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Voilà une bonne nouvelle surprenante : Jésus, ayant la condition de Dieu, a pris la condition de serviteur pour venir à notre rencontre. Nous rejoignant au plus bas de notre humanité, il nous emporte avec lui dans la gloire. Son objectif, sa pédagogie, ne sont pas d’imposer une puissance qui domine, méprise et écrase. Il est le Juste qui fait de sa vie, de ses paroles et de ses actes, un témoignage de justice et de paix. Il vient à la rencontre des pécheurs pour leur montrer le chemin de la vraie vie. Alors, réconciliés et pacifiés avec Dieu, nos frères et nous-mêmes, il nous adresse une invitation : va travailler aujourd’hui à la vigne.
La Parole de Dieu écoutée devient ainsi la Parole que nous apprenons à mettre en pratique dans la diversité de nos vocations et de nos engagements. La Parole écoutée est une Parole active et efficace. Elle travaille nos cœurs pour que nous ayons les dispositions qui sont dans le Christ Jésus. Croire à la Parole demande la simplicité d’un cœur capable de s’émerveiller devant la présence et l’action de Dieu qui sont la révélation de son Amour. Nous nous souvenons de la première des Béatitudes : Heureux les pauvres de cœur.
Avec le psalmiste, nous demandons au Seigneur de nous enseigner ses voies, de nous faire connaître sa route. Comme des disciples, nous sommes à l’écoute de sa parole qui est un appel incessant à la conversion, de cette conversion qui est le chemin pour être pleinement dans la vie. Ici, au Laus, au lieu même de la Bon rencontre, nous pouvons faire l’expérience concrète de l’amour de Dieu qui se donne sans aucune limite. L’amour se donne et nous sommes remis debout dans la dignité et la beauté de notre humanité.
L’amour de Jésus, le Serviteur, n’est pas une idée pieuse que nous accueillerions avec une certaine nostalgie. Cet amour est une force de renouveau et de transformation pour nous-mêmes et notre monde ; c’est une puissance qui peut renouveler la face de nos cœurs et de la terre. En Dieu, la force et la puissance ne signifient pas l’écrasement ou l’exploitation de l’autre, comme cela est bien souvent le cas dans nos relations humaines et dans les relations internationales. Il s’agit de la force et de la puissance d’un Amour qui crée et respecte, qui fait grandir et accompagne la croissance, qui guérit et apaise. Pour Jésus – et pour nous avec lui –, c’est un amour qui rend obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix, c’est un amour qui nous conduit à la gloire.
La Parole qui nous dit l’amour du Seigneur nous transforme jour après jour. En ajustant notre vie à la Bonne Nouvelle nous réalisons l’invitation de saint Paul : nous faisons de la place à la vie du Christ en nous, nous devenons fils dans le Fils. Tel est aussi l’engagement de notre baptême, mais, sommes-nous suffisamment fidèles aux promesses de notre baptême ? L’Esprit Saint nous a été donné pour que nous marchions en présence du Seigneur, pour que nous puissions offrir au monde le témoignage d’une vie transformée par l’Amour de Dieu. Sur le chemin, nous sommes encore confrontés à nos faiblesses et à notre péché mais nous croyons que dans son amour, Dieu ne nous oublie pas. Il prend l’initiative de se faire proche de nous, de poser sur nous son regard de tendresse, de nous toucher pour ouvrir nos yeux et nos cœurs à la magnifique humanité à laquelle nous appartenons et que nous sommes appelés à servir.
Son appel nous rejoint aujourd’hui : va travailler à ma vigne. Puissions-nous, comme les apôtres, répondre aussitôt et suivre le Christ. Si nous pensons que cela ne nous concerne pas, que l’on ne saura pas, rappelons-nous que chacun, là où il vit, a une part de responsabilité dans l’annonce de l’Évangile et la construction d’un autre monde. Ne perdons pas notre temps à nous évaluer ou à nous comparer. Le Christ appelle et il attend notre mise à disposition. Il nous appelle parce qu’il nous fait confiance et qu’il veut nous associer à son œuvre pour le salut du monde. Que notre réponse soit vraie et libre, pleinement humaine.
Répondre au Seigneur, marcher avec lui, le servir par amour… c’est aussi nous rendre disponibles pour les autres. Puisque nous sommes porteurs d’un bien qui humanise, n’hésitons pas à le transmettre. Ne nous isolons pas dans notre individualisme, mais soyons des bâtisseurs de ponts, d’unité et de communion.
Les premiers dans le royaume de Dieu sont les pauvres de cœur qui croient en la Parole de Dieu faite chair en son Fils Jésus. Ne remettons pas à demain notre réponse et, dans la fidélité et la persévérance, soyons des disciples et des missionnaires.