit de retourner, à mettre à l’envers nos façons de voir le monde et nos façons de mener notre vie. Ce que nous espérons, ce que nous attendons ardemment, c’est un monde de nouveau, un monde où l’injustice et la haine ont disparu. Nous attendons la création nouvelle. Le texte d’Isaïe n’est pas un rêve, il est une prophétie. Il reste la promesse d’un monde où éclate le salut de Dieu. La venue du Messie, c’est la victoire de la paix. Là où le péché des hommes avait semé la guerre et la division, la grâce que nous apporte le Sauveur vient nous unir dans l’amour, bâtir des liens de paix. La grâce apporte la vie. Il est donc urgent d’entendre l’appel de Jean-Baptiste à une véritable conversion ! Bien sûr, nous attendons l’avènement de Jésus à la crèche. Avent veut bien dire avènement. Mais nous attendons surtout le deuxième avènement, l’avènement glorieux du Messie qui viendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et renouveler toute chose. Jean-Baptiste nous exhorte donc à une conversion urgente. Tenons-nous prêts, soyons ardents dans le combat contre tout ce qui détruit l’homme et la création! Plus notre vie sera accueillante à la grâce, plus elle sera habitée, lumineuse et paisible. Ne laissons pas le cri de Jean-Baptiste se perdre dans le désert : «Convertissez-vous, car le royaume des cieux est proche. » S’il est un lieu où le ciel est proche, c’est bien le hameau du Laus  choisi par la Vierge Marie et offert par Jésus à sa sainte Mère. Ici, le Ciel est proche. Benoîte en a témoigné  et les foules de pèlerins à sa suite depuis plus de 350 ans. Si, ici, le Ciel est proche, ici, on connaît l’urgence de la conversion!

Car notre conversion n’est pas un petit évènement intime. Elle est saisie dans l’immense souffle du royaume de Dieu qui vient vers nous et qui renouvelle l’univers. Ici se joue quelque chose de la paix du monde. Plus profonde sera notre démarche, plus elle, soulèvera ce monde pour qu’enfin, Seigneur, advienne ton règne et l’éternelle nouveauté du Royaume des cieux , une nouveauté qui n’aura pas de fin!

Père Michel Desplanches

Recteur