Homélie du 25 janvier - 3ème dimanche du temps ordinaire

dimanche 25 janvier 2026

Par le p. Philippe Blanc, vice-recteur

 

À regarder superficiellement on pourrait dire que notre monde habite dans les ténèbres. Mais la parole de Dieu nous invite à regarder vers le Christ et donc à découvrir chaque jour qu’une lumière s’est levée et qu’elle habite en nous. Notre lumière, c’est le Christ ressuscité ! En l’accueillant, nous devenons nous-mêmes lumière. D’ailleurs, Jésus vient de nous adresser un appel : Venez à ma suite.

Cette lumière, annoncée par le prophète Isaïe et chantée par le psalmiste, nous apporte joie et espérance. Alors qu’un joug d’injustices et de violences pèse sur notre monde, alors que les bâtons des tyrans continuent à blesser notre humanité, nous sommes sûrs que le Christ-Lumière est déjà vainqueur. En Lui et par Lui, nous recevons grâces et talents pour que nous soyons en parfaite harmonie dans notre relation avec le Père et avec nos frères et sœurs. Et, puisque nous les avons reçus, il nous appartient maintenant de les mettre en pratique.

Lorsque Jésus appelle Simon, André, Jacques et Jean, l’évangéliste nous dit qu’aussitôt ils le suivirent. Et nous, comment vivons-nous cet « aussitôt » ? Devant l’urgence et la nécessité de proclamer l’Évangile et de manifester la compassion du Christ face à toute maladie, nous ne pouvons plus remettre à demain, ou à plus tard, notre réponse. Aujourd’hui, Jésus attend de nous que nous le suivions « aussitôt ». Proclamer l’Évangile – et ce dimanche de la Parole de Dieu nous redit avec force la puissance de création et de salut de cette Bonne Nouvelle – ce n’est pas raconter des histoires.

Pour nous, aujourd’hui, proclamer l’Évangile, prolonger et actualiser la mission des apôtres, c’est être au service de l’unité et de l’harmonie entre les nations et entre les habitants de notre terre, et non de la division et des rivalités. Proclamer l’Évangile, c’est redire la dignité unique et sacrée de toute personne et s’engager au service de la vie. Comme le disait ces jours-ci un jeune atteint de la myopathie de Duchenne : « malgré ma maladie, la vie est belle… alors je demande à la société de nous aider à vivre, pas à mourir ! » Proclamer l’Évangile, ce n’est pas seulement feuilleter notre Bible en étant confortablement installé dans un fauteuil, mais c’est l’annoncer par le témoignage de notre vie, par nos gestes et nos paroles de bienveillance et de respect, c’est aller sur le terrain de l’humanité pour lui offrir le Parole qui guérit et sauve. N’oublions pas que le baptême fait de chacun de nous un prêtre pour célébrer les merveilles de Dieu dans le quotidien, un prophète pour annoncer quels qu’en soient les risques la parole de vérité sur Dieu et sur l’homme, un roi pour accomplir l’œuvre de Dieu au sein de la société et travailler à l’avènement de son règne de paix et d’amour. Allons-nous répondre « aussitôt » à cette mission ?

Durant cette semaine, nous avons été tout particulièrement priés pour l’unité entre les chrétiens, « afin que le monde croie ». Saint Paul vient de nous rappeler le désir du Christ pour ses disciples : « soyez en parfaite harmonie ». Il ne nous pas demandé d’être tous identiques, de nous exprimer de la même manière, d’avoir les mêmes traditions, mais de vivre dans l’harmonie. Pour que l’harmonie soit réelle et possible, il est nécessaire que chacun joue sa partie dans le respect de l’œuvre et du projet communs. En Église, cela peut signifier que chacun est invité à assumer sa vocation et sa responsabilité au service de l’ensemble de la communauté. La grâce du baptême et le don de l’Esprit Saint permettent à chacun d’entre nous d’être actif et efficace dans la part qui lui revient en vue de l’édification du Corps du Christ. Pour participer à cette construction, nous ne pouvons pas nous contenter d’être des consommateurs de rites, il nous faut devenir des artisans qui travaillent en communion avec les autres en vue de l’annonce de l’Évangile, d’un Évangile vivant parce que vécu. Puisque nous sommes chacun une pierre vivante, nous ne pouvons pas nous satisfaire de rester dans notre coin, enfermé dans notre individualisme. Il nous faut rejoindre les autres, accepter d’apprendre d’eux et marcher avec eux sur les chemins de la mission et du service.

Le Christ est notre lumière et notre salut. Il marche aujourd’hui sur notre route et vient à notre rencontre. Il nous voit et nous appelle : « Venez à ma suite ». Pour pouvoir continuer à écrire les actes des apôtres de ce temps, n’hésitons pas… « aussitôt », suivons-le !