Homélie du 19ème dimanche du temps ordinaire

dimanche 10 août 2025

Par le p. Michel Desplanches, recteur

Les passages bibliques de ce dimanche viennent attirer notre regard sur ce qui est le moteur de toute notre existence sur cette terre : la foi. Notre vie entière est fondée sur elle. C’est elle qui donne le sens ultime de tout ce que nous traversons dans la vie : les joies comme les épreuves. Oui, la foi habite tous les domaines de notre vie.

Certains pensent sincèrement que la foi est un élan du cœur, un sentiment, émouvant, une lumière aussi vive que passagère… Non ! La foi, nous dit l’Ecriture, est certaine. Elle ne dépend pas de notre sentiment ou de notre imagination. La foi est un instrument que Dieu nous donne, le seul moyen pour franchir l’abîme infini qui nous sépare de Lui. Les études les plus approfondies comme les méditations les plus touchantes ne seront rien si elles ne sont pas éclairées par la foi. Car c’est la foi, et elle seule, qui peut mener notre intelligence à la perfection qui est Dieu lui-même.

L’espérance nous porte vers Dieu comme un souffle puissant. La foi, elle, selon l’épître aux Hébreux, nous donne de «posséder ce que l’on espère ». Rendons-nous compte de la puissance de la foi! Par elle, nous possédons Dieu, nous possédons dès ici-bas, le Royaume des cieux ! C’est, poursuit notre texte, «un moyen de connaître ce que l’on ne voit pas.» Nous le voyons donc, la foi n’est pas un sentiment. C’est un instrument, le seul instrument adapté pour connaître Dieu en vérité, et pénétrer dans les profondeurs de son Être. Par la foi, nous connaissons Dieu avec certitude.

 Nous pensions que n’était réel que ce que l’on voyait. Notre certitude s’appuyait sur l’image, la vidéo, le reportage… Voici que, aujourd’hui,  l’intelligence artificielle nous montre des influenceuses fictives, des évènements qui ne se sont jamais produits et des paroles qui n’ont jamais été prononcées. Nous réalisons aujourd’hui que ce que l’on voit peut être trompeur, superficiel et parfois dangereux. La foi, elle, est un moyen de «connaître les réalités que l’on ne voit pas».

L’invisible devient alors plus réel que le visible lorsqu’il est scruté avec un regard de foi. Nos pauvres certitudes humaines, fragiles, et souvent décevantes, s’effacent devant la réalité du monde invisible, intangible, lumineux de vérité et débordant de vie. Vivre dans la foi, ce n’est donc pas échapper aux réalités du quotidien. C’est découvrir au cœur du monde, l’action de Dieu, sa vie jaillissante, la puissance transformante de son amour, son projet de bonté et de paix. La foi n’est pas une fuite, mais elle nous met pourtant en route. Elle ne se satisfait pas de l’existant.

  Notre texte le précise : avoir foi en Dieu, c’est aussi être appelé à remplir une mission. Ainsi, Abraham répond à un appel et quitte le pays de son père. On ne peut pas connaître Dieu et se satisfaire du monde qui nous entoure!  Que serait une foi qui ne met pas en route, qui ne nous déplace pas ? Si la foi a pour but de nous faire connaître Dieu, elle nous lance dans un pèlerinage d’espérance. Car la foi n’est pas la vision. Or notre espérance c’est bien de rencontrer face à face le Seigneur de gloire au bout du chemin de notre vie. Il y a tant de déplacements à opérer dans nos jugements, dans nos décisions, dans nos craintes, dans nos lâchetés… La foi, c’est donc le courage de nous arracher à  un monde statique, le courage de marcher vers une terre promise où résidera la justice.

Pèlerins d’espérance venus au Laus, commençons aujourd’hui notre marche avec le sérieux d’une foi formée, puissante, pleine d’élan et de confiance. Dieu nous appelle? Mettons-nous en route! Gardons nos lampes allumées! Et, à la suite de Marie, marchons vers le Dieu qui renouvelle toute chose.

Père Michel Desplanches

Recteur