Comme le peuple d’Israël, nous nous souvenons de tout ce que le Seigneur ne cesse de faire pour nous tout au long de notre histoire et nous sommes heureux de proclamer qu’Il accomplit des merveilles pour nous, aujourd’hui. En ce jour, ce ne sont pas seulement des souvenirs du passé que nous voulons évoquer. Nous faisons mémoire de ce que l’amour de Dieu réalise pour nous, tel qu’il a été manifesté en Jésus son Fils. Rassemblés autour du Christ, Parole de vérité et Pain de vie, nous avons rejoint la table du banquet eucharistique, nous prenons part aux festins des noces de l’Agneau.
« N’oublie pas le Seigneur ton Dieu », nous dit Moïse. Et, pour ne pas l’oublier, nous nous mettons à l’écoute de sa Parole, nous le rencontrons comme un ami rencontre un ami, nous apprenons à le suivre jour après jour. Quel que soit notre âge, le Seigneur prend chaque jour l’initiative de venir à notre rencontre. Et lorsque nous accueillons sa Parole, notre cœur est dans la joie et notre espérance est ravivée. Sa Parole est une vraie nourriture et c’est elle qui vient éclairer notre route en nous disant ce que le Seigneur nous propose comme chemin de bonheur. Moïse dit au peuple que tout ce qui vient de la bouche du Seigneur est tout aussi indispensable que le pain de notre nourriture quotidienne. Si nous voulons traverser les déserts que sont les temps d’épreuves, de difficultés ou de doutes, n’oublions pas la Parole de Dieu. Elle est notre guide, elle est proche de nous.
Avec la table de la Parole de Dieu, il y a aussi la table du Corps et du Sang du Christ. Et saint Paul vient de nous dire qu’en bénissant la coupe et en rompant le pain, nous sommes en communion avec le Christ. Autrement dit, nous sommes un avec le Christ, lui en nous et nous en lui. Comme vient de l’écrire le Pape Léon XIV, « la spiritualité dont nous avons besoin est une spiritualité eucharistique, c’est-à-dire une spiritualité de l’unité ecclésiale dans l’amour ».
Il ne s’agit pas de compter et de savoir si c’est la première ou la dixième communion… il s’agit de vivre de l’Eucharistie et de faire en sorte que toute notre vie, depuis notre première rencontre avec Jésus jusqu’au jour du face à face dans la gloire, soit une vie eucharistique. Cela signifie que notre vie, aussi ordinaire soit-elle, est une action de grâce, une louange, une proclamation de l’amour de Dieu, une manifestation de sa présence. Cela veut dire aussi qu’avec Jésus nous pouvons choisir le chemin de la vie et de l’amour, d’une vie offerte à tous et d’un don de soi par amour. « L’Amen que nous prononçons dans la liturgie, le Corps que nous mangeons et le Sang que nous buvons, façonnent toute notre vie. » En disant « amen », nous prenons l’engagement de devenir celui que nous recevons et nous nous souvenons qu’un chrétien est un autre Christ.
Dans le bref passage d’évangile qui vient d’être proclamé il y a une insistance sur la vie. A neuf reprises le mot revient comme pour nous rappeler que Jésus est venu partager notre humanité afin que nous puissions participer à sa vie et être nous-mêmes des vivants. Nous écoutons sa Parole et nous recevons son Corps non pas parce qu’une loi nous le demanderait, mais parce que cette Parole et ce Corps sont indispensables à notre vie. Parole et Corps du Christ viennent entretenir en nous notre capacité à aimer, à aimer en vérité et en actes. Tout ce que Jésus a vécu est comme un débordement d’amour et nous, à sa suite et à son école, nous sommes appelés à déverser l’amour de Dieu sur notre monde, dans nos familles et nos lieux de travail.
Pour montrer que le Seigneur s’intéresse à tout ce qui fait notre vie et vient le bénir par sa présence, nous partirons tout à l’heure en procession. Le Seigneur vient chez nous, il marche parmi nous et c’est lui qui, aujourd’hui encore, réchauffe notre cœur au feu de son amour. Au-delà du bref parcours de notre procession, nous voulons dire à Jésus : viens demeurer chez nous, viens habiter au cœur de nos familles.
Cette fête du Corps et du Sang du Christ nous invite à accueillir le Christ et à cheminer avec lui, pas seulement le dimanche ou un dimanche de temps en temps, mais chaque jour. Nous avons besoin du Christ pour vivre en chrétien comme nous avons besoin de l’air pour respirer et du pain pour nous nourrir. « … dans l’Eucharistie le Seigneur se communique et rassemble l’Église, afin que son offrande devienne principe d’unité et source de vie nouvelle ». Si Jésus est vraiment un ami, à nous de trouver les moyens pour l’écouter, pour le rencontrer, pour lui ouvrir notre porte, pour nous réjouir de sa présence.
En ce sanctuaire, comme tout au long de notre vie, la Vierge Marie nous conduit vers son Fils. Elle devient pour nous « poétesse et prophétesse de la rédemption ». En recevant le Corps du Christ, laissons jaillir notre action de grâce : louons-le à vois pleine et forte, que soi joyeuse et rayonnante l’allégresse de nos cœurs ! »
Fête du Corps et du Sang du Christ
Sunday 07 June 2026