Une nouvelle année s’ouvre aujourd’hui. On pourrait dire qu’il s’agit là d’une simple convention sociale, car, finalement, qu’est-ce qui distingue le 31 décembre du 1er janvier ?
Face au temps qui passe inexorablement, marquer des étapes pourtant est essentiel . Ce sont les grandes fêtes, les jours fériés, les anniversaires…
Rythmer le temps, c’est en quelque sorte, essayer de le dompter, de le maîtriser ou au moins de l’apprivoiser. Car le Seigneur est le seul véritable Maître du temps et de l’histoire. Alors, rompre le train-train du quotidien, casser la spirale des habitudes, ce sera ouvrir une brèche dans le temps, se le réapproprier pour ne pas en devenir victime.
Notre journée de Nouvel An est donc à la fois l’occasion d’un bilan et d’un nouveau départ. Dans l’Antiquité, Janus était un dieu à deux visages : on le présentait sur les deux faces d’une porte : une face tournée vers hier et une tournée vers demain. Janvier vient d’ailleurs de Janus. Hier soir, nous avons longuement rendu grâce pour l’année jubilaire. En effet, l’action de grâce est la respiration de l’âme, la liberté suprême que nous offre la prière. Elle nous décentre de nous-mêmes pour nous fixer en Dieu, source de tout don. Et en ce jour, nous voulons nous livrer avec toute l’Eglise à la puissance créatrice et inspirante de l’Esprit Saint.
L’année qui s’ouvre, nous ne savons pas de quoi elle sera faite. De nombreuses menaces planent sur l’avenir. Mais l’élan de la foi et de l’amour viennent chasser nos craintes en ce jour. L’Esprit Saint, l’Esprit d’amour, est bien à l’œuvre et, s’il y a une chose de certaine, c’est que cet Esprit habite déjà l’année à venir. Nous nous confions à lui pour qu’il nous éclaire et nous brûle tout au long de l’année.
L’équipe pastorale du sanctuaire a souhaité que cette année 2026, soit vouée à la réflexion et à la prière sur le thème de la paix : paix intérieure, paix sociale, paix entre les nations. Quel lieu peut être plus adapté à la prière pour la paix que notre beau sanctuaire de montagne ? Ici, la Mère de Dieu est chez elle. Elle a voulu ce lieu pour rendre aux âmes la paix. Car, plus qu’un arrangement trop humain, la paix, pour nous chrétiens, est d’abord un don de Dieu. Plus encore, saint Paul, dira que le Christ est notre paix. Ainsi, la Mère de Dieu est Mère de la paix.
Ce premier jour de l’année est donc consacré à Marie, Mère de Dieu. C’est aussi la journée mondiale de prière pour la paix. Dans son beau message pour ce 1er janvier 2026, Léon XIV rappelle que les religions doivent être « attentives à la tentative croissante de transformer en armes même les pensées et les paroles. » En ce premier jour de l’année, nous voulons désarmer nos pensées et nos paroles, être des artisans de paix crédibles dans un monde fracturé par l’avidité et la colère.
Ici, dans la grande paix de la montagne, la Vierge Marie est venue en messagère de paix, de consolation et de réconciliation. Goûtons, spécialement en ce jour, la douceur de cette présence maternelle. Elle est si proche de nous! Mieux que tous les discours, la Mère de Dieu peut retourner nos cœurs et guider chaque jour nos pas au chemin de la paix pour une vie plus belle.
Père Michel Desplanches
Recteur