Messe d'action de grâce - départ du père Ludovic Frère

Dimanche 21 août à 10h30 sous le chapiteau du sanctuaire

 

Après 12 ans au service du sanctuaire Notre-Dame du Laus le père Ludovic Frère, recteur arrive au terme de sa mission. Une messe d'action de grâce sera célébrée le dimanche 21 août 2022 à 10h30, dans le cadre du Festival Marial.

Vous pourrez suivre la messe sur Radio Espérance, RCF Alpes Provence et sur la chaîne YouTube du sanctuaire : Notre-Dame du Laus Sanctuaire - YouTube
À 14h au chapiteau, un grand chapelet permettra de prier particulièrement pour les vocations sacerdotales et religieuses.

En septembre, le père Ludovic se rendra à Rome pour faire un doctorat en théologie spirituelle à l'université pontificale du Latran. Il logera à Saint-Louis des Français pour une année.

Après cela, il poursuivra son doctorat tout en retrouvant un ministère paroissial dans les Hautes-Alpes...

Voici ci-dessous le témoignage du père Ludovic sur ses 12 années passées au sanctuaire ...

 

Le père Ludovic Frère est arrivé à Notre-Dame du Laus le 10 juillet 2010. Il n’avait pas encore 36 ans. Nommé deux ans après la reconnaissance officielle du sanctuaire et un an et demi après l’arrivée des Sœurs bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, sa feuille de route était claire et vaste à la fois : contribuer au rayonnement du Laus, en l’ouvrant à toutes les générations. Mais par-delà les propositions et événements vécus au cours de ses 12 années de rectorat, le père Ludovic témoigne de ce qui l’a profondément touché.

Chercher à suivre le Christ, c’est toujours une formidable aventure ! Depuis que j’ai été ordonné prêtre voici 20 ans, je peux vraiment attester que la promesse du Seigneur se vérifie, quand il annonce un centuple à ceux qui auront quitté quelque chose pour le suivre. Mais au cours de mes 12 années de missions à Notre-Dame du Laus, ce n’est pas un centuple, c’est un milluple, un dix-milluple dont le Seigneur m’a comblé dans sa miséricorde !

Merci Marie !

J’ai d’abord découvert la fécondité d’une vie quand on fait tout passer par Marie. Jusque-là, j’étais plutôt « sympathisant » de la Vierge Marie : je la priais régulièrement, je la prêchais joyeusement. Mais au fur et à mesure de mes années au Laus, j’ai saisi que la Comblée-de-grâce était vraiment le grand canal de la grâce. Plus une vie se consacre à Marie, plus l’Esprit Saint peut y déployer sa douce puissance et sa fécondité. Je l’ai compris en le constant, plus je me rendais disponible à la Vierge du Laus.

Je crois que la Vierge Marie a aussi fait de moi un confesseur plus attentif. Elle m’a aidé à poser sur tous les pèlerins un regard attendri. Dès mon arrivée, j’avais été marqué par les conseils de la Vierge du Laus aux confesseurs, disant des pénitents : « les plus criminels, les accueillir avec encore plus de douceur que les autres. »

Je suis convaincu que Benoîte a accompagné chacune de mes confessions au Laus, celles que j’ai reçues et celles que j’ai faites. La bergère m’a donné d’apprendre d’elle ce qu’elle avait elle-même reçu de Marie : la grâce de concilier la douceur envers les pénitents et l’exigence de la vérité. Elle m’a fait découvrir combien le péché est d’abord une offense faite à Dieu, et combien le pardon divin est d’abord une fête.

Mission et communion

Plus que dans d’autres missions exercées auparavant, mes années au Laus m’ont aussi fait goûter la beauté de la communion dans l’apostolat. Quelle joie d’avoir collaboré avec des dizaines de chapelains et avec la Communauté des Sœurs ! Collaboration puisée dans la prière partagée, dont la dimension visible est tellement touchante, quand on voit dans la basilique les prêtres et les sœurs formant comme deux bras embrassant les pèlerins. De cette prière partagée, nous avons reçu la grâce d’une vie fraternelle de grande qualité.

Je quitte alors ma mission avec une profonde reconnaissance, qui va d’abord à mes frères prêtres, les remerciant pour les relations fraternelles vécues avec eux. C’est si beau et si fructueux, des prêtres bienveillants les uns envers les autres !

Je rends grâce également pour les évêques qui m’ont fait confiance : Mgr Jean-Michel di Falco et Mgr Xavier Malle. Ils ont confié ce joyau de leur diocèse à un jeune prêtre qui n’était pas encore fort enraciné dans les Hautes-Alpes. J’ai essayé d’être attentif à ce pont, et parfois à ce grand écart, entre notre petit diocèse de montagne et notre sanctuaire au rayonnement toujours plus large.

Les Sœurs du Laus

Avec la communauté des Sœurs, j’ai également apprécié la bienveillance mutuelle, vécue dans la complémentarité des vocations J’ai aimé la délicatesse des Sœurs pour dire certaines choses et leur attention à l’équilibre de vie des prêtres.

Je rends aussi grâce pour leurs compétences, chacune dans son domaine de responsabilité, en veillant à garder ce qui fait leur vocation propre : tout porter à Jésus dans la prière, notamment au cours de l’adoration. Ainsi, les Sœurs et le rythme du Laus m’ont appris à davantage structurer ma vie sur la prière, laissant à Jésus la première place, les choses s’organisant alors bien plus facilement qu’en reléguant la prière au rang d’une activité parmi les autres.

Les serviteurs du Laus

J’ai découvert, sans doute un peu trop sur le tard, que je n’étais pas d’abord le grand organisateur du Laus, mais son premier père, au sens où j’avais pour mission d’accompagner la croissance des serviteurs du sanctuaire, en acceptant que tous n’aient pas le même rythme, les mêmes capacités, mais pas non plus le même regard sur les choses, ni le même chemin d’accomplissement personnel de sainteté. Si je regrette d’avoir blessé certains par manque d’attention à cela, je remercie la Vierge Marie d’avoir si bien compensé mes lacunes par ses douces prévenances.

Dans une grande structure comme le Laus, il a fallu aussi apprendre à collaborer avec des dizaines de membres du personnel. Là encore, la Vierge du Laus s’est occupée de tout, particulièrement en choisissant des directeurs d’hôtellerie dévoués.

Michel Klein, Stéphane Prévost et Frédéric Levêque, ainsi que le Président de l’association Guy Ignesti resteront pour moi des hommes avec lesquels il a été possible de monter des projets un peu fou et de traverser des épreuves difficiles : décès de membres du personnel, bouleversement de la pandémie, fragilités économiques à certaines périodes…nous avons tout traversé dans l’espérance. Et, à chaque fois, l’évidence s’est imposée à nous : décidément, la Vierge du Laus s’occupe de tout dans ce sanctuaire béni ! Elle a demandé le Laus à son Fils pour la conversion des pécheurs ; elle ne l’a jamais déserté depuis-lors !

J’ai aussi appris des directeurs d’hôtellerie et de leurs collaborateurs à concilier le matériel et le spirituel non sous mode de tension pénible, mais plutôt dans la logique de l’incarnation : que tout témoigne et prolonge ce mystère de l’incarnation, pour que le corps, l’âme et l’esprit des pèlerins soient tout entier saisis par la grâce. C’est pourquoi nous avons veillé à ce que tout permette aux pèlerins de se rendre disponibles aux grâces du Laus.

Tant à dire encore…

Il faudrait encore plusieurs pages, des centaines même, pour pouvoir en dire davantage. Mais cela restera dans le secret de ma prière, gardant à l’esprit tous les visages rencontrés au Laus, toutes les situations de vie partagées, toutes les larmes versées avec ceux qui souffrent et toutes les joies partagées avec ceux qui se relèvent. Notre-Dame du Laus, refuge des pécheurs, priez pour eux tous et priez pour moi, dans ma nouvelle mission.