Homélie de la solennité de la Sainte Trinité

dimanche 04 juin 2023

Par Le père Michel Desplanches

Alors que le grand cycle du carême et du temps pascal est maintenant achevé, l’Eglise se laisse éblouir par la splendeur de Dieu. Célébrer la Sainte Trinité, ce n’est pas d’abord nous plonger dans l’obscurité impénétrable d’un mystère qui nous dépassera toujours. Célébrer la Sainte Trinité, c’est d’abord  contempler avec émerveillement l’intimité de notre Dieu tel qu’il a voulu se révéler aux hommes.

La brièveté des textes que nous offre la liturgie nous dit bien que le discours doit laisser place à la contemplation de l’amour que Dieu porte à sa créature : «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » C’est là l’occupation centrale de notre Dieu. Son amour pour l’homme, sa créature, est bien au cœur de son cœur. L’intimité de Dieu, nous l’avons accueillie dès le début de cette messe par le signe de la croix et par la salutation reprise de saint Paul dans la deuxième lecture : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous». Car Dieu nous porte un amour qui n’a rien de lointain. C’est une passion qu’il habite. Lorsqu’il se révèle à Moïse, que dit-il ? Il se présente comme «le Seigneur, le Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité». Cela renvoie sans doute Moïse à la révélation qu’il a reçue au Buisson Ardent : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer… »(Exode 3, 7–8). Ainsi, Dieu voit, Dieu entend. Quelle découverte pour Moïse ! Dieu connaît la souffrance des hommes. Il éprouve de la pitié pour nos malheurs.

Ici, au Sinaï, Dieu révèle à Moïse l’intime de son être le plus profond. Il est un «Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ». Mais l’amour de Dieu va toujours plus loin. Il nous donne son Fils, son Unique. Dieu va jusqu’à se compromettre avec les hommes. C’est toute la nouveauté du Nouveau Testament. C’est spécifiquement le passage de l’Ancienne à la Nouvelle Alliance.

Le Fils a pour mission de sauver l’homme. Avec lui, Dieu offre à sa créature de partager l’intime de son être. En effet, accueillir Jésus, c’est entrer dans le processus du salut voulu par le Père. Tout l’enjeu de notre année liturgique est là. Ayant célébré la mort et la victoire du Christ, ayant accueilli l’Esprit Saint à la Pentecôte, vivons dès maintenant, en espérance, de la vie éternelle qui est au cœur de Dieu. Laissons-nous habiter par l’amour infini qui est au cœur de la Trinité sainte. C’est là le projet de Dieu pour toi qui es ici aujourd’hui.

Voilà notre joie intime. Voilà le bonheur qui a habité Benoîte. Et ce bonheur du ciel, elle continue de nous le partager, ici,  aujourd’hui.