www.sanctuaire-notredamedulaus.com: L'actu du Laus http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/ Dernières actus de sanctuaire-notredamedulaus.com fr www.sanctuaire-notredamedulaus.com: L'actu du Laus http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fileadmin/default/templates/images/rss.gif http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/ 36 15 Dernières actus de sanctuaire-notredamedulaus.com TYPO3 - get.content.right http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss Mon, 10 Jun 2019 13:07:00 +0200 ■ Une exposition pour la Semaine Sainte où il est question de Benoîte... http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/une-exposition-pour-la-semaine-sainte-ou-il-est-question-de-benoite.html Durant la Semaine Sainte, la cathédrale de Gap accueillera une exposition autour d’une œuvre... Durant la Semaine Sainte, la cathédrale de Gap accueillera une exposition autour d’une œuvre du sculpteur haut-alpin Louis Brachet : Le Christ en acier forgé. Ce sera l’occasion d’une réflexion sur la Passion avec cette question : "Pourquoi Jésus a-t-il souffert pour moi ?"

Parmi les textes choisis pour aider les visiteurs à réfléchir et méditer figureront des extraits des Manuscrits du Laus relatant les cinq apparitions du Christ crucifié à Benoîte Rencurel, entre 1669 et 1679.

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Détails sur l'exposition

Louis Brachet est un sculpteur haut-alpin, originaire de Ventavon. Il a commencé à sculpter en 1968 et il a participé à plusieurs salons d’envergure internationale. Le Christ en acier forgé a été créé en 2009 et n’a encore jamais été exposé.

Des panneaux présenteront d’autres images du Christ-souffrant à travers différentes époques de l’histoire de l’art, ainsi que des textes des mystiques ayant inspiré l’artiste, des textes bibliques et des extraits du récit des apparitions du Christ à Benoîte Rencurel, la voyante du Laus. Un fond sonore de musiques et de textes lus invitera à la méditation.

L’exposition aura lieu du dimanche 1er au vendredi 7 avril, pendant les horaires d’ouverture de la cathédrale (en dehors des offices de la Semaine Sainte). Un accueil sera assuré de 9h à 18h.

Le mercredi 4 avril à 20h30 à la Chapelle des Pénitents (Gap), une table-ronde permettra d'échanger sur le thème de la souffrance avec l’artiste Louis Brachet, Alain Prince, membre de la Pastorale de la Santé, Jacqueline Schüler, aumônière à l’hôpital de Gap, le Père Pierre Fournier, responsable de la Formation Permanente, et Jean-Marie Dezon, diacre au service du diocèse.

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Sun, 01 Apr 2012 16:49:00 +0200
L'heure des choix... http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/lheure-des-choix.html Homélie du dimanche des Rameaux et de la Passion  

Puisque nous avons parmi nous un groupe d’enfants qui se prépare à la première communion, et d’autres enfants venus en famille, permettez-moi, après ce grand Evangile, de m’adresser d’abord à eux.

Vous l’avez vu, les enfants, au début de cette messe, nous avons imité les foules de Jérusalem. Nous avons acclamé Jésus en chantant : « hosanna »… tu es si grand, Seigneur ! Mais voici qu’ensuite, dans l’Evangile de la passion, nous venons d’entendre comment se sont passés les derniers jours de la vie de Jésus, avant sa résurrection.

On aurait pu compter tous les personnages qui interviennent dans ce drame : Jésus, bien sûr, mais aussi Pierre, Judas, les chefs des prêtres, et bien d’autres encore. Tous réagissent différemment devant la Passion de Jésus ; des réactions différentes qui nous posent la question : dans quel personnage est-ce que nous nous retrouvons le plus ?

Est-ce que je suis un peu comme les disciples de Jésus, qui avaient promis de rester fidèles, mais qui ont eu peur et qui se sont enfuis ? Vous savez, après votre première communion, certains d’entre vous risquent de s’enfuir… non pas par peur comme les disciples, mais pour faire autre chose, sans doute en considérant que c’est plus intéressant que le caté ou la messe. Il est important de se poser la question de notre fidélité à Jésus ; et l’Evangile d’aujourd’hui nous pose très clairement la question.

Est-ce que je suis un peu comme Simon-Pierre qui, lorsque sa vie est en jeu, va jusqu’à renier Jésus ? « Non, je ne connais pas cet homme », jure-t-il par trois fois. Et par ce mensonge, l’ami devient traître.

Est-ce que je me sens plutôt dans la peau de Ponce-Pilate qui trouve des prétextes pour se déculpabiliser : ce n’est pas mon problème, je m’en lave les mains ! Un homme risque sa vie ? Ce n’est pas mon affaire, je dois m’occuper de moi.

Chers amis, quand Jésus donne sa vie pour nous, sommes-nous Pierre, Pilate, Judas ou Simon de Cyrène ? Faisons-nous partie des passants qui ont soif de sang ? Sommes-nous du côté des forts qui se réjouissent de voir Jésus souffrir, ou sommes-nous tristes de voir tant de violence ? Sommes-nous avec Marie au pied de son Fils crucifié, ou avec les gardes qui demandent à Jésus un geste de magie pour qu’il descende de la croix ?

Je vous invite à repartir de cette messe avec cette simple question : où est-ce que je suis quand Jésus donne sa vie pour moi ?

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Permettez que je m’adresse maintenant aux adultes, pour observer l’attitude de la foule.

Voici quelques jours, Jésus semblait remporter tous les suffrages. Les sondages l’avaient annoncé comme le grand gagnant. D’ailleurs, lors de la sorte de meeting qui avait eu lieu à l’entrée de Jérusalem, on avait pu constater sa popularité. Tous n’adhéraient pas forcément à son programme, mais il se dégageait de lui une force et une sérénité telles qu’on était vraiment prêt à voter pour lui. Certains l’appelaient même déjà « roi », d’autres agitaient des palmes comme on le fait de drapeaux dans les rassemblements politiques. Le verdict des urnes s’annonçait sans appel.

Alors, que s’est-il passé ? Comment le favori des sondages a-t-il pu, en quelques jours, se retrouver rejeté par tous, ou presque ? Quelle erreur de communication avait été commise ? Quelle annonce avait pu conduire les plus enthousiastes à se détourner ?

A l’approche des élections présidentielles, on est enclin à se poser de telles questions sur la popularité du Christ puis la violence de son rejet ; des questions loin d’être secondaires, puisqu’elles renvoient à l’orientation fondamentale de nos vies : derrière qui sommes-nous prêts à marcher ? Pour quelles raisons, dans quels buts, avec quels espoirs ?

* * *

On peut comprendre ce qui s’est passé avec Jésus : son entrée triomphale à Jérusalem avait certainement été précédée de rumeurs, rapportant sans doute qu’il était un formidable guérisseur, capable même, paraît-il, de ressusciter des morts. Un magicien faisant taire la tempête, multipliant les pains et changeant l’eau en vin ! On pensait l’avoir trouvé, celui qui allait nous faciliter la vie et résoudre les problèmes de sécurité, de nourriture et de santé.

Mais quand le puissant est devenu faible, la roue à tourné ; devant le spectacle d’un homme fatigué et abîmé par une nuit de violences, la foule a crié : « crucifie-le, crucifie-le » ! A mort, le faible ! A mort, celui qui avait tué nos espoirs. Nous ne voulons pas d’un chef crucifié, d’un tueur de rêves.

Et nous qui regardons cette foule, qu’en pensons-nous vraiment ? Voulons-nous réellement d’un Dieu crucifié ? Un Dieu qui ne libère pas, comme par enchantement, de toutes les souffrances terrestres, mais qui les subit. Un Dieu qui n’empêche pas notre mort ni celle de nos proches, mais qui meurt lui-même sur une croix. En voulons-nous vraiment, de ce Dieu-là ?

La semaine qui s’ouvre aujourd’hui s’appelle « semaine sainte » parce qu’elle est décisive : elle nous demande si nous voulons vraiment du Crucifié. Car si notre culture, notre éducation puis notre choix personnel ont pu nous conduire à croire au Christ, cette semaine sainte nous appelle à revoir en profondeur notre décision : on ne suit pas Jésus-Christ sans se poser de questions. On le choisit, en ayant bien conscience de mettre nos pas dans ceux d’un Crucifié.

Frères et sœurs, ne manquons pas, cette semaine, de prendre le temps  de nous demander si nous voulons du Christ. Faisons-le honnêtement, en n’occultant pas les questions les plus essentielles de l’existence, à savoir le mal et la mort, et la place de Dieu face à ces drames de l’existence.

Nous ne sommes pas venus ce matin agiter naïvement quelques rameaux en espérant qu’ils nous protégerons des difficultés de la vie. Si c’est ça notre foi, évidemment qu’elle va passer du « hosanna » au « crucifie-le », car dans les tempêtes de la vie, nous serons forcément déçus par un Dieu qui, en apparence, n’empêche pas le malheur.

Mais aujourd’hui, nos rameaux verts sont appelés à se greffer sur cet autre rameau, celui de la croix. Le bois de nos rameaux nous renvoie à l’arbre de la croix, un bois sec, qui ne porte plus la vie. Mais si nous les tenons bien haut, nos rameaux, c’est que nous en sommes convaincus : le bois de la croix porte un étonnant mystère, au point que nous oserons même, vendredi, embrasser cet objet de torture et de mort.

Car nous savons voir, par-delà les apparences, ce qui se joue dans la passion du Christ : Dieu est en train de tuer la mort, de faire taire Satan, de tenir la haine en échec, d’anéantir le mal.

Cette semaine nous est offerte pour dépasser les apparences, afin que jamais nous ne soyons désespérés face à la mort ; par-delà les apparences, pour ne jamais penser le péché au-dessus de la miséricorde divine ; par-delà les apparences, pour que jamais la croix ne semble victorieuse : le sens de la vie ne s’arrête pas à la tombe. Amen.

 

Télécharger l'homélie du 1er avril 2012, dimanche des Rameaux et de la Passion, année B (PDF)

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Sun, 01 Apr 2012 06:11:00 +0200
■ "Marie, refuge de Miséricorde" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/marie-refuge-de-misericorde.html Troisième Congrès national de la Miséricorde 4 – 5 août 2012 à Notre Dame du Laus sous la... Troisième Congrès national de la Miséricorde

4 – 5 août 2012 à Notre Dame du Laus

sous la présidence du cardinal Philippe Barbarin

MARIE, REFUGE DE MISÉRICORDE

Avec Marie, Mère de Miséricorde

vivre la réconciliation

Dimanche 15 avril 2012, l’Église fête le Dimanche de la Miséricorde Divine.

Deux Congrès mondiaux de la Miséricorde Divine ont eu lieu en avril 2008 à Rome et en octobre 2011 à Lagiewniki-Cracovie. Depuis 2008, une cinquantaine de Congrès continentaux et nationaux se sont déroulés.

En France, le premier Congrès, en octobre 2008, à Lyon avait pour thème Miséricorde approches pastorales et interreligieuses. Le deuxième, en février 2010, à Lisieux, sur le thème Miséricorde, osons la confiance  a rassemblé plus de 1000 personnes. 

Ces congrès nationaux permettent de faire grandir la communion entre divers Congrégations, Associations, Mouvements dédiés à la Miséricorde et aux congressistes de découvrir comment la Miséricorde est annoncée et vécue de multiples manières en France.

Les samedi 4 et dimanche 5 août 2012, le 3e Congrès national de la Miséricorde se déroulera au Sanctuaire marial de Notre Dame du Laus, dédié depuis le 17e siècle à la réconciliation et au pardon (diocèse de Gap et Embrun), à 12 kms au sud-est de Gap).

Au programme : Ø  Découverte du Sanctuaire et du message de Miséricorde de Notre Dame à Benoîte, Ø  Conférence du Cardinal Philippe Barbarin Avec Marie, Mère de Miséricorde, vivre la réconciliation  Ø  Conférence de Mgr Renato Boccardo, archevêque de Spoleto-Nurcie Avec Marie, Reine des Apôtres, être témoin de Miséricorde  Ø  Trois parcours interactifs Oser le défi de la réconciliation
  •      dans le monde professionnel (Mgr J.M. di Falco, évêque de Gap et d’Embrun)
  •      au sein de la famille (Cardinal Ph. Barbarin, archevêque de Lyon)
  •      dans les situations de souffrances (Mgr A.M. de Monléon, évêque de Meaux)
Ø  Veillée mariale avec le témoignage de Sœur Marie Simon Pierre, Petite Sœur des Maternités Catholiques, guérie par l’intercession de Jean-Paul II. Ø  Visite des stands présentant les divers Congrégations, Associations, Mouvements dédiés à la Miséricorde. Ø  Animation musicale assurée par GLORIOUS.             Pendant le Congrès : animations spécifiques pour les enfants et les jeunes. Contact presse : Jacques Carton : congresmisericorde@sfr.fr – Tel. 06 88 59 23 37 Informations – Inscriptions : e-mail misericordefr@yahoo.fr Site-web :  http://www.congresmisericordefrance.catholique.fr/spip.php?article36 ]]>
Sat, 31 Mar 2012 09:57:00 +0200
■ D'illustres architectes au Laus http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/dillustres-architectes-au-laus.html Les 15 et 16 mars derniers, les trois équipes retenues pour aménager le sanctuaire Notre-Dame du... Les 15 et 16 mars derniers, les trois équipes retenues pour aménager le sanctuaire Notre-Dame du Laus ont été reçues par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d’Embrun, et ses collaborateurs.

Après consultation, parmi les nombreux dossiers reçus, trois équipes de renom international ont été retenues pour concourir: Dominique Perrault, Rudy Ricciotti et Philippe Madec. Elles proposeront chacune un projet d’ici la fin du mois de juin.

Le projet « Laus 2014 » : une réflexion ambitieuse pour conduire à une écriture architecturale de qualité qui marque l’histoire du site. Il comportera 2 volets :

1. Le schéma directeur de développement du sanctuaire. Dans un premier temps, les concepteurs devront définir les orientations stratégiques du sanctuaire pour en composer le projet urbain à 30 ans.

2. La construction de plusieurs édifices majeurs . La seconde étape consistera à mettre en œuvre la première phase opérationnelle du schéma directeur, dont l’église de 2500 places, édifice majeur du projet.

Nul doute que l’enthousiasme montré par les trois équipes lors de la visite du site apportera des réponses de qualité.

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Trois concurrents Dominique Perrault

Principales réalisations : Bibliothèque Nationale de France à Paris ; aménagement de la cour de justice européenne de Luxembourg ; université féminine de Séoul ; tour Fukoku à Osaka ;  vélodrome et la piscine Olympique de Berlin.

Philippe Madec

Principales réalisations : musée archéologique du château de Mayenne ; pôle oenotouristique de Lunel ; maison de la terre à Casablanca ; serres du Jardin Botanique de Bordeaux ; centre de Formation Herne Sodingen en Westphalie, référence internationale en matière de développement durable.

Rudy Ricciotti

Principales réalisations : département des arts de l’islam au Louvre ; MUCEM (Musée des Civilisations d’Europe et de Méditerranée) à Marseille ; musée Jean Cocteau à Menton ; pavillon français de l’exposition universelle de Shanghai ; centre chorégraphique national à Aix-en-Provence.

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Wed, 21 Mar 2012 11:47:00 +0100
Condamnés, jugés, sauvés ? http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/condamnes-juges-sauves.html Homélie du 4e dimanche de carême (Laetare), année B  

Depuis le début du temps du Carême, nous entendons des récits qui nous préparent à revivre le mystère pascal : les tentations au désert comme annonce de la victoire du Sauveur sur le mal, la transfiguration comme prélude à la résurrection du Christ et à notre propre résurrection, puis les marchands du temple, comme annonce du relèvement du Christ en son corps, au troisième jour.

Ce dimanche, comme dimanche prochain, nous entrons dans un autre registre : non plus des événements (tentation, transfiguration, expulsion des marchands du temple), mais des discours du Christ : aujourd’hui sur le jugement, dimanche prochain sur le grain de blé tombé en terre. Les discours sont peut-être plus difficiles à pénétrer que les récits, et pourtant, il y a ici un véritable condensé de l’événement pascal, qu’il serait bien dommage de manquer de percevoir.

Car nous avons entendu cette parole formidable : « Dieu n’a pas envoyé son Fils pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jean 3,16-17). Voilà qui semble balayer toute représentation d’un tribunal divin où nous serions jugés. Et nous aurions tendance alors à penser que les notions de jugement, d’enfer, de purgatoire, ne seraient que des conceptions inventées par l’Eglise pour nous effrayer, voire pour nous dominer.

Mais c’est oublier que le Christ poursuit ainsi : « celui qui refuse de croire est déjà jugé » (Jean 3,18). Alors, y a-t-il jugement, oui ou non ? Est-il pour la fin de la vie, ou est-il déjà réalisé ? Sans compter que ce jugement semble reposer sur le refus de croire : qu’est-ce que ça veut dire ? Quelqu’un qui, de bonne volonté, n’aurait pas la foi, serait-il condamné par avance ?

Voilà bien des questions cruciales, qui touchent aux fins dernières et pour lesquelles ce n’est pas affaire d’opinion, mais de révélation. Il ne nous revient pas de déterminer si l’enfer existe et si Dieu nous juge : c’est le Christ qui nous apporte la réponse dans la révélation. Alors, ayons le courage et l’attention nécessaires pour bien entendre ce qu’il nous dit.

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La première réalité révélée dans la Bible, c’est qu’il y a bien un jugement divin à la fin des temps : on l’appelle « le jugement dernier ». D’après la conduite de l’homme sur la terre, ce jugement décidera de son entrée dans la vie éternelle ou dans l’enfer d’une vie sans Dieu. Cette prérogative divine, le Père la remet à son Fils éternel, ce qui nous fait proclamer, dans notre foi, au sujet du Christ : « il viendra pour juger les vivants et les morts ».

La deuxième réalité révélée nous est offerte aujourd’hui : « Dieu a envoyé son Fils non pas pour juger le monde, mais pour le sauver ». Saint Paul le dira avec insistance, par exemple dans sa 1ère lettre à Timothée : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tim 2,4). Dans la deuxième lecture, nous l’entendions aussi révéler combien « Dieu est riche en miséricorde » (Eph 2,4). La mort éternelle n’est donc pas la volonté de Dieu. Ce n’est pas Dieu qui a créé l’enfer, ce n’est pas Dieu qui damne les âmes humaines. Nous n’avons donc pas à avoir peur du Seigneur ; ce n’est pas Lui qui nous condamne.

Mais alors, s’il y a bien jugement, sans que Dieu soit le condamnateur, qui donc pose ce jugement ? Saint Paul écrit à Tite que l’homme perverti et pécheur « se condamne lui-même » (Tite 3,11).  Saint Augustin le dira en des termes médicaux : « Le médecin a tout fait pour guérir le malade. Donc celui qui refuse d’observer les prescriptions du médecin se donne lui-même la mort ». En ce sens, le juge, c’est l’homme lui-même. On pourrait dire que le pouvoir de jugement du Christ, c’est de nous laisser libres de notre propre jugement.

Nous le comprenons donc : l’être humain ne subit pas le jugement divin ; C’est plutôt Dieu qui subit le jugement de l’homme, puisque le Seigneur a choisi, dans son amour, d’être impuissant face à notre liberté de Le choisir ou de Le rejeter. Puisqu’il veut faire alliance avec nous, Dieu ne peut pas s’imposer à nous : on ne peut pas contraindre à aimer, sinon ce n’est plus de l’amour.

Mais si Dieu a eu la folie de nous laisser libres - une folie d’amour - les humains font preuve d’une autre folie, celle de croire qu’ils peuvent vivre en dehors de sa volonté, de ses commandements – ou pour ceux qui ne partagent pas notre foi : en dehors de ce que notre conscience nous intime au plus profond, elle qui sait le bien et le mal. La folie de choisir le mal nous condamne nous-mêmes.

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Et pourtant, la vie éternelle ne se mérite pas, elle ne se conquiert pas par nos actes. Saint Paul a été très clair dans la deuxième lecture : « C'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Cela ne vient pas de vos actes, il n'y a pas à en tirer orgueil ». Nous étions incapables de nous sauver. Or, le Christ dit de lui-même : « le Fils de l’homme est venu pour donner sa vie en rançon pour la multitude » (Marc 10,45). Nous étions incapables de mettre suffisamment le prix pour être sauvés. Personne n’aurait pu revendiquer devant Dieu son droit à participer à sa Vie pour l’éternité, au regard de ses mérites personnels.

Mais le Christ a donné sa vie en rançon pour la multitude. Il a « payé cher » (1 Co 6,20) le prix de notre rachat, dira encore saint Paul aux Corinthiens, dans un vocabulaire financier qui nous dérange peut-être, mais qui a bien le mérite de nous montrer que nous ne pouvions rien payer pour avoir accès au Ciel. Si quasiment tout s’achète sur terre, la Vie du Ciel, elle, n’est pas à vendre. On ne l’achète même pas par nos actes de charité.

C’est dans l’autre sens que le mystère de Pâques va nous faire percevoir la réalité : le Christ a donné sa vie pour nous, il nous a ouvert les portes du Ciel en brisant les verrous de la mort. Depuis notre baptême, cette réalité nous a rejoints au plus profond de notre être et de nos relations. La question n’est donc pas de gagner le Paradis par nos actes ; elle est de vivre de la résurrection qui nous habite déjà.

Soit nous vivons comme des ressuscités, en ne choisissant que les actes et les paroles qui font vivre, qui relèvent, qui donnent ; soit nous vivons comme des morts, et alors nous ne voulons pas de la vie du Christ. C’est pourquoi Jésus affirme : « celui qui refuse de croire est déjà jugé ». Ce n’est pas ici une difficulté à comprendre les articles de la foi qui est dénoncée : refuser de croire, c’est refuser de vivre dans la résurrection déjà à l’œuvre dans le monde. C’est choisir ce qui ne va qu’à la mort ; et nous n’aurions aucune peine à repérer ce qui, dans notre vie, ne va qu’à la mort, mais auquel nous restons si stupidement attachés. Nos orgueils et nos biens matériels, nos soucis de vie tranquille et d’être admirés par les autres, la trop grande place laissée à notre petite personne et la trop petite place laissée aux autres, surtout à ceux qui sont le plus dans le besoin : tout cela, c’est notre attachement à ce qui ne peut que mourir. Et en restant attachés à ce qui meurt, nous courons le risque de mourir avec, éternellement.

Alors, le Seigneur ne cesse - par sa Parole, par ses sacrements, par son Eglise, et de bien d’autres manières encore – il ne cesse de nous ramener à la vraie Vie, de nous attacher à ce qui demeure éternellement : le service, l’amour, le don de soi, la générosité, la paix, la justice, le respect. Oui, « Dieu a tant aimé le monde », nous dit saint Jean. Tant aimé qu’il fait tout pour nous tirer du bon côté, malgré nos réticences tellement incompréhensibles.

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N’ayons donc pas peur de Dieu comme d’un juge attendant de régler ses comptes avec nous au terme de notre vie. Dieu ne veut pas en découdre avec nous qui sommes si souvent infidèles ; Il n’a pas l’intention de se venger ni de punir : Il veut sauver. Ayons donc confiance en Lui, comme en un ami qui nous aide à faire les bons choix pour ne pas nous laisser attirer par ce qui conduit à la mort.

La voilà, cette joie profonde que nous sommes invités à accueillir dès ce dimanche du Laetare, comme un prélude à l’éclatement de joie du jour de Pâques : Dieu est de notre côté ! Saint Paul nous pose alors la question, dans l’épitre aux Romains : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n'a pas refusé son propre Fils, il l'a livré pour nous tous : comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? » (Rm 8, 31-32).

Ne sentez-vous pas cette joie profonde qui nous gagne à l’écoute de telles paroles ? Dieu est pour nous, Il nous donne tout !  « Laetare » : réjouissez-vous, exultez dès à présent de savoir que Dieu est de notre côté, du côté de la vie, du côté du bonheur ! Que cette joie soit profonde et qu’elle soit en nous comme un élan pour rejeter résolument tout ce qui ne conduit qu’à la mort, tout ce qui fait notre propre condamnation.

Et c’est encore saint Paul, aux Romains, qui nous encourage : « Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour (…) mais revêtez le Seigneur Jésus Christ » (Rm 13,12-13). Pour être sauvés et échapper au jugement, il nous faut revêtir le Christ, d’un vêtement de paroles, d’actes et de pensées qui rende évident à tous que ce n’est plus nous qui vivons, c’est le Christ, le Ressucité, qui vit en nous ! Amen.

 

Télécharger l'homélie du dimanche 18 mars 2012, 4e dimanche de carême, année B (PDF)

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Sun, 18 Mar 2012 14:25:00 +0100
■ 18 mars 1892 - 18 mars 2012: une petite église devenue basilique http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/18-mars-1892-18-mars-2012-une-petite-eglise-devenue-basilique.html Dix-huit mars 1892 : le saint père Léon XIII signe la Lettre...      Dix-huit mars 1892 : le saint père Léon XIII signe la Lettre pontificale d’attribution du titre de basilique mineure à l’Eglise de Notre-Dame du Laus. L’évêque de Gap, Mgr Berthet, la reçoit le 6 avril et décide d’organiser la cérémonie officielle d’attribution le 8 septembre, jour de la fête de la Nativité de la Vierge Marie.

 

 

 

     Ce grand honneur accordé à l’église de ce petit mais saint vallon du Laus est le résultat de l’action de l’évêque de Gap auprès du souverain pontife. Lors de l’audience au Vatican, Mgr Berthet lui demande un témoignage de « paternelle bienveillance » pour ce sanctuaire qui voit une affluence importante de pèlerins provenant des paroisses du diocèse des Hautes-Alpes et des diocèses avoisinants, et qui, théâtre de tant de merveilles, permet à de nombreux pèlerins de recevoir grâces et guérisons des âmes et des corps. Pour convaincre le souverain pontife, Mgr Berthet lui rappelle la haute faveur que son prédécesseur le pape Pie IX a accordée au sanctuaire en couronnant la Vierge du Laus le 23 mai 1855.

Mgr Berthet, évêque de Gap

     Pour beaucoup de prélats du Vatican, la modestie du monument peut être un obstacle à cette faveur. Mais, considérant que la Sainte Vierge en avait fixé les dimensions, le pape Léon XIII accueille favorablement le vœu de l’évêque de Gap en attribuant le titre et tous les privilèges attachés.

     Le 8 septembre 1892, un très grand nombre de pèlerins venus des diocèses de Gap et de Digne affiche sa  dévotion à la Sainte Vierge et au sanctuaire.

     La veille à 11h du soir, une grande procession a fait le tour du saint vallon, au rythme des traditionnelles litanies du Laus.

     A 9h30, le bourdon annonce l’office pontifical qui, devant le nombre important de pèlerins (plus de 3000), doit être en plein air, « sous la voûte du ciel ». A la fin de la lecture de la lettre du souverain pontife, on fait sonner les cloches à grande volée.

     Si, pour les festivités du couronnement de la Vierge le 23 mai 1855, Mgr Depéry avait invité de nombreux cardinaux et évêques, rassemblé plus de 600 prêtres et de l’ordre de 35 000 pèlerins, la cérémonie de l’élévation de la basilique est plus simple et rassemble essentiellement des pèlerins du diocèse de Gap et de Digne.

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Quelques extraits de la Lettre pontificale d’attribution du titre de basilique mineure

     « Il appartient au bon vouloir et à la pratique des pontifes romains d’ennoblir par l’attribution d’un titre particulier les édifices sacrés remarquables par leur ancienneté, éminents par l’importance de ce qu’ils rappellent et fréquentés par un grand nombre d’habitants du lieu et d’étrangers….  Pour cette raison, nous considérons avec une bienveillante attention l’église édifiée dès 1666 en l’honneur de la Vierge Marie, mère de Dieu, au lieu communément appelé Laus sur le territoire du diocèse de Gap. Elle se distingue par la qualité de l’art qui a présidé à sa construction avec le pieux concours des fidèles qui ont coutume d’y venir très nombreux, en de fervents pèlerinages pour y implorer l’assistance de la bienheureuse Vierge. Située au milieu de cette église une chapelle, que distinguent son style et sa décoration de mosaïques, ajoute encore à son excellence et met en relief sa parenté et sa ressemblance avec la maison de Lorette de la Bienheureuse Vierge.

     Dans l’exercice de notre autorité apostolique, nous enrichissons l’église dont nous avons fait l’éloge du titre de basilique mineure et nous lui conférons tous et chacun des droits, privilèges, honneurs et prérogatives qui lui reviennent.

     Donné à Rome, près saint Pierre, avec l’anneau du Pécheur, le 18 mars 1892. »

(Texte traduit par Mgr André Fort, évêque émérite d’Orléans et chapelain au sanctuaire)

 Construction de l'église, sous la conduite de Benoîte (1666-1669)

Repères :

L’Eglise de Notre-Dame du Laus se voit attribuer tous les insignes attachés au titre de basilique mineure :

- le tintinnabule qui annonce les processions ; - le pavillon ou gonfalon, sorte de parasol demi-ouvert de couleur rouge et jaune ; - la chape prélatice portée par les chanoines.


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Sun, 18 Mar 2012 11:21:00 +0100
■ Un parcours spirituel vers Pindreau pour le carême http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/un-parcours-spirituel-vers-pindreau-pour-le-careme.html Un nouveau parcours spirituel vient d'être installé au sanctuaire. Conduisant au monument de... Un nouveau parcours spirituel vient d'être installé au sanctuaire.

Conduisant au monument de Pindreau, les 7 panneaux qui le composent resteront en place jusqu'à Pâques: il s'agit en effet d'un parcours de carême vous proposant, aux sens propre et figuré, de vous aider à vous mettre en marche vers Pâques.

Cinq thèmes ayant un lien avec le carême sont abordés: "porter du fruit", "la lumière du monde", "l'annonce de la Résurrection", "la transfiguration", "l'appel à la conversion".

Sur un itinéraire permettant une marche paisible jusqu'à Pindreau, lieu de l'apparition mariale du 29 septembre 1664, chaque panneau présente un passage de l'évangile, un autre des Manuscrits (regroupant les témoignages de plusieurs contemporains de Benoîte Rencurel), et une intention de prière. Autant d'occasions de méditer, seul ou en groupe, mais aussi d'approfondir le message du Laus et de l'apprécier dans sa richesse et son actualité.

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Tue, 06 Mar 2012 14:01:00 +0100
Beauté qui surpasse toutes les beautés http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/beaute-qui-surpasse-toutes-les-beautes.html Homélie du 2e dimanche de carême, année B  

Pour mettre Abraham à l’épreuve, le Seigneur lui demande d’aller offrir son fils bien aimé en sacrifice « sur la montagne ». C’est aussi sur une montagne - « très haute », précise saint Marc - que Jésus emmène ses bien-aimés, Pierre, Jacques et Jean, pour être transfiguré devant eux.

La montagne semble toucher le ciel. Elle oblige à un effort pour la gravir et découvrir des paysages insoupçonnés ; celui qui préfère rester tranquillement dans la plaine ne les contemplera jamais. La montagne évoque aussi la majesté, et nous nous sentons tous humbles devant ces massifs qui nous ont précédés et qui nous survivront.

C’est sans doute pour toutes ces raisons que Dieu choisit la montagne comme lieu privilégié de sa révélation. Montagne du Sinaï, où Moïse reçoit les tables de la loi ; montagne de Sion, où est construit le temple de Jérusalem ; montagne de l’Horeb, où le Seigneur se manifeste au prophète Elie dans le murmure d’une brise légère.

Jésus se retire lui aussi souvent sur la montagne, pour prier ; c’est là qu’il y choisit ses douze Apôtres, qu’il prononce le grand discours des béatitudes, et bien sûr qu’il va donner sa vie, sur le mont Golgotha.

* * *

En ces semaines de vacances, beaucoup viennent en notre belle région profiter des joies de la montagne. Les skieurs de la session ski-spi, qui s’est achevée hier en notre sanctuaire, comme les spi-skieurs qui nous rejoignent aujourd’hui pour une nouvelle session, se laissent toucher, comme beaucoup d’entre vous, par l’appel des hauteurs.

Majestueuses de beauté, les montagnes inspirent le respect et l’émerveillement, même aux plus blasés ; car rien, aucun spectacle d’aucune sorte, ne peut égaler la beauté édifiante des montagnes. Rien ne l’égale, une seule la dépasse : Jésus-Christ. Sur une haute montagne, il est transfiguré, d’une beauté telle que toute autre beauté paraît bien pâle en comparaison.

Et saint Augustin, après s’être épuisé à chercher la beauté dans les choses créées, fait cette magnifique prière au Seigneur : « Bien tard je t’ai aimée, ô Beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard je t’ai aimée. Et voici que tu étais au-dedans de moi, et moi au-dehors de moi, et c’est là que je te cherchais ». Après des années d’errance, saint Augustin a découvert que la beauté du Christ l’avait déjà rejoint, au plus profond de lui-même, mais que lui n’y était pas. Le temps du Carême est justement offert pour que nous soyons là où le Seigneur nous  rejoints.

La transfiguration, dont Pierre, Jacques et Jean sont les témoins, annonce cette beauté divine qui nous rejoint au-dedans de nous, par la résurrection du Christ. Car c’est bien avec son corps que Jésus est transfiguré et qu’il est ressuscité : corps lumineux à la transfiguration qui annonce le corps glorieux dans la résurrection. D’ailleurs, c’est le même terme que l’évangéliste choisit pour décrire les deux événements : « Jésus fut transfiguré », dit-il – littéralement : « il fut rendu autre, dans une autre forme, méta-morphosé ». Au jour de la résurrection, quand le Seigneur apparaîtra à ses amis, ce sera aussi, précisera saint Marc, « sous des traits autres, méta-morphosés » (Mc 16,5). Ce corps sera à la fois marqué des signes des clous et tellement différent que certains auront du mal à le reconnaître.

Or, depuis notre baptême, nous le croyons : cette lumière de la résurrection nous a déjà rejoints dans nos propres corps. L’éclat du Christ n’est pas seulement à contempler ; sa lumière est venue nous irradier, et désormais, déjà, nos corps sont « autres », porteurs de lumière, porteurs de Dieu, temples de l’Esprit-Saint.

Osons le dire : nos corps sont tous beaux, car traversés par cette lumière du Christ ; une lumière qui ne nous apparaît pas toujours clairement, nous qui subissons les limites de nos corps et qui souffrons de leurs défaillances. Mais la transfiguration, parce qu’elle annonce la résurrection, nous appelle à un regard totalement nouveau sur nos corps.

Sur la montagne, Jésus transfiguré n’est pas encore ressuscité ; de même, nous qui avons laissé la lumière du Christ nous irradier au jour de notre baptême, nous ne sommes pas encore ressuscités ; l’harmonie totale avec notre corps, ce sera pour la résurrection. Mais pour l’instant, nous sommes dans cette étape de notre existence, où nos corps sont bien traversés de lumière, mais restent dans la pesanteur du monde.

* * *

En contemplant la transfiguration, nous pouvons donc trouver une vraie réconciliation avec nos corps. Ce temps du Carême est justement un moment favorable pour cette réconciliation : cessons de vouloir nos corps autres qu’ils ne sont ; acceptons-les avec leurs défauts physiques qui nous complexent parfois, avec leurs maladies et leurs handicaps qui peuvent être si pesants, avec leurs vieillissements si déconcertants.

Luttons contre la maladie mais ne combattons pas nos corps, à l’instar de Benoîte dont l’ange a caché les objets de tortures par lesquels elle se faisait du mal : influencée par le jansénisme ambiant, elle pensait qu’il fallait mater le corps comme un animal sauvage, ennemi de l’âme. Elle va découvrir, par son ange, que le corps est l’ami de l’âme : il est un lieu privilégié de relation, et depuis le Christ, il est traversé de lumière, d’où le respect profond qui lui est dû. Un respect que l’Eglise ne cesse de rappeler, souvent à contre-courant, parce que dans notre monde qui se dit décomplexé, on n’aime pas le corps, en vérité, on le consomme.

Et finalement, si la Transfiguration a lieu sur une montagne, c’est peut-être aussi pour que nous portions sur nos corps le même regard que celui que nous avons sur les montagnes : un respect devant sa majesté, en reconnaissant combien c’est un lieu privilégié de rencontre avec Dieu. « Glorifiez Dieu dans votre corps », exhorte saint Paul (1 Co 6,20).

Par les pénitences du Carême qu’il serait dommage de laisser de côté comme si c’étaient des pratiques dépassées, nous sommes appelés non pas à mépriser le corps, mais le maîtriser, à l’orienter pour qu’il corresponde à la lumière de transfiguration qui le traverse, depuis qu’il a été plongé dans l’eau du baptême.

Frères et sœurs, aimez vos corps, respectez vos corps en les maîtrisant. Respectez les corps des autres, sans jamais leur retirer leur lumière de transfiguration : les regards impurs, les complicités avec le monde de la pornographie, la chosification du corps des autres, sont autant de rejets de la lumière divine qui est venue nous traverser au jour de notre baptême, comme une transfiguration annonçant leur vocation à la glorification éternelle au Paradis.

* * *

Alors que nous sommes encore dans les débuts de notre Carême, l’Evangile de la transfiguration nous appelle à la beauté ; et même à un choix entre des beautés d’apparence et la vraie beauté ; un choix entre des beautés qui passent et celles qui demeurent. La montagne, qui évoque la permanence, tant il a fallu de siècles pour façonner les paysages qui nous entourent, nous appelle à choisir des beautés qui durent.

Faisons nos vies belles, en ces jours de préparation pascale ; plus encore que faire ce qui est juste, faisons ce qui est beau.

Amen. Télécharger l'homélie du dimanche 4 mars 2012, 2e dimanche de carême année B (PDF)]]>
Sun, 04 Mar 2012 00:50:00 +0100
La beauté de Marie, reflet de la beauté de Dieu... http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/la-beaute-de-marie-reflet-de-la-beaute-de-dieu.html Le dossier du numéro 364 des Annales du Laus, qui paraîtra à la fin du mois de mars, aura pour...      La Belle Dame apparue à Benoîte au Vallon des Fours, se présente à Pindreau « plus éclatante que le soleil ». C’est à Bernadette deux siècles plus tard que Marie, en dévoilant son identité profonde « Je suis l’Immaculée Conception » livre en même temps le secret de sa beauté.

     Il est marquant de constater que les deux bergères rapportent en des termes très proches l’expérience qu’elles ont faite lors des apparitions mariales. Benoîte affirme que « Du visage de Marie sort tant de lumière qu’elle n’a jamais pu bien remarquer ses traits » (Manuscrits du Laus), tandis que Bernadette témoigne : « Je voyais une lumière éclatante… Mais une lumière comme il n’y en a pas sur terre, même celle du soleil. Au milieu de cette lumière, je voyais une figure merveilleuse, mais qui n’était pas comme les figures de la terre. » (René Laurentin, Bernadette vous parle) Marie apparaît transfigurée, tel le Christ sur le Mont Thabor lorsque son humanité laisse transparaître la gloire de sa divinité « Il fut transfiguré devant ses disciples ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. » (Mt 17, 2).

     La beauté de Marie est « lumière », elle n’est pas de ce monde et ne répond pas aux critères esthétiques du moment. La preuve en est qu’à toutes les époques, elle est appelée la Belle Dame. La beauté de Marie a quelque chose d’éternel, d’intemporel, qui nous rappelle qu’elle la tient d’un Autre, de Dieu lui-même.

     « Dieu est Amour, Dieu est Lumière »  (cf 1Jn). L’amour transfigure, l’amour illumine, nous en sommes témoins au plan humain : l’amour en un sens « rend beau ». Le visage de jeunes mariés, d’une jeune maman en sont une éloquente illustration. Marie est toute belle car en elle rien ne fait obstacle à l’Amour de Dieu. Elle en est le pur réceptacle, toute transparente à la Lumière de Dieu qu’elle reçoit et transmet sans déperdition.

     « De son visage sort tant de lumière ». Le visage, c’est la révélation du cœur. Ainsi, la beauté lumineuse du visage de Marie dévoile la pureté de son âme. Elle est la toute belle parce que toute sainte : « Enrichie dès le premier instant de sa conception d’une sainteté éclatante absolument unique, la Vierge de Nazareth est saluée par l’ange de l’Annonciation, qui parle sur ordre de Dieu, comme ‘‘pleine de grâce’’ (Lc 1,28) » (Lumen Gentium 56). Comblée de grâce, Marie est objet par excellence de l’amour divin. A un titre particulier le cri d’admiration de l’auteur du Cantique des cantiques peut lui être appliqué : « Que tu es belle, ma bien-aimée, que tu es belle ! » (Ct 1,15). Préservée de toute atteinte de la faute originelle, par pure grâce de Dieu et en vue de sa mission d’être la Mère du Rédempteur, Marie est l’infiniment « grâciée ». Laissons à ce mot son ambigüité : elle est enveloppée de la grâce de Dieu et libérée du poids de la condamnation qui pèse sur tout homme pécheur. Le dogme de l’Immaculée Conception met à mal notre expérience du temps : « rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils » (LG 53) la Vierge immaculée est sauvée par avance de façon absolument gratuite. Elle n’est pas en dehors de la rédemption comme si elle n’en avait pas besoin mais au contraire, elle a bénéficié la première du salut opéré par le Christ, mort et ressuscité. Ainsi, par tout son être, elle ne cesse de renvoyer au seul mystère qui l’habite, celui de son Fils. A travers la Liturgie des Heures, l’Eglise nous donne de contempler cette réalité : « Mère immaculée de l’Agneau sans tache et première des sauvés, le sang rédempteur t’illumine. Devant ta beauté radieuse, tes enfants s’émerveillent. Le Seigneur est avec toi, Marie, pleine de grâce. Il est avec toi, car le Père t’a créée dans l’amour : tu es un miroir très pur de sa gloire. » (répons de l’office des lectures)

     La beauté de Marie est un don de Dieu, elle lui vient de son Fils, qui est « l’Image du Dieu invisible » (Col 1,15), « le resplendissement de sa gloire, l’effigie de sa substance » (He 1,3). « Cet enfant d’une beauté singulière » qui a ravi le cœur de Benoîte au Vallon des Fours est aussi le Crucifié sanglant apparu sur la croix d’Avançon. Mystère de la rédemption : sur la croix, alors que « le plus beau des enfants des hommes » (Ps 45,3) « n’a plus figure humaine » (Is 52,14), la beauté de notre visage, défiguré par le péché, nous en rendue. Le Fils de Dieu s’est fait homme pour sauver l’homme créé à l’image de Dieu. Il a donné sa vie afin de le libérer de ce repli sur lui-même mortifère qui, en le coupant de l’Amour de Dieu, obscurcit tout son être ainsi éloigné de la source de la Lumière. « C’est dans le Christ, rédempteur et sauveur, que l’image divine, altérée dans l’homme par le premier péché, a été restaurée dans sa beauté originelle et ennoblie de la grâce de Dieu » (Catéchisme de l’Eglise Catholique § 1701)

     Parce qu’elle n’a pas de connivence avec le péché, Marie se trouve compromise dans une merveilleuse solidarité avec tous les hommes. La toute belle, la toute pure est en vérité « le refuge des pécheurs ». En choisissant le Laus pour la conversion des pécheurs, la Mère du Sauveur nous invite tous  à nous détourner de la laideur du péché pour nous laisser revêtir de la beauté de Dieu.

 

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Wed, 29 Feb 2012 05:46:00 +0100
"40 jours pour nous consolider" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/40-jours-pour-nous-consolider.html Homélie du 1er dimanche de carême, année B

Chaque année, le 1er dimanche du Carême nous offre de méditer l’Evangile des tentations de Jésus au désert. Ces quarante jours de jeûne, de prière, de lutte et de victoire sur le démon donnent nécessairement une orientation décisive pour vivre les quarante jours de notre préparation pascale.

Mais, alors que les évangélistes saint Matthieu et saint Luc présentent chacun trois tentations successives, qui permettent un véritable examen de conscience au seuil du Carême, saint Marc, que nous entendons cette année, ne donne aucune précision sur le contenu des tentations du Christ.

Cette simple phrase : « dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan »  nous révèle que, pour saint Marc, l’accent de ce temps de désert n’est pas de nous aider à relire notre vie à la lumière des résistances du Christ, mais de redécouvrir ce que veut dire : être sauvé.

Pour cela, ce qui intéresse l’évangéliste, c’est surtout l’enchaînement des événements : « Jésus venait d’être baptisé », précise-t-il. Puis aussitôt, il est tenté par Satan pendant quarante jours ; ensuite Jean-Baptiste est arrêté, et alors Jésus part proclamer la Bonne Nouvelle.

Cet enchaînement ne raconte pas seulement une histoire ; il donne toute la clé du temps du Carême.

* * *

Il y a d’abord ce petit mot : « aussitôt » qui marque l’enchainement immédiat et le lien logique entre le baptême de Jésus et les tentations au désert. Autrement dit : les tentations doivent être lues comme un déploiement de la révélation faite au baptême.

Le Père s’était alors adressé au Christ en disant : « Tu es mon Fils bien-aimé ». Dans les tentations, Jésus va résister, attestant ainsi que rien n’est plus fort pour lui que ce lien qui l’unit au Père. Rien, pas même la faim, pas même la tentation du pouvoir, pas même la perspective d’échapper à la souffrance de la croix : rien ne sera jamais plus fort que le lien qui l’unit à son Père, parce qu’il est le Fils éternel tout donné à celui qui lui donne tout, dans la communion de l’Esprit-Saint.

Ce prolongement du baptême dans l’épisode des tentations insiste alors sur l’union intime du Christ à son Père, et nous invite à faire de notre Carême un approfondissement, nous aussi, du lien qui nous unit au Père. Plongés avec le Christ dans l’eau du baptême pour renaître avec Lui à la vie nouvelle, nous avons été adoptés par le Père ; à nous désormais de maintenir ce lien, qui est l’œuvre de la grâce bien sûr, mais qui appelle aussi notre fidélité et notre résistance aux tentations de vivre hors du projet de Dieu.

Les 40 jours du Carême sont donc 40 jours de consolidation de nos liens avec Dieu, sans quoi nous vivrons les fêtes pascales de manière trop superficielle, et par-delà ces fêtes, c’est toute notre vie qui restera instable, mouvante, sans fondement.

* * *

Ce lien vital et fondamental, c’est dans la Pâque du Christ qu’il va être définitivement scellé : le Carême nous prépare ainsi à accueillir la nouvelle Alliance en son sang. Revivant au terme du Carême la dernière Cène, la crucifixion, le silence de la mort et la joie de la résurrection, nous allons dans 40 jours, être replongés dans l’Alliance nouvelle éternelle. Et de cela aussi, l’évangile des tentations au désert est le témoin, pour nous préparer résolument à Pâques et nous rappeler que le Carême n’a pour ainsi dire aucun sens s’il n’est vécu comme un élan vers ces jours de renouvellement d’Alliance.

Pour nous le faire comprendre, saint Marc dit du Christ que « l’esprit le pousse au désert ». Le terme est même un peu trop doux ; il serait plus précis de traduire : « l’esprit le jette au désert ». Cette traduction, qu’on peut trouver trop violente, permet de saisir davantage le rapprochement implicite entre le Christ au désert et le bouc émissaire, décrit dans le livre du Lévitique en ces termes : sur ce bouc, on portera « toutes les fautes des Israélites, toutes leurs transgressions et tous leurs péchés. Après en avoir ainsi chargé le bouc, on l’enverra au désert (…) et le bouc emportera sur lui toutes les fautes en un lieu aride » (Lev 16, 21-22).

De manière évidente, Jésus-Christ est le nouveau bouc-émissaire : le bouc-émissaire définitif et volontaire. C’est lui qui choisit de porter sur la croix tous les péchés du monde, comme nous le célèbrerons au jour du vendredi saint, et comme nous nous y préparerons chacun des vendredis de Carême, des journées qui ne peuvent pas être comme les autres.

Jésus, jeté au désert après son baptême, est donc ce bouc, portant sur lui tout le péché de l’humanité pour l’emmener dans un « lieu aride », afin de le faire disparaître. Vainqueur des tentations, il anéantit, pour ainsi dire, toutes nos fautes au désert, comme une préfiguration de tout le péché qu’il clouera sur la croix.

Les tentations au désert sont donc un appel pour nous à prendre conscience de cette victoire du Christ, et à nous y associer en nous préparant à Pâques par le Sacrement du pardon. Car c’est là , au plus haut point, que nous bénéficions de cette victoire du Christ, qui a emporté le péché sur ses épaules pour le réduire à l’impuissance.

« Faire ses Pâques », comme on ne dit plus guère, ce n’est pas se mettre en règle pour avoir le droit de vivre les fêtes pascales ; mais c’est expérimenter, au plus profond de notre âme blessée par le péché, que déjà ce péché n’a plus de poids au regard de l’amour déployé par celui qui l’a cloué sur la croix. Vivons le sacrement de pénitence et de réconciliation aussi comme une action de grâce au Christ qui a anéanti le pouvoir du péché, comme il a anéanti la puissance de la mort.

* * *

Cette victoire du Christ se trouve justement exprimée par saint Marc en ces termes : « il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages ». En sa personne se réalise déjà la cohabitation pacifique qu’annonçait cette prophétie d’Isaïe : « le loup habitera avec l’agneau ». Christ est le bouc émissaire, mais aussi l’Agneau innocent.

En lui, juste après son baptême annonçant la plongée de l’humanité pécheresse dans l’eau qui purifie, déjà, le loup habite avec l’agneau : les bêtes sauvages côtoient l’Agneau de Dieu. Plus aucun doute n’est possible : celui que le Père avait présenté au baptême comme son Fils bien-aimé vient sauver le monde en réconciliant toute la création. Les bêtes sauvages sont toutes proches de l’Agneau de Dieu, le désert n’est plus aride et stérile, la mort n’est plus la fin. Les 40 années d’infidélité du peuple hébreu au désert sont remplacées par les 40 jours de fidélité totale du Christ, nouveau Moïse qui nous conduit en terre promise.

Telle est la Bonne Nouvelle que Jésus part proclamer juste après son séjour au désert : Bonne Nouvelle de la victoire de la vie, même lorsque les apparences semblent indiquer le contraire. Car c’est seulement « après l’arrestation de Jean-Baptiste », dit saint Marc, que Jésus part proclamer que les temps sont accomplis. L’arrestation de Jean-Baptiste, c’est la première étape vers sa mise à mort, quand sa tête sera apportée sur un plateau, en récompense d’une séduction.

Jean-Baptiste emprisonné et bientôt mort, c’est l’apparente victoire de la séduction du tentateur. Mais comme, au désert, ce tentateur n’avait pas réussi à séduire le Christ, une victoire nous est présentée en filigrane : la mort ne l’emportera plus et la Bonne Nouvelle peut déjà être annoncée : « les temps sont accomplis ».

Les 40 jours du Carême sont donc ainsi un moment favorable pour savoir regarder par-delà les apparences. Savoir accueillir par-delà les souffrances et l’œuvre de la mort, la victoire du Christ que nous chanterons dans l’Alléluia du matin de Pâques.

* * *

Voilà ce qu’est le Carême : 40 jours pour aller au-delà des apparences. 40 jours pour consolider le lien qui nous unit au Père. 40 jours pour vivre plus intensément, en nous et entre nous, la victoire du Seigneur, bouc émissaire et Agneau innocent. 40 jours pour montrer que nous y croyons, en ne laissant pas le démon se réjouir de nos chutes dans le péché. 40 jours au désert, bien moins longs que les 40 ans du peuple hébreu, peinant à gagner la terre promise. Elle est donc pour nous toute proche, cette terre de paix et d’abondance : n’ayons pas peur, avec le Christ, de traverser le désert pour y entrer. Amen.

 

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Sun, 26 Feb 2012 09:44:00 +0100
Adoration méditée du Mercredi des cendres http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/adoration-meditee-du-mercredi-des-cendres.html Retrouvez ci-dessous les textes médités lors de l'adoration du mercredi des cendres au sanctuaire.... Retrouvez ci-dessous les textes médités lors de l'adoration du mercredi des cendres au sanctuaire. Ces textes, parmi lesquels des extraits des Manuscrits du Laus qui racontent la vie de Benoîte et la naissance du pèlerinage, abordent les thèmes de l'aumône, de la prière, et du jeûne: ces trois points de repère sont en effet traditionnellement proposés par l'Eglise à chaque début de carême pour aider les croyants à se décentrer d'eux-mêmes et se tourner vers Dieu et les autres. 

 

L’AUMONE

De l’Evangile selon saint Matthieu

« Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. »

Des Manuscrits du Laus

[Benoîte était d’une] douceur d’ange, un zèle ardent et discret pour la conversion des pécheurs […], une charité sans bornes pour les pauvres, toute pauvre qu’elle était elle-même, leur donnant tout ce qu’elle pouvait avoir pour les soulager ; ne se plaignant jamais de leur importunité, et ne leur témoignant jamais la moindre peine là-dessus ; se faisant vraiment toute à tous.

Du pape Benoît XVI       

« L’Évangile met en lumière un aspect caractéristique de l’aumône chrétienne : elle doit demeurer cachée. « Que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite », dit Jésus, « afin que ton aumône se fasse en secret » (Mt 6, 3-4). Et juste avant, il avait dit qu’il ne faut pas se vanter de ses bonnes actions, pour ne pas risquer d’être privé de la récompense céleste (cf. Mt 6, 1-2). La préoccupation du disciple est de tout faire pour la plus grande gloire de Dieu. Jésus avertit : « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5, 16). Ainsi, tout doit être accompli pour la gloire de Dieu et non pour la nôtre. Ayons-en conscience en accomplissant chaque geste d’assistance au prochain, tout en évitant de le transformer en un moyen de se mettre en évidence.

Si, en faisant une bonne action, nous ne recherchons pas la gloire de Dieu et le vrai bien de nos frères, mais nous attendons plutôt en retour un avantage personnel ou simplement des louanges, nous nous situons dès lors en dehors de l’esprit évangélique. Dans la société moderne de l’image, il importe de rester attentif, car cette tentation est récurrente. L’aumône évangélique n’est pas simple philanthropie : elle est plutôt une expression concrète de la charité, vertu théologale qui exige la conversion intérieure à l’amour de Dieu et des frères, à l’imitation de Jésus Christ, qui, en mourant sur la Croix, se donna tout entier pour nous. »

Texte lu par une soeur

« En nous invitant à considérer l’aumône avec un regard plus profond, qui transcende la dimension purement matérielle, les Saintes Écritures nous enseignent qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir (cf. Act 20, 35). Quand nous agissons avec amour, nous exprimons la vérité de notre être : nous avons en effet été créés non pour nous-mêmes, mais pour Dieu et pour nos frères (cf. 2 Cor 5, 15). Chaque fois que, par amour pour Dieu, nous partageons nos biens avec notre prochain qui est dans le besoin, nous expérimentons que la plénitude de la vie vient de l’amour et que tout se transforme pour nous en bénédiction sous forme de paix, de satisfaction intérieure et de joie.

En récompense de nos aumônes, le Père céleste nous donne sa joie. Mais il y a plus encore : saint Pierre cite parmi les fruits spirituels de l’aumône, le pardon des péchés. « La charité – écrit-il – couvre une multitude de péchés » (1 P 4, 8). La liturgie du Carême le répète souvent, Dieu nous offre, à nous pécheurs, la possibilité d’être pardonnés. Le fait de partager ce que nous possédons avec les pauvres, nous dispose à recevoir un tel don. Je pense en ce moment au grand nombre de ceux qui ressentent le poids du mal accompli et qui, précisément pour cela, se sentent loin de Dieu, apeurés et pratiquement incapables de recourir à Lui. L’aumône, en nous rapprochant des autres, nous rapproche de Dieu, et elle peut devenir l’instrument d’une authentique conversion et d’une réconciliation avec Lui et avec nos frères. »

 

LA PRIERE 

De l’Evangile selon saint Matthieu                           

 « Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. »

Des Manuscrits du Laus                                            

« Benoîte passait souvent en prières toute la nuit dans la petite chapelle. Quatre ou cinq fois elle a eu un amour de Dieu si grand et si ardent, qu’il l’enflamme à n’aimer que ce divin objet, et sa très sainte Mère. Alors elle se cachait dans un champ de blé pour prier, et aussi pour gémir, car elle souffrait de voir si peu d’amendement chez les pécheurs. »

Du pape Benoît XVI                                          

« Pendant toute la période du Carême, l’Eglise nous offre avec grande abondance la Parole de Dieu. En la méditant et en l’intériorisant pour l’incarner au quotidien, nous découvrons une forme de prière qui est précieuse et irremplaçable. En effet l’écoute attentive de Dieu qui parle sans cesse à notre cœur, nourrit le chemin de foi que nous avons commencé le jour de notre Baptême. La prière nous permet également d’entrer dans une nouvelle perception du temps : Sans la perspective de l’éternité et de la transcendance, en effet, le temps n’est qu’une cadence qui rythme nos pas vers un horizon sans avenir. En priant, au contraire, nous prenons du temps pour Dieu, pour découvrir que ses « paroles ne passeront pas » (Mc 13,31), pour entrer en cette communion intime avec Lui « que personne ne pourra nous enlever » (cf. Jn 16,22), qui nous ouvre à l’espérance qui ne déçoit pas, à la vie éternelle. »

Texte lu par une sœur

« Le parcours du Carême, où nous sommes invités à contempler le mystère de la Croix, consiste à nous rendre «conformes au Christ dans sa mort» (Ph 3,10), pour opérer une profonde conversion de notre vie : nous laisser transformer par l’action de l’Esprit Saint, comme saint Paul sur le chemin de Damas ; mener fermement notre existence selon la volonté de Dieu ;  nous libérer de notre égoïsme en dépassant l’instinct de domination des autres et en nous ouvrant à la charité du Christ. La période du Carême est un temps favorable pour reconnaître notre fragilité, pour accueillir, à travers une sincère révision de vie, la Grâce rénovatrice du Sacrement de Pénitence et marcher résolument vers le Christ. »

 

LE JEÛNE

De l’Evangile selon saint Matthieu                     

« Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. »

Des Manuscrits du Laus                                           

« Cette charitable fille ne pouvait voir souffrir les pauvres enfants de la veuve Astier : elle leur partage tous les jours son pain à l’insu de leur mère, disant que c’est assez qu’elle mange la semaine suivante chez son autre maître. […] Ce qu’elle fait auprès des enfants de sa maîtresse, Benoîte l’a pratiqué aussi en d’autres temps envers ses compagnes, leur donnant le pain qu’elle portait en gardant ses moutons. »

Du pape Benoît XVI                         

« Le vrai jeûne consiste à faire la volonté du Père céleste, lequel « voit dans le secret et te récompensera » (Mt 6,18). Jésus lui-même en donne l’exemple en répondant à Satan, au terme des quarante jours passés dans le désert : « Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4). Le vrai jeûne a donc pour but de manger « la vraie nourriture », qui consiste à faire la volonté du Père (cf. Jn 4,34). Si donc Adam désobéit à l’ordre du Seigneur « de ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal », le croyant entend par le jeûne se soumettre à Dieu avec humilité, en se confiant à sa bonté et à sa miséricorde. La pratique du jeûne est très présente dans la première communauté chrétienne (cf. Act 13,3; 14,22; 27,21; 2 Cor 6,5). Les Pères de l’Église aussi parlent de la force du jeûne, capable de mettre un frein au péché, de réprimer les désirs du « vieil homme », et d’ouvrir dans le cœur du croyant le chemin vers Dieu. »

Texte lu par une sœur

« La pratique fidèle du jeûne contribue en outre à l’unification de la personne humaine, corps et âme, en l’aidant à éviter le péché et à croître dans l’intimité du Seigneur. […] Se priver de nourriture matérielle qui alimente le corps facilite la disposition intérieur à l’écoute du Christ et à se nourrir de sa parole de salut. Avec le jeûne et la prière, nous Lui permettons de venir rassasier une faim plus profonde que nous expérimentons au plus intime de nous : la faim et la soif de Dieu. 

En même temps, le jeûne nous aide à prendre conscience de la situation dans laquelle vivent tant de nos frères. Dans sa Première Lettre, saint Jean met en garde : « Si quelqu’un possède des richesses de ce monde et, voyant son frère dans la nécessité, lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? » (3,17). Jeûner volontairement nous aide à suivre l’exemple du Bon Samaritain, qui se penche et va au secours du frère qui souffre. En choisissant librement de se priver de quelque chose pour aider les autres, nous montrons de manière concrète que le prochain en difficulté ne nous est pas étranger.

Le jeûne représente une pratique ascétique importante, une arme spirituelle pour lutter contre tous les attachements désordonnés. Se priver volontairement du plaisir de la nourriture et d’autres biens matériels, aide le disciple du Christ à contrôler les appétits de sa nature affaiblie par la faute originelle, et dont les effets négatifs investissent entièrement la personne humaine. Une hymne antique de la liturgie du Carême exhorte avec pertinence : «Nous utilisons plus sobrement les paroles, les nourritures, les boissons, le sommeil et les jeux, et avec plus d’attention, nous demeurons vigilants ».

 

Du pape Benoît XVI                 

« Chers Frères et Sœurs, par la rencontre personnelle avec notre Rédempteur et par la pratique du jeûne, de l’aumône et de la prière, le chemin de conversion vers Pâques nous conduit à découvrir d’une façon nouvelle notre Baptême. Accueillons à nouveau, en ce temps de Carême, la Grâce que Dieu nous a donnée au moment de notre Baptême, afin qu’elle illumine et guide toutes nos actions. Ce que ce Sacrement signifie et réalise, nous sommes appelés à le vivre jour après jour, en suivant le Christ avec toujours plus de générosité et d’authenticité. En ce cheminement, nous nous confions à la Vierge Marie qui a enfanté le Verbe de Dieu dans sa foi et dans sa chair, pour nous plonger comme Elle dans la mort et la résurrection de son Fils Jésus et avoir la vie éternelle. »

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Wed, 22 Feb 2012 06:18:00 +0100
"Tout schuss !" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/tout-schuss.html Messe d'ouverture de la session ski-spi En découvrant notre sanctuaire et en vous mettant à l’écoute de son message, vous aurez vite fait de saisir à quel point l’un des grands accents des apparitions dont Benoîte Rencurel a bénéficié concerne notre rapport au temps. On pourrait même dire : notre réconciliation avec le temps.

Le sanctuaire du Laus d’abord est le lieu des plus longues apparitions mariales : 54 années, de 1664 à 1718, date de la mort de Benoîte. Ce record ne présente pas vraiment d’intérêt, sauf à y voir déjà un message : le Ciel a pris son temps avec Benoîte. 54 années : il en a fallu de la patience divine pour ne pas précipiter les choses et accepter plus d’un demi-siècle afin que Benoîte saisisse et incarne certaines réalités spirituelles.

Aujourd’hui, nous avons des montres, des chronomètres, des téléphones portables qui indiquent l’heure ; mais Dieu, Lui, a le temps. Il est Maître du temps ; et certainement qu’il nous appelle à trouver, dans notre vie, un terrain d’apaisement avec le temps. Vous savez, ce temps qui est si souvent notre ennemi, quand il manque - parce que nous débordons d’activités - ou quand il est trop pesant - parce qu’il faut attendre et patienter.

* * *

Nous apaiser avec le temps.

Vous êtes venus passer quelques jours en ce lieu calme ; que ce soit l’occasion de regarder le rapport que vous avez au temps, et de le changer si c’est nécessaire. Pour les skieurs de ski-spi, au cours de ces prochains jours, il faudra peut-être parfois attendre aux remontées mécaniques, attendre aussi un skieur moins performant. Ce sera alors l’occasion de vivre concrètement la réconciliation avec le temps, pour que de seule frustration pénible, l’attente devienne un lieu de charité, une expression d’amour envers les autres et de détente en soi-même.

Mais nous avons certainement besoin encore d’une autre réconciliation avec le temps, comme nous y encourage la première lecture. Nous y avons entendu le Seigneur parler par la bouche du prophète Isaïe pour nous dire : « ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé. Voici que je fais un monde nouveau ».

Or, il faut reconnaître que nous entretenons souvent un rapport délicat avec notre passé : pour certains, il évoque la nostalgie de ce qui n’est plus, la tristesse d’un être cher qui nous a quitté ; et nous voudrions revivre le passé, mais c’est impossible. Pour d’autres – et parfois d’ailleurs les mêmes – le passé apparaît surtout comme un poids à porter, avec toutes les erreurs, les échecs, les actes manqués et cette impression déraisonnable que, si c’était à revivre, on referait tellement mieux. Mais là encore, la nature même du passé, c’est de ne plus pouvoir être vécu.

C’est justement pour que ce poids ne nous empêche pas d’avancer que le Seigneur vient de nous dire : « ne vous souvenez plus d’autrefois ». Et pour nous libérer du poids du passé, notre sanctuaire est un lieu privilégié, notamment dans le sacrement de réconciliation : la grâce sacramentelle agit alors pour anéantir la réalité du péché par la puissance de l’amour divin, et pour ouvrir un chemin de conversion, une vie nouvelle et plus belle.

Cette réconciliation consiste aussi à accepter notre condition humaine : nous avons fait des erreurs dans le passé, nous avons rencontré des échecs ; eh bien oui, parce que nous sommes limités. Nous aurions voulu faire, et nous n’avons pas fait. Notre passé peut avoir, parfois, le goût amer de ces actes manqués, des occasions qui n’ont pas été saisies, des mauvaises décisions qui ont été prises trop rapidement.

Laissons-nous réconcilier : acceptons de ne pas avoir tout réussi, et reprenons la route d’une vie meilleur : « ne vous souvenez plus d’autrefois… voici que je fais un monde nouveau », dit le Seigneur. Et si nous avons un devoir de mémoire, qui oriente nos choix et sert d’expérience précieuse, nous avons aussi un devoir d’oubli, comme le dit saint Paul pour encourager les Philippiens : « oubliant ce qui est en arrière et tendu vers l’avant, je cours vers le but ».

* * *

C’est d’ailleurs bien l’attitude du skieur, qui dévale la pente et qui ne peut pas revenir en arrière ; il est tendu vers l’avant. Penser à l’arrière, c’est risquer la chute en manquant de s’occuper du moment présent, où il s’agit de tenir sur les skis pour les plus débutants, et de prendre un grand plaisir pour les plus confirmés.

« Oubliant ce qui est en arrière et tendu vers l’avant, je cours vers le but » : voilà ce qu’est la vie chrétienne, une course vers le but qu’est la sainteté, pur don de Dieu à accepter et à concrétiser dans notre vie quotidienne.

S’il semble difficile, par un simple acte de volonté, de se libérer de la culpabilité des erreurs du passé, il est en revanche possible de s’appuyer sur le Christ pour que nous accueillions ce « monde nouveau » annoncé par Isaïe et réalisé dans la Pâques du Seigneur. Alors, saint Paul affirme aux Corinthiens : « si quelqu’un est dans le Christ Jésus, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un nouveau monde est déjà né ».  

Oui, le Seigneur nous laisse une nouvelle chance ; non pas une dernière chance, mais une nouvelle chance, chaque fois renouvelée par la grandeur de sa miséricorde. Et touchés par un tel nouveau départ que le Seigneur nous offre sans cesse, nous ne pouvons qu’être conduits à offrir, à notre tour, aux autres ce nouveau départ.

* * *

Sur les pistes de ski ou dans l’enceinte de notre sanctuaire, sachons tous, cette semaine, nous laisser réconcilier avec le temps. Découvrons la joie d’un avenir nouveau, toujours ouvert par le Christ. Réjouissons-nous de dévaler les pentes de la vie, tout schuss, sans regarder en arrière sinon nous risquons à la fois de percuter un obstacle et d’oublier de profiter du beau moment présent. Droit devant, avançons sans crainte, dans la vie comme sur les pistes, puisque le Seigneur est à la fois les bâtons qui nous stabilisent, la piste de ski sur laquelle nous glissons et le meilleur des moniteurs, tellement patient et bienveillant !

Amen.

 

 

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Sun, 19 Feb 2012 20:45:00 +0100
Là tout est grâces et beauté... http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/la-tout-est-graces-et-beaute.html Témoignage de la famille Saint-Pastou La famille Saint-Pastou (Christophe, Elisabeth et leurs... Témoignage de la famille Saint-Pastou

La famille Saint-Pastou (Christophe, Elisabeth et leurs trois enfants) vit à Bressols, une commune située aux environs de Montauban. Christophe et Elisabeth, tous deux médecins, sont engagés en couple au sein de « Réjouis-toi », une communauté issue du renouveau. Ils sont également investis dans leur paroisse (catéchèse, aumônerie…). Si Elisabeth avait déjà entendu parler du sanctuaire, aucun membre de la famille n’était jamais venu au Laus.

 

Qu’êtes-vous venus faire à Notre-Dame du Laus ?

     Nous cherchions une formule nous permettant d’associer le ski (ou plutôt le surf…) au repos et au ressourcement. Par hasard, au pôle jeunes du diocèse de Montauban, nous avons trouvé un flyer présentant les sesssions ski-spi. Cela semblait répondre à nos attentes. Ce qui nous a plu aussi, c’est qu’Elisabeth, qui ne skie pas, pourrait profiter en journée de toutes les possibilités de prière et de ressourcement (dont la marche marche à pied).  

     Tous nos amis et notre famille attendent avec impatience notre retour à Montauban et notre-compte-rendu de vacances…

Qu’est-ce qui vous a interpellé au Laus ?

     Christophe : je suis touché par le calme et la beauté des lieux. On sent vraiment ici une grâce particulière, que j’ai d’ailleurs envie d’approfondir, de vivre pleinement. De ce fait, je crois qu’il faudra revenir…

     Elisabeth : pour découvrir ce lieu et vivre en profondeur le message dont il est porteur, il faut rester au moins plusieurs jours. C’est tellement riche… de plein de choses. Ce temps, j’ai pu le prendre dans mes journées, en allant sur les différents lieux emblématiques, en effectuant les parcours spirituels. J’aime beaucoup le sanctuaire d’Ars, la dimension de réconciliation qui y est vécue, et, au Laus, j’ai tout de suite senti qu’il y a quelque chose de la grâce d’Ars.

Reviendrez-vous ?

     Christophe : je souhaiterais refaire ici un séjour en me consacrant pleinement à la découverte des lieux et du message.

     Elisabeth : lors d’un prochain séjour, je souhaiterais pouvoir aller plus avant dans la découverte des alentours. En effet, la beauté de la région, avec ses montagnes, ses paysages, est un complément au message de réconciliation du Laus. La Vierge Marie a pris une décision judicieuse en choisissant ce vallon du Laus pour être un refuge des pécheurs…

Un slogan pour donner envie aux autres de venir au Laus ?

     Elisabeth : je pense à ces vers de L’invitation au voyage de Baudelaire, détournés pour l’occasion

Là tout est grâces et beauté,

Accueil, calme, sainteté…

 

* * *

Devenez ambassadeurs !

Comme la famille Saint-Pastou, vous voulez faire connaître le sanctuaire autour de vous ?

Devenez ambassadeurs du Laus : en diffusant autour de vous des affiches/dépliants/flyers  à l’occasion d’événements particuliers, en faisant suivre à vos contacts les newsletters du sanctuaire, etc.

Contact : Tanguy Lafforgue, responsable de la communication 04 92 50 94 01]]>
Fri, 17 Feb 2012 16:12:00 +0100
"Intouchables !" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/intouchables.html Homélie du 6e dimanche du temps ordinaire, année B « Intouchables ». Depuis novembre dernier, ce terme évoque un film à succès, reposant sur l’histoire vraie de deux hommes - l’un tétraplégique, l’autre jeune de banlieue – qui s’estiment intouchables parce qu’ils pensent avoir tellement connu le pire dans leur vie, que rien désormais ne semble plus pouvoir les toucher.

« Intouchable » : c’est aussi ce qu’est ce lépreux, dont le drame est d’avoir été atteint par cette terrible maladie qui ronge la peau. Lui n’estime pas que rien ne peut plus le toucher ; c’est personne qui ne peut l’approcher. Sa maladie l’a conduit, comme tous les lépreux d’alors, à un isolement social définitif, au point de devoir annoncer à haute voix son isolement : « impur, impur », lui fait crier la loi de Moïse.

Mais devant Jésus, son cri devient autre : « si tu le veux, tu peux me purifier ». Et d’intouchable, il devient touché : « Jésus étendit la main et le toucha ». De touché, il devient purifié ; de purifié, il devient porteur d’une bonne nouvelle.

*      *      *

Pour saisir toute la portée de ce contact entre Jésus et le lépreux, il faut savoir à quel point, dans la mentalité sémitique d’alors, les questions de pur et d’impur avaient une place prépondérante ; non seulement pour des questions sanitaires, qu’on peut à la rigueur comprendre face à une maladie si contagieuse ; mais surtout pour des raisons spirituelles. La transmission de l’impureté était particulièrement redoutée, comme on le voit dans la parabole du bon Samaritain ou un prêtre et un lévite préfèrent conserver leur pureté rituelle plutôt que se souiller en secourant un blessé, déjà mort peut-être.

En touchant le lépreux impur, Jésus devrait donc devenir impur à son tour. Mais pour révéler quel bouleversement s’opère en sa personne, c’est la pureté du Christ qui purifie le lépreux : les choses sont renversées. Par le Christ, Dieu fait homme, la question n’est plus tant de craindre le contact d’impureté que de chercher le contact qui purifie.

Tel est le cœur de notre foi : nous ne sommes pas appelés à suivre des règles pour éviter les impuretés. Nous savons bien, par exemple, qu’il serait aberrant de nous penser purs parce que nous ne mangeons pas de viande les vendredis de Carême ! La sainteté ne se joue pas dans ce registre de la terre : c’est du Ciel qu’elle nous vient, comme un don de Dieu qui se communique.

En notre sanctuaire, lors des nombreuses confessions qui s’y vivent, on peut déceler fréquemment des relents de puritanisme, au sens premier du terme : penser que la purification va venir de nous-mêmes. Et c’est finalement le lit du désespoir, car sans cesse nous retombons dans le péché. Certains vont même, de bonne fois, renoncer à se confesser en estimant que, de toute façon, ils n’arriveront pas à changer. Il reste toujours en nous de l’impureté.

La guérison du lépreux nous montre que ce n’est pas la bonne manière d’envisager le salut en Jésus-Christ. Car la sainteté ne se conquiert pas en évitant les impuretés ; elle se reçoit, par contact avec le seul Saint, le seul Pur.

Pour nous le révéler, Jésus touche le lépreux. Il accepte ainsi d’apparaître comme impur aux yeux des autres. Mais c’était déjà une annonce de ce qu’il accomplirait sur la croix, et dont saint Pierre rendra témoignage dans cette hymne que nous chantons tous les dimanches du Carême : « c’étaient nos péchés qu’il portait dans son corps, sur le bois ».

L’innocent prend la place des coupables, comme l’Evangile d’aujourd’hui nous le montre : si le lépreux est libéré par le Christ de son isolement social, c’est le Christ lui-même qui devient l’isolé : « il n’était plus possible à Jésus d’entrer ouvertement dans une ville, souligne saint Marc. Il était obligé d’éviter les lieux habités », comme le lépreux devait le faire auparavant. 

Mais alors qu’aux yeux des hommes, l’innocent n’est pas reconnu au point qu’on va le crucifier, pour le Père des Cieux, il en est autrement : et d’innocent accusé pour les coupables, le seul pur rend les coupables innocents ; et nous voilà sauvés !

*      *      *

La guérison du lépreux nous dit autre chose encore, par le fait-même de cette maladie terrible. Dimanche dernier, nous entendions le récit de la guérison de la belle-mère de Pierre, atteinte d’une forte fièvre. Que le Christ parvienne à calmer la fièvre - celle du corps comme celle des pensées - est quelque chose de concevable. Mais la lèpre, quand la peau a été rongée, le Seigneur peut-il encore la guérir ?

L’Evangile de ce jour nous le montre clairement : rien n’est plus fort que l’amour du Christ. Et même quand il nous semble que la maladie l’emporte jusqu’à conduire à la mort, c’est encore la foi en la force du Christ qui est la nôtre, par l’espérance qui a été déposée en nous. 

Déconcertés et profondément touchés par les drames de nos vies personnelles, familiales, et par les souffrances du monde, nous tournons les yeux vers Celui qui est sorti vivant du tombeau : il l’a emporté sur la lèpre, il l’emporte aussi sur cette autre dégradation du corps qu’est la mort.

Par anticipation, avec la résurrection de Lazare - quand ses proches avaient reconnu sans pudeur : « il sent déjà » car l’œuvre de décomposition du corps avait commencé - le Christ n’avait pas écouté cette objection à son action puissante, et il avait ressuscité son ami. A plus forte raison, la décomposition n’a pas pu faire son œuvre sur le corps du Sauveur mis au tombeau ; et dans l’Assomption de la Vierge Marie, nous reconnaissons aussi la puissance du Seigneur sur la mort, puisque sa Mère est élevée au Ciel sans que son corps subisse de décomposition.

La guérison du lépreux est ainsi l’annonce de la résurrection ; et si pour nous et pour nos proches, l’œuvre naturelle de décomposition fait et fera son œuvre, la puissance du Christ sur la lèpre et sur la mort nous assure de la résurrection au dernier jour.

*      *      *

C’est d’ailleurs pourquoi le lépreux ne peut pas se taire : la bonne nouvelle qu’il porte est trop grande, trop importante pour qu’il garde le silence, au cœur d’une humanité qui souffre tant.

En fait, on assiste apparemment, dans l’Evangile d’aujourd’hui, à un étrange jeu de paroles et de silences entre Jésus et le lépreux : le Christ lui demande le silence, mais il précise qu’en allant se montrer au prêtre, sa guérison sera « pour les gens un témoignage », c’est donc qu’il y aura bien une forme de publicité sur l’événement. Le lépreux, reconnaissant à l’égard du Christ qui l’a guéri, ne lui obéit cependant pas, et il « se met à proclamer et à répandre la nouvelle ». Que peut-on comprendre de cette scène d’apparente désobéissance ?

D’abord, on comprend l’objectif du Christ : ne pas être recherché par les foules pour ses seules œuvres de guérison. Il nous rappelle ainsi que, bien entendu il est à l’écoute de nos souffrances physiques, mais que son salut dépasse le seul cadre de notre besoin du moment. De sauveteur, pour libérer maintenant d’une situation de péril, le Christ veut être reconnu comme Sauveur, pour une libération éternelle.

Le Seigneur sait bien qu’il aura plus de monde à sa suite s’il guérit toute maladie plutôt que s’il invite à le suivre sur le chemin de la croix. Et nous voyons, de nos jours, des foules se presser pour aller voir des guérisseurs de toutes sortes, dans des démarches irrationnelles affolantes ; mais on préfère une libération, quitte à faire abdiquer la raison, voire à vendre son âme, plutôt que suivre le Christ dans son passage de la mort à la vie, passage qui ne peut faire l’économie de la croix. Nous n’en voulons pas de la croix, même si c’est le Christ qui en a porté tout le poids.

En ce dimanche des malades, le paradoxe du geste puissant du Christ accompagné d’une exigence de silence nous appelle à bien savoir ce que nous demandons au Seigneur quand la maladie nous touche personnellement, chez l’un de nos proches, ou chez des inconnus. Prions-nous un guérisseur ou le Sauveur ?

C’est-à-dire aussi : prions-nous dans l’exigence d’être exaucés, ou dans la confiance que le Sauveur agit même quand nous constatons une apparente défaite. Combien de fois avons-nous prié, particulièrement en ce sanctuaire, pour la guérison d’un malade ? Et c’est finalement la mort qui l’a emporté, du moins en apparence. Le silence demandé par Jésus au lépreux peut ainsi devenir notre silence, quand à nos yeux la demande de guérison n’est pas exaucée : silence devant le mystère du salut qui est à l’œuvre et d’un Dieu qui ne laisse jamais tomber.

Qui sait si nos prières pour demander une guérison ne peuvent devenir, pour le Seigneur, un ferment qui permet au plus vite à celui pour qui nous avons prié, d’accéder au Paradis ?

Rien n’est jamais perdu avec le Christ, voilà notre plus grande espérance ! Amen.

Télécharger l'homélie du dimanche 12 février 2012, 6e dimanche du temps ordinaire, année B

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Sun, 12 Feb 2012 11:32:00 +0100
"Remplir le vide par le Christ" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/remplir-le-vide-par-le-christ.html Homélie du 5e dimanche du temps ordinaire, année B Remplir le vide par le Christ : telle est l’espérance fondamentale des chrétiens, l’attention première de l’acte de foi et la manière la plus sereine d’envisager la vie. Cette vie, le pauvre Job la définit comme « une corvée » : « Je ne compte que des nuits de souffrance… mes yeux ne verront plus le bonheur », confie-t-il dans les larmes. Les avancées technologiques et les découvertes de la médecine qui ont eu lieu depuis lors ont permis de soigner certaines maladies ; mais le vide et l’impuissance créés par la souffrance touchent notre époque autant que celle de Job.

*       *       *

De toute l’histoire, la seule personne au monde à remplir totalement et définitivement ce vide, c’est Jésus-Christ. Saint Marc, dans ce qui est encore le premier chapitre de son Evangile, présente ainsi un Jésus thaumaturge, incontestablement puissant devant la souffrance : en prenant la main de la belle-mère de Pierre, il chasse sa fièvre. Même le soir venu - c’est-à-dire dans la chronologie biblique, quand c’est normalement le temps des ténèbres - le Christ guérit tous les malades et chasse tous les esprits mauvais : il est vainqueur, tant sur les maux physiques que sur les souffrances spirituelles.

Mais ces récits enthousiasmants posent peut-être plus de questions qu’ils n’en résolvent : pourquoi le Christ n’a-t-il pas guéri tous les malades ? Pourquoi le Messie, le Sauveur du monde, n’a-t-il pas libéré toute l’humanité de son poids de souffrances ? Les quelques guérisons réalisées par le Christ semblent compliquer la problématique au lieu de la résoudre : si le Seigneur a le pouvoir de guérir, pourquoi ne le fait-il que si rarement, alors-même qu’il nous dit : « Quel père parmi vous donnerait un serpent à son fils qui lui demande un poisson ? Ou un scorpion, quand il demande un oeuf ? » (Luc 11,12-13). Dieu ne peut pas nous donner ce qui nous fait mal ; il devrait donc apporter la guérison chaque fois que nous le lui demandons, puisqu’il peut le faire.

Nous avons pourtant l’impression, parfois, qu’il reste un vide : vide de nos prières non-exaucées et de la souffrance qui marque toujours si terriblement toute l’humanité. Jésus-Christ, es-tu vraiment le Sauveur du monde ?

*       *       *

Paul Claudel essayait de méditer ce mystère en disant : « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance. Il n’est même pas venu l’expliquer ; mais l’assumer et la remplir de sa présence et de sa lumière ».

Bien entendu, dans une souffrance, c’est d’abord la faire disparaître qui nous préoccupe, et il est sain de réagir ainsi. Ensuite, on veut comprendre, expliquer, trouver un coupable. Et là, forcément, c’est souvent Dieu qui devient le responsable de ce qui n’a pas de coupable identifié. Mais, comme le dit Claudel, le Christ apporte, par sa mort et sa résurrection, plus que l’identification d’un coupable : il vient remplir ce qui n’était qu’un vide.

La souffrance est un vide  de sens, d’espoir, de vie. Mais nous, chrétiens, nous confessons un autre vide : celui du tombeau. Au jour de Pâques, c’est que découvrent les Apôtres : le tombeau est vide, la mort est vidée de sa substance, le vide lui-même devient vide. Car, par sa mort et sa résurrection, le Christ vient remplir ce vide par sa présence.

C’est d’abord cela qui a dû toucher les malades et les possédés qu’il a rejoints sur les route de Galilée : perdus dans le vide, ils ont croisé le Christ. De vide, leur vie est devenue pleine : simplement touchés par le Dieu fait homme, ils ont été remplis de sa puissance d’amour.

Mais ce qui n’était pour eux que fugitif est devenu définitif quand le Christ a donné sa vie sur la croix et qu’il est ressuscité au troisième jour. Du tombeau vide est sortie la Vie, pleine, comblée, définitivement plus forte que le mal et la mort. Par conséquent, si la souffrance reste terrible à porter, par le Christ ressuscité, elle ne crée plus un vide de sens et d’espérance ; elle devient un lieu de possible rencontre avec le Sauveur du monde qui a la puissance de combler ce qui est vide.

C’est l’expérience que beaucoup viennent vivre en notre sanctuaire. La souffrance n’est jamais bonne en soi ; mais c’est par le vide qu’elle crée, le besoin d’être sauvé, que de nombreux pèlerins arrivent ici pour présenter au Seigneur, par Marie et par Benoîte, leur béance intérieure ou leur incapacité physique. En ce lieu de grâces, comme en bien d’autres lieux, le Seigneur vient alors remplir le vide. Les plus meurtris, les plus perdus, s’en trouvent consolidés. Leur vie est éclairée de l’intérieur, et si leur souffrance physique ne disparaît pas forcément pour autant, de lieu vide de sens, elle devient moyen d’une relation plus forte avec le Sauveur, qui a souffert lui aussi et qui a dépassé la révolte contre la souffrance par la puissance d’un amour oblatif. Amour du Père et amour des autres sont le seul chemin de lumière pour avancer à travers épreuves et douleurs.

*       *       *

De tout cela, je suis absolument convaincu. Mais quand la souffrance me gagne personnellement, les arguments pour comprendre et les analyses pour étudier se révèlent tellement fragiles ! Peut-être avez-vous aussi déjà fait cette expérience de vous retrouver sans voix devant quelqu’un qui souffre et qui demande : pourquoi ? Votre foi solide se trouve alors ébranlée : que faut-il répondre ? La raison ne défaille pas, mais elle s’incline respectueusement devant la personne qui souffre.

En fait, nous savons que ce n’est alors plus de réflexion dont les souffrants ont besoin ; celle-ci pourra venir en son temps, comme une lumière d’espérance ou une relecture de ce qui aura été vécu pour y découvrir combien le Christ était présent dans cette épreuve.

Mais pour l’instant, dans l’expérience douloureuse de la souffrance, c’est de compassion dont nous devons faire preuve, comme saint Paul l’exprime dans la 2e lecture : « avec les faibles, j’ai été faible » (1 Corinthiens 9,22). Et il exhortera par ailleurs : « pleurez avec ceux qui pleurent » (Romains 12,15). L’Apôtre ne conseille pas d’expliquer à ceux qui pleurent la cause de leur souffrance ; il demande de pleurer sincèrement avec eux, c’est-à-dire notamment de les aider à porter leurs souffrances comme le Christ les a toutes portées sur la croix.

Mais la compassion ne s’arrête cependant pas encore là. Dans l’Evangile d’aujourd’hui, la rencontre du Christ avec les malades se fait toujours après l’intervention d’un tiers. « On parle à Jésus de la malade », dit saint Marc avant que le Seigneur s’approche de la belle-mère de Pierre. Ensuite, « on lui amenait tous les malades et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais » : ils ne viennent pas d’eux-mêmes, on les apporte au Christ. Et encore, quand Jésus part dans un endroit désert pour prier, les disciples le rejoignent et lui disent : « tout le monde te cherche ».

C’est là notre rôle d’intercesseurs : nous devons porter au Christ tous ceux qui souffrent. C’est une mission qu’accomplit particulièrement notre sanctuaire en recueillant un nombre considérable d’intentions de prières, en organisant le grand « monastère invisible » qu’est le mouvement de la Communion du Laus, et en partageant, plusieurs fois par semaine à vêpres, certaines des intentions confiées à la prière du sanctuaire.

Amener ceux qui souffrent jusqu’au Christ : c’est une mission qui nous incombe à tous, selon des modalités différentes. Mais la puissance du Sauveur, pour s’exercer, a besoin de cet acte de profonde charité par lequel il pourra toucher les malades et les possédés. « C’est pour cela que je suis sorti », dit le Christ. Il est sorti du Père, sorti des Cieux, afin que nous puissions l’approcher et lui présenter les souffrants pour qu’il les touche. C’est encore ainsi que la souffrance est vaincue : d’expérience de vide, elle devient lieu de relation, entre nous et avec le Christ.

*       *       *

Frères et sœurs, face à la souffrance, soyons donc des témoins de la présence à la place du vide. Nous venons d’entrer dans ce mois de février, un mois particulièrement consacré aux malades, autour de la fête de Notre-Dame de Lourdes le 11 février. Nous fêterons dimanche prochain la journée de la santé, en priant particulièrement pour tous les malades. Alors, pour qu’en ce mois, nous témoignions du Ressuscité vainqueur dans toutes les souffrances, confessons la présence de Dieu à la place du vide.

Si la souffrance est un cri, qu’elle ne soit pas un cri dans le vide, mais un cri vers le Dieu Sauveur, qui œuvre dans ce monde gémissant en douleurs d’enfantement, mais qui va vers son terme d’une nouvelle naissance, nous le savons.

Si la souffrance est un isolement, que nous apportions notre présence, pour que de vide relationnel, elle soit l’occasion d’une plus grande qualité de relation ; il ne tient qu’à nous de visiter davantage ceux qui sont malades et isolées. Ils sont nombreux, tout près de nous.

Et si la souffrance est un vide de foi, pour ceux dont l’espérance est étouffée sous le poids des difficultés, ayons foi pour eux, portons-les au Christ ; allons Le chercher, même quand il semble parti à l’écart, afin de lui dire : « Seigneur tout le monde te cherche ».

Amen.

Télécharger l'homélie du dimanche 5 février 2012, 5e dimanche du temps ordinaire, année B (PDF)

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Sun, 05 Feb 2012 11:19:00 +0100
"Ancien et nouveau" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/ancien-et-nouveau.html Présentation du Seigneur au Temple  

La fête de la Présentation de Jésus au Temple se place comme une charnière entre les deux Testaments. Dans la démarche de Marie et Joseph, tout parle du respect de "la Loi" (mentionnée trois fois : Luc 2, 22-24) ; et les deux vieillards qui les accueillent dans le Temple sont porteurs de l’attente et de la foi séculaire d’Israël.

Mais en même temps, tout est neuf : l’enfant présenté au Seigneur, l’Esprit de prophétie qui anime Syméon, l’espérance renouvelée d’Anne, et jusqu’à la mission confiée au Messie "pour éclairer les nations païennes" La prophétie de Malachie s’accomplit : "soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez"; mais la gloire du Seigneur se révèle sous la forme inattendue d’un bébé pour qui l’on apporte l’offrande des pauvres : "deux petites colombes". Tout est placé sous le signe de la joie de voir enfin "la Consolation d’Israël"; mais ce qui est annoncé comme chemin obscur est l’épée et la division.

Luc, par cette scène débordante de lumière et de louange, parvient à faire comprendre déjà tout le drame messianique. "Il viendra un temps, commente saint Bernard, où il ne sera plus offert au Temple, ni dans les bras de Syméon, mais hors de la Ville et sur les bras de la Croix. Aujourd’hui c’est le sacrifice du matin ; ce sera alors le sacrifice du soir." Celui qui aujourd’hui est offert au Seigneur n’est qu’offrande : offrande de tout son être au Père dont il se reçoit incessamment ; offrande de sa chair donnée en nourriture ; offrande de sa nature même de Fils pour qu’en lui nous redevenions aussi des fils.

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Thu, 02 Feb 2012 15:57:00 +0100
Jean Guitton et le Laus: une longue histoire http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/jean-guitton-et-le-laus-une-longue-histoire.html Jean Guitton fait partie de la longue liste des personnes dans la vie desquelles le Laus tient une... Jean Guitton fait partie de la longue liste des personnes dans la vie desquelles le Laus tient une place à part. 

C'est en septembre 1926 qu'il se rend pour la première fois au sanctuaire. Il y reviendra à plusieurs reprises, en 1928, en 1966, et durant les vacances qu'il prenait à l'évêché de Gap auprès de Mgr Saliège.

Quarante ans après son premier passage au Laus, il se souvient...:

"J'écris ces lignes devant un paysage des Alpes de Provence, en cette fête de saint Augustin, tout près du sanctuaire qui commémore les visions d'une paysanne mystique du 17e siècle. Un érudit de mes amis, M. Pedrone, a écrit l'autre jour, dans l'Osservatore Romano, un bel article sur le règne de Louis XIV...

Benoîte Rencurel, qui n'était pas inconnue de son temps, a peut-être été un des ressorts les plus cachés et les plus puissants de l'histoire de l'Europe. Il faut attendre le grand jour de la révélation ultime des causes pour le savoir. En tout cas, le sanctuaire qui s'est fondé en ce repli des Alpes ne porte pas en vain l'inscription: à Notre-Dame de Bon-Rencontre...

Je me souviens d'être venu en ce lieu, il y a quarante ans, pour rencontrer quelques amis de l'enseignement primaire. Cette rencontre fut aussi une origine dans ma vie... Je trouvais au Laus le même genre de beauté austère et ravagée que dans l'Espagne de sainte Thérèse. Mais le bleu du ciel au Laus est incomparable. Il a force et tendresse, lumière et douceur..." (Introduction au livre "Les Davidées"). 

 

En 1988, dans un courrier adressé à Mgr Lagrange à l'occasion de son ordination épiscopale, il évoque à nouveau son attachement à Notre-Dame du Laus :

"Monseigneur, je désirais d'un grand désir venir à votre sacre. Le grand âge me retient! Mais je voudrais vous dire en quelques mots l'importance de ce sacre dans ma vie. Car, c'est au Laus, en 1926, que j'ai reçu du ciel une grâce qui a marqué toute ma vie. Vraiment, ce lieu mérite, pour moi, le nom de Bon-Rencontre.

Je suis à la fin "jam delibor!" et dans quelques jours je publie mes mémoires. J'ai longuement réfléchi sur les circonstances, les personnes, les épreuves et les joies de mon existence, sur le travail de la Providence. Et le présent s'est éclairé par le passé, le passé par le présent, pour s'unir en une sorte de point éternel indivisible. C'est dans cette perspective que le Laus a pris une place focale..." (13 septembre 1988).

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Wed, 01 Feb 2012 06:45:00 +0100
"Libres de tout souci" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/libres-de-tout-souci.html Homélie du 4e dimanche du temps ordinaire, année B  

Au cours de son deuxième voyage missionnaire, l’apôtre Paul reste dix-huit mois dans la ville de Corinthe. Il y fonde et organise la communauté chrétienne ; et, après l’avoir quittée, il lui écrit deux lettres magnifiques, la première en l’an 54, la deuxième l’année suivante. Dans ses lettres, il témoignage de sa grande affection pour les Corinthiens, mais il ose aussi dénoncer leurs dérives, les consoler dans la peine et les encourager à une vie chrétienne plus authentique.

C’est ainsi qu’il leur confie, dans le passage de la première épitre que nous entendions tout à l’heure : « J’aimerais vous voir libres de tout souci » (1 Co 7,32). L’amour nous porte effectivement à souhaiter que ceux que nous aimons ne soient pas envahis par les soucis. Or, les tracas ne manquent à aucune vie : entretenus par nos psychologies ou imposés par les événements de l’existence, ils nous empêchent d’être véritablement heureux. Et au cœur d’une campagne présidentielle, l’un des accents principaux consiste pour un candidat à montrer qu’il a compris les soucis de ses compatriotes et qu’il a bien sûr les solutions pour les en libérer.

Saint Paul semble proposer, pour sa part, une solution simple et radicale : ne pas se marier. A écouter un peu trop rapidement ses propos, on pourrait croire effectivement qu’il conseille de rester célibataire pour éviter les soucis… eh bien, j’ai essayé ; ça ne marche pas vraiment ! La consécration d’une vie au Seigneur est formidable, mais elle ne libère pas, comme par enchantement, des soucis de l’existence. D’ailleurs, l’apôtre Paul ne dit pas que les consacrés sont privés de soucis ; il dit qu’ils ont « le souci des affaires du Seigneur » (1 Co 7,34). C’est dire que pour tout chrétien, et non seulement pour les religieux, le rapport aux soucis nécessite d’être évangélisé, c’est-à-dire traversé par le mystère de la mort et de la résurrection du Christ.

*     *     *

La première catégorie de soucis que nous sommes appelés à évangéliser, c’est ceux que nous nous créons nous-mêmes, par des attachements qui n’en valent pas la peine. Saint Paul disait ainsi, dans la deuxième lecture de dimanche dernier : « que ceux qui font des achats soient comme s’ils ne possédaient rien ; ceux qui tirent profit de ce monde comme s’ils n’en profitaient pas, car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer » (1 Co 7,30-31). Frères et sœurs, le monde tel que nous le voyons est en train de passer : il est donc vain et futile de s’y attacher. C’est le mauvais calcul : ne vous cramponnez pas à un rocher qui est en train de tomber !

Clairement, nous avons à décider une prise de distance à l’égard des soucis que nous nous créons par nos attachements terrestres, en discernant ce qui ne fait que passer et ce qui va durer éternellement. Si nous restons trop liés aux choses matérielles, nous ne pouvons pas trouver la paix.

Le psaume 38 prie alors le Seigneur avec grande lucidité, en disant : « Vois le peu de jours que tu m'accordes : ma durée n'est rien devant toi. L'homme ici-bas n'est qu'un souffle ; il va, il vient, il n'est qu'une image. Rien qu'un souffle, tous ses tracas ; il amasse, mais qui recueillera ? » Voilà bien une prière que nous pouvons faire nôtre : rien qu’un souffle, tous nos tracas. Le psalmiste ne nie pas la légitimité de certains soucis, mais il dit qu’ils ne sont qu’ « un souffle » au regard des réalités divines, éternelles.

Entendons-nous : à une personne qui vit un drame, il serait scandaleux de lui dire que ce n’est qu’un souffle par rapport aux réalités célestes. Le regard chrétien sur la vie n’est pas un regard d’indifférence, c’est un regard qui sait aller plus en profondeur pour découvrir un fondement stable à tout ce qui, dans l’existence, est trop fragile.

Le Christ nous enseigne ainsi : « Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : 'Qu'allons-nous manger ?' ou bien : 'Qu'allons-nous boire ?' ou encore : 'Avec quoi nous habiller ?' Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché » (Mt 6,31-33). Ce que les païens, les non-croyants, cherchent parce qu’ils n’ont pas d’autre fondement à l’existence, nous, nous ne pouvons pas le chercher de la même manière : c’est le Royaume de Dieu qui doit être notre préoccupation première et le principe à partir duquel nous regardons toute l’histoire humaine.

*      *      *

Cette primauté de la recherche du Royaume de Dieu n’est possible qu’en restant dans une attitude de prière, car la prière porte une formidable faculté de nous décharger de nos soucis. Comme des piles survoltées par les tracas et les épreuves de l’existence, nous avons besoin de nous laisser décharger afin de trouver la paix et de rétablir les justes priorités de nos vies.

Saint Pierre exhorte ainsi les chrétiens : « déchargez-vous sur Dieu de tous vos soucis puisqu’il s’occupe de vous » (1 Pierre 5,7). Il est profondément réjouissant de savoir qu’il existe un lieu où nos soucis peuvent se décharger de leur puissance d’oppression, c’est la prière. N’est-ce pas d’ailleurs ce que le Seigneur reconnaît dans l’attitude de Marie, la sœur de Marthe qui, dit-il, a choisi « la meilleure part » (Luc 10, 42) en restant aux pieds du Christ quand Marthe « s’agite et s’inquiète pour bien des choses » (Luc 10, 41) ?

De nombreux pèlerins, au cours de l’année, viennent en notre sanctuaire s’asseoir aux pieds du Christ. Conduits par Marie et Benoîte, ils viennent en ce lieu se décharger de leurs soucis ; il y a d’ailleurs des endroits particuliers, au Laus, où ce déchargement devient quasiment palpable. Dans la chapelle du Précieux-Sang ou sur la tombe de Benoîte, nous percevons que le Seigneur agit pour retirer le fardeau de nos épaules et nous permettre de nous redresser et d’avancer.

*      *      *

Le psaume 93 chantait déjà, avant l’Incarnation du Verbe : « quand je dis : ‘mon pied trébuche !’, ton amour, Seigneur, me soutient. Quand d’innombrables soucis m’envahissent, tu me réconfortes et me consoles » (Ps 93,18-19). Les soucis peuvent être nombreux, le Seigneur est encore plus fort.

C’est bien l’acte de foi que nous sommes invités à poser : le Seigneur est le plus fort. Cet acte de foi, l’Evangile de ce dimanche nous y conduit en nous montrant le Christ dominer un esprit mauvais, au point de susciter une grande interrogation : « qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité. Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent » (Marc 1,27). Cette puissance incontestable du Christ sur les esprits mauvais nous conduit à reconnaître sa même puissance sur les éléments du monde, sur l’histoire de l’humanité et sur chaque instant de nos vies, donc particulièrement sur nos soucis.

Nous savons bien que, rester dans l’angoisse de nos soucis ne peut jamais nous conduire au-delà de nos limites humaines. Seul le Christ dépasse nos limites : « il commande, même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent ».

*      *      *

Notre foi en Jésus-Christ peut donc nous conduire à quatre grandes attitudes déterminantes à l’égard des soucis.

La première, c’est d’avoir confiance en l’agir bienveillant et tout-puissant de notre Seigneur. « Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire, dit le Christ. Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jean 10,10). Comment pouvons-nous, à l’écoute de telles paroles, rester isolés dans nos soucis, quand le Sauveur vient nous en libérer ?

La deuxième attitude consiste à mesurer notre responsabilité personnelle à l’égard des soucis, comme Jésus l’enseigne dans la parabole des grains de blé semés sur différents terrains. « Celui qui a reçu la semence dans les ronces, dit le Christ, c’est l’homme qui entend la Parole ; mais les soucis du monde et les séductions de la richesse étouffent la Parole, et elle ne donne pas de fruit » (Mt 13,22). A nous de ne pas laisser la Parole puissante du Christ - sa Parole qui commande aux esprits mauvais - être étouffée par nos soucis.

La troisième attitude, conséquence de la précédente, est une forme de prise de distance. Quand le Seigneur nous appelle à ne pas nous soucier de ce qui fait la préoccupation des païens, il conclut : « ne vous faites pas tant de souci pour demain ; demain se souciera de lui-même » (Mt 6,34). En notre sanctuaire où la réconciliation passe notamment par un apaisement à l’égard du temps, sachons mettre en pratique ce conseil du Christ : « demain se souciera de lui-même ». Occupons-nous de vivre le moment présent ; laissons le reste dans la main de Dieu.

La dernière attitude est plus difficile encore, et bien délicate à exprimer : il s’agit de notre union au mystère de Pâques, mystère de salut pour le monde. Quand le Christ est en agonie au jardin des Oliviers, il prie ainsi : « Père, s’il est possible que cette coupe s’éloigne de moi ; cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux » (Mt 26,39). Notre vie chrétienne consiste-t-elle à supplier le Seigneur d’évacuer tous nos soucis, ou vise-t-elle à nous faire vivre le mystère de Pâque dans nos épreuves ? Ce mystère de passage, de lumière qui resplendit dans les ténèbres, ne peut nous rejoindre si notre objectif de vie est la seule tranquillité. Quelle est donc notre manière de nous unir au mystère de Pâques, jusque dans nos soucis et nos souffrances ? Vous voyez qu’il est fort délicat de répondre à une telle question, mais elle est essentielle pour qui se veut véritablement chrétien : « je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, dit le Ressuscité, mais ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne » (Jean 14,27).

Au cours de cette Eucharistie qui nous rassemble, je vous invite à prendre le temps d’offrir au Seigneur tous vos soucis. Ceux qui doivent être purement et simplement abandonnés parce qu’ils ne portent que notre vanité, acceptons de ne pas nous y accrocher ; ceux qui doivent être confiés au Seigneur parce que nous ne parvenons pas à nous en libérer ou à les porter par nous-mêmes, offrons-les lui vraiment ; ceux que nous devons accepter, comme notre participation aux douleurs de l’enfantement d’un monde qui va vers son achèvement, portons-les courageusement dans le Christ.

Le Seigneur qui a chassé les esprits mauvais et qui continue à le faire pourra bien agir avec sa Parole d’autorité pour chasser vos soucis, les laisser à leur juste place ou vous faire percevoir la lumière pascale qui les traverse déjà. Amen.

 

Télécharger l'homélie du dimanche 29 janvier 2012, 4e dimanche du temps ordinaire, année B (PDF)

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Sun, 29 Jan 2012 16:02:00 +0100
Benoîte Rencurel - Jean-Marie Vianney: d'étonnantes similitudes... http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/benoite-rencurel-jean-marie-vianney-detonnantes-similitudes.html Ars-Le Laus ? C'est trois heures de route, à peine, quand il n'a pas neigé et que la circulation en... Ars-Le Laus ? C'est trois heures de route, à peine, quand il n'a pas neigé et que la circulation en périphérie de Lyon n'est pas perturbée par les embouteillages...

Mais pas seulement !...

C'est surtout un point commun majeur : la Miséricorde, symbolisée par deux figures spirituelles nées à un siècle d'écart: l'une, c'est, Benoîte Rencurel, la visionnaire du Laus. L'autre, c'est Jean-Marie Vianney, le saint curé d'Ars, universellement connu. 

Le numéro 363 des Annales du Laus, paru le mois dernier, s'est penché sur ces deux personnages. De cette étude, il ressort d'étonnantes similitudes...

Découverte... Voir l'article sur saint Jean-Marie Vianney et Benoîte Rencurel.]]>
Mon, 16 Jan 2012 12:03:00 +0100
Le site internet du sanctuaire fête ses 8 mois... http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/le-site-internet-du-sanctuaire-fete-ses-8-mois.html Le 12 juin 2011, à l'occasion du rassemblement diocésain de Pentecôte, ce site voyait le jour...... Le 12 juin 2011, à l'occasion du rassemblement diocésain de Pentecôte, ce site voyait le jour...

Sans attendre le 1er anniversaire de cette mise en ligne pour présenter un bilan complet sur la fréquentation, voici quelques statistiques après 8 mois de fonctionnement...

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En plus des informations liées à l'actualité (articles de la rubrique Actus du Laus, photos de la rubrique Chronique en images, homélies, agenda, etc.) publiées régulièrement, le site voit son contenu de fond s'enrichir continuellement à travers la mise en ligne de pages dites "statiques". C'est ainsi que, dernièrement, deux nouvelles pages ont été créées afin d'évoquer deux sujets aussi différents que riches: les grâces du Laus, et les Manuscrits du Laus.

 

Merci à tous nos visiteurs fidèles.

Merci de faire connaître ce site autour de vous.

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Mon, 09 Jan 2012 09:31:00 +0100
"Nous sommes comme les mages" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/nous-sommes-comme-les-mages.html Homélie de la solennité de l'Epiphanie Si la venue du Messie nous fait craindre de perdre quelque chose, nous risquons bien de faire comme Hérode : nous cramponner à ce que nous possédons, et refuser d’accueillir la vérité.

Si la venue du Messie nous met en marche et nous fait quitter nos habitudes sans rien craindre, nous serons comme les mages, à la recherche de l’endroit exact où nous pourrons adorer le vrai Dieu.

La venue dans la chair du Roi de l’univers nous place donc devant ces deux réponses possibles : celle d’Hérode ou celle des mages. Une réponse qui refuse ou une réponse qui adore.

* * *

En un sens, on peut dire qu’Hérode a la foi, car s’il ne craignait pas le pouvoir de l’enfant de Bethléem, il ne se serait pas inquiété de sa naissance. Il a donc une forme de foi, mais une foi qui vit dans la peur : celle de perdre quelque chose avec le Christ.

Pour nous, il est peut être profitable, au seuil de cette année nouvelle, de nous demander si notre vie spirituelle ne s’habille pas parfois de telles peurs. On craint la confession, la conversion, le temps perdu dans la prière, car on a peur de ce que l’on doit abandonner de nous-mêmes pour être au Christ.

Cette peur d’abandonner va conduire Hérode dans une spirale de mensonges, de dissimulations et de violences. Tout cela, au nom de « son dieu », c’est-à-dire lui-même, pour conserver son ridicule piédestal. Un évêque du 5e siècle, au nom quasi-imprononçable, saint Quodvultdeus, interroge le roi de Jérusalem : « pourquoi as-tu peur, Hérode, en apprenant la naissance du Roi ? Il ne vient pas pour te détrôner, mais pour triompher du diable ». Et le saint évêque de conclure que si Hérode avait cru en Jésus-Christ, « il aurait été ici-bas en sécurité, et dans la vraie vie, il aurait régné sans fin ».

Mais Hérode le Grand préfère sa petite vie à la vraie Vie. Alors, pour conserver ce qu’il possède, il est prêt à toutes les horreurs, devenant ainsi le prototype de l’égoïste et de l’égocentrique, disposé à détourner la vérité à son compte et à devenir la référence de tout, quitte à tuer pour cela.

Tout bien considéré, il n’est peut-être pas si certain que nous n’ayons pas en nous - toutes proportions gardées, bien sûr - quelque chose d’Hérode, qui a peur de perdre ce qu’il possède, qui préfère se cramponner à la vie présente plutôt que de s’ouvrir à la Vie éternelle, et qui craint que le Christ vienne retirer quelque chose à son bonheur.

* * *

Les mages, eux, prennent du temps pour venir de contrées lointaines et découvrir l’endroit où l’enfant-Roi les attend. Ils ont aussi leur forme de foi, qui a besoin de se laisser guider, d’abord par un signe du ciel, ensuite par la parole de Dieu rappelée à Jérusalem. Ils sont donc conduits par un astre et par la Parole, on pourrait dire : par la science et par la foi, comme deux jambes par lesquelles ils ont pu marcher jusqu’à Bethléem.

Une fois arrivés devant le nouveau-né, spontanément, ils se prosternent et offrent leurs présents. Ils se dépossèdent pour servir le Messie, alors qu’Hérode avait le souci de tout garder pour lui.

Comme les mages, déposons dans la crèche notre or, notre encens et notre myrrhe.

En offrant notre or, libérons-nous de ces attachements matériels qui nous emprisonnent et qui nous donnent l’illusion de pouvoir nous conduire au bonheur.

En abandonnant aux pieds du Sauveur notre encens, libérons-nous de toutes nos auto-glorifications, toutes ces occasion où nous nous encensons nous-mêmes par l’orgueil ou par la critique des autres.

En présentant au Roi Messie notre myrrhe - signe de l’embaumement des morts - lâchons-lui nos peurs de la mort, la nôtre et celle de ceux que nous aimons, car ces peurs nous empêchent de vivre dans la paix et d’accueillir la grande espérance déposée pour l’instant dans la crèche, bientôt exposée sur la croix, et qui sortira vainqueur du tombeau.

* * *

Mais plus encore que leurs cadeaux, les mages ont certainement dû abandonner devant la mangeoire leur conception théorique de Dieu. Venant d’un Orient assurément somptueux, étant passés par le grandiose palais d’Hérode, quelle n’a du pas être leur surprise en découvrant la crèche ! Or, rien ne nous est dit de leurs hésitations : devant l’humilité de l’enfant-Roi, ils comprennent que la vérité est là.

De même, nous avons, par la foi, cette conviction d’évidence que Dieu se révèle totalement en Jésus-Christ, même s’il est peut-être difficile pour nos intelligences de le conceptualiser. Nous prosterner devant le Sauveur, c’est accepter de quitter l’idée théorique que l’on se faisait de Dieu, pour s’ouvrir à la manière dont Lui-même a voulu se révéler : la petitesse de la crèche et la faiblesse de la croix.

Ne fuyons donc ni la crèche, ni la croix ; soyons, comme les mages, convaincus que la vérité est là, même si nous peinons à la décrire conceptuellement. Ceux qui refusent le Christ ont souvent une idée bien arrêtée de qui est Dieu - ou de ce qu’il n’est pas, s’ils refusent de croire en Lui.

Mais les mages, des hommes savants, expérimentent déjà ce pour quoi le Christ rendra grâce à son Père : « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». Le voyage des mages les a transformés : de sages et savants, ils ont commencé par accepter de se laisser guider, c’est-à-dire de ne pas décider du chemin par eux-mêmes.

Ensuite, en arrivant devant la crèche, ils se sont prosternés, ils se sont faits tout-petits et ils ont découvert le Sauveur : « Père, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ».

Méditant avec gravité le terme de notre existence terrestre, le Pape Benoît XVI disait : « au crépuscule de notre vie sur terre, au moment de notre mort, nous serons jugés en fonction de notre ressemblance ou non avec l’Enfant qui va naître dans la pauvre grotte de Bethleem, car c’est Lui le critère de mesure que Dieu a donné à l’humanité » (Angelus du 9 décembre 2007).

* * *

C’est bien cette ressemblance que nous sommes venus chercher ce dimanche encore, car chaque Eucharistie nous fait ressembler davantage à Celui qui se donne en nourriture et qui s’est fait petit dans la crèche, petit dans l’hostie.

C’est cette ressemblance que nous sommes venus chercher, comme les mages en quête de l’enfant Roi. Chaque messe nous fait reprendre le chemin des mages venus d’Orient. Chaque messe est précédée pour nous d’une mise en marche, pour venir jusqu’au lieu de la rencontre avec le Sauveur. Les mages suivaient une étoile ; nous, nous avons pu suivre ce matin un désir – celui de participer à la messe – un besoin – Celui de nous nourrir du Ressuscité – ou une belle habitude – celle d’éclairer chaque dimanche par l’Eucharistie.

Puis, comme les mages ont été renseignés par la Parole de Dieu, nous avons écouté cette Parole, nous l’avons reçue pour qu’elle nous oriente vers le Christ.

Et nous voici maintenant aux portes de la crèche ; nous allons y entrer avec la liturgie eucharistique. L’offertoire va nous permettre de déposer, comme les mages, nos présents aux pieds du Sauveur ; prenons bien soin, aujourd’hui, de réfléchir à ce que nous allons offrir de nous-mêmes au cours de cet instant essentiel qu’est l’offertoire.

Ensuite, nous entrerons dans la crèche, nous contemplerons le Sauveur du monde, et nous allons l’adorer… et nous nous laisserons toucher par son cœur qui bat pour nous.

Puis, comme les mages, nous repartirons…  « par un autre chemin », car chaque Eucharistie nous transforme, que nous en ayons conscience ou non. Chaque messe nous fait repartir « par un autre chemin », celui de l’espérance, celui du courage à faire le bien, celui du désir d’une proximité plus grande avec le Seigneur.

Nous sommes comme les mages, en recherche. Nous sommes comme les mages ; nous avons trouvé le Sauveur du monde. Et « nous sommes venus l’adorer ». Amen.

Télécharger l'homélie du dimanche 8 janvier 2012 - Solennité de l'Epiphanie - Année B (document PDF)

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Sun, 08 Jan 2012 16:10:00 +0100
Messe du passage à l'an nouveau http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/messe-du-passage-a-lan-nouveau.html Solennité de Marie, mère de Dieu « Que le Seigneur te bénisse et te garde », disent les patriarches d’Israël à leurs enfants. « Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ». « Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ».

Ces paroles de la première lecture répondent en profondeur à nos désirs d’heureuse année nouvelle. Que ce soit dans nos cartes de vœux ou dans nos rencontres, nous allons passer une bonne partie du mois de janvier à nous souhaiter une « bonne année ». Mais qu’allons-nous réellement nous souhaiter ?

« La santé, bien sûr », dit-on souvent. De nombreuses joies, aussi, le moins de souffrance possibles, des moyens nécessaires pour vivre, des occasions propices à une croissance ou au développement de soi et des autres, des opportunités pour aimer et offrir à ceux qui en ont besoin du temps, de l’argent, de l’attention. N’est-ce pas tout cela que nous nous souhaitons en nous offrant des vœux ?

Pour résumer tout ce que nous pouvons nous souhaiter au seuil d’une année nouvelle, le livre des Nombres nous a présenté cette triple bénédiction : « Que le Seigneur te bénisse et te garde » ; « que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi » ; « que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ».

* * *

A travers ces bénédictions, nous trouvons effectivement tout ce dont nous avons besoin pour une heureuse année nouvelle. D’abord, savoir que Dieu nous garde, c’est-à-dire que nous sommes dans sa main, à chaque instant de notre vie, dans les œuvres bonnes comme dans nos infidélités. Jamais abandonnés, jamais seuls, jamais rejetés : à chaque seconde de l’année nouvelle, qu’il sera bon de nous le rappeler !

Et puis – poursuit la bénédiction - « que le Seigneur fasse briller sur toi son visage » : comme la lune brille de l’éclat du soleil, nous allons pouvoir briller, cette année encore, de la lumière du Christ. Sans nous prendre pour la source de la lumière, rayonnons de celle du Sauveur !

N’ayons pas la folie de nous croire source de lumière ; mettons de côté une bonne fois pour toute cet orgueil qui nous conduit à nous gonfler nous-mêmes, qui nous mène au jugement, à l’impatience, à la colère. Tout cela, nous n’en voulons pas pour l’année nouvelle.

Et puis, la bénédiction continue : « que le Seigneur se penche vers toi, qu’il se tourne vers toi ». Ce n’est pas un souhait, car le Seigneur le fait ; c’est plutôt un appel à nous rendre compte que jamais Dieu ne nous tourne le dos : il se penche vers nous, comme Marie l’a chanté dans son Magnificat : « il s’est penché sur son humble servante ». Le Seigneur s’est penché sur l’humanité à tel point qu’il est devenu homme : qui aurait pu penser que Dieu se tournerait jusque-là vers sa créature ?

Il l’a fait et il continue de le faire. Cette année encore, le Seigneur va se pencher sur chacun d’entre nous, il va nous combler de grâces, même si nous les voyons pas toutes. Il va peut-être nous tenir par la main pour le passage de la mort. Il va nous soutenir dans les épreuves et nous guider sur le chemin de la sainteté. Telle est l’œuvre de Dieu, qu’il ne saurait démentir un seul jour.

* * *

C’est pourquoi la bénédiction du livre des nombres s’achève ainsi : « que le Seigneur t’apporte la paix ». En entrant dans la journée mondiale de prière pour la paix, nous sommes appelés à reconnaître, comme une bénédiction, que seul le Seigneur apporte la paix totale.

Pour le manifester, nous n’échangerons pas le geste de paix, tout à l’heure, avant la communion : mais nous attendrons minuit, pour que notre échange de vœux soit d’abord un échange de paix : « je vous laisse la paix, je vous donne ma paix », dit le Christ. Et dans les béatitudes, il nous demande d’être « des artisans de paix ». En relisant notre manière de vivre au cours de l’année qui s’achève, nous pouvons nous demander si nous avons été des artisans de paix, ou des causes de divisions.

* * *

« Que le Seigneur te garde, qu’il fasse briller sur toi son visage, qu’il se pencher vers toi, qu’il t’apporte la paix » : voilà les vœux du Seigneur pour nous tous, en cette année nouvelle. Voilà ce qu’il ne cesse de réaliser pour nous. Voilà ce qu’il a totalement accompli en Marie, la « pleine de grâce », celle qui n’a opposé aucune résistance à la grâce.

Fêter Marie au premier jour de l’année nouvelle, c’est nous décider à répondre aux bénédictions du Seigneur sans mettre de résistance à l’action de la grâce. Il s’agit donc de nous re-décider à lutter contre le péché, contre la tiédeur, contre les omissions et tout ce qui est tellement peu digne de notre valeur d’êtres humains et de notre vocation de baptisés.

Alors, que 2012 soit pour vous tous une année de bénédictions. Il n’y a pas à le souhaiter : elle le sera, car le Seigneur ne saurait promettre sans réaliser. Mais les bénédictions de Dieu, il faut un cœur humble et disponible, comme celui de Marie, pour les recevoir en profondeur et leur permettre de porter du fruit.

Le Seigneur va tous nous donner de grandes bénédictions pour cette année nouvelle : il nous reste à décider ce que nous voudrons en faire, comme les ouvriers de la parabole qui reçoivent des talents et qui, soit les font fructifier, soit les gardent stérilement, par peur du Maître.

Ouvrez-vous aux bénédictions du Seigneur ! N’opposez aucune résistance à ce qu’il puisse vous travailler en profondeur, même si ça fait un peu mal et perturbe vos sécurités, qui de toute façon, sans le Seigneur, ne valent pas grand-chose. Ouvrez-vous aux bénédictions du Seigneur ! N’en prenez pas, chichement, qu’une petite part, que vous estimerez suffisante pour « bien vivre », alors que le Seigneur veut donner largement, pour que nous vivions en surabondance. Ouvrez-vous aux bénédictions du Seigneur, en étant, comme la Vierge Marie, dociles à l’action de l’Esprit-Saint : il a permis à la Vierge d’enfanter le Sauveur du monde ; il pourra bien nous permettre de vivre une année nouvelle pleine de fécondité, une année où nous vivrons davantage donnés aux autres, où nous chercherons à être davantage meilleurs, plus souriants et plus patients, plus indulgents, plus doux, plus bienveillants. Nous prions pour la paix, en ce premier jour de l’année ; elle doit passer par notre douceur dans ce monde si dur. Ouvrez-vous aux bénédictions du Seigneur ! Ne pensez pas pouvoir vivre un seul instant de l’année nouvelle sans le soutien divin. Une fraction de seconde sans Dieu, et nous allons au néant. Alors, Dieu, sans cesse, nous crée et nous soutient ; mais si nous décidons de vivre hors de Lui, c’est par nous-mêmes que nous nous mettons dans un néant de non-sens, de désespoir, de nausée sur le monde. Ouvrez-vous aux bénédictions du Seigneur, dans un tel élan qu’il ne soit pas possible que nous allions dans le sens du monde, pour lequel rien ne va plus, c’est la crise, tout va de travers. En 2012, parce que nous nous savons comblés des bénédictions du Seigneur, ayons un discours positif ; non par naïveté, mais par espérance ; non par indifférence à l’égard des souffrances, mais par foi profonde en la présence du Sauveur. Ouvrez-vous aux bénédictions du Seigneur, qui rejoignent chacun d’entre nous en nous touchant tous ensemble : en 2012, soyons plus que jamais en communion profonde les uns avec les autres. Arrêtons de critiquer notre Eglise, nos prêtres et nos voisins de banc : « s’il y a besoin, dites une parole bonne et constructive », dit Saint Paul à ceux qui critiquent. « Bonne et constructive » : ne nous souhaitons pas une « bonne année », si c’est ensuite pour que nous la rendons « mauvaise » les uns envers les autres. Halte à l’hypocrisie ! Ouvrez-vous aux bénédictions du Seigneur ! Que dès les premières secondes de l’année nouvelle, nous osions un « oui » comme celui de Marie : un « oui » à la volonté de Dieu, volonté déconcertante parfois, imprévisible toujours, mais tellement grande, belle, et pour le bien de tous !

* * *

Frères et sœurs, que les premiers instants de l’année nouvelle soient comme une introduction, un prélude, un programme de ce que seront pour nous les 366 jours de l’année… tiens, justement l’année 2012 est une année bissextile : un jour de plus pour recevoir les bénédictions du Seigneur ! Alors, forcément, ce sera une belle année. Amen.]]>
Sat, 31 Dec 2011 22:54:00 +0100
Le Laus a fêté la naissance au ciel de Benoîte http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/le-laus-a-fete-la-naissance-au-ciel-de-benoite.html Ce 28 décembre 2011, le sanctuaire a commémoré la naissance au ciel de la servante du Laus. En... Ce 28 décembre 2011, le sanctuaire a commémoré la naissance au ciel de la servante du Laus.

En effet, le 28 décembre 1718, jour de la fête des saints Innocents, vers 8 heures du soir, Benoîte Rencurel décédait dans sa modeste chambre. 

A lire :

Homélie du 28 décembre 2011, par le père Ludovic Frère, recteur du sanctuaire (document PDF) Récit de la mort de Benoîte, par l'abbé Royère, prêtre du Laus :

     « Le mercredi, jour des Innocents, Benoîte nous pria de dire une grand messe pour elle. Ce fut Monsieur l’Abbé Poligny qui la voulut dire ; après quoi nous vînmes la visiter ; elle nous dit qu’elle allait mourir ; l’après-dîner, nous ne la voulûmes plus guérir, on lui donna l’extrême onction qu’elle demandait depuis plusieurs jours ; elle se confessa aussi et elle se fit laver les mains et les pieds ; quand ce fut l’onction des oreilles, Monsieur le Supérieur lui dit : « Sœur Benoîte, défaites-vous que nous fassions l’onction aux oreilles. » Elle répondit : « En tan escouta » (elles ont tant écouté).

     Quand elle eut reçu ce dernier sacrement, elle fût toute consolée, n’attendant plus que cet heureux moment où son âme devrait se séparer de son corps. Je m’approchais alors d’elle, je lui fis prononcer plusieurs fois le nom de Jésus et de Marie, je lui présentais le crucifix qu’elle prenait entre ses mains tenant la bouche collée contre les pieds de son divin époux : « Ma bonne Sœur, lui dis-je alors, nous sommes vos enfants, ne voulez-vous pas leur donner votre bénédiction ? »

     (Elle répondit : « C’est à la Bonne Mère de nous la donner » et tout aussitôt elle sortit la main du lit et nous dit : « Je vous la donne bien volontiers mes bons Pères. ») Elle s’en excusa par respect. Cependant, elle ne voulut pas nous refuser cette consolation. Nous nous réunîmes pour dire nos offices en attendant de revenir avec elle toute la nuit ; mais Dieu en ordonna autrement.

     Sur les huit heures, elle dit adieu à ses nièces, à Monsieur le Prieur, à toute la compagnie. Elle dit qu’on alluma son cierge, elle demanda à Monsieur le Prieur de lui faire la recommandation de l’âme ; elle dit : « La mort vient comme un larron sans dire   gare », elle dit à sa filleule Benoîte et à sa chère Isabelle de dire les litanies de l’Enfant Jésus, et tout aussitôt, levant les yeux vers le Ciel, entre les bras de sa nièce et la venue des anges qu’elle donnait à connaître par son visage riant, elle décéda joyeusement, et son âme, selon qu’on le peut pieusement croire, fut portée dans le Ciel par les esprits bienheureux.

     Dès lors, on vint nous donner la nouvelle de sa mort, nous descendîmes justement comme on voulait l’habiller. La providence fit qu’on ne trouva pas son habit qu’elle avait destiné elle-même, on lui mit ceux qu’elle portait ordinairement ; l’on trouva son corps tout meurtri ; et sa mort n’étant venue que des coups qu’elle avait reçus, elle a reçu en même temps la double couronne de vierge et de martyre. »]]>
Wed, 28 Dec 2011 18:11:00 +0100
"Une ombre sur la crèche et sur le Laus..." http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/une-ombre-sur-la-creche-et-sur-le-laus.html Anniversaire de la mort de Benoîte Rencurel (1718)  

Trois jours après Noël, une ombre terrible est jetée sur la crèche avec ce massacre des enfants de la région de Bethléem. Une ombre est jetée aussi sur le sanctuaire du Laus, en ce jour qui commémore le décès de Benoîte ; et avec sa mort, la fin des apparitions en ce lieu béni.

Alors, que faut-il en conclure ? La joie de Noël est telle condamnée à l’éphémère ? Les grâces du Laus n’ont-elles qu’un temps ? Et par-delà le massacre de Bethléem et la mort de Benoîte, ce sont toutes nos réjouissances terrestres qui sont interrogées, tout ce que nous cherchons à construire et qui peut se trouver balayé en un instant. Qu’est-ce que ces deux événements douloureux nous permettent de comprendre de notre vie ?

D’abord, ils nous aident à distinguer dans l’espérance ce que le Christ a déjà acquis et ce n’est pas encore totalement donné. La victoire du Sauveur sur la mort est totale, définitive. Nous l’expérimentons dans notre vie, quand des lueurs de résurrection nous soutiennent de manière formidable. Mais tout n’est pas encore définitivement là. Les quatre semaines de l’avent nous ont aidé à accepter cette réalité des temps où nous sommes : ne pas attendre vainement le Ciel sur la terre, mais vivre unis au Ciel pour y être déjà en espérance.

* * *

Ensuite, le massacre de Bethléem nous invite à ne pas nier la puissance des œuvres de mort. Elles se déchaînent quand le Sauveur du monde prend chair ; elles se déchaînent quand nous cherchons à faire le bien et à nous approcher davantage du Seigneur ; elles se sont déchaînées dans la vie de Benoîte, jusqu’à l’épuiser… ce qui l’a conduit à la mort.

Ne cherchons pas vainement à nier la puissance des ténèbres, à la fois pour ne pas rejeter sur Dieu la responsabilité du mal qui revient à Satan, et pour ne pas penser que nous pouvons nous dispenser d’un combat contre le Mal. Si nous ne vivons pas ce combat, c’est sans doute que nous ne sommes pas assez au Christ.

Mais nous l’entendions le jour de Noël : « la lumière est venue dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée ». Nous croyons à la puissance du Christ, bien plus forte que celle de Satan. Toute évocation d’un drame est donc pour nous, dans le même moment, la confession de l’espérance en la puissance de la vie.

* * *

Mais plus encore, osons le dire : le massacre des enfants de Bethléem comme les attaques dont Benoîte a été victime ne sont que l’expression de la défaite du Mal, qui cherche encore à blesser, et parfois à le faire violemment, mais qui ne peut plus rien contre le Maître de la Vie. Les enfants de Bethléem sont assurément les premiers à avoir suivi le bon larron au Paradis.

Benoîte, blessée par le Malin jusqu’au sang, a pu percevoir au cœur de ses souffrances que ces attaques démoniaques n’étaient plus que l’expression pathétique de celui qui a perdu et qui cherche encore à prendre une part, une illusion de victoire.

La fête de ce jour est donc bien un prolongement de Noël, en même temps qu’une annonce, déjà, du mystère pascal : comme pour nous aider à ne pas dissocier Bethléem et Jérusalem, la naissance et la Pâque du Christ, la crèche et la croix.

Le Verbe fait chair n’et pas venu simplement nous visiter, Il est venu nous sauver. Il s’est fait l’un de nous pour pouvoir vraiment nous sauver, car nous en étions incapables par nos seules forces : incapables de l’emporter sur le Mal, incapables de l’emporter sur la mort. Il fallait que Dieu se fasse l’un de nous pour que nous soyons sauvés.

Gloire à Dieu, paix sur la terre, joie dans le ciel, pour l’éternité. Amen.

Télécharger l'homélie du mercredi 28 décembre 2011, fête des saints Innocents et anniversaire de la mort de Benoîte Rencurel (1718)

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Wed, 28 Dec 2011 14:08:00 +0100
"Quel est donc cet enfant ?" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/quel-est-donc-cet-enfant.html Un enfant monte sur scène et, en regardant la crèche, se demande : - Quel est donc cet... Un enfant monte sur scène et, en regardant la crèche, se demande : - Quel est donc cet enfant devant lequel tous se prosternent ? - Pourquoi ce calme, cette paix qui nous enveloppent ?

Alors entre en scène une petite troupe d’anges qui expliquent aux enfants cet étonnant mystère.

- L’enfant que vous voyez ici n’est pas un enfant comme les autres. - C’est Jésus, le Fils de Dieu ! - En cette nuit un grand silence se fait sur la terre car c’est Le Sauveur du monde qui nous est né. - Dieu le Père a permis que son Fils, qui est Dieu Lui aussi, s’abaisse jusqu’à nous et prenne un corps, comme les hommes, afin de les délivrer à jamais du péché et de la mort...

* * *

C'est ainsi qu'a débuté le magnifique spectacle donné par les enfants le samedi 24 décembre soir, en prélude à la veillée liturgique et à la messe de la nuit de Noël.

Un spectacle qui s'est déroulé dans la grande salle du sanctuaire, comble pour l'occasion, devant un public littéralement conquis...

Retrouvez quelques-unes des photos prises durant cette soirée dans la rubrique "chronique en images".

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Sun, 25 Dec 2011 16:55:00 +0100
"Au commencement" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/au-commencement.html Homélie du jour de Noël Ceux parmi nous qui espéraient, en ce jour de Noël, entendre le beau récit de la naissance de Jésus à la crèche sont peut-être un peu déçus ; mais, en même temps, quelle beauté et quelle profondeur dans ce prologue de saint Jean ! L’Evangile de la nativité, que nous entendions cette nuit, laisse place aujourd’hui à une méditation profonde du mystère du Christ. La nuit était faite pour contempler l’événement ; le jour s’est levé, nous offrant la lumière nécessaire pour comprendre ce qui s’est passé. Or, pour comprendre, il convient de partir du commencement.

« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu ».

« Au commencement ». C’est ainsi que s’ouvre le prologue de saint Jean, comme un écho évident aux premiers mots de la Bible : « au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » (Gn 1,1). Mais saint Jean a fait un saut, davantage conceptuel que chronologique : du commencement de la création, qui peut être à peu près datée, il est remonté au commencement de toute la réalité, qui n’a en fait pas de début : de toute éternité, le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. Il n’a pas eu de commencement ; Dieu n’a pas commencé à exister un jour, Il est Dieu, éternellement. Le Fils unique du Père n’a pas commencé à être son Fils un jour, il est engendré de toute éternité. Dieu n’est pas devenu Père, Fils et Saint-Esprit, Il l’a toujours été.

A entendre des scientifiques nous dire qu’il existe dans l’univers une centaine de milliards de galaxies, composée chacune de centaines de milliards d’étoiles, on peut comprendre notre vertige à tenter de penser Celui qui est en l’auteur et qui est sans commencement.

* * *

Ce vertige des commencements nous fait saisir à quel point Dieu nous dépasse. Mais c’est un vertige plus grand encore qui nous gagne en accueillant le mystère de ce jour. Ainsi, saint Jean nous surprend : au commencement, sans commencement, le Verbe était Dieu, mais, voici qu’un jour « le Verbe s’est fait chair ».

Celui qui est sans commencement a voulu avoir un commencement dans la chair : il est devenu l’un de nous. Ce n’est pas seulement le signe de sa grande humilité, mais c’est son sublime témoignage d’amour qui entraîne un bouleversement de toute l’histoire. Car désormais, il existe un nouveau commencement.

Le commencement de la création du monde avait créé un temps qui se déroulait de manière linéaire : il y avait eu un début, puis le déroulement des événements et leur fin. Mais voilà : « le Verbe s’est fait chair ». Il ne s’agit donc plus désormais de penser à partir d’un moment chronologique initial, mais d’un moment fondamental, qui change tout.

Notre accueil des commencements ne s’attache donc plus désormais à l’origine du monde, en remontant le fil des générations et des siècles. Il s’attache à l’événement décisif de toute l’histoire : le Fils éternel qui devient homme pour nous sauver. Il y a toujours un « avant » et un « après », mais ce ne sont plus « l’avant » et « l’après » création qui déterminent la marche du monde : c’est « l’avant » et « l’après » Jésus-Christ.

Le vrai commencement est couché dans une mangeoire. Il n’est pas une date, ou un événement tel le bing-bang ; il est quelqu’un, il est Dieu fait homme. Le commencement n’est plus un problème scientifique à résoudre, ni une quête philosophique à satisfaire ; le commencement, c’est le Christ.

* * *

Ce commencement avait bien sûr été préparé, avec Abraham, Moïse, David et les prophètes ; mais tous regardaient vers le Christ. De même pour nous aujourd’hui : nous ne vivons plus désormais sur une ligne de l’histoire, où chacun naît, grandit, et meurt. La vie n’est pas comme un tapis roulant, avançant inexorablement pour nous conduire du début à la fin ; elle n’est plus linéaire, elle est englobée dans la vie du Christ. Par son commencement dans la chair, il a transformé le temps. De temps qui passe, celui-ci est devenu : temps qui accomplit.

Désormais, parce que l’Eternel est entré dans le temps et qu’il a déterminé un nouveau commencement, c’est chacune de nos journées, dans ce qu’elles ont de plus ordinaire, qui se révèle lieu d’accomplissement du temps de Dieu. Jésus-Christ, en habitant le temps, a fait de Lui-même le commencement de chacune de nos journées, de nos activités, de nos relations. Plus rien n’est étranger à sa présence ; et tout ce que nous commençons doit être placé sous son regard.

Désormais, parce que l’Eternel est entré dans le temps, faisant du nouveau commencement le début de la nouvelle création, nous ne trouvons de sens à notre vie qu’en accueillant cette recréation dans le Christ ; en nous émerveillant de cette recréation plus encore que nous le faisons des beautés de la création. Si la splendeur des montagnes ou la douceur d’un coucher de soleil élèvent nos âmes, combien plus les beautés de la création nouvelle dans le Christ peuvent nous exalter : beautés du pardon, de la victoire sur la mort, de l’amour des ennemis, de l’abaissement pour prendre la dernière place. Telle est cette recréation dans laquelle nous devons entrer et nous épanouir toujours davantage, sans quoi nous risquons bien d’être déjà morts.

Laissons l’œuvre de la recréation se poursuivre en nous ; elle a commencé et elle s’approfondit de jour en jour, même si nous avons l’impression de stagner dans la vie spirituelle, voire même de reculer parfois. L’œuvre de recréation s’accomplit ; il nous faut juste y consentir. Quels efforts avez-vous réalisés pour être créé ? Il n’y en a pas davantage à faire pour être recréé ; il faut seulement l’accepter, en accueillant le Christ, Dieu parmi nous, Dieu qui nous sauve.

Et pour y consentir, nous sommes appelés à être, nous aussi, des acteurs de cette recréation dans le Christ. Il en est le commencement et l’achèvement, mais nous pouvons apporter notre part, en laissant le Seigneur recréer nos relations blessées, notre passé tortueux ou nos esprits rebelles. Depuis que le Sauveur du monde est entré dans le temps, tout peut être guéri et recréé : voilà la bonne nouvelle de Noël et la raison de notre plus grande joie.

* * *

Alors, en ce jour de Noël, et en notre sanctuaire – témoin privilégié de recréation - faisons encore la fête ; faisons-là belle et profonde, partagée et pleine d’allégresse. Mais sachons pourquoi nous la faisons, et dans quel sens : comme une célébration enthousiaste du bouleversement du temps opéré par la naissance du Sauveur, sa mort et sa résurrection.

« Car le monde tel que nous le voyons est en train de passer », dit saint Paul. Dans une semaine, une nouvelle année ; encore le temps qui passe, qui passe tellement vite. Mais ce temps ne meurt pas, il ne meurt plus : il est dans la main de Dieu, temps de recréation.

Alors, sachons vivre ce jour de Noël dans une belle et sainte tension vers les réalités que cette fête nous annonce et nous donne déjà, comme saint Augustin nous y invite : « le fleuve des choses temporelles nous entraîne. Mais, comme un arbre au bord du fleuve, est né notre Seigneur Jésus-Christ (…). Il a voulu, en quelque sorte, se planter au bord du fleuve des choses temporelles. Tu es emporté par le courant ? Tiens-toi à l’arbre. L’amour du monde te roule dans son tourbillon ? Tiens-toi au Christ ».

Joyeux Noël à tous ! Amen. Télécharger l'homélie de la messe du jour de Noël - Dimanche 25 décembre 2011 - Année B]]>
Sun, 25 Dec 2011 10:36:00 +0100
"Il est temps de devenir vraiment chrétiens" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/il-est-temps-de-devenir-vraiment-chretiens.html Homélie de la messe de la nuit de Noël  

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ».

Frères et sœurs, avant de célébrer la veillée et de commencer la messe, nous avons pu marcher, dans la nuit, flambeaux en mains, témoins de la lumière qui rejoint les ténèbres. « Je suis la lumière du monde », dira le Christ ; non pas seulement une lumière pour le monde, mais LA lumière du monde, qui donne sens à toute l’existence, car « aujourd’hui vous est né un Sauveur » !

Et ce Sauveur, c’est Dieu Lui-même qui se fait homme ; n’était-ce pas inimaginable ? Comment le Créateur peut-il se faire créature ? Nos concepts intellectuels sont bouleversés, nos intelligences sont désemparées, car nous aimons tant séparer les choses : Dieu d’un côté, l’humanité de l’autre. Nous aimons tant séparer… le Seigneur, Lui, vient pour relier.

Bien sûr, par nature, il est juste de penser la séparation, car Dieu est Transcendant, éternel et nécessairement supérieur à tout ce qu’il a créé. Mais Noël vient tisser définitivement un lien nouveau : Dieu devient homme. Le Transcendant, éternel et supérieur devient l’un de nous, comme nous en toute chose, à l’exception du péché. Il ne cesse évidemment pas d’être transcendant et éternel, mais il entre dans la chair et le temps.

* * *

Alors, cette nuit, en accueillant de nouveau la grande joie de Noël, il est peut-être nécessaire que nous nous décidions à être vraiment chrétiens. Nous le sommes depuis notre baptême ; mais il s’agit de le devenir davantage encore, en accueillant vraiment ce qui nous est dit en cette nuit, afin de saisir toutes les implications formidables qui en découlent pour le monde et pour chacune de nos vies.

Car, dans la crèche, nous voyons bien que Dieu n’est pas seulement une étincelle initiale ou une énergie vitale. Comprenez-vous que Dieu devient homme ? Comprenez-vous que nous ne pouvons plus Le concevoir seulement comme le Créateur du monde ou l’énergie primordiale ?

Cette nuit, il est temps d’accueillir vraiment le mystère de la foi, pour que la belle histoire de Noël et l’enthousiasme des fêtes nous y ouvre davantage, et se garde bien de nous en détourner. La touchante image de la crèche et l’émotion devant le petit nouveau-né doivent se transformer pour nous en un regard profond sur la réalité qui nous est donnée à voir : Dieu se fait homme ! Savoir cette vérité, c’est un bouleversement sans retour !

Certes, les fêtes de Noël sont pour beaucoup, croyants et non-croyants, l’occasion d’une plus grande ouverture du cœur. Il reste malheureusement, même à Noël, des personnes seules, ou nostalgiques de joies festives qu’elles ne vivent plus ; d’autres n’aiment pas vraiment cette fête, qui peut mettre en valeur un conflit familial ou un manque relationnel. Mais depuis des jours, nous voyons aussi les beaux fruits de Noël : dans les maisons de retraite, les hôpitaux, les écoles, les paroisses ou les familles, ces fêtes sont souvent l’occasion d’un déploiement de générosité et de temps offert aux autres.

Ce désir de célébrer le partage est bien un signe que le Christ est à l’œuvre pour que le monde qu’il est venu habiter soit éclairé par sa lumière. Sans le savoir, même sans le vouloir, ils sont nombreux à vivre dans ces fêtes une conséquence essentielle de la venue du Messie, Prince de la paix, Libérateur des égoïsmes, Vainqueur de la mort, jaillissement de la Lumière.

Alors, cependant, sans négliger les beaux moments de fête que vivent actuellement des millions d’individus sur terre, mais seulement par amour de la vérité, nous qui accueillons cette nuit le mystère de l’Incarnation, ne vivons pas Noël comme si Dieu ne s’était pas fait homme.

Qu’en partageant des cadeaux, nous soyons bien conscients de la raison pour laquelle nous les offrons ; qu’en admirant un sapin décoré, nous sachions pourquoi cet arbre éclaire le sens de cette fête ; qu’en contemplant des rues et des maisons illuminées de mille feux, nous sachions à quelle lumière elles nous renvoient. Et cette lumière, c’est l’amour de Dieu révélé en Jésus-Christ.

* * *

Si nous saisissons que l’amour n’est pas seulement la qualité première de Dieu, mais son être-même, alors nous pouvons entrer vraiment dans le mystère de Noël : car celui qui aime ne veut qu’une chose, c’est s’unir à l’être aimé et l’aider à s’épanouir. Dieu, qui est Amour, veut tout cela pour chaque être humain.

Alors, pour s’unir à tous, en Jésus-Christ, Il prend chair ; pour l’épanouissement de tous, en Jésus-Christ, Il enseigne par la parole et par l’exemple ; pour le bonheur de tous, en Jésus-Christ, Il donne tout, jusqu’à mourir sur la croix pour ressusciter au troisième jour… et, tout cela, parce que Dieu est amour !

Dans une vraie relation d’amour, c’est le don - et non la supériorité sur l’autre - qui est le lien vital. Alors, Dieu quitte sa supériorité pour la relation la plus profonde. Il n’est plus au-dessus, ni même à côté ; Il devient l’un de nous. Il l’est de manière irrévocable.

* * *

Irrévocable ! Puisque Dieu est devenu homme, la création n’est plus seulement son œuvre ; elle devient, pour ainsi dire, un élément de Lui-même. Le Verbe éternel laisse couler en Lui le sang reçu de Marie. Parce qu’Il l’a voulu ainsi, Dieu s’est impliqué dans une relation sans retour avec l’humanité : il s’est uni si étroitement à nous, en devenant l’un de nous, qu’Il ne Lui est pas possible de revenir en arrière, Il ne Lui est plus possible de rayonner de sa lumière sans nous.

Chaque Noël nous place devant cette réalité bouleversante : Dieu s’est uni à l’humanité, d’un mariage indissoluble, que rien ne pourra jamais remettre en cause, pas même les horreurs humaines qui, cette année encore, ont jeté des ombres sur notre terre. Car « la Lumière est venue dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêté », entendrons-nous demain à la messe.

A Noël, Dieu s’engage, sans possibilité pour Lui de retour en arrière ; Il s’implique, de manière indissoluble. Déjà, par les prophètes, Il avait annoncé que ses promesses étaient irrévocables - Isaïe 45 : « Je le jure par moi-même : de ma bouche sort le salut, cette parole ne reviendra pas en arrière »  (Isaïe 45, 22). Quand le Verbe se fait chair, quand la Parole devient homme,  elle ne revient pas en arrière ; Dieu assume totalement son choix, Il assume l’humanité en lui donnant part à sa divinité.

* * *

Frères et sœurs, cette nuit, demain, chaque jour, par le mystère de Noël, nous avons quelque chose à dire au monde. Certains parmi nous ont peut-être partagé, ce soir, une table familiale ou amicale autour de laquelle beaucoup ne croyaient pas au Christ. Certains parmi nous vont peut-être, demain midi ou les jours prochains, se réunir avec des proches qui ne partagent pas notre joie de la naissance du Sauveur. Sans arrogance, mais non plus sans honte, il pourra s’agir alors de témoigner du Christ.

Saint Paul, après avoir vu à Athènes une stèle dédiée au dieu inconnu, déclara aux Athéniens : « ce que vous adorez sans le connaître, je viens vous l’annoncer » (Actes 17,23). De même, la joie que nos contemporains veulent échanger en ce jour, leurs désirs de paix et d’entente, leur souci de partage pour que personne ne soit exclu de l’élan de Noël, toutes ces étincelles de vérité déposées par l’Esprit-Saint dans les cœurs, osons dire qu’elles conduisent au seul Sauveur du monde : « ce que vous adorez sans le connaître, ce que vous cherchez sans savoir où le trouver, je viens vous l’annoncer : Dieu s’est fait homme, le Sauveur nous est né ». Joie au Ciel, exulte la terre !

Joyeux Noël. Amen. Télécharger l'homélie de la messe de la nuit de Noël - Samedi 24 décembre 2011 - Année B (document PDF)]]>
Sat, 24 Dec 2011 22:00:00 +0100
Un parcours de Noël vers Pindreau http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/un-parcours-de-noel-vers-pindreau.html Dans la lignée des parcours spirituels réalisés ces derniers mois pour faire découvrir aux... Dans la lignée des parcours spirituels réalisés ces derniers mois pour faire  découvrir aux pèlerins et visiteurs les lieux emblématiques et le message du sanctuaire, un parcours méditatif a été mis en place pour la période de Noël.

Il propose d'approfondir le mystère de la Nativité du Sauveur, à la lumière des apparitions reçues par Benoîte.

Sur le chemin jusqu'au monument de Pindreau (lieu de l'apparition du 29 septembre 1664), 5 bornes viennent aider à méditer. Deux panneaux d'introduction et de conclusion complètent cet ensemble.

Bien entendu, ce parcours spirituel peut être effectué à domicile, à l'aide des documents ci-dessous :

 

Télécharger les 7 panneaux du parcours spirituel de Noël vers Pindreau (document PDF).

Télécharger le livret accompagnant le parcours spirituel (document PDF).

 

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Wed, 21 Dec 2011 08:49:00 +0100
"Comme un premier Noël" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/comme-un-premier-noel.html Homélie du 4e dimanche de l'avent, année B  

Nous ne sommes plus qu’à une semaine de Noël, et pourtant la liturgie semble vouloir nous faire reculer de neuf mois, pour revenir à la conception de Jésus, sous l’action de l’Esprit-Saint, annoncée par l’ange Gabriel.

Un tel retour en arrière nous invite déjà à bien prendre conscience que Jésus n’a pas pris chair le jour de sa naissance, mais bien le jour de sa conception, comme chacun d’entre nous. L’ange annonce à Marie : « tu vas concevoir et enfanter un fils » : pas seulement l’enfanter, mais d’abord le concevoir.

 Le Fils éternel de Dieu, en prenant chair, a commencé par être embryon et fœtus ; il a grandi dans le sein de Marie et vécu ces neuf mois d’une relation privilégiée avec sa mère, et de manière différente, avec son père adoptif : neuf premiers mois qui ont consolidé le lien particulier du Christ à la Vierge Marie ; neuf premiers mois où le salut du monde, la recréation, était déjà en train de s’opérer, dans l’acte merveilleux et humble de la croissance d’un petit corps humain. Le récit de l’annonciation est donc d’abord pour nous comme un premier Noël, car c’est bien dès ce moment-là que le Verbe a pris chair.

La contemplation de cet événement nous appelle donc à accueillir la vie dès sa conception. Un être humain ne commence pas à exister le jour de sa naissance, ni seulement après 12 semaines comme le prétend, de manière arbitraire, notre loi française. Les quelque mille avortements réalisés en France (chaque jour !) et environ 220 000 à travers le monde (chaque jour !) ne peuvent que nous interroger sur le respect de la vie et la folie de nous en croire propriétaires.

Que l’Annonciation renouvelle notre désir d’annoncer la beauté de la vie, le mystère de la vie dès sa conception. Et puisque nous allons entrer dans une année électorale, sans doute serait-il bon de ne pas l’oublier, quand nous accorderons notre confiance à un dirigeant politique.

* * *

De manière évidente, le récit de l’Annonciation veut nous préparer à célébrer Noël. Les paroles de l’ange sont une révélation grandiose sur l’identité de Jésus : « Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut » ; « le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père » ; « il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. ». Conçu dans la puissance de l’Esprit Saint, « celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu »

Tous ces titres devraient orner nos crèches, pour que nous ne manquions pas d’entrer dans la profondeur de ce mystère : d’ici une semaine, nous allons voir un nouveau-né, allaité par Marie, bercé par Joseph. Nous allons, pour ainsi dire, le prendre dans nos bras, le laisser, de ses petits doigts, nous serrer l’un des nôtres. Et ce tout-petit, nous allons le reconnaître comme : grand, Fils du Très-Haut, Roi qui règnera pour tout jour, Saint, Fils de Dieu. Voilà sa carte d’identité, à ce tout-petit.

Quand Isabelle communiera, dans quelques minutes, pour la première fois de sa vie, elle va, comme nous tous, accueillir de nouveau ce grand mystère : dans cette petite hostie, c’est bien le Dieu Saint, le Sauveur du monde, le Christ puissant et vainqueur de la mort, le Souverain de toute la création, qui se donnera en nourriture pour venir reposer en nous et nous faire vivre.

« Comment cela peut-il se faire ? » C’est la question de Marie devant ce qui paraît impossible aux yeux des hommes. Comment cela peut-il se faire que le Dieu Très-Haut se fasse si bas ? Comment cela peut-il se faire que Celui qui est infini puisse venir s’abréger dans le corps d’un nouveau-né ou la petitesse d’une hostie ? Comment cela peut-il se faire ?

« Rien n’est impossible à Dieu », répond l’ange à Marie. Et parmi tous les possibles que Dieu pouvait, dans sa liberté infinie, décider de mettre en œuvre, c’est celui-là qu’il a choisi : se faire petit, se faire l’un de nous, pour venir, du plus profond et du plus intime, nous sauver et nous élever jusqu’à Lui.

« Rien n’est impossible à Dieu ». Quand vous sentez que le doute vous gagne, au moment d’approcher pour communier  - comme cela peut-il se faire que je reçoive le Dieu vivant ? – accueillez ces paroles de l’ange : « rien n’est impossible à Dieu ». Il choisit donc le meilleur des possibles, celui qui nous respecte au plus profond et qui nous sauve intégralement et éternellement.

* * *

Pour mettre en œuvre ce meilleur des possibles, Dieu choisit de passer par Marie. Si c’est son choix, que ce soit aussi le nôtre. Le Dieu-pour-qui-rien-n’est-impossible a choisi la Vierge Marie ; il a voulu passer par Marie pour venir jusqu’à nous. N’espérons donc pas aller jusqu’à lui,  sans passer, nous aussi, par Marie.

La dévotion mariale n’est donc pas une option pour ceux qui auraient davantage cette sensibilité-là. Puisque Dieu est passé par Marie pour nous rejoindre, nous devons passer par Marie pour rejoindre Dieu. Autant notre vie de foi peut être équilibrée et achevée sans accueillir les phénomènes d’apparitions comme ceux du Laus, autant notre vie spirituelle reste incomplète tant que nous ne passons pas par Marie.

La prière mariale n’est pas matière à option ; ses modalités le sont, certains étant davantage sensibles au chapelet, d’autres aux chants mariaux ou à la méditation des pages d’Evangile qui nous parlent de Marie… peu importent les modalités, mais nous avons besoin de Marie pour accueillir, dans toute sa profondeur, son fils qui se donne à nous.

Si vous avez trop de distractions pendant la messe : priez donc Marie pour qu’elle vous recentre sur son fils. Si vous vivez une période de trouble, comme une nuit de la foi, avec l’impression que Dieu est loin de vous : priez donc Marie, pour qu’elle enfante le Christ en votre cœur. Si vous êtes accablés par trop de soucis ou par des drames, priez donc Marie, pour qu’elle intervienne, comme à Cana, et qu’elle exprime vos besoins à son fils, qui ne saurait manquer d’écouter sa Mère bien-aimée. Si vous vivez dans la joie : priez donc Marie, pour qu’elle vous associe à son Magnificat, et que vos joies trouvent une solidité plus grande encore.

Ne pensons pas pouvoir nous passer de Marie, quand Dieu a voulu passer par Marie !

* * *

Enfin, le récit de l’annonciation nous appelle à rester attentifs, particulièrement au cours de cette dernière semaine de l’Avent, à toutes les annonciations qui nous sont offertes en permanence.

Sans doute ne vivrons-nous jamais, sur terre, la même expérience que Marie, rencontrant l’ange Gabriel ; sans doute ne serons-nous jamais  témoins, comme Benoîte, de visions célestes. Mais il est certain que le Seigneur nous gratifie tous d’annonciations :

-        Des signes, mais plus encore des personnes, par lesquels il nous fait comprendre ce qu’il attend de nous dans son projet sur le monde.

-        Des mots reçus dans sa Parole et des élans de l’Esprit perçus dans la prière et les sacrements, qui peuvent nous convaincre que le Seigneur veille sur nous.

Au cours de cette dernière semaine de l’Avent, sans doute risquons-nous un peu de nous laisser gagner par l’effervescence des préparatifs de la fête. Mais ne manquons pas de prendre du temps, et même davantage que d’habitude, pour être à l’écoute des annonciations que le Seigneur va nous offrir.

En notre sanctuaire, c’est toute une semaine de préparation à Noël, avec des enseignements, des pèlerinages et des prières, qui va nous permettre de nous ouvrir davantage au Seigneur qui nous rejoint. Prenez du temps cette semaine, non seulement dans les rayons des magasins de jouets – si ce n’est pas déjà fait ! – non seulement dans la cuisine pour préparer des mets succulents, mais aussi dans une chapelle ou dans le secret de votre cœur, pour préparer le plus essentiel de Noël : l’accueil du Sauveur.

Cette dernière semaine de l’Avent va certainement déterminer la manière dont nous vivrons les fêtes :

-        dans la superficialité ou dans la profondeur ;

-        dans la seule attente des satisfactions sensibles ou dans l’ouverture au mystère du Seigneur qui nous rejoint ;

-        en faisant de notre ventre un dieu, comme le dit saint Paul, ou en faisant des fêtes un moyen privilégié d’action de grâce au Seigneur et d’expression d’amour envers les autres ;

Cette dernière semaine permettra au Christ, quand il viendra - dans la crèche, dans les autres, ou dans la gloire - de ne pas trouver en nous une porte close. Ne soyons pas comme ces habitants de Bethléem chez lesquels il n’y avait plus de place pour accueillir le Christ. Qu’il reste en nous de la place, au cours des fêtes, pour que le Sauveur du monde soit accueilli et qu’il puisse faire en nous sa demeure.

Maranatha, viens Seigneur Jésus !

Télécharger l'homélie du dimanche 18 décembre 2011, 4e dimanche de l'avent, année B

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Sun, 18 Dec 2011 10:00:00 +0100
Le Laus sur les ondes de Radio Notre-Dame http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/le-laus-sur-les-ondes-de-radio-notre-dame.html Le 6 décembre dernier, le responsable de la communication du sanctuaire, Tanguy Lafforgue, a été... Le 6 décembre dernier, le responsable de la communication du sanctuaire, Tanguy Lafforgue, a été reçu aux studios parisiens de Radio Notre-Dame. Il y a rencontré la journaliste Elodie Chapelle, qui l'a interviewé pour l'émission "Ecclesia Magazine" dont elle est l'animatrice.

Ce passage à Radio Notre-Dame, média catholique écoutée par 120 000 auditeurs réguliers à Paris et ses alentours, s'inscrivait dans une mission d'une semaine visant à mieux faire connaître le sanctuaire et son message aux catholiques parisiens.


L'enregistrement de l'émission peut être écouté durant deux mois en suivant ce lien: http://www.radionotredame.net/emission/ecclesia_magazine/2011-12-12

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Fri, 16 Dec 2011 12:36:00 +0100
"Offrir la joie" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/offrir-la-joie.html 3ème dimanche de l'Avent - Gaudete Nous aimons tous éprouver ce sentiment profond qu’est la joie. Quand elle nous envahit, les soucis s’atténuent et nous sommes capables d’une prise de distance, paisible et salutaire, qui nous unifie et nous fortifie.

Qu’il nous est agréable d’éprouver ces moments de joie ! Des instants de lumière, de douceur, d’allégresse, qui se présentent à nous comme des occasions à saisir.

Et pourtant, dans la deuxième lecture, saint Paul ne présente pas seulement la joie comme une émotion, mais aussi comme une décision : « soyez toujours dans la joie » (1 Th 5,16). C’est un impératif : « soyez dans la joie » ; et un impératif permanent : « soyez toujours dans la joie ».

C’est donc que la joie chrétienne se joue à un autre niveau que la seule émotion procurant un bien-être intérieur. Pour nous le faire comprendre, saint Paul poursuit ainsi : « priez sans relâche ». « Soyez toujours dans la joie » et « priez sans relâche » : il y a donc un lien entre ces deux activités, qui doivent être en nous, chrétiens, permanentes : la joie et la prière.

Dans toute la révélation biblique, la joie reste inaccessible, ou du moins insatisfaisante, en dehors de Dieu. « Devant ta face, Seigneur, débordement de joie », reconnaît le psalmiste. On comprend alors que le chemin qui mène à Noël soit pour nous un chemin d’entrée plus en profondeur dans la joie et que, dans la nuit de la Nativité, les créatures du monde visible et invisible s’unissent pour chanter : « gloire à Dieu, paix aux hommes, joie du Ciel sur la terre ! »

Car, dans l’Incarnation du Fils éternel, la joie n’est plus seulement de se retrouver « devant » la face du Seigneur. Nous entendons aujourd’hui Jean-Baptiste annoncer : « au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ». Il est « au milieu de nous », le Seigneur, le Sauveur ! Plus seulement face à nous, mais au milieu de nous, car, dira le Christ : « je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver » (Jean 12,47).  

Voilà le motif de notre plus grande joie, la raison qui oriente et rend plus solides toutes les autres joies de la terre : nous avons un Sauveur ! Il est « au milieu de nous », il s’est fait l’un de nous, pour tout sauver en nous.

Cette joie est une pure grâce, mais elle est aussi à choisir. Oui, nous pouvons choisir la joie ou la refuser ! Car, plutôt qu’un sentiment fugace de bien-être, le Seigneur nous propose une joie qui dure : la joie de Lui appartenir totalement. Tant que nous ne sommes pas entièrement au Christ, nous courrons après des joies qui n’en donnent pas vraiment, ou en tous cas, pas suffisamment pour assouvir nos cœurs qui attendent bien davantage.

Tant que nous vivons loin du Seigneur, nous pouvons éprouver des satisfactions dans quelque plaisir ou divertissement. Nous pouvons goûter des joies sincères et profondes, dans une relation amoureuse ou amicale. Mais il restera toujours une insatisfaction, un besoin plus grand ; c’est le besoin de vivre en Dieu.

L’expérience du peuple hébreu est là pour nous le rappeler : exilé en terre de Babylone, il n’a plus le cœur à la joie. Et le psaume 136 reconnaît ce que Boney M a mis ensuite en chanson : « sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions… C'est là que nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, et nos bourreaux, des airs joyeux…Mais comment chanterions-nous un chant du Seigneur sur une terre étrangère ? »  Impossible de forcer la joie ; elle n’est pas accessible tant que nous sommes en exil : « comment chanterions-nous un chant du Seigneur sur une terre étrangère ? »

Alors, ne restons pas en terre étrangère à ce que Dieu veut pour nous ! Il nous faut revenir entièrement à Lui si nous voulons goûter en profondeur cette joie plus forte que tout, dont le Christ promet : « votre joie, nul ne pourra vous la ravir » (Jean 16,22). En exil, loin de la terre promise - c’est-à-dire en restant esclaves, sur la terre étrangère de nos péchés, loin du Seigneur - nous ne pouvons pas goûter en profondeur cette joie.

Mais, si nous revenons, alors la joie nous envahit, comme le chante un autre psaume, au retour de Babylone : « Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie ; alors on disait parmi les nations : ‘Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur !’ » (Ps 127).

« On disait parmi les nations : ‘Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur !’ » Nous ne pourrons pas donner envie du Christ si nous n’avons pas en nous cette joie, qui fera dire aux nations : « quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »

A tous ceux parmi nous qui ne savent pas comment témoigner du Christ et qui se désolent, par exemple, de voir leurs enfants ou petits-enfants se détourner de la foi, pourquoi ne pas proposer ce témoignage là : celui de la joie ?

Une joie qui dérangera certains, mais qui pourra rejoindre ce que tous portent au fond du cœur : un désir profond de joie, et une insatisfaction de ne pas trouver sur terre de moyens suffisants pour assouvir un désir si fort.

Nous, par pure grâce, nous connaissons la joie ; nous allons la voir naître dans une étable, d’ici quinze jours. Nous allons communier à sa présence, d’ici quelques minutes. Nous venons d’entendre sa Parole, voici quelques instants. La vraie joie est là, elle s’offre à nous !

Et pourtant, nos vies restent marquées par un manque, car la joie, que nous éprouvons parfois subrepticement, peut vite s’en aller, pour laisser place aux soucis, voire au désespoir. C’est justement pour cela que la joie est offerte à notre méditation en ce temps de l’Avent, où nous reprenons conscience de notre situation présente : le salut déjà là et l’attente de son accomplissement ; le Christ déjà venu, présent sans cesse, mais encore à venir.

En nous replaçant clairement devant la réalité des temps où nous sommes, l’Avent nous permet d’accueillir la vraie joie, en lien avec la patience pour attendre son accomplissement parfait, dans l’éternité. C’est ainsi que saint Paul, aux Romains, redit ces mêmes paroles qu’aujourd’hui : « soyez dans la joie », mais il précise : « soyez joyeux dans l’espérance et patients dans la détresse » (Rm 12,14).

Dans toutes nos détresses, c’est-à-dire dans tous nos manques pour être heureux, nous sommes appelés à laisser resplendir la lumière de l’espérance, comme aujourd’hui cette lumière éclaire le violet de l’Avent pour qu’il passe au rose.  Dans tout ce qui nous manque - que ce soit un proche parti au loin, des enfants qui ne vous parlent plus, un être cher qui est décédé - le Seigneur nous appelle, de tout cœur, à être patients et joyeux dans l’espérance.

C’est notre marque, à nous les chrétiens : nous sommes joyeux, même dans le manque et dans l’absence, car nous savons la victoire de la Vie ! Nous avons en nous la joie d’une issue toujours offerte, d’une lumière vers laquelle nous avançons assurément. Et le Pape Paul VI - le seul Pontife de toute l’histoire de l’Eglise à avoir rédigé une encyclique sur la joie - osait écrire : « la souffrance et la joie ne sont plus (dans le Christ) des ennemis irréductibles ». Ce n’est bien sûr pas une apologie de la souffrance, ni même un appel à la résignation, mais bien plutôt un encouragement à la joie, car la lumière est proche et sa victoire est assurée !

Alors, vous tous pèlerins, qui êtes venus célébrer le dimanche de la joie en ce sanctuaire, laissez-vous conduire par l’Esprit pour que la joie vous habite vraiment. Laissez-vous faire, comme Benoîte Rencurel s’est laissée guidée sur les chemins d’une joie inimaginable pour elle.  

Dès la première apparition, il est dit dans les manuscrits, au sujet de Benoîte, que « la vision de la Belle Dame et du petit enfant qu’elle tenait par la main lui fit glisser dans le cœur tant de douceurs et de joie qu’elle n’en pouvait plus perdre l’idée ». Que notre joie soit donc comme celle de Benoîte, le fruit de notre douce rencontre avec le Ciel, au point de plus en perdre l’idée.

Préparons-nous donc soigneusement à la joie de Noël,  pour partager l’exultation des anges, la réjouissance des bergers et l’enthousiasme des mages. Comme Jean-Baptiste appelé à rendre témoignage à la lumière, rendons témoignage à la joie, au cours des fêtes qui approchent. Sans doute pouvons-nous, comme chrétiens, offrir moins de cadeau, mais partager davantage de joie.

Et pourquoi ne pas faire déjà de cette nouvelle semaine une semaine de la joie ? Pourquoi ne pas nous engager les uns les autres, avec l’aide de la Vierge du Laus et de Benoîte, à offrir davantage de joie au cours de la cette semaine ? Par exemple, nous décider à réjouir une personne par jour, et une différente chaque jour : ainsi, dans une semaine, ce sont sept vies que nous aurons pu éclairer de la joie qui ne vient pas de nous.

Offrons de la joie ! Une joie qui peut se décliner en humour sympathique, en sourire qui prend l’autre en considération, en enthousiasme qui se communique aisément, ou en amour de la vie qui se partage sans jamais se dissoudre.

Seigneur, rends-nous la joie d’être sauvés ! Fais-nous partager la joie de ta présence ! Donne-nous de témoigner de la joie paisible de ton retour ! Maranatha, viens Seigneur Jésus ! ]]>
Sun, 11 Dec 2011 17:11:00 +0100
"Dieu ne se conquiert pas, Dieu se donne !" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/dieu-ne-se-conquiert-pas-dieu-se-donne.html Homélie du 2e dimanche de l'Avent, année B  

     « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu ». C’est ici que commence l’un des plus beaux passages du Livre d’Isaïe ; on l’appelle le « Livre de la Consolation d’Israël » (ch. 40 à 55). Cette parole, à elle seule, est déjà une Bonne Nouvelle extraordinaire, presque inespérée, pour qui sait l’entendre ! Car les expressions « mon peuple », « votre Dieu » sont le rappel de l’Alliance, un peu comme, dans un couple, un surnom redit au moment d’un désaccord vient rassurer sur la tendresse encore présente. Car c’était la grande question des exilés. Pendant l’exil à Babylone (entre 587 & 538 avant J.-C.), on pouvait se le demander : Dieu n’a-t-il pas abandonné son peuple, n’a-t-il pas renoncé à son Alliance… ? Il pourrait bien s’être enfin lassé des infidélités répétées à tous les niveaux. Tout l’objectif du livre de la Consolation d’Isaïe est de dire qu’il n’en est rien : « Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu » !

     « Une voix proclame : préparez à travers le désert le chemin du Seigneur. » Je ne pense pas qu’il nous soit demandé de nous préparer pour que nous soyons dignes de la venue de Dieu. Comme si cela était possible... Nul n’a mérité l’amour et la prévenance de Dieu. Nul n’a mérité que le Seigneur vienne le rejoindre au cœur de sa vie ! On ne mérite pas Dieu, ni à coups de prière, ni à coups d’actions sociales, ni à coups d’autres efforts de conversion. Dieu ne se conquiert pas, Dieu se donne !

     La conversion qui nous est demandée, c’est de croire qu’il vient et de lui ouvrir notre cœur. Croire que son bras est déjà victorieux de nos misères, car il resplendit de la victoire de Pâques. Il porte en lui une véritable puissance de résurrection, de renaissance, de recréation. Le Seigneur aimerait tant, en son Fils mort et ressuscité, rouvrir au creux de nos lourdeurs des chemins d’une vie nouvelle, des chemins de solidarité, des chemins d’adoration. Il aimerait tant que nous nous désencombrions de tout ce qui nous empêche de l’accueillir : scepticisme, orgueil, découragement, style de vie trop peu sobre et qui ne permet plus d’être disponible à Dieu et aux autres. Nous sommes invités à être extrêmement concret et réaliste, mais en même temps – et ce n’est pas contradictoire – avoir les yeux tournés davantage vers le Seigneur qui vient vers nous. Car la liturgie de ce jour est telle que nous devrions être touchés par le fait que le Seigneur se fait proche de nous.

     Année après année, le temps s'écoule silencieusement ; la venue du Christ se rapproche à chaque instant. Si seulement, comme il se rapproche de la terre, nous pouvions nous rapprocher du ciel !   La terre et le ciel ne sont qu'un voile entre lui et nous ; le jour viendra où il déchirera ce voile et se montrera à nous. Ô frères et sœurs, priez-le. Priez-le pour qu'il vous donne le courage de le chercher en toute sincérité. Priez-le pour qu'il vous rende ardent... Priez-le pour qu'il vous donne ce que l'Écriture appelle « un cœur bon et honnête, un cœur parfait » (Lc 8, 15; Ps 100, 2), et sans attendre, commencez dès maintenant à lui obéir de votre cœur le meilleur. L'obéissance la plus petite vaut mieux que pas d'obéissance du tout...

     Quand Jean Baptiste a vu Jésus de Nazareth s’approcher du Jourdain et demander le baptême, il a entendu résonner en lui ces paroles d’Isaïe et il a été rempli d’une évidence aveuglante : le voilà celui qui rassemble définitivement le troupeau du Père… Le voilà celui qui va transformer les chemins tortueux des hommes en chemins de lumière… Le voilà celui qui vient redonner au peuple de Dieu sa dignité… Le voilà celui en qui se révèle la gloire, la présence du Seigneur. Fini le temps des prophètes, désormais Dieu lui-même est parmi nous !

 

Télécharger l'homélie du 2e dimanche de l'Avent année B - Dimanche 4 décembre 2011 (document PDF)

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Sun, 04 Dec 2011 11:47:00 +0100
"Confiance !" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/confiance.html Homélie du jeudi 1er décembre 2011      « Il ne suffit pas de me dire ‘Seigneur, Seigneur’ pour entrer dans le royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. » Mais quelle est donc cette volonté de Dieu sur nous aujourd'hui ? A quoi nous invite‑t‑elle ? Cela est dit de façon claire dans la première lecture : « mettez toujours votre confiance dans le Seigneur, car Il est le Rocher pour toujours. »

     S’appuyer sur le Seigneur, se fier à sa parole comme à un roc inébranlable, c’est cela faire la volonté de Dieu.

     Voilà où se trouvent les fondations de notre vie : la confiance plantée solidement comme un pieu dans le roc qu'est Dieu.

     Confiance donc en celui qui nous aime et nous crée pour le bonheur !      Confiance que, dans toutes nos détresses, il est à l’œuvre à nos côtés !

     Confiance que jamais nos échecs, nos pauvretés et même nos bassesses n’auront raison de son amour démesuré !

     Confiance de l’homme qui se tient debout, en vient à se jeter à genoux, sûr de la miséricorde qui l’attend, le cherche et l’espère !

     De cette volonté divine, Thérèse de l’Enfant-Jésus témoignait : « j'aurais beau avoir commis tous les péchés et les crimes de la terre, sûre de mon Dieu et de sa miséricorde, j'irai me jeter à ses pieds sachant que mes péchés sont une goutte d'eau dans un océan de feu... »

     Océan de feu, océan de l'amour de Dieu, demeure inébranlable qu'aucune tempête ne peut renverser, car elle est établie dans la paix, fondée dans la confiance, habitée par l’amour. « Tu construis solidement la paix, Seigneur, pour ceux qui ont confiance en toi. »

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Thu, 01 Dec 2011 15:18:00 +0100
Le dépliant programme 2012 vient de paraître ! http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/le-depliant-programme-2012-vient-de-paraitre.html Imprimé à 50 000 exemplaires, il est disponible au sanctuaire ou peut vous être envoyé sur simple... Imprimé à 50 000 exemplaires, il est disponible au sanctuaire ou peut vous être envoyé sur simple demande au secrétariat (04 92 50 94 00). 

Il est également possible de le télécharger ici, au format PDF (télécharger le dépliant-programme 2012 du sanctuaire Notre-Dame du Laus).

Enfin, tous les rendez-vous qu'il présente sont recensés dans l'agenda de ce site.

 

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Thu, 01 Dec 2011 12:06:00 +0100
Le sanctuaire a ouvert sa page facebook ! http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/le-sanctuaire-a-ouvert-sa-page-facebook.html Jusqu'à présent visible sur Facebook via un profil individuel, le sanctuaire Notre-Dame du Laus... Jusqu'à présent visible sur Facebook via un profil individuel, le sanctuaire Notre-Dame du Laus dispose désormais d'une vraie page ! Vous qui aimez déjà le sanctuaire Notre-Dame du Laus, vous qui souhaitez rester au courant de son actualité, et, surtout, vous qui pouvez le faire connaître autour de vous,

Devenez "fans" de sa page facebook !

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Tue, 29 Nov 2011 15:04:00 +0100
Une retraite d'entrée en Avent pour les 17-35 ans http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/une-retraite-dentree-en-avent-pour-les-17-35-ans.html Afin de préparer leur cœur à la venue du Seigneur, une dizaine de jeunes...      Afin de préparer leur cœur à la venue du Seigneur, une dizaine de jeunes ont participé à la retraite d’entrée en Avent organisée par le sanctuaire le 26 et 27 novembre.

     Nourris par les riches enseignements du père Ludovic Frère, recteur, et vivifiés par les temps de prière communautaire, les jeunes sont repartis enracinés pour vivre dans une plus grande intimité avec le Seigneur, au milieu de leurs occupations quotidiennes.

     La plupart d’entre eux connaissaient peu Notre-Dame du Laus et ont découvert avec intérêt la personnalité très actuelle de Benoîte. Une expérience à renouveler avec la retraite d’entrée en Carême qui se déroulera les 25 et 26 février prochains.

Témoignage de Lisa, 24 ans

     « Je suis arrivée dans la région depuis quelques semaines, et j’ai trouvé cette proposition de retraite sur Facebook. Je l’ai donc proposée à quelques amis qui se sont joints à moi.

     Cette retraite m’a touchée, car j’ai pris du recul sur le temps, en méditant des textes de l’Evangile et de saint Augustin.

     Nous avons prié pour le respect de la vie, dans la joie de l’attente de la venue du Sauveur. Je repars en paix et fortifiée dans mon désir de respect de la vie, de la conception à sa fin naturelle. »

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Mon, 28 Nov 2011 07:46:00 +0100
"Ah, si tu déchirais les cieux !" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/ah-si-tu-dechirais-les-cieux.html Homélie du 1er dimanche de l'Avent, année B « Ah, si tu déchirais les cieux et si tu descendais ! »

Comme un porte-parole de tous les croyants, qui lèvent les yeux vers le Ciel, qui tendent les mains vers En-Haut, le prophète s’écrie : « Ah, si tu déchirais les cieux » ! Seigneur, si tu rompais cette épaisseur qui semble nous séparer de Toi ; alors c’est certain, nous pourrions trouver enfin la paix véritable, la sécurité, la joie que nous appelons tant de nos vœux !

Cet espoir a trouvé sa réponse en Jésus-Christ. Les cieux se sont déchirés, quand le Verbe s’est fait chair. Au terme de ce temps de l’Avent, nous fêterons dans l’allégresse les cieux ouverts ; et, avec les anges, c’est toute la création qui chantera : « gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! »… un chant que nous taisons pendant l’Avent, justement pour qu’il éclate avec une force renouvelée, dans la nuit de Noël.

Mais celui qui a déchiré les cieux dans le silence d’une nuit de Palestine, les déchirera de nouveau au grand jour, pour juger les vivants et les morts. Dans quelques minutes, demain ou dans plusieurs millénaires, peu importe : « vous ne savez pas quand viendra le moment », « il peut arriver à l’improviste ». Mais ce que nous savons, c’est qu’il viendra. Et ce que nous connaissons aussi, c’est la manière de nous comporter jusque-là: « prenez garde, veillez ». Ne manquons pas d’être en éveil quand les cieux se déchireront !

En fait, il faudrait dire : « quand les cieux se déchirent » : car, en grec, dans le texte de l’Evangile, les verbes sont au présent. Alors, plutôt que d’entendre : « vous ne savez pas quand le maître de maison reviendra », il faudrait lire : « vous ne savez pas quand il revient ». Nous l’ignorons : cette venue est peut-être encore lointaine ; mais en même temps, elle a une proximité, qui fait que notre attente est déjà accueil de sa présence.

Ainsi, le Seigneur a déchiré les cieux, nous le fêterons à Noël ; il les déchirera de nouveau quand il viendra dans la gloire ; et il les déchire quotidiennement, par sa présence réelle dans l’Eucharistie, par sa Parole vivante, par l’Eglise qui est son corps, ou par les plus indigents : « ce que vous avez fait au plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait », entendions-nous dimanche dernier.

Saint Bernard de Clairvaux résumait ainsi ce triple mystère : « Christ est venu pour les hommes, dans les hommes et face aux hommes ». La première venue était humble et pauvre ; la deuxième est mystérieuse et voilée ; la troisième sera éclatante et définitive.

Trois avènements, indissociablement signes et moyens de la tendre miséricorde de Dieu, de la communication de la vraie joie,  de l’accueil du salut. Trois venues que nous ne pouvons pas désunir, même s’il est profitable de savoir bien les distinguer. Alors, distinguons sans désunir, pour repérer comment le premier avènement continue son œuvre au présent, et combien la venue future oriente résolument notre vie quotidienne.

* * *

Le premier avènement continue son œuvre au présent ; comment en serait-il autrement ? Le Verbe s’est fait chair, Dieu a foulé la terre, il y a perdu la vie et il est ressuscité : rien n’est plus pareil depuis que le Fils unique du Père a pris chair, a tué la mort et a écrasé Satan. La réalité radicalement nouvelle de ce premier avènement, nous aurons bien l’occasion de la contempler, à Noël ; le temps de l’Avent se présente ainsi comme un moment favorable pour nous préparer à ce que nous allons célébrer.

Contemplant d’un côté ce premier avènement, et de l’autre l’attitude fébrile de ses contemporains au moment des fêtes, saint Bernard de Clairvaux disait déjà au 12e siècle : « on voit les gens, dans ces jours de solennité, rechercher les parures et les délices de la table avec tant d’ardeur qu’on pourrait croire que le Christ n’a pas eu autre chose en vue, en naissant parmi nous ». Il ne s’agit bien sûr pas de bouder la fête, mais de savoir pourquoi nous allons la faire et de garder une juste mesure dans les préparatifs qui vont occuper une partie de notre temps de l’Avent.

Car nous ne pouvons pas oublier que ce premier avènement nous a placés dans une nouvelle étape de l’histoire du salut : le Messie est venu dans l’humilité de la crèche et l’humiliation de la croix ; il reviendra dans l’éclat de la Gloire. Nous sommes entre ces deux venues, un entre-deux qui ne peut être qu’une attente vigilante, joyeuse, et pleine d’espérance parce que tout a changé depuis le Christ : tout nous a été révélé en Lui, tout attend d’être définitivement accompli par Lui.

Alors, les temps où nous sommes sont ceux d’une veille, attentive et active : « prenez garde et veillez ». Prenez les moyens de rester en éveil, car le Seigneur « peut arriver à l’improviste et vous trouver endormis » (Marc 13,36). Il ne faut pas dormir : notre vie sur terre ne doit jamais devenir un temps de somnolence, alors-même qu’un grand nombre de somnifères sont à notre portés ; ils s’appellent : les divertissements à outrance, l’argent, l’orgueil, mais aussi : le manque de vigilance à soigner les plus petits, ou le manque d’attention à bien gérer le temps pour ne pas manquer ce qui est le plus important.

Non, nous ne pouvons pas dormir ! L’Evangile est à la fois un profond réconfort et un grand tourment, qui nous empêche de nous endormir. Voilà le sens du temps de l’Avent : résumer en quatre semaines la réalité de toute notre vie : veiller pour ne pas manquer le grand rendez-vous. Garder les yeux ouverts sur le monde et ses souffrances, sur le Christ et sa présence. Certains parmi nous l’on fait cette nuit, au cours de l’adoration ; à travers l’attention à ne pas fermer les paupières parfois lourdes, nous avons manifesté notre désir de garder les yeux fixés sur le Christ, malgré la fatigue, malgré l’envie, peut être, d’être ailleurs, dans un meilleur confort.

A la vie confortable, à l’objectif de chercher le bien-être à tous prix, nous, chrétiens, nous préférons rester éveillés, donc aussi : dérangés, pour que notre existence ne soit pas conduite par nos désirs de vie facile, mais par la grâce du Seigneur. Cette grâce dont la première lecture nous a révélé la manière d’agir : « nous sommes l’argile, tu es le potier : nous sommes l’ouvrage de tes mains ».

Laissons-nous former par le Seigneur, pour correspondre à ce qu’il attend de nous. Laissons-nous patiemment modeler, pour prendre la forme de sa volonté, non pas la nôtre. Que nous prenions la forme du Christ, car c’est seulement ainsi que nous pourrons nous présenter paisiblement, devant Lui, lors de son troisième avènement.

* * *

Si la première venue, dans la chair, informe nécessairement le présent, qu’elle a radicalement changé, le troisième avènement, dans la gloire, doit aussi orienter notre vie quotidienne. Cette dernière venue ne peut être datée : « nul ne sait le jour ni l’heure, pas même le Fils de Dieu », confie le Christ.

Ainsi purifiée de toute échéance, cette troisième venue peut être vraiment désirée. « Le Seigneur n’est pas en retard pour tenir ses promesses, dit Saint Pierre, c’est pour vous qu’il patiente ». Nous attendons une venue, mais la patience pour attendre n’est pas tant la nôtre que celle du Seigneur Lui-même : « c’est pour vous qu’il patiente ».

La patience est donc le moyen privilégié pour nous laisser modeler par le Seigneur, afin que nous prenions davantage la forme du Christ. Ainsi, de frustrante, la patience pour attendre le retour du Seigneur peut se fait « désir ».

Quelle joie d’attendre le Sauveur ! Comme à la veille de Noël, où l’excitation de la fête donne déjà aux enfants une joyeuse fébrilité, notre attente est celle d’une certitude : nous allons embrasser Celui que nous ne voyons pour l’instant que de manière voilée. Si cette attente éveille en nous davantage la peur que la joie, il convient de nous interroger soit sur notre conception de Dieu, soit sur ce qui doit urgemment être changé dans nos vies ! Si nous suivons le Christ, sans bien sûr jamais y parvenir totalement, nous pouvons être en paix : la rencontre sera toute d’allégresse !

* * *

 « Ah ! Si tu déchirais les cieux et si tu descendais ». Nous espérons tellement cette joie sans ombre !

« Ah ! Si tu déchirais les cieux ! »… « je l’ai fait, je le fais et je le ferai », répond notre Dieu, en Jésus-Christ. « Mais je te propose, à toi aussi, de pouvoir déchirer les cieux. Non par tes propres forces, mais par ma seule grâce, déchire les cieux pour me rejoindre. Fais cet effort de ne pas rester cramponné à la terre de tes projets personnels et de tes vanités. Déchire cieux, lâche du leste pour pouvoir Me laisser t’élever plus haut ; largue les amarres qui t’empêchent de partir au large !

Tu en trouves la clé dans mes trois avènements : contemple le premier, agis pour le second, veille le troisième. Et je pourrai t’emporter dans les cieux », dit le Seigneur.

MARANATHA. Viens, Seigneur Jésus ! Télécharger cette homélie du 1er dimanche de l'Avent - Année B (27 novembre 2011) - Document PDF]]>
Sun, 27 Nov 2011 18:16:00 +0100
Ski-spi: le Laus se lance ! http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/ski-spi-le-laus-se-lance.html Une initiative va voir le jour en février et mars 2012 : les sessions...      Une initiative va voir le jour en février et mars 2012 : les sessions « ski-spi ». Si l’expression en elle-même ne doit pas sa paternité au sanctuaire (elle est souvent employée pour désigner des camps et séjours de type ski-prière organisés ici ou là pour des jeunes), l’organisation de telles activités, en revanche, est une première à Notre-Dame du Laus.

Voir les infos pratiques sur le ski-spi

 

Une localisation et un environnement privilégiés

     En plus d’avoir été durant 54 ans le théâtre d’apparitions mariales reconnues et d’être porteur depuis 1664 d’un message spirituel centré sur la réconciliation, le sanctuaire bénéficie d’une localisation géographique privilégiée au cœur des Alpes du sud. Une localisation à faire rêver bien des vacanciers et des citadins. Niché dans un écrin naturel préservé accessible en toute saison, il est tout proche de plusieurs stations de sports d’hiver haut-alpines bien connues. Son hôtellerie, qui représente faut-il le rappeler l’une des premières capacités d’accueil du département des Hautes-Alpes, est ouverte tous les jours de l’année.

     Or, à l’heure actuelle, peu de personnes, seules, en familles ou en groupes viennent séjourner à l’hôtellerie du sanctuaire pour des vacances aux sports d’hiver : quelques habitués seulement le font chaque année.  

De vraies vacances aux sports d’hiver

     Désireuse de mettre les nombreux atouts du sanctuaire au service des vacanciers, l’équipe de Notre-Dame du Laus s’est donc laissé séduire par l’idée d’organiser des séjours « ski-spi » durant l’hiver 2012.

     Le principe de ces sessions qui allient, comme on peut l’imaginer, activités de sports d’hiver et spirituelles, est très simple : proposer un séjour d’une semaine incluant l’hébergement et la restauration à l’hôtellerie du sanctuaire, des animations spirituelles (enseignements, veillées, pèlerinages, etc., autour d’un thème), et enfin des facilités pour aller skier (tarifs intéressants pour les forfaits de remontées mécaniques et la location du matériel, navette depuis le sanctuaire). Ces avantages matériels sont rendus possibles grâce à un partenariat établi avec la station des Orres (située à 45 minutes de Notre-Dame du Laus).

     « Skier autrement » : ce qui sous-tend ce slogan, c’est l’idée qu’il est possible de mener des activités de sports d’hiver dignes de ce nom tout en vivant de vraies vacances :

            - des vacances sans le bruit et l’agitation que l’on trouve parfois dans les stations, sans les soucis d’intendance et de logistique, sans le stress ;

            - des vacances avec des possibilités pour se ressourcer ou prier dans une grande liberté, vivre de vraies rencontres, se reposer.

           

Une main tendue aux jeunes

     Bien entendu ouvertes à tous, les sessions ski-spi s’adressent notamment à un public jeune : familles, jeunes professionnels, étudiants, groupes de mineurs encadrés.

     En cherchant à se faire connaître en particulier auprès des 17-35 ans à l’occasion des sessions ski-spi, le sanctuaire a en ligne de mire un autre rendez-vous, plus lointain, qui concerne lui aussi cette tranche d’âge: les Journées de la Miséricorde pour les jeunes au Laus, un camp qui se déroulera du 31 juillet au 5 août prochains au sanctuaire. Cette rencontre, à laquelle 500 personnes sont espérées, se conclura par le congrès national de la Miséricorde (ouvert à tous) organisé cette année à Notre-Dame du Laus les 4 et 5 août et présidé par le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon.

A noter

Dates des quatre sessions ski-spi:             Dimanche 12 février soir au samedi 18 février             Dimanche 19 février soir au samedi 25 février             Dimanche 26 février soir au samedi 3 mars             Dimanche 4 mars soir au samedi 10 mars

Les charmes des Hautes-Alpes...

            Hasard du calendrier, la communication pour faire connaître les sessions ski-spi intervient au moment où le département des Hautes-Alpes lance une importante action de promotion de ses stations de ski.  Campagne dont le point d’orgue est la présence des Hautes-Alpes comme invitée d’honneur du village européen de Noël au Trocadéro en décembre. L’occasion de rappeler les bons côtés des sports d’hiver dans les Alpes du sud : alliance de la neige et du soleil, pureté de l’air, diversité des paysages, influence de la douceur méditerranéenne (dans la cuisine, dans l’architecture, dans la végétation, mais aussi dans l’accent…).

            Autant d’atouts haut-alpins dont les participants aux sessions ski-spi pourront profiter avec, en plus, la chance de découvrir ou approfondir le beau message du Laus…

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Fri, 25 Nov 2011 13:30:00 +0100
"Ecoute ma fille, regarde et tends l'oreille" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/ecoute-ma-fille-regarde-et-tends-loreille.html Présentation de la Vierge Marie  

     « Faire la volonté de mon Père qui est aux cieux » pour entrer dans la famille de Dieu. Comme nous le redirons dans la prière du Seigneur avant de communier : « Notre Père…que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Nous pouvons nous rappeler aussi la prière de Jésus au Mont des Oliviers  qu’il adressera par deux fois à son Père : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux » (Mt 26,39). J’ai retenu un extrait des manuscrits du Laus qui commente l’attitude de Benoîte Rencurel quant à l’usage de sa volonté : nous sommes en 1684, s’achève la période des crucifixions mystiques durant laquelle elle voit le Christ en croix et revit dans son corps les douleurs de sa Passion, période au cours de laquelle elle-même s’est ajoutée des mortifications corporelles volontaires. Les manuscrits nous disent que Benoîte approfondit alors son sens du sacrifice rédempteur : elle comprend mieux le rôle de la patience et de la mortification de la volonté dans sa vie pénitentielle. La mortification de la volonté, une ascèse toute simple, difficile peut-être à cause de sa simplicité. Il est parfois plus facile de se lancer dans des projets ambitieux, où notre générosité autonome nous gratifie.   

     « Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. » Oui, toute notre conversion consiste à entrer dans ce mouvement de pauvreté, cette humilité du cœur, où nous acceptons d’interroger le Seigneur quant à notre présent et notre avenir, à lui soumettre notre  volonté propre. En somme, c’est notre vie quotidienne que nous acceptons de remettre au discernement de Dieu, à sa sainte volonté, la prière du Notre Père est notre prière quotidienne : « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ». Quelle est Père ta volonté pour que j’échappe à la tentation de maîtriser ma vie et celle des autres aujourd’hui ? Je crois vraiment qu’il y a une joie, une béatitude dans cet appel, dans cette question que Jésus pose pour qualifier ses disciples : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? ». Le livre de Zacharie entendu dans la 1ère lecture nous dit : « Chante et réjouis-toi, fille de Sion ». Cette béatitude est celle de pouvoir enfin déposer sa vie, de ne plus avoir à porter ce poids trop lourd d’un quotidien où tout nous semble dépendre de nos seules forces, où nous voulons finalement maîtriser Dieu. C’est peut-être le visage que présente la famille de Jésus qui, dans l’Evangile, se tient à l’extérieur du groupe des disciples et cherche à lui parler. Saint Marc nous rapporte le  passage évangélique suivant : « Sa famille, l’apprenant, vint pour se saisir de lui, car ils affirmaient : " Il a perdu la tête " » (Mc 3, 21).  Apprenons à faire confiance en Celui qui tend la main vers ses disciples, comme dans l’évangile, pour désigner ceux qui l’entourent.  L’extrait du livre de Zacharie précise par deux fois « j’habiterai au milieu de toi ». Cette conversion de notre volonté n’est finalement que ce petit effort, ce petit désir qui permet au Seigneur de nous tendre la main, de faire en nous sa demeure. Un petit effort de désappropriation de soi-même pour être animé du souffle du Seigneur, qui ne manquera de nous inviter sur un chemin de vie, celui de notre vocation, qui ne manquera de nous révéler notre visage, notre identité, celle que chacun de nous a reçue, à l’image de Dieu. Le psaume que nous avons entendu nous parlait de notre naissance spirituelle : « A la place de tes pères se lèveront tes fils ; sur toute la terre tu feras d'eux des princes. » Passer des pères aux fils, nouvelle famille de Dieu, celle de ceux qui font la volonté du Père céleste.

     Nous fêtons aujourd’hui la présentation de la Vierge Marie au temple de Jérusalem. Elle nous montre cette pleine consécration de sa vie, de notre vie, à la volonté du Seigneur.  1ère consécration qui prépare son « oui » à l’ange Gabriel et à Dieu à l’heure de l’Annonciation. Marie n’a pas regardé en arrière, elle a dès son plus jeune âge remis sa vie entre les mains du Père. Encore une fois nous sommes invités à une conversion, une conversation pleine d’humilité : « il s’est penché sur son humble servante, tous les âges me diront bienheureuse » (Lc 1, 48). Marie a accepté de ne pas maîtriser sa vie, de ne pas tout savoir, de faire confiance en un autre pour éclairer ses pas sur la terre. Elle n’a pas regardé en arrière parce qu’elle a su interroger tout au long de sa vie son Père pour garder et écouter sa parole : « Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père : le roi sera séduit par ta beauté. » nous a dit le psalmiste. Quitter la maison de son père, passer des pères aux fils, naître au Roi des rois qui est séduit par la beauté de Marie, par notre beauté d’enfant de Dieu, chacun d’une manière unique. Marie a écouté, gardé et médité dans son cœur les évènements de sa vie, de la vie de son Fils. Elle a su humblement guetter l’aurore, la lumière de chaque jour, la réponse que Dieu pouvait lui donner et nous donne si nous acceptons de lui faire confiance au quotidien, de l’interroger, de l’écouter : « écoute Israël ». Comme Jésus à Gethsémani, comme Marie à l’Annonciation, demandons à notre Père sa pleine volonté sur notre cheminement. Comme Jésus et Marie à l’heure de leur présentation au Temple, ouvrons nos mains, nos oreilles et nos cœurs à notre chemin de consécration et devenons ce temple de l’Esprit Saint.  Entrons dans le palais du roi où tous ensemble, avec notre Mère, nous faisons cortège dans le corps de son Fils.     

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Mon, 21 Nov 2011 12:01:00 +0100
"Nous n'avons pas vu !..." http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/nous-navons-pas-vu.html Solennité du Christ, roi de l'univers  

Les méchants comme les bons s’interrogent de la même manière : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu ?... Quand sommes-nous venu jusqu’à toi ? » Ils n’ont pas vu, ils n’ont pas compris la royauté du Seigneur.

Il faut dire qu’à chaque fois qu’elle est présentée, cette royauté suscite les mêmes interrogations. Pilate demande au Christ : « es-tu roi ? » Il reçoit cette réponse énigmatique : « c’est toi qui dis que je suis roi ».

Auparavant, quand Jésus avait multiplié les pains et fait de nombreuses guérisons, on avait cherché à le porter en triomphe – et même, à « l’enlever pour le faire roi », nous dit saint Jean (Jn 6,15). Mais le Christ s’était alors enfui, pour partir à l’écart ; Il ne peut pas être enlevé, Il peut seulement se donner : telle est sa royauté.

Après un événement exaltant comme celui de la Transfiguration, on voit le Christ faire redescendre les disciples de la montagne et leur révéler ses souffrances et sa mort prochaines : il ne veut pas les laisser sur une seule image de gloire. Tout aussi paradoxalement, c’est à la veille de la passion, alors que les prétentions royales du Christ semblent démenties par les faits, qu’il annonce : « quand le Fils de l’homme viendra, il siègera sur son trône de gloire ».

Sans cesse, ce paradoxe entre gloire et humiliation, renommée et rejet, force et faiblesse, royaume présent et à venir, marque la royauté du Christ, jusqu’à ce qu’elle ait recouvert toute la réalité, à la fin des temps. On comprend donc que cette royauté suscite autant d’interrogations : « es-tu roi ? » « Quand est-ce que nous t’avons-vu ? » « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre » ? « Quand t’avons-nous servi ?... » Nous n’avons pas vu, pas compris, pas regardé au bon endroit.

* * *

Alors, qui mieux que le Christ Lui-même peut nous dire où regarder pour le trouver ? « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ; ce que vous n’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait ». Dans les temps où nous sommes, voilà où trouver particulièrement le Christ, voilà comment il a choisi de régner.

Au 5e siècle, Saint Césaire d’Arles osait dire que les pauvres, les nus, les prisonniers sont « le médicament des riches ». Le Christ s’était présenté comme le médecin ; les pauvres sont nos médicaments. Ils nous guérissent de nos plus grands maux, à commencer par cette maladie chronique qu’est l’attachement aux biens matériels et ce cancer qu’est l’orgueil.

Un médicament ne peut être regardé de loin ; il doit être pris, avec régularité, en respectant la prescription du médecin, afin de pouvoir guérir. Le traitement n’est pas toujours agréable à prendre ; il a même quelques effets secondaires, mais voulons-nous guérir ? Le Christ-médecin nous donne, dans l’Evangile d’aujourd’hui, la prescription médicale, avec une posologie très claire : nous devons nourrir, abreuver, visiter, soigner, accueillir les plus petits.

Dire que les pauvres sont « le médicament des riches » ne signifie évidemment pas qu’il faudrait considérer les plus indigents comme de seuls « moyens » nous permettant de guérir de nos propres péchés - ou pire, de nous donner bonne conscience.

Avec le Christ, la réalité est totalement bouleversée, et c’est là que se trouve sa royauté : les pauvres ne sont pas nos faire-valoir, mais ils sont particulièrement images du Christ en son abaissement, au point qu’en les servant nous Le servons. Nous leur révélons ainsi leur profonde dignité, malgré leur vie souvent brisée. Et nous les respectons, comme nous le faisons du Christ au Saint-Sacrement.

Bien sûr, les pauvres ne sont certainement pas toujours meilleurs que les autres ; reconnaître en eux le Christ, ce n’est pas faire d’angélisme à la pauvreté, mais c’est découvrir la royauté cachée du Sauveur du monde.

« Lui, qui de condition divine, n’a pas revendiqué son droit d’être traité à l’égal de Dieu », s’est fait serviteur et pauvre. Par l’incarnation, il s’est abaissé jusqu’à devenir petit enfant, nécessitant d’être nourri, soigné, abreuvé par sa Sainte Mère et son père adoptif. Dans les béatitudes, il a révélé qu’il était un pauvre de cœur, un affamé de justice, un assoiffé d’amour. Dès son prologue, saint Jean Le présente comme un étranger, qui n’est même pas reçu chez les siens (cf. Jean 1,11) ; et, au soir du jeudi Saint, il est arrêté tel un malfaiteur, et mis en prison pour y subir le châtiment du fouet et de l’humiliation. Enfin, sur la croix, il est totalement dépouillé de ses vêtements et de sa dignité.

Notre Seigneur est donc bien le pauvre, l’affamé, l’humilié, le prisonnier, l’étranger. Et puisqu’il est allé jusqu’au plus bas de nos souffrances, il peut à juste titre être proclamé Roi de l’univers, car sa royauté rejoint absolument toute notre réalité, depuis les confins de l’univers qu’il a créé jusqu’aux plus pauvres qu’il a rejoints. Rien ni personne ne peut se croire exclu d’un tel Royaume.

Nous n’avons donc pas le choix : si nous ignorons les plus pauvres, nous ignorons le Christ. Que la vigilance et l’ouverture du cœur nous préservent d’être, au jugement dernier, de ces serviteurs étonnés d’être renvoyés pour avoir manqué de servir le Roi dans les plus petits. Nous ne pourrons pas partager cet étonnement, car désormais nous, nous savons. Le Seigneur nous l’a révélé ; nous n’aurons donc pas l’excuse de l’ignorance.

Alors, prenons davantage de temps pour visiter les malades, les personnes âgées, les prisonniers. Osons faire des dons plus généreux en faveur des pauvres, d’ici ou d’ailleurs. Servons les plus petits, à commencer par l’attention à préserver la vie à naître, par notre refus de l’avortement, et l’attention à entourer la vie finissante, par notre refus de l’euthanasie. Soyons davantage accueillants aux étrangers, en prenant soin de passer nos idées politiques au crible de l’Evangile des béatitudes. Soyons attentifs aux plus nécessiteux, qui peuvent être des pauvres, mais aussi un conjoint qui a besoin de plus d’attention, ou un enfant qui espère patience et douceur de la part de ses parents.

Sans oublier ce que disait Mère Teresa : « les plus pauvres des pauvres, ce sont les âmes mortes ». L’exemple de Benoîte, en ce sanctuaire, montre qu’il est possible de répondre à l’appel au service des plus petits, en veillant aussi à leur salut : prier pour les plus grands pécheurs et leur annoncer l’Evangile.

* * *

Frères et sœurs, au jour du jugement, le Seigneur séparera les bons et les méchants. Ce sera le deuxième acte de séparation de l’histoire du monde. Le premier avait eu lieu à la création, quand Dieu sépara la lumière et les ténèbres, et Il vit que cela était bon. La deuxième aura lieu lors du jugement dernier, quand Dieu séparera les enfants de lumière des enfants des ténèbres, séparés sur le seul critère des actes accomplis ou de ceux qui auront été omis.

Alors, pour que notre célébration du Christ Roi de l’univers prenne aujourd’hui tout son sens, je vous propose que chacun d’entre nous, au cours de cette dernière semaine de l’année liturgique, fasse un geste, une attention, un don supplémentaire, pour ceux qui sont vraiment dans le besoin. Et ainsi, le Christ sera servi, de manière complémentaire – indispensablement complémentaire – au service que nous lui offrons par l’honneur de cette liturgie.

Amen. ]]>
Sun, 20 Nov 2011 09:56:00 +0100
"Peur ou crainte de Dieu" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/peur-ou-crainte-de-dieu.html Homélie du 33e dimanche du TO « Décevante est la grâce et vaine la beauté ; la femme qui craint le Seigneur est seule digne de louange ».

Au premier abord, certains ont peut être trouvé ces paroles de la première lecture un peu datées, voire même sexistes. Elles sont pourtant dans la Parole de Dieu ; elles sont Parole de Dieu, nous obligeant à découvrir la vérité que le Seigneur nous y révèle.

Benoîte Rencurel, paysanne solide et de caractère, peut ici nous aider à accueillir ce qui nous est dit de cette « femme vaillante » du livre des Proverbes. Un portrait de l’époque, que l’on trouve dans la chapelle des anges, nous montre la servante du Laus au visage sans grande finesse.  Et pourtant, quelle beauté nous pouvons voir en Benoîte !

Non pas de ces vaines beautés, qui passent et qu’on cherche vainement à conserver le plus longtemps possible, par quantité d’artifices qui ne trompent personne. Mais Benoîte était belle par «participation » : belle de la beauté qu’elle put contempler dans le Christ, en Marie, dans les anges et dans les saints.

Elle était belle de sa crainte du Seigneur, cette crainte que le livre des Proverbes nous a présentée comme la seule raison pour laquelle une personne pouvait être louée : on n’a pas à admirer quelqu’un pour sa beauté ou ses vêtements, mais pour sa crainte de Dieu.

Encore faut-il s’entendre sur ce que signifie cette crainte ; et pour cela, nous avons aujourd’hui, comme en miroir, dans la première lecture et dans l’Evangile, l’image de la femme qui craint Dieu et l’image du serviteur qui a peur de son maître. Et nous découvrons que la crainte et la peur n’ont rien à voir ; qu’elles sont même à l’opposé l’une de l’autre.

* * *

Si le dernier serviteur de la parabole a préféré enfouir son talent pour le laisser intact, c’est qu’il avait peur de son maître. Il redoutait une punition si le maître, à son retour, n’avait pu récupérer son bien. Car, il le dit : « je savais que tu es un homme dur ». Et le maître ne le contredit pas sur ce point.

Mais le serviteur a cru qu’il savait tout de son maître ; ou plutôt, il a fait une association d’idée : le maître est exigeant, il va donc punir s’il n’en a pas pour son argent. Mais avait-il compris le cœur de son maître ? Quand celui-ci demande des comptes aux autres serviteurs, il dit finalement, à chacun : « entre dans la joie de ton maître ». Ce maître n’est donc pas seulement exigeant, il est aussi celui qui veut partager sa joie avec ses serviteurs fidèles. Et cela, le dernier serviteur ne l’a pas compris. Il est resté sur l’exigence, sans voir qu’elle l’ouvrait à une relation plus intime avec le maître.

Ainsi nous, quand nous voyons les impératifs de l’Evangile, nous pouvons avoir peur de Celui qui en est l’auteur. Quand nous entendons le Christ demander l’amour des ennemis, le don de soi-même ou le pardon sans limite, n’avons-nous pas peur d’un Maître si exigeant ?

L’Evangile peut nous paraître vertigineux. Alors, plutôt que nous y essayer - quitte à ne pas totalement y arriver - nous pouvons avoir tendance à enfouir la réalité de l’Evangile, à minimiser ses exigences ou à nous contenter du minimum. Et on entendra des personnes, en toute bonne foi, se dire : « Dieu a donné la vie, moi je n’ai pas tué : nous sommes quittes ». Et Dieu peut récupérer sa mise.

Mais ce n’est pas ce que le Seigneur attend de nous. L’Evangile n’est pas un minimum nécessaire au salut, il est un élan de vie formidable et jamais interrompu. Le Maître est exigeant, mais c’est au profit d’une fécondité, d’une croissance dans laquelle les efforts nécessaires sont des signes de foi, des témoignages d’amour, des engagements de fidélité. Les autres serviteurs l’ont bien compris, eux qui se sont démenés pour faire multiplier les talents qu’ils avaient reçus.

* * *

Nous avons donc là cette différence essentielle entre la crainte et la peur de Dieu : la peur paralyse et rend stérile – la crainte motive et ouvre à la croissance.

La peur paralyse et rend stérile. On peut distinguer, en fait, différentes formes de peur, depuis la peur instinctive devant un danger, jusqu’à la peur pathologique des phobies, en passant par des peurs plus existentielles, comme celles de la mort ou de l’avenir.

Les peurs de Benoîte Rencurel sont fort instructives pour nous. Elles sont de deux ordres : la peur du démon et la peur de répondre à la mission qui lui est confiée. D’abord, la servante du Laus redoute le démon, non seulement parce qu’il l’attaque parfois violemment, mais aussi parce qu’elle a compris ses ruses. Le Père du mensonge suggère fréquemment à Benoîte de succomber au désespoir ou de se laisser gagner par des pensées impures. Cette peur de devenir complice du mal est bonne, car comme toute peur bien gérée, elle peut conduire à la vigilance pour échapper au danger.

L’autre peur de Benoîte, c’est quand elle n’ose pas aller dévoiler à un pèlerin les péchés que la Vierge Marie lui a demandé de mettre au jour, directement ou par son charisme de lecture des consciences. C’est ici la peur de déplaire qui avait gagné Benoîte, la peur – aussi - de dire la vérité. La Vierge Marie et les anges vont prendre le temps d’éduquer la servante du Laus pour qu’elle corrige ces peurs-là.

En revanche, ce qui est très marquant tout au long des 54 années d’apparitions, c’est que jamais Benoîte n’a eu peur du Ciel. Jamais nous ne la voyons redouter une rencontre céleste, alors même que la servante du Laus se reconnaissait grande pécheresse. Cet abîme entre son état de pécheresse et la perfection divine qui lui était donnée à voir n’a pas créé chez elle de peur du face-à-face céleste ; bien au contraire, elle y trouvait une joie extraordinaire et un apaisement à toute épreuve.

Benoîte n’a pas eu peur du Ciel, parce qu’elle le craignait.

Puisqu’une peur naît de la prise de conscience d’un danger, réel ou supposé, avoir peur de Dieu, c’est croire qu’il peut être un danger pour nous. Si une telle peur nous habite, il est urgent de la convertir : car en voyant le Christ à la crèche ou sur la croix, comment le considérer comme un danger pour nous ? En recevant le Christ dans l’Eucharistie, comment avoir peur de lui ?

Il est urgent de convertir nos peurs en craintes.

Loin d’être instinctive, pathologique ou existentielle, la crainte de Dieu est une attitude qui s’apprend, comme l’annonce le psaume 33 : « venez, mes fils, écoutez-moi : que je vous enseigne la crainte du Seigneur » (Ps 33,12). « Que je vous enseigne » : il est alors évident que la crainte n’est pas la peur, mais la prise de conscience de qui est Dieu : prise de conscience de sa transcendance, devant laquelle nous nous reconnaissons tout-petits, mais pas écrasés. Une grandeur divine qui ne nous anéantit pas, mais qui, au contraire, nous fait vivre. Une puissance de Dieu qui ne nous balaye pas, mais qui nous élève jusqu’à la vie éternelle.

La « femme qui craint le Seigneur » et qui seule est digne de louange, c’est cette personne qui est belle de la beauté de Celui dont elle dépend vitalement. Elle est forte de la force de Dieu qui l’habite et la guide. Elle est vivante de la grâce divine qui soutient chacun de ses instants.

Ce lien vital, le serviteur ayant reçu un seul talent ne l’a pas compris. Il n’a pas saisi que la supériorité de son Maître n’était pas pour son malheur. Il est resté dans la peur, parce qu’il a vu en son Maître un danger potentiel au lieu de voir en lui l’occasion d’une croissance.

Les autres serviteurs ont compris pourquoi et comment servir le maître, en vue d’une fécondité qui le réjouira à son retour et qui rendra les serviteurs fiers d’eux-mêmes. Cette croissance, cette fécondité dans laquelle ils sont entrés, épousant les sentiments de leur maître, les ouvre à plus grand encore. Et ils reçoivent cette invitation : « entre dans la joie de ton maître ».

Voilà à quoi nous sommes appelés : entrer dans la joie de notre Maître, dans la joie éternelle de Dieu ! La condition pour y avoir accès, c’est d’œuvrer, dans les petites choses, pour la croissance, parce que c’est la manière d’agir de Dieu. Ne jamais enfouir un talent, ne jamais manquer une occasion de faire le bien, ne jamais passer à côté de quelqu’un en l’ignorant : ces petites choses, qui nous font agir comme Dieu agit, font grandir son Royaume en ce monde et nous préparent à recevoir cette invitation éternelle…sans plus aucune peur, dans une profonde et paisible crainte : « entre dans la joie de ton maître ». Amen.

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Sun, 13 Nov 2011 10:00:00 +0100
"On y vient en touriste, on en repart en pèlerin..." http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/on-y-vient-en-touriste-on-en-repart-en-pelerin.html Rencontre des sanctuaires de PACA  

Tout rapprochement entre l’Evangile de cette fête de la dédicace du Latran et les sanctuaires de la province dont nous avons la joie d’accueillir les recteurs, ne serait que fortuit ! Seule la parole de l’Ecriture qui revient à  la mémoire des disciples prend visage en chacun de vous les recteurs ou leurs représentants : « L’amour de ta maison fera mon tourment ! » 

Ces sanctuaires, chacun avec son histoire, plus ou moins longue, chacun avec son message propre,  non seulement vous vous attachez à les faire vivre mais ils vous font vivre. Comment pourriez-vous être indifférents à ces rendez-vous d’amour dont vous êtes les témoins ? On y vient parfois en touriste, on en repart en pèlerin. On y arrive le cœur desséché et on s’en retourne le cœur assoiffé. On y est venu furtivement, pour voir, le cœur déchiré et blessé et on s’y attarde avec la surprise de voir tout son être réconcilié.

Comment ces grâces déversées,  telles des sources jaillissantes, ne vous entraineraient-elles pas vous-mêmes  vers un océan d’Amour et de Vie ?

Aujourd’hui nous fêtons la dédicace de la Basilique du Latran, cathédrale de Rome. Elle fut construite par l’empereur Constantin sur des terres appartenant à la famille des Laterani, d’où lui vient son nom. C’est en 324 qu’elle fut consacrée. Sa taille est impressionnante: 130 mètres de long sur 65 de large. Elle fut le siège de la papauté jusqu’à ce que le Pape Clément V transfère le Saint Siège à Avignon en 1309.  De tels chefs d’œuvre architecturaux, grandioses et imposants, n’ont pas d’autres prétentions pourtant que d’être le signe de la présence du Corps du Christ ressuscité au cœur de notre monde, reflet de l’infini de l’Amour du Père, à la taille des fruits de l’Esprit toujours agissant dans notre monde et dans l’Eglise.

Cathédrales, basiliques, collégiales, églises, chapelles, oratoires, simples croix érigées  sont là, formant un maillage serré sur nos territoires, pour indiquer à l’homme de tous les temps sa grandeur,  pour révéler à l’humanité entière le sens de son histoire et pour offrir à tout être humain la réconciliation et l’Amour.

Dans le visage que prennent nos églises diocésaines en ce début du III° millénaire, les sanctuaires sont une chance. Loin d’être un simple lieu de dévotions individuelles, le chapelet se glissant grain après grain entre les doigts de mains usées par le travail et l’âge,  le sanctuaire devient, chaque jour, un peu plus un cairn ou un amer selon que l’on est de la terre ou de la mer, un repère tel un phare ou un pic vers lequel et à partir duquel on va orienter sa vie. Il est, plus que jamais, un lieu d’Eglise vers lequel toutes les générations sont invitées à converger.  Le sanctuaire est en même temps havre de paix intérieure et source jaillissante de joie, donnant aux cantiques et aux musiques toute leur dimension pour la plus grande gloire de Dieu.

De ces sanctuaires qui sont les vôtres,  des sources de fraîcheur jaillissent désaltérant toutes les soifs de nos contemporains. 

De ces sanctuaires qui sont les vôtres, se déversent des torrents d’Amour, emportant sur leur passage toutes les bassesses de notre monde, le mal et le péché qui ne cherchent qu’à prendre racine sur les berges de notre existence…

De ces sanctuaires qui sont les vôtres coulent paisiblement des fleuves de charité, d’espérance, portant les hommes, comme au temps du flottage et des radeaux de la Durance, en totale sécurité, sur les eaux de leur baptême avec une foi assurée, dans leurs traversées humaines, parfois impétueuses.

La vision d’Ezéchiel, c’est la vôtre, c’est la nôtre…

C’est celle de l’Eglise universelle pèlerinant à Rome, aussi bien aux quatre basiliques majeures qu’au tombeau de Pierre.

C’est celle de l’Eglise d’aujourd’hui sur les rives de laquelle toutes sortes de fruits pourront se cueillir et toutes sortes de feuillage se ramasseront comme autant de remèdes pour les maux de nos sociétés.

« Cette eau, disait Ezéchiel,  assainit tout ce qu’elle pénètre et la vie apparait en tout lieu où arrive le torrent. »]]>
Wed, 09 Nov 2011 09:55:00 +0100
La session familles 2012 aura pour thème "je n'ai pas le temps!" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/la-session-familles-2012-aura-pour-theme-je-nai-pas-le-temps.html "Je n'ai pas le temps!" C'est le thème choisi pour la session des familles 2012, qui...

"Je n'ai pas le temps!"

C'est le thème choisi pour la session des familles 2012, qui se déroulera au sanctuaire du 10 au 15 août.

Impatiences, stress, surcharges, difficulté à gérer l'urgent et l'important, nostalgie et peur de l'avenir... Une session pour nous réconcilier avec le temps!

Cette session des familles 2012 est une occasion pour prendre le temps de se ressourcer, avec des activités pour les parents, pour les enfants, pour les ados...

Dans un cadre somptueux de montagne, au sanctuaire des plus longues apparitions mariales au monde...

Voir le détail sur la session familles 2012 (10 au 15 août)]]>
Mon, 07 Nov 2011 17:34:00 +0100
"Mets de l'huile !" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/mets-de-lhuile.html Homélie du 32e dimanche du TO

En notre sanctuaire, la Belle Dame avait annoncé à Benoîte que l’huile de la lampe du tabernacle, si l’on s’en appliquait avec foi et en ayant recours à son intercession, on serait guéri. Depuis lors, cette promesse n’a cessé de se vérifier ici. Chaque année, ce ne sont pas moins d’une trentaine de guérison physiques inexpliquées qui sont rapportées, et d’innombrables autres formes de guérisons spirituelles, relationnelles ou intérieures.

Alors, quand on proclame en cette basilique l’Evangile des vierges avec leurs lampes à huile, comment ne pas lire cette parabole à la lumière de l’expérience du Laus ?

* * *

Tout d’abord, les lampes à huiles permettent de veiller : les dix jeunes filles doivent attendre l’époux, qui tarde à venir. Leurs lampes allumées sont comme des témoignages de leur vif désir de la rencontre.

Au sanctuaire, l’huile de la lampe a donc d’abord à voir avec notre désir de rencontrer Dieu. Il n’est pas possible de s’appliquer cette huile en souhaitant seulement une guérison, aussi légitime soit-elle. Déconnectée de la démarche d’attente du Seigneur, l’huile de la lampe du tabernacle perd cette heureuse tension vers un terme, un aboutissement, une plénitude que nous ne pouvons pas vivre pour l’instant.

Il est vraiment nécessaire, pour habiter le temps présent, d’accepter cette réalité : nous allons vers une plénitude, mais elle n’est pas pour ici-bas. Nous avons de forts désirs, de grandes aspirations, mais elles ne trouveront pas leur accomplissement total en ce monde. L’huile est donc là comme un signe de ce que nous ne possédons pas encore ; et elle nous aide à accepter que personne sur terre, et évidemment aucun bien matériel ni aucune activité, ne pourra jamais nous combler entièrement.

Alors, à l’instar des dix jeunes filles qui restent éveillées pour ne pas manquer la rencontre avec l’époux, l’huile de la lampe du tabernacle se révèle comme une huile pour patienter sans dormir, car c’est certain : le Seigneur va venir !

* * *

Cependant, ce qui nous est donné pour l’instant n’est pas seulement une annonce de la présence du Seigneur, car Il est déjà là, avec nous.

D’ailleurs, l’huile de la lampe du Laus, comme toute lampe de tabernacle, a pour fonction de nous montrer le Christ présent dans l’Eucharistie. Il est bien là, notre Sauveur, réellement là ! La lampe du tabernacle éclaire cette présence.

Il est beau de venir dans cette basilique le soir, quand tout s’endort. Et que la seule lumière qui continue à briller dans la chapelle de Bon Rencontre, c’est la lampe du tabernacle. Car alors, cette délicate lumière, que nous voyons à peine ici tant la vasque qui l’abrite est imposante, éclaire vraiment la présence du Ressuscité, qui ne dort ni ne sommeille.

Par pitié, ne vous appliquez pas l’huile de la lampe sans regarder le tabernacle ou sans penser au mystère eucharistique. Ne séparez jamais la promesse de guérison par cette huile, de la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Car ce n’est pas la matière de l’huile qui nous guérit ici : c’est la rencontre corps à corps qu’elle annonce, celle de nos corps souffrants et faibles, avec le corps glorieux du Ressuscité ; une annonce qui se réalise déjà ici-bas, lorsque nous venons communier ou que nous vivons la communion de désir.

* * *

Mais les dix jeunes filles vont finir par manquer d’huile ; il faut dire qu’elle n’est pas inactive, cette huile : elle se consume pour éclairer. Nous saisissons que Jésus nous appelle à une identification : ce n’est pas seulement l’huile qui doit brûler pour éclairer la venue de l’époux, ce sont les dix vierges elles-mêmes qui doivent brûler, se consumer d’amour pour l’époux.

Toute notre vie chrétienne et notre mission de baptisés est ici symbolisée : il est nécessaire que nous nous laissions consumer pour le Christ, afin d’éclairer sa venue.

Ce que reprochent nos contemporains – parfois avec raison – c’est de voir des chrétiens qui ne sont pas cohérents avec leur foi : seuls des croyants consumés touchent le cœur des autres. Ils sont marqués par un Abbé Pierre, une Sœur Emmanuelle, un Père Pedro, ou des parents dévoués. Ils sont touchés par des moines de Thibbérine restés fidèles ou par des prêtres qui chantent sans renier leur consécration. Ils sont interrogés par des religieuses et des religieux qui font de la prière le cœur de leur vie. Ils sont touchés par des chrétiens qui visitent les malades, nourrissent ceux qui ont faim et prennent du temps pour des personnes âgées qui n’intéressent plus personne.

Comme l’huile des dix vierges et l’huile de la lampe du tabernacle, brûlons de charité pour éclairer le Christ. Est-ce que nous allons y perdre quelque chose ? Oui, certainement, car l’huile se consume d’instant en instant ; elle disparaît au fur et à mesure. Mais ce n’est pas elle qui compte, c’est la lumière qu’elle produit en se donnant.

Elle peut être fière, cette huile qui part en fumée : car elle a éclairé la vie des autres, elle a montré le Christ. Préférez-vous être une huile rance, que l’on jette parce qu’elle est restée inutile et qu’elle sent mauvais, ou une huile consumée, brûlée par amour ?

Chers pèlerins, en vous appliquant l’huile du Laus, ne manquez pas de désirer vous consumer pour éclairer la vie des autres en montrant la présence du Christ !

* * *

Et puis, dans la parabole que nous offre le Seigneur, les jeunes filles n’attendent pas n’importe qui. Chacune espère pouvoir conquérir l’époux, celui qui va les aimer, les étreindre, les caresser. Et voilà que leur huile devient le signe de ce qu’elles attendent : huile de douceur pour le corps, elle annonce la relation tendre et délicate que chacune espère avec son époux.

Au sanctuaire du Laus, c’est ce que nous voyons quotidiennement : en s’appliquant l’huile ou en l’appliquant à quelqu’un, les pèlerins sont « obligés », si l’on peut dire, de faire un geste délicat. L’huile ne s’applique pas avec violence, elle s’appose telle une caresse.

L’huile de la lampe nous oblige à une bienveillance et une tendresse à l’égard de notre propre corps, alors que nous pouvons peut-être le percevoir comme un ennemi qui nous perturbe. Malade ou vieillissant, ne correspondant sans doute pas aux canons de beauté dont nous rêvons, notre corps est parfois maltraité par nous-mêmes.

Mais voilà ce geste de l’huile, comme une caresse du Seigneur, comme une tendresse de Marie sur nos corps meurtris. Et c’est toute la dignité du corps humain qui est ici mise en valeur : le corps n’est ni notre ennemi, ni une marchandise : il est l’espace de la caresse divine. Chers pèlerins, en vous appliquant l’huile du Laus, soyez bons avec votre corps !

Mais cette onction peut aussi devenir un geste de réparation pour tous les outrages faits au corps humain, dans la pornographie, les relations sexuelles déviantes, l’avortement, l’euthanasie, ou certaines recherches médicales. Que l’huile descende en abondance, comme sur la barbe d’Aaron, pour restaurer ce qui est abimé par le péché.

* * *

Et devant tant de délicatesse du Seigneur, comment ne pas vouloir entrer davantage dans la relation d’amour ? L’huile de la lampe du tabernacle, comme l’huile des lampes des dix vierges, vise à permettre la rencontre avec l’époux. S’il y en a trop peu, le rendez-vous sera manqué ; c’est ce qui arrive à cinq de ces jeunes filles. Alors nous, ne manquons pas d’huile ; versons-en avec surabondance sur toute notre vie.

Ainsi, l’huile si précieuse pour dégripper des rouages, versons-là abondamment sur tout ce qui a besoin en nous d’être dégrippé : des relations difficiles avec certains, des blocages de tous ordres, des hésitations à nous convertir, des manques de confiance en Dieu. Versons l’huile de la grâce, pour que tout, en nous, fonctionne plus limpidement.

En assaisonnement, aussi, l’huile retire l’amertume ; dans nos rapports aux autres et sans doute également notre regard sur l’Eglise, n’avons-nous pas besoin de chasser ce poison de l’amertume, qui nous fait tout voir négativement et qui nous paralyse ? Versons-nous l’huile du Laus, pour évacuer toutes nos amertumes et les remplacer par de la douceur et de la bienveillance.

Versons-là aussi, cette huile, comme une huile sur les coups de soleil. Laissons le Christ apaiser ce qui est trop brûlant en nous : nos orgueils, nos rancunes envers certains, nos mauvais désirs sensuels. Combien de pèlerins, en s’appliquant l’huile du Laus, ont-ils été libérés d’impuretés sexuelles qui les rendaient malheureux et qui contristaient le Ciel ? Osez vous appliquer cette huile en priant le Seigneur d’apaiser les brûlures de l’âme, du corps, de la mémoire.

* * *

Frères et sœurs pèlerins, même si certains n’ont pas besoin de ce conseil, permettez-moi de le proposer à tous : en ce jour où le Seigneur nous montre ces dix jeunes filles qui veillent la venue l’époux, prenez le temps, à la fin de cette messe, pour faire la démarche auprès de l’huile, ici, dans la chapelle de Bon Rencontre. Il faut un peu d’humilité pour le faire ; mais surtout une grande foi en la présence du Seigneur qui nous apaise, nous caresse et nous guérit.

Et comme près de 30 000 flacons de cette huile sont envoyés chaque année à travers le monde, soyez, vous aussi, des missionnaires de l’huile du Laus. En prenant soin de bien l’expliquer pour qu’elle ne soit jamais détournée de sa finalité (qui lui ferait perdre d’ailleurs toute efficacité), soyez des missionnaires de la douceur de Dieu et de la prévenance de Marie, jusqu’au jour où, dans l’Eternité, l’huile d’allégresse coulera à flot sur tous les sauvés. Amen.

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Sun, 06 Nov 2011 10:15:00 +0100
"Soyons heureux d'être appelés à la sainteté" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/soyons-heureux-detre-appeles-a-la-saintete.html Homélie de la solennité de tous les saints C'est d'abord l'apôtre Jean, sur l'île de Patmos, qui décrit sa vision d'une foule innombrable d'élus, et qui nous transporte avec eux, en esprit, autour du trône de l'Agneau, pour célébrer sa louange en des eucharisties sans fin.

C'est ensuite l'évangile des Béatitudes que nous venons d'entendre et qui se situe, lui aussi, à la fois encore sur terre et déjà dans les cieux. Jésus a gravi la montagne, suivi par la foule et par ses disciples, il s'est assis, et dès qu'il ouvre la bouche il rassemble sur ses lèvres l'humble impatience du ciel, il dévoile la joie du Royaume de Dieu : « Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux! Heureux les doux, ils obtiendront la terre promise ».

Comprenons bien qu'ici Jésus ne donne pas des ordres au nom de Dieu, mais il proclame que certaines situations, pauvreté et pureté de cœur, faim et soif de justice, confiance et miséricorde, annoncent d'avance et comme par transparence, la béatitude qui sera de demain, la béatitude que sera pour nous l'Eternité de Dieu, l'Eternité en Dieu.

Ces béatitudes énoncées par Jésus, annoncées aux pauvres et aux doux, aux affligés et aux persécutés, ces paroles du ciel offertes à la terre de nos cœurs, ce chemin vers la Sainteté de Dieu, se présentent à nous moins comme un effort à accomplir qu'une grâce à recevoir, moins comme un programme impossible mais qu'il faut honorer coûte que coûte, qu'un amour qui peut nous façonner, qui peut guérir nos libertés blessées.

La vie de l'Eglise, la vie des saints qui sont nos frères et nos amis, se laissent convier par l'Eternité dès qu'elles accueillent la grâce et la consolation des béatitudes.

« Heureux les pauvres », dit Jésus, c'est-à-dire ceux qui sont en quête d'une perfection, d'un achèvement, ceux qui désirent la sainteté, ceux qui sont persuadés de leur indigence et qui savent qu'ils doivent tout recevoir, ceux à qui la terre ne suffit pas mais qui aspirent à Dieu.

« Heureux les coeurs purs », c'est-à-dire ceux dont l'esprit est droit, ceux dont l'âme est assez simple pour « voir Dieu » partout où il est et où il fait signe.

Heureux ceux dont le cœur, n'ayant plus d'autre désir que la justice et la sainteté de Dieu, devient source intarissable de douceur, de paix, de réconciliation.

Tel est le chemin sur lequel ont marché les saints et les saintes de tous les temps. Qu'ils aient les honneurs du calendrier ou qu'ils soient inconnus, tous sont le trésor précieux, la lumineuse parure de l'Eglise, lui rappelant qu'il n'y a pas d'autre vocation pour elle que la sainteté. Le chemin des saints, que nos propres pas sont conviés à fouler, est tout resplendissant de la sainteté du Christ, il est chemin d'Evangile, il est vie où Dieu se donne et triomphe de la détresse, transfigurant nos nuits en promesse d'aurore.

En ce jour où nous voulons nous laisser habiter par la joie de tous les saints, où nous nous unissons à leur chant pour glorifier le Christ, où notre terre se laisse regarder et aimer par le ciel, que l'exemple des saints nous soit une source de paix et d'action de grâce. Ce que leur vie nous chante à l'infini, celle d'un François d'Assise, d'une Catherine de Sienne, d'une Mère Térésa ou encore d'une Benoîte Rencurel, c'est que le bonheur d'être en Dieu, d'être à Dieu, n'est pas seulement pour demain, mais il se réalise et s'accomplit en chaque instant si nous savons nous tourner, dans la sage folie de l'Amour, vers le Seigneur, Eternel Présent, Océan de mystère, source de vie et de pardon.

Nous unissant à la joie du ciel et de la terre, nous qui sommes appelés à rejoindre la foule immense des témoins de l'Agneau, demandons aux saints de tous les temps de nous conduire au Christ ; apprenons des saints la pureté du cœur et du regard ; laissons-nous habiter par leur désir de communion, leur sens de la fraternité universelle ; recevons d'eux les mots de la prière, la liberté de l'offrande, la force pour traverser les nuits du doute et de la souffrance ; marchons sur les chemins de paix et d'abandon que le Christ de Pâques a éclairé pour eux. Avec les saints et à leur prière, sachons briser les chaines et les entraves qui nous empêchent d'aimer et de nous laisser aimer vraiment. Croyons à la joie du ciel pour la désirer vraiment, pour que notre espérance soit sanctifiante et rayonne en charité.

Soyons heureux, bienheureux, de porter le nom de « chrétiens », d'avoir à vivre dans la liberté de l'Evangile, d'être appelés à la sainteté du Dieu trois fois Saint, Lui qui est Père, Fils, et saint Esprit.

AMEN!

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Tue, 01 Nov 2011 11:40:00 +0100
"Ne donnez à personne sur terre le nom de père!" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/ne-donnez-a-personne-sur-terre-le-nom-de-pere.html Homélie du 31e dimanche du TO « Ne donnez à personne sur terre le nom de Père ». Combien de fois, dans m’a-t-on interpellé sur cette parole du Christ, en me demandant pourquoi les prêtres, qui ont pour mission première de nous renvoyer au Père, ont pris ce titre pour eux-mêmes…terrible usurpation, a-t-on envie de dire !

Mais, par honnêteté intellectuelle et par vraie fidélité au Seigneur, évitons tout fondamentalisme. S’arrêter à une question de terminologie est d’ailleurs bien confortable : parce qu’on se préoccupe alors d’un mot, en passant sous silence tout ce qu’il y a autour.

S’il vous plaît, évitons aujourd’hui cette étroitesse d’esprit, pour ouvrir les yeux sur le redoutable enseignement du Christ :

-        ne pas agir pour être remarqué des autres, -        ne pas chercher les premières places ni les salutations, -        ne pas « dire » sans « faire » -        et ne pas s’élever soi-même.

Tout cela n’est-il pas plus important que de savoir s’il faut appeler notre papa ou notre prêtre d’un autre terme que celui de « père » ? Car c’est ici toute une disposition à l’humilité que le Christ nous appelle à vivre, et nous savons que c’est loin d’être facile.

Il n’est pas évident d’être humble, mais puisque le Seigneur nous le demande instamment, c’est que c’est possible, et même indispensable. Il va d’ailleurs jusqu’à nous donner les moyens d’y parvenir, notamment en nous enseignant trois attitudes qui permettent la véritable humilité.

* * *

La première attitude, c’est celle d’un mot à la mode, facilement employé sans nécessairement entrer dans la réalité de ce qu’il implique : l’abandon.

L’abandon, car il ne s’agit pas d’abord d’accomplir des choses pour être humbles, mais au contraire de cesser d’en faire certaines. Dans l’Evangile d’aujourd’hui, le Christ emploie essentiellement des négations pour nous inviter à l’humilité : « ne pas agir pour se faire remarquer, ne pas chercher les premières places, ne pas s’élever soi-même ». L’humilité se joue essentiellement dans le fait d’être capable de réfréner nos tendances à nous mettre en avant.

Il s’agit de nous retirer, mais pas de n’importe quelle manière : retirer notre ego pour laisser davantage de place au Christ. Lui qui s’est fait serviteur jusqu’à laver de ses disciples et, de manière ultime, jusqu’à vivre le terrible abaissement de la croix, comment sa présence en nous ne bouleverserait-elle pas notre égocentrisme ?

Mais sans doute une deuxième disposition est-elle indispensable encore, pour que nous comprenions que nous n’avons rien à perdre avec l’humilité, ou que ce que nous aurons lâché est de toute façon ce qui ne nous était absolument pas utile, voire même périlleux pour notre salut.

Cette deuxième disposition, c’est l’estime de soi. Si nous en manquons, nous risquons de rechercher avidement de la reconnaissance, pour nous convaincre que nous vallons la peine d’exister, que nous avons de la valeur, que nous ne sommes pas un échec vivant.

Ce n’est pas d’amour propre dont il s’agit ici, mais d’une estime de soi, qui est d’abord une prise de distance par rapport à nos limites et à nos échecs. Une telle prise de distance est salutaire, mais nous nous l’accordons rarement.

Votre pèlerinage au sanctuaire du Laus peut être un moment favorable pour redécouvrir une véritable estime de vous-mêmes, en laissant la Vierge Marie vous éclairer sur vos qualités, sur ce que vous faites de bien, sur ce que vous avez construit, malgré toutes les apparences contraires. Ici, la Vierge Marie nous le montre, comme elle l’a montré à Benoîte, en nous offrant d’abord tout son amour maternel, qui nous convainc que nous avons de la valeur et que nous sommes infiniment aimés du Seigneur.

* * *

Mais pour que jamais aucune grâce ne soit gardée captive en nous, une troisième disposition est indispensable. Elle n’est plus affaire d’abandon ou d’estime de soi ; elle se joue dans l’action, comme un combat, une guerre terrible : la guerre contre notre orgueil !

Pour mener cette guerre, il faut d’abord vouloir la gagner, ce qui oblige à un regard lucide sur nous-mêmes et sur la vanité de nos petites élévations, quand le Christ nous promet une Ascension éternelle.

Il faut ensuite trouver les armes du combat.  Si dans le combat contre notre orgueil, nous savons que nous nous attaquons  à un géant, pensons au récit de David et Goliath, dans le 1er livre de Samuel. Certains parmi vous m’ont déjà entendu prendre cette comparaison, pardon de la répéter, mais elle est si précieuse : le frêle David est envoyé par Dieu pour attaquer le solide Goliath. Comme arme, il n’emporte qu’une fronde et cinq cailloux, que j’aime à interpréter comme la préfiguration du chapelet, cette fronde de cinq dizaines.

Rien ne pouvait humainement conduire à croire que David allait l’emporter sur Goliath. Mais son arme dérisoire va se révéler puissante pour terrasser le géant. Ainsi en est-il pour nous de la prière du chapelet : dérisoire à nos yeux, au point d’être négligée, voire dépréciée par certains, le rosaire se révèle une arme redoutable pour faire tomber les géants ; et le premier géant qu’il peut terrasser, c’est notre orgueil.

Prenez donc en mains un chapelet. Dans une chapelle, à la maison ou en marchant, peu importent les modalités ; mais priez le chapelet. Marie, la toute-humble, nous ouvre alors à une compréhension de la réalité de notre être et de notre juste place dans le monde, en nous faisant entrer davantage dans les mystères de la vie de son Fils.

Si le chapelet est une arme de choix pour terrasser le géant orgueil, une autre arme permet d’inscrire la disposition à l’humilité dans la durée : c’est l’Eucharistie. Car c’est seulement en accueillant le Christ, le grand Vainqueur de l’orgueil, que nous pouvons prendre, comme Lui, la place des serviteurs, jusqu’à mourir à nous-mêmes.

Comment pourrions-nous garder une miette d’orgueil quand nous approchons pour communier – ou quand nous vivons la communion de désir ? Car alors, le Christ nous rejoint dans un acte de fabuleuse humilité, puisqu’il va jusqu’à s’offrir en nourriture ! Qui pourrait approcher, ouvrir la bouche ou tendre les mains avec orgueil devant ce Dieu qui se donne à manger ?

* * *

Et c’est seulement maintenant, après ce regard fondamental sur l’orgueil et l’humilité, que nous pouvons revenir à cette parole du Christ : « ne donnez à personne le nom de père ». Car nous pouvons à présent comprendre que ce n’est pas un problème de terminologie, c’est une question de source de vie !

A travers le mot « père », Jésus nous appelle à remonter la « généalogie spirituelle », si l’on peut dire, qui nous replace devant notre seule origine : Dieu, qui nous a donné la vie par la création et qui nous a redonné vie par la rédemption.

Tout ce que nous faisons  et tout ce que nous sommes prend sa source en Lui. « Ne donnez à personne le nom de Père »  signifie donc : ne prenez personne pour votre source, et surtout pas vous-mêmes. Ne manquez jamais de remonter jusqu’à Dieu, car tout vient de Lui, et tout va vers Lui.

Nous voyons que c’est beaucoup plus profond qu’un terme à proscrire pour appeler un prêtre ou un père de famille. A rester à des querelles périphériques, nous manquons l’essentiel de la vie et l’essentiel du salut.

Le Seigneur nous attend donc, cette semaine encore, pour que nous Le reconnaissions humblement comme la source de tout bien. Et qu’à cette source, nous ne manquions pas de venir puiser, pour devenir, par participation, source pour les autres, c’est-à-dire pères et mères physiques ou spirituels, qui transmettent la vie qu’ils n’ont pas crée, mais dont ils sont d’humbles gestionnaires. Amen.

 

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Sun, 30 Oct 2011 09:32:00 +0100
La chapelle du Précieux-Sang, décor du dernier clip des Prêtres... http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/la-chapelle-du-precieux-sang-decor-du-dernier-clip-des-pretres.html Les 12 et 13 octobre derniers, la chapelle du Précieux-Sang (restaurée en début d'année grâce à une... Les 12 et 13 octobre derniers, la chapelle du Précieux-Sang (restaurée en début d'année grâce à une partie des recettes de l'album Spiritus Dei) a servi de décor pour le tournage d'un clip des Prêtres... qui est sorti depuis !

Les habitués du sanctuaire y reconnaîtront sans doute l'acteur qui joue le rôle du "vieux"...

L'annonce de ce clip ne signifie pas l'arrivée d'un 3e album, mais d'une version spéciale de l'album Gloria à l'occasion de Noël.

Pour visionner ce clip, cliquez ici...

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Mon, 24 Oct 2011 09:42:00 +0200
"Aimer Dieu, aimer par Dieu, aimer pour Dieu" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/aimer-dieu-aimer-par-dieu-aimer-pour-dieu.html Homélie du 30e dimanche du TO  

« Un docteur de la Loi posa une question à Jésus pour le mettre à l'épreuve ». Cet homme est-il vraiment motivé par le désir de tendre un piège au Seigneur, ou cherche-t-il quand même la vérité ? Car elle est excellente, sa question : « quel est le plus grand commandement ? » Par cette quête du « plus grand », le docteur de la loi semble vouloir déterminer un principe unificateur de la vie et de la foi.

Or, la religion qu’il servait répondait paradoxalement à cette recherche d’unification de la réalité en la fragmentant en une série de règles - 613 exactement – qu’il fallait respecter scrupuleusement. Ces règles avaient bien sûr de grandes valeurs, certaines s’enracinant directement dans la Parole de Dieu. Mais, inévitablement, l’une ou l’autre risquait d’être oubliée, ou du moins accomplie imparfaitement, ou sans implication du cœur. Comment éviter alors de dissoudre la religion en un ensemble de règles impersonnelles ? Comment se prémunir de transformer le formidable élan de foi en un tourment scrupuleux ?

Le Seigneur Jésus, qui connaît le fond des cœurs, n’est certainement pas dupe de l’intention mauvaise de ce docteur de la loi. Mais justement, parce qu’il connaît nos cœurs humains, le Christ sait que nous avons tous, de manière plus ou moins avouée, une soif de vérité et de sens.

Alors, plutôt que d’accuser ce docteur de perfidie, Jésus lui répond : « voilà le grand, le premier commandement ». Un « double-premier », si l’on peut dire : l’amour de Dieu et l’amour du prochain.

 « Tout ce qu’il y a dans l’Ecriture, précise Jésus, dépend de ces deux commandements ». Nous connaissons l’enseignement qu’en tirera saint Paul, par ces mots bouleversants : « j’aurais beau avoir la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, cela ne sert à rien » (1 Co 13,2). Sachons bien écouter : s’il nous manque l’amour, notre foi ne sert absolument à rien. Saint Paul reconnaîtra de la même manière : « J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien » (1 Co 13,3).

Il ne s’agit donc pas de voir l’amour comme le perfectionnement de chacun de nos actes, mais comme leur racine la plus profonde. Et nous devons être honnêtes envers nous-mêmes pour discerner, quand nous posons un acte, si c’est vraiment la charité qui nous motive.

*     *     *

Pour nous faire comprendre cette réalité essentielle, Jésus développe le commandement de l’amour en deux directions, absolument indissociables : l’amour de Dieu et l’amour du prochain.

Concrètement, il s’agit pour nous d’être tellement unis au Seigneur, tellement amoureux de sa présence en nous, que nous ne puissions faire autrement que nous demander, dans les décisions les plus concrètes : « qu’est-ce que Jésus ferait à ma place ? »

J’ai eu la grâce, au début de ce mois, de représenter notre sanctuaire du Laus au congrès mondial de la miséricorde, près du tombeau de Sainte Faustine, à Cracovie. Cette sainte religieuse, si chère au cœur de Jean-Paul II, rendait compte, dans son petit journal, de sa réaction face à une personne qui l’avait profondément blessée. Elle a écrit : « lorsque je l’ai aperçue, au premier instant, mon sang s’est glacé dans mes veines, car tout ce que j’ai dû souffrir à cause d’elle se présenta à mes yeux (…). L’idée me vint de lui faire connaître la vérité catégoriquement et immédiatement. Mais au même moment, la miséricorde divine se présenta à mes yeux et j’ai résolu d’agir envers elle comme Jésus aurait agi à ma place. J’ai commencé à lui parler avec douceur et quand elle a exprimé le désir de me parler seule à seule, alors je lui ai clairement fait connaître (…) le triste état de son âme d’une manière très délicate » (Petit Journal de Sœur Faustine, n° 1694).

Voilà le déploiement du double commandement de l’amour : aimer tellement Dieu qu’on ne puisse accepter d’agir autrement qu’il agit. C’est d’ailleurs ainsi que nous montrons au Seigneur que notre foi n’est pas un vain discours, ni une simple opinion sur son existence. L’amour envers le prochain est l’expression la plus concrète et la plus sincère de notre amour de Dieu.

Saint Jean le dit très clairement dans sa première lettre : « celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4,8). Et, un peu plus loin : « si quelqu’un dit : ‘j’aime Dieu’, alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur » (1 Jean 4,20). Un menteur ! Vous remarquerez que l’apôtre ne dit pas que l’amour de Dieu est « imparfait » tant qu’il ne se concrétise pas dans l’amour du prochain : il ose dire que c’est un mensonge !

Alors, soyons clairs : si nous participons à cette messe en  entretenant de la haine envers quelqu’un, ou même seulement un agacement consenti, nous sommes des menteurs. Par pitié, sortons alors de cette église pour ne pas commette de sacrilège ! Ne nous mentons pas d’abord à nous-mêmes : car notre prière n’a aucune valeur si elle ne nous conduit pas à aimer vraiment les autres, c’est-à-dire à les aimer comme le Christ les aime.

Attention, il n’y a pas mensonge dans le fait que nous ayons du mal à aimer comme le Christ ; souvent, nous voudrions le faire, mais nous n’y parvenons pas. Le mensonge, c’est quand nous nous contentons de cet état de fait, sans le remettre intégralement au Seigneur, pour qu’il fasse toute chose nouvelle.

Et c’est bien là, l’une des grâces particulièrement à l’œuvre en notre sanctuaire, et plus spécifiquement encore en cette chapelle de Bon-Rencontre, près de la tombe de Benoîte. Ici, notre Mère du Ciel, refuge des pécheurs, nous prend sous son manteau, pour que nous puissions nous laisser faire par la grâce, afin qu’elle nous fasse discerner, puis extirper nos haines et nos rancœurs ; et qu’ainsi puissent enfin se débloquer les possibilités de pardons que nous n’avons jusqu’alors pas réussi à donner.

Il se produit ici des miracles de réconciliation et de libération qui ne sont même pas imaginables ! Mais quand on vient les demander humblement, il devient évident que la puissance de la grâce est à l’œuvre pour tout réconcilier.

*     *     *

Alors, n’hésitez pas à lâcher ici-même toutes vos haines, rancœurs, impatiences, mésententes envers les autres. Nous pouvons même décider de nous y employer ensemble.

Je vous propose, ainsi, de le faire tout à l’heure, à l’offertoire. Alors que ce moment de la liturgie est trop souvent perçu comme une pause, ou l’instant d’un discernement profond pour savoir si l’on va mettre un ou deux € dans le panier de la quête, je vous propose de faire aujourd’hui particulièrement, une véritable offrande.

Offrons au Seigneur les personnes que nous ne parvenons pas suffisamment à aimer, ou qui simplement nous agacent. Prenons le temps de les présenter à notre Dieu, pour qu’à l’image du pain et du vin qui vont devenir réellement Corps et Sang du Christ, nos difficultés à aimer soient elles aussi transfigurées, j’ose dire en quelques sorte « trans-substanciées », afin que leur seule substance de vie devienne l’amour.

C’est seulement ainsi que notre communion, tout à l’heure, ne sera pas un mensonge. En recevant réellement le Christ, nous allons choisir de Le laisser aimer en nous. La personne de Jésus devient ainsi l’espace spirituel de la rencontre avec les autres : son corps devient le lieu de la réunification avec tous les autres, quels que soient nos sentiments pour eux.

Et c’est l’Eucharistie qui nous prépare si bellement au Ciel ; car seul l’amour reçu en personne dans la Communion nous dispose à ce que Dieu soit tout en tous, comme il sera, au Paradis, l’espace éternel de la rencontre entre tous les bienheureux.

Aimer Dieu et aimer le prochain, c’est donc goûter déjà ce qui fait la vie du Ciel. C’est donc dès maintenant que ce bonheur nous est proposé ; ne serions-nous pas fous de le refuser ? Amen.

Télécharger l'homélie du 30e dimanche du TO]]>
Sun, 23 Oct 2011 10:00:00 +0200
Des reliques du bienheureux Charles de Foucauld au Laus http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/des-reliques-du-bienheureux-charles-de-foucauld-au-laus.html Le samedi 15 octobre, une veillée de prière en présence de reliques du bienheureux Charles de... Le samedi 15 octobre, une veillée de prière en présence de reliques du bienheureux Charles de Foucauld a réuni environ 300 personnes à la basilique du sanctuaire. 

C'est au père Bezol, prêtre du diocèse d'Avignon, que l'on doit cette initiative. Durant le week-end, il participait à une rencontre régionale de la fraternité séculière Charles de Foucauld, qui a l'habitude de se retrouver régulièrement au sanctuaire.

Les reliques présentes à Notre-Dame du Laus les 15 et 16 octobre (un ossement et un reste de la tunique de Charles de Foucauld) se trouvent habituellement à Viviers, où le bienheureux fut ordonné.


Voir le diaporama (4 photos) 

 

Télécharger les textes de la veillée de prière

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Tue, 18 Oct 2011 17:50:00 +0200
Le recteur du Laus au 2e congrès mondial de la Miséricorde http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/le-recteur-du-laus-au-2e-congres-mondial-de-la-misericorde.html Le père Ludovic Frère, recteur du sanctuaire, a pris part du 1er au 5 octobre au 2e congrès... Le père Ludovic Frère, recteur du sanctuaire, a pris part du 1er au 5 octobre au 2e congrès international de la Miséricorde qui se déroulait en Pologne. 3 000 personnes, représentant une soixantaine de pays se sont retrouvées au sanctuaire de la divine Miséricorde à Cracovie-Lagiewniki, là où sainte Faustine est inhumée. 

 

Pour le père Frère, la présence à ce rendez-vous avait trois objectifs:

- Débuter la préparation du congrès national de la Miséricorde qui se déroulera, rappelons-le, les 4 et 5 août 2012 à Notre-Dame du Laus. Pour ce faire, le recteur a rencontré les membres de l'équipe nationale de préparation (notamment Mgr Barbarin et Mgr de Monléon).

- Approfondir la spiritualité de la Miséricorde divine.

- Rencontrer des associations et familles spirituelles attachées à cette spiritualité.

Le congrès a été inauguré par le cardinal Stanislaw Dziwisz, archevêque de Cracovie. L'ancien secrétaire personnel de Jean-Paul II (auteur d'un livre devenu depuis un best-seller) a rappelé le courage qu'a eu ce dernier en soutenant sainte Faustine et en proclamant la Miséricorde aux quatre coins du monde. En effet, pour Jean-Paul II, qui a publié en 1980 l'encyclique Dives in Miséricordia, le message de la Miséricorde était "comme un signe des temps pour l'humanité perdue dans le matérialisme".

C'est le jour de la canonisation de soeur Faustine, le 30 avril 2000, que Jean-Paul II a institué dans l'Eglise la fête de la Divine Miséricorde, célébrée chaque année le premier dimanche après Pâques. C'est la veille de cette fête qu'il décèdera, en 2005... Et c'est enfin le 1er mai 2011, jour de cette même fête, que sa béatification est célébrée à Rome. Jean-Paul II restera donc comme le pape de la Miséricorde: "la lumière de la Miséricorde divine illuminera le chemin des hommes du 3e millénaire".

"La Miséricorde, source d'espérance" est le thème qui avait été choisi pour le 2e congrès. Présidé par le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, en présence de 8 cardinaux, d'une quarantaine d'évêques, de 200 prêtres, et de près de 3000 congressistes, il a été marqué par des moments forts: la cérémonie d'ouverture où ont virevolté les drapeaux des soixante nations représentées, la prière au camp d'Auschwitz-Birkenau après une impressionnante marche de tous les congressistes jusqu'à ce lieu de douleurs, ou encore le pèlerinage au village natal de Jean-Paul II.

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Fri, 07 Oct 2011 16:30:00 +0200
Le sanctuaire a reçu le cardinal Paul Poupard http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/le-sanctuaire-a-recu-le-cardinal-paul-poupard.html Vendredi 30 septembre, la messe célébrée à 11h15 à la basilique du sanctuaire a été présidée... Le cardinal était présent dans le diocèse à l'invitation de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d'Embrun, et avait donné la veille à Gap une conférence consacrée au concile Vatican II.


Arrivé au sanctuaire en milieu de matinée en compagnie de Mgr Félix Caillet,  vicaire général, il a effectué une visite de la basilique avant d'y présider la messe, soulignant durant l'homélie que c'est "une grâce de célébrer en ce sanctuaire de grâces".

Voici le texte qu'il a écrit sur le Livre d'or du sanctuaire:

"C'est une grâce de revenir en ce lieu de grâces pour l'Eglise et pour le monde en ce début de 3e millénaire où notre saint père le pape Benoît XVI nous invite tous à une nouvelle évangélisation sur l'incitation de son prédécesseur le bienheureux Jean-Paul II. Votre sanctuaire de Notre-Dame du Laus, par son accueil des pèlerins et la grâce de réconciliation offerte à tous les pécheurs est une joie permanente partagée dans la prière."

 

A VOIR:

Diaporama sur la visite du cardinal (11 photos)

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Fri, 30 Sep 2011 15:02:00 +0200
"La fin de la nuit" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/la-fin-de-la-nuit.html Anniversaire de l'apparition de la Vierge Marie à Pindreau Fêter l'apparition de Pindreau, c'est d'abord fêter la nuit qui prend fin. Apparition lumineuse de la Vierge, Pindreau est pour Benoîte un retour de la lumière, après un mois d'absence de la Belle Dame. Ce silence va certainement se révéler fécond pour Benoîte. Quelle maturation a-t-il permis de développer dans son âme ? Quelle préparation à sa grandiose mission ? Qui peut le savoir ?

Sans doute Benoîte, gratifiée de quatre mois de témoignages célestes, devait-elle aussi faire l'expérience de ce qui est souvent notre lot quotidien dans la foi : le silence et l'impression d'absence, qui peuvent même nous conduire à douter de l'existence de Dieu. Mais cette étape de la vie de foi, cette nuit spirituelle que vivent peut-être certains d’entre nous en ce moment, peut se révéler d’une très grande fécondité.

Saint Jean de la Croix écrivait que « lorsque Dieu introduit l'âme dans cette nuit obscure, c’est pour l'amener à l'aridité et à la purification de l'appétit sensitif ». L’absence de sensation peut permettre d’aller plus à l’essentiel. Car le plus important dans la vie spirituelle, ce n'est pas que nous nous sentions bien quand nous prions ou que nous éprouvions quelque joie ; le plus important, c'est d'être avec le Seigneur, même si rien ne se passe en apparence. C'est une prière de totale gratuité, un amour vraiment désintéressé.

Mais il reste que la nuit du silence de Dieu suscite souvent en nous de nombreuses interrogations, dont nous entendions d'ailleurs comme un écho dans la première lecture. Le Seigneur y rapportait les paroles des hommes en ces termes : « vous dites : 'la conduite du Seigneur est étrange' » (Ez 18,25). Benoîte ne se privera pas d'exprimer ses interrogations, en prélude à la rencontre de Pindreau. Elle ne dira pas à Marie : « votre conduite est étrange », mais elle demandera : « d'où vient que m'ayez privé si longtemps de votre présence ? »

Cette question restera cependant sans réponse, parce que le Ciel n'a pas à nous rendre des comptes ;  c'est nous qui sommes humblement appelés à entrer dans le projet divin et à tenir dans l'espérance que Dieu sait ce qui est bon pour nous. Ainsi, comme seule réponse à sa question, Benoîte reçoit un envoi en mission : « allez au Laus ». Alors que nous voulons des explications, le Ciel, Lui, nous met en marche.

*   *   *

Cependant, avant de partir pour le Laus où elle se rendra dès le lendemain, Benoîte goûte la joie de cette lumineuse rencontre de Pindreau. A l'instar de ces retrouvailles que nous espérons tant avec ceux qui nous ont quittés, Benoîte se réjouit de la fin de l'absence. Son espérance est comblée quand, de l'autre côté de la vallée, elle distingue au loin une lumière éclatante, sur la colline de Pindreau. La bergère en est certaine : ce ne peut être que la Belle Dame qui l’attend !

Mais Benoîte va devoir faire un grand effort pour la rejoindre : il lui faut traverser le torrent et gravir la pente de Pindreau pour accéder jusqu'au lieu de la rencontre. Alors qu'au Vallon des fours, la Vierge était apparue à Benoîte de manière facilement accessible, ici la bergère est appelée à un effort important pour rejoindre la Belle Dame.

Elle expérimente ainsi une autre réalité essentielle de la foi : le courage, l'effort et la persévérance. La vie de foi nous est rarement servie sur un plateau ; elle nous engage au contraire à faire des efforts, qui vérifient la profondeur de notre vie spirituelle et la réalité de notre amour de Dieu.

Ainsi en est-il pour Benoîte, qui doit traverser le torrent et monter la pente raide pour rejoindre la lumineuse apparition. Et la bergère ne renonce pas à l'effort, car elle sait ce qu'il y a à la clé : la rencontre tant attendue. De même, dans notre vie sur terre, ne renonçons pas aux efforts. Le pardon, l'amour des ennemis, le renoncement à soi-même ou la fidélité à la prière sont des attentions difficiles à mettre en œuvre chaque jour ; mais si nous osons les vivre, l'effort nous conduira jusqu'à la rencontre lumineuse, promise avec le Seigneur pour l'éternité.

Il n'y a pas de vie spirituelle réelle et profonde qui s'achète à bon marché ; la vie de foi est toujours un effort. Mais quand on aime vraiment, l'effort devient léger. L'effort d'une mère pour soigner son  enfant malade, l'effort d'un prêtre pour se dépenser dans son ministère, et tant d'autres efforts généreux se révèlent des jougs bien légers s'ils sont vécus comme des actes d'amour.

En voyant Benoîte prendre avec enthousiasme le chemin de Pindreau malgré l'effort physique qui lui est nécessaire, nous pouvons penser aux paroles du Cantique des Cantiques, qui nous décrivent l'attitude du Seigneur Lui-même à notre égard : « voici mon bien-aimé qui vient ! Il escalade les montagnes, il franchit les collines, il accourt comme la gazelle » (Ct 2,8).

*   *   *

« Il accourt comme la gazelle ! » Le Cantique des Cantiques aurait pu écrire, mais c'est moins poétique : « il accourt comme une chèvre », car c'est bien grâce à sa chèvre que Benoîte rejoint plus rapidement la Belle Dame ; et voilà que cet animal qu'elle avait refusé de donner à Marie au Vallon des fours devient maintenant le moyen pour la rejoindre au plus vite. Le Seigneur n’enferme décidément jamais dans le passé !

La chèvre de Benoîte, qui se retrouve désormais en bonne place sur le monument de Pindreau, comme pour signifier que sa présence n'est pas si anecdotique qu'il y paraît, témoigne que nous sommes aidés pour traverser les torrents et gravir les pentes.

Oserais-je dire que nous sommes les uns pour les autres comme des « chèvres de Benoîte », nous soutenant mutuellement dans notre montée vers le Ciel ? Nous nous aidons à traverser les torrents et à gravir les pentes ; par nos encouragements et nos conseils, par nos prières et nos témoignages d'affection, nous sommes les uns pour les autres des « chèvres de Benoîte ».

Mais aussi : les saints et les anges sont pour nous tous des chèvres de Benoîte, n'hésitons pas à nous agripper à eux !  Les sacrements sont des chèvres de Benoîte ; la prière du chapelet, la méditation de la Parole de Dieu, l'exercice de la charité, sont autant de chèvres de Benoîte qui nous portent pour nous mener plus haut, vers le lieu de la rencontre, vers la source de la lumière.

Fêter l'apparition de Pindreau, c'est donc méditer sur les personnes et les moyens qui nous sont donnés pour aller vers le Ciel ; méditer pour rendre grâce, car le Seigneur ne nous laisse jamais seuls, même si nous avons l'impression d'expérimenter la solitude, parfois si douloureuse ; nous ne sommes jamais seuls... sachons découvrir où sont nos chèvres !

*  *  *

Et puis, fêter Pindreau, c'est fêter l'envoi en mission. Lorsqu'elle a rejoint la Vierge Marie, Benoîte s'entend dire : « allez au Laus ; vous y trouverez une chapelle d'où s'exhaleront de bonnes odeurs ; et là, très souvent vous me verrez, très souvent vous me parlerez ».

Quel envoi ! Non pas à l'autre bout du monde, mais seulement à six kilomètres de son lieu de naissance : rien de bien impressionnant dans cet envoi, comme pour nous inviter à reconnaître que, dans le quotidien le plus ordinaire de nos vies, le Seigneur ne cesse de nous envoyer nous aussi en mission.

Depuis ce matin, le Christ nous a tous déjà envoyés en mission plusieurs dizaines de fois ; y avons-nous seulement été attentifs ? Par la manière dont nous avons salué les personnes que nous avons croisées, par les pensées et les prières qui ont déjà habité nos cœurs en ce jour consacré au Seigneur, et par tant d'autres petites choses vécues depuis que nous nous sommes levés ce matin, le Christ nous a déjà confié bien des missions.

Nous avons répondu à certaines, nous en avons négligé d'autres. Mais toutes sont importantes, en tant que, si nous y répondons, nous permettons au Seigneur de répandre de l'amour, son Amour. Ne pensons pas que nous sommes exemptés de mission : n'attendons pas qu'elles soient grandioses pour y répondre : comme Benoîte, c'est d’abord tout près de chez nous que nous sommes envoyés.

*   *   *

Frères et sœurs pèlerins, missionnaires et chèvres, en fêtant aujourd'hui l'événement unique de l'apparition de Pindreau, nous ne devrions pas manquer de nous rendre en ce beau lieu.

D'abord parce qu'on ne peut se lasser de la beauté du paysage qui nous y est offert. Mais plus encore parce que ce lieu unique est vraiment propice à une profonde méditation : sur les silences de Dieu comme sur la nécessité de nos efforts spirituels ; sur l'enthousiasme à venir à la rencontre du Ciel comme sur la joie de répondre à la mission ; sur la reconnaissance des aides qui nous sont offertes pour monter plus haut, comme sur l'acceptation que les temps de Dieu ne soient pas ceux de nos durées terrestres...

Il y a une telle profondeur spirituelle dans l'apparition de Pindreau ! Une profondeur dans laquelle nous pouvons humblement accepter d'aller puiser pour que notre foi ne soit pas celle du fils de l'Evangile, qui dit « oui » à son Père mais qui reste inactif.

Que l'apparition de Pindreau nous rende dynamiques, agissants, bondissants, courageux pour gravir les pentes ! Et qu'elle nous fasse déjà goûter la joie de la lumière, la joie des retrouvailles, comme un prélude à la délicieuse rencontre qui nous attend au sommet, dans l'éternité. Amen.

 

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Sun, 25 Sep 2011 09:34:00 +0200
"Fatiguées et abattues" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/fatiguees-et-abattues.html Jésus-Christ « eut pitié des foules, parce qu’elles étaient fatiguées et abattues, comme des... Jésus-Christ « eut pitié des foules, parce qu’elles étaient fatiguées et abattues, comme des brebis sans bergers ».

Fatigués et abattus : voilà comment arrivent bon nombre de pèlerins en notre sanctuaire. Fatigués par des luttes avec une maladie, avec les autres, avec soi-même, voire avec Dieu ; abattus par toutes les difficultés de la vie, les échecs du passé ou les craintes de l’avenir.

Ces foules fatiguées et abattues sont venues en nombre, cette année encore, pour se réfugier auprès de Marie en notre sanctuaire. Combien de pèlerins ont dit profiter, au Laus, du calme et de la paix, de la dimension familiale et du message de réconciliation ? Combien de pèlerins, fatigués et abattus, retrouvent ici des forces, une espérance, l’assurance qu’ils sont aimés de Dieu ? Combien reçoivent une guérison, une libération, un relèvement ?

Oui, notre beau sanctuaire témoigne que le Seigneur Jésus n’a pas eu seulement pitié des foules qu’il a croisées lors de ses courtes années sur terre. Aujourd’hui encore, il continue à repérer que nous sommes fatigués et abattus, et il est pris de pitié ; une pitié qui donne la vie. Le Seigneur nous rejoint ainsi, dans nos essoufflements, avec autant de tendresse et de puissance de vie qu’il le faisait naguère sur les routes de Galilée.

* * *

Voilà ainsi tracée la mission de l’équipe pastorale qui sert le sanctuaire du Laus : dans la continuité des prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui se sont donnés par amour pour le Laus, le sanctuaire continue d’avoir des prêtres, religieux, religieuses et laïcs tout donnés au Laus. Offrant ainsi leurs jeunes années pour certains et leur expérience d’aînés pour d’autres, ils se mettent à l’écoute de Marie et à l’école de Benoîte pour que le Christ puisse continuer à rejoindre et à relever les foules fatiguées et abattues qui viennent trouver refuge en ce lieu.

Lorsqu’on envisage ainsi la mission de servir le Laus, la charge devient légère, les heures données n’importent plus, et l’enthousiasme émoussé par certaines malveillances retrouve toute sa vigueur !

Pèlerins et habitués du Laus, vous avez la chance d’avoir à votre service au Laus tant de personnes dévouées, dont le but essentiel est de permettre au Christ, par la Vierge Marie et avec le soutien de Benoîte, de réconforter les foules fatiguées et abattues.

Par le Sacrement du Pardon, par l’écoute disponible, par les beaux offices et toutes les activités proposées au Laus, nous cherchons à ce que les plus fatigués retrouvent de la force, par le Seigneur, et particulièrement par son Eucharistie. Nous cherchons à ce que les plus abattus se relèvent, reprennent vigueur, retrouvent la joie.

Et si nos limites ne permettent sans doute pas de toujours trouver tous les moyens d’y parvenir, la grâce ici, agit puissamment, pour pallier les manquements humains par un surcroît de présence divine. Et chacun peut ainsi percevoir, dans les temps de prière personnelle ou dans une marche autour du sanctuaire, que le Seigneur a l’air bien décidé à ne pas nous laisser fatigués et abattus. Et de cela, nous ne pouvons cesser de rendre grâce !

* * *

« J’ai demandé le Laus à mon Divin Fils pour la conversion des pécheurs », avait confié la Vierge Marie à Benoîte Rencurel. Ne peut-on voir dans cette demande la même que celle de la Vierge à Cana ? Marie remarque ce dont les hommes ont besoin pour que la joie ne soit pas gâchée ; puis elle demande alors à son Fils d’intervenir, et le Christ ne peut manquer de répondre à sa mère. Ainsi en est-il du Laus : « j’ai demandé le Laus à mon Divin Fils, pour la conversion des pécheurs… et il me l’a accordé », poursuit Marie !

« Il me l’a accordé » : Par la Mère de Miséricorde, le Christ ne peut manquer de nous combler de toutes les grâces de relèvement, de vigueur et de joie qui nous permettent, dans le quotidien de la vie, de tenir fermement dans l’espérance et de témoigner joyeusement de la victoire de l’amour. Amen.

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Mon, 19 Sep 2011 13:53:00 +0200
Le Laus a fêté la Nativité de Marie et la rentrée scolaire http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/le-laus-a-fete-la-nativite-de-marie-et-la-rentree-scolaire.html Le dimanche 11 septembre, en présence de 900 personnes, le sanctuaire a solennisé la fête de la... e anniversaire des attentats commis aux Etats-Unis, l’occasion était belle de prier pour la paix et pour les victimes de la violence. Traditionnellement, la fête de la Nativité de la Vierge Marie (inscrite au 8 septembre sur le calendrier liturgique) attire chaque année un public nombreux, souvent des fidèles du sanctuaire qui viennent y passer quelques jours en logeant à l’hôtellerie. Célébrée à partir de 10h30 sur le parvis de la basilique, la messe solennelle était présidée par l’évêque de Gap et d’Embrun, Mgr Jean-Michel du Falco Léandri. Dans un contexte marqué par le fin des vacances estivales et donc la rentrée des classes, le week-end était intitulé « fête de la rentrée », manière de souligner l’attention portée au jeune public. La journée a été rythmée par les rendez-vous spécialement programmés pour les enfants et les familles. Notamment, la messe s’est conclue par une « bénédiction des cartables » et une procession jusqu’à la chapelle de Bon Rencontre pour confier la nouvelle année scolaire à la Vierge Marie : pour les enfants, c’est une façon de rappeler que le Seigneur est présent dans toutes dimensions de la vie quotidienne, donc en particulier à l’école. L’après-midi, c’est encore la famille dont il était question dans l’enseignement proposé par le père Ludovic Frère, sur le thème Marie, refuge des familles (enseignement qu’il est possible de télécharger). Enfin, devant l’espace enfants, une exposition revenait en images sur la session des familles du mois d’août. La Nativité de la Vierge Marie n’était pas le seul événement historique commémoré en cette journée de fête. Il y a dix ans, en effet, les Etats-Unis étaient frappés par les tristement célèbres « attentats du 11 septembre ». Pour que ces commémorations ne soient pas seulement le rappel de souvenirs douloureux, mais aussi des occasions d’espérer et de se tourner vers l’avenir, le sanctuaire avait choisi de proposer aux pèlerins de prier spécialement pour la paix et les victimes de la violence. Téléchargements: Homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri Conférence "Marie, refuge des familles", par le père Ludovic Frère A lire et voir sur ce site: Diaporama sur la journée du 11 septembre Homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri ]]> Mon, 12 Sep 2011 15:55:00 +0200 "Nous fêtons un anniversaire" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/nous-fetons-un-anniversaire.html Homélie de la Nativité de la Vierge Marie Vous aimez les anniversaires, les enfants. Eh bien aujourd’hui, nous fêtons un anniversaire, celui de la Vierge Marie. Nous fêtons sa naissance, sa venue au monde. Célébrer un anniversaire, c’est célébrer le fait qu’on existe. Chers enfants, imaginez un instant que vos parents oublient de fêter votre anniversaire, comment seriez-vous dans votre cœur ? Comment vous sentiriez-vous ? Vous seriez tout triste, vous auriez l’impression de ne pas compter à leurs yeux, de ne pas exister. Oui, célébrer un anniversaire, c’est célébrer le fait qu’on existe, qu’on est une personne, qu’on a reçu le don de la vie, que Dieu nous a appelés du néant à la vie. Et nous en sommes heureux. Et nous nous réjouissons de cette vie reçue de lui et de nos parents, co-créateurs, coopérateurs à l’œuvre créatrice de Dieu.

Parmi toutes les lettres reçues ces derniers temps, j’en ai reçue une d’une dame, heureuse du dernier CD, mais avec un bémol. Elle reprochait d’avoir gardé dans la chanson l’Indifférence de Gilbert Bécaud ce passage : « Vous vous aimez et vous avez / Un lit qui danse. » Eh bien désolé pour cette dame, mais je ne retire rien. J’assume pleinement. Et j’espère pour elle que ses propres parents se sont de fait aimés, et qu’elle est le fruit d’un lit qui dansait.

Eh oui, car c’est bien de cette manière là que vous, parents, êtes coopérateurs de l’œuvre créatrice de Dieu. J’en profite pour rappeler que Dieu est créateur de deux manières. Tout d’abord en étant à l’origine de toute chose. Sans lui elles ne seraient pas. Mais aussi en les soutenant dans l’être. Sans lui elles retourneraient au néant.

Aussi, chers parents, vous qui êtes homme et femme à l’image de Dieu, votre coopération à l’œuvre de Dieu ne consiste pas seulement à donner la vie, mais à accompagner dans la vie, à durer auprès de vos enfants. On ne connaît que trop les dégâts causés par des parents n’exerçant pas leur autorité parentale, et combien il est important alors qu’il puisse y avoir un père ou une mère de substitution auprès de ces enfants, d’autres rocs sur lesquels ils puissent s’appuyer, qui puissent leur servir de repère dans la vie.

Un des apprentissages fondamentaux est celui de la joie. Je ne sais pas pour vous, mais j’aime quant à moi voir la Vierge Marie comme une personne pleine de joie. Car comme le disait Paul VI, « Elle a saisi, mieux que toutes les autres créatures, que Dieu fait des merveilles: […] Non point que le déroulement apparent de sa vie sorte de la trame ordinaire, mais elle médite les moindres signes de Dieu, les repassant dans son cœur. Non point que les souffrances lui soient épargnées […] Mais elle est aussi ouverte sans mesure à la joie de la Résurrection; elle est aussi élevée, corps et âme, dans la gloire du ciel. » [Gaudete in Domino, 1975]

Oui, Marie est profondément joyeuse jusque dans les épreuves, car en communion constante avec Dieu. Elle reçoit le don de la vie à chaque moment avec émerveillement et gratitude, consciente du don inestimable qu’est la vie. Elle reste transparente à l’action de Dieu en elle, à l’amour de Dieu tel qu’il s’exprime en toute chose, jusque dans son être de femme. Car Dieu est avant tout le Dieu des vivants. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Et c’est par tout ce qui est vie que nous pouvons avoir un aperçu de ce qu’il est.

De toutes les créatures sur terre, seul l’être humain peut prendre conscience du don de la vie. C’est à lui qu’il est donné d’être conscient de ce don. C’est à lui qu’il est donné de prendre soin de la création. Lui seul peut rendre grâce pour le don de la vie, louer et adorer le Créateur. Si le ciel, la terre, les montagnes, louent le créateur, c’est par la voix des hommes qu’ils le louent.

C’est à l’être humain aussi qu’il est donné d’explorer la vie dans toutes ses dimensions, dans toutes ses virtualités, dans toute sa profondeur. Les plantes, les animaux, les étoiles, les êtres humains, ne sont pas là, devant nous, juste comme des objets inertes, sans relation avec nous. Ils prennent forme et sens pour nous selon le regard que nous portons sur eux, par l’amour que nous leur manifestons. Qui peut dire que l’athée, l’agnostique, le cynique, le croyant portent le même regard sur la vie et les êtres ?

Alors quel regard devons-nous porter sur la création, sur nos proches, sur nos vies ? A chaque messe, au moment de la préface, nous le disons : « Vraiment il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. » Toujours et en tout lieu nous pouvons rendre grâce. Toujours et en tout lieu nous pouvons louer Dieu. Toujours et en tout lieu. Le croyons-nous ? En sommes-nous convaincus ? Le vivons-nous ?

Savez-vous que c’est possible et que vous pouvez en faire l’expérience ?

Je vais vous proposer un exercice. Il va consister à entrer dans les vues de Dieu sur sa création, à la voir comme il la voit. Et à entrer dans l’action de grâce pour tout. Il va consister à devenir le plus transparent possible à l’action de Dieu en vous, à l’amour de Dieu tel qu’il s’exprime en toute chose, jusque dans votre être-même. Vaste programme me direz-vous. Pas si difficile que cela vous allez voir. Et puis rassurez-vous, comme pour tout apprentissage, on va partir du plus facile pour aller vers le plus difficile. Le Laus est un endroit idéal pour faire cet exercice.

Alors voilà, dans la journée, cherchez un petit coin tranquille. Allongez-vous dans l’herbe ou asseyez-vous. L’important est d’être à votre aise. Laissez-vous aller. Puis rappelez-vous le livre de la Genèse. Dieu qui crée, qui dit, qui nomme, et qui par sa seule parole crée. Regardez ensuite chaque chose en la nommant, avec amour, pour qu’elle soit. Comme si c’était vous qui étiez en train de les créer. Reprenez l’ordre de la création, qui va des choses les plus vastes aux plus petites. Le soleil, le ciel, les nuages, les montagnes. Sentez le vent sur votre visage. Sa fraîcheur. Et puis contemplez les arbres, chacun selon son espèce. Puis, plus difficile, passez à la mouche qui vient vous chatouiller le bras. Dépassez votre agacement. Ne la voyez plus comme une nuisance. Prenez le temps de regarder la nature qui vous entoure ainsi, avec un regard neuf, et vous retrouverez le regard émerveillé de l’enfance sur la création.

Puis fermez les yeux et passez aux êtres humains. Nommez et attardez-vous sur chacun de vos proches. Prenez le temps de les voir comme Dieu les voit. Dieu dans son acte de création. Dieu qui les aime chacun. Dieu qui prend patience avec chacun. Puis beaucoup plus difficile, très difficile même, passez à un ennemi, à quelqu’un qui vous a fait du mal. Vous en souffrez encore. Ne niez pas cette souffrance, ne cherchez pas à travestir ce mal en bien. Mais allez plus loin. Voyez plus loin. Plus profond. Ne focalisez plus sur vous-même, sur le mal qui vous a été fait, mais regardez cet ennemi non plus en tant qu’ennemi mais en tant que personne, d’une égale dignité que vous. Aimez-la comme vous êtes aimé de Dieu. Aimez-la dans sa faiblesse comme Dieu vous aime dans la vôtre. Aimez-la faisant parfois le contraire de ce qu’elle veut, comme vous aussi vous faites le contraire de ce que vous voudriez. Voyez cet homme, cette femme, cet ennemi, comme Dieu voit ses ennemis. Dieu n’est l’auteur que du bien. Dieu est étranger au mal. Il n’a même pas l’idée du mal[1]. Tout ce qu’il crée est bon. Même le démon, en tant que créature, est bon. Ce qu’il fait est mal, mais ce qu’il est est bon. Car son être, sa nature angélique, il la tient de Dieu. Et Dieu le maintient dans l’être malgré tout le mal qu’il cause de par le monde. Le diable reste son ennemi. Le diable s’est détourné de lui. Nulle amitié entre eux, nulle intimité. Mais cela n’empêche pas Dieu, auteur de la nature et de la vie, d’être présent à lui comme il est présent à toute créature.

Rendre grâce, « toujours et en tout lieu ». Tournez maintenant votre regard sur votre histoire personnelle. Voyez l’œuvre de Dieu en vous depuis votre naissance. Depuis même avant votre naissance. Comme le psalmiste, dites : « Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance, / mon appui dès ma jeunesse. / Toi, mon soutien dès avant ma naissance, / tu m’as choisi dès le ventre de ma mère […] Dieu, qui donc est comme toi ? / Tu seras ma louange toujours ! » (Ps 70) Considérez les circonstances de votre vie, les impasses, les traverses. Voyez-les comme menant quelque part. Ne regrettez rien. Acceptez tout. Comme Edith Piaf, vous pouvez chanter, « non rien de rien, non je ne regrette rien. » Plus même qu’accepter ces circonstances, choisissez-les. Considérez-les commue voulues par Dieu dans sa sagesse et dans son amour. Considérez que si c’était à recommencer, c’est ce chemin-là que vous auriez pris, que vous auriez souhaité, que vous auriez voulu, pour connaître Dieu et l’aimer, pour connaître des frères et sœurs en humanité et les aimer. On ne peut pas toujours tout comprendre, mais on peut toujours croire, et acquiescer, et vouloir, et rendre grâce. Pensez à un saint comme Maximilien Kolbe. Il s’offrit volontairement à la mort pour sauver un inconnu. Pour tous au camp, le bunker de la faim ne pouvait être qu’un enfer. Mais ils ne voyaient qu’une seule face des choses. Maximilien avec son regard aiguisé voyait l’autre, si bien que par sa foi, sa paix, sa joie, sa sérénité, il a transformé pour ces frères cet enfer en antichambre pour la vie éternelle.

Oui, vraiment il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu. à toi Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. Amen. Télécharger cette homélie de Mgr di Falco Léandri (document PDF)
[1] cf. Somme théologique, Ia, Q. 15, art. 3, 1m, et voir l’ouvrage du père Jean-Miguel Garrigues, op, Dieu sans idée du mal, édition revue et augmentée, 1997, Desclée-Mame.]]>
Sun, 11 Sep 2011 16:04:00 +0200
http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle.html Fri, 09 Sep 2011 14:40:00 +0200 2012 : le congrès national de la Miséricorde aura lieu au Laus http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/2012-le-congres-national-de-la-misericorde-aura-lieu-au-laus.html Haut-lieu de réconciliation, le sanctuaire Notre-Dame du Laus a été choisi pour accueillir le... Haut-lieu de réconciliation, le sanctuaire Notre-Dame du Laus a été choisi pour accueillir le prochain Congrès national de la Miséricorde. Placé sous la présidence de Mgr Barbarin, archevêque de Lyon, ce grand rassemblement se déroulera les 4 et 5 août 2012, dans la lignée des rencontres de Lyon (octobre 2008), Lisieux (février 2010) et Ars (août 2010).

Pour comprendre ce qu'est le congrès national de la Miséricorde, il faut remonter à 2005.

En juillet de cette année, 300 personnes sont réunies à Cracovie, au sanctuaire de la Divine Miséricorde, pour une retraite internationale sur le thème "La Miséricorde, unique espérance pour le monde". Le cardinal Philippe Barbarin et Mgr Albert de Monléon (évêque de Meaux) font partie des prédicateurs. Lors de cette rencontre naît l'idée d'un Congrès mondial sur la Miséricorde.

Accueilli favorablement par le pape Benoît XVI, le projet se concrétise en 2008: le 3 avril, jour de l'anniversaire de la mort de Jean-Paul II, Rome accueille le 1er congrès mondial. 5000 personnes y prennent part. 

Pour continuer à promouvoir la Miséricorde, susciter une prise de conscience de son importance et favoriser des rencontres, il est décidé de lancer des travaux au niveau des nations. L'Eglise de France va donc se lancer dans cette voie, sous l'impulsion de Mgr Barbarin, Mgr de Monléon, et Mgr Bagnard (évêque de Belley-Ars).

Depuis 2008, trois congrès ont ainsi été organisés en France:
  • A LYON, les 4 et 5 octobre 2008
  • A LISIEUX les 19, 20 et 21 février 2010
  • A ARS le 22 août 2010

Les 4 et 5 août prochains, ce sera au tour du Laus d'accueillir le congrès: le Laus, lieu privilégié pour vivre le pardon depuis que la Vierge Marie l'a choisi comme "refuge des pécheurs" et a demandé à Benoîte Rencurel d'y accueillir les pèlerins en quête de conversion.

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Fri, 09 Sep 2011 13:23:00 +0200
"Tous des Benoîte !" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/tous-des-benoite.html Homélie du 23e dimanche du TO « qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? » (Luc 6,41). Mais sans hypocrisie - et donc avec humilité - le Seigneur nous appelle à aider les autres à grandir dans la foi et à leur faire clairement découvrir quand ils sont dans le péché. Pour assumer cette mission délicate, les lectures de ce dimanche sont un éclairage très précieux.
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Au prophète Ezéchiel, le Seigneur demande : « tu avertiras le peuple de ma part ». Et à ses disciples, le Christ enseigne, de la même manière : « si ton frère a commis un péché, (…) montre-lui sa faute ». Oui, nous sommes concernés par les péchés des autres ; nous sommes concernés par leur salut, concernés par leur sainteté. Ce n’est pas : « chacun pour soi, et on se reverra peut-être au Ciel ». C’est tous ensemble ; non seulement parce qu’il y aurait non-assistance à personne en danger – en danger de mort spirituelle – à se taire quand il faut parler pour avertir ou dénoncer, mais plus encore parce que nous formons un seul corps dans le Christ. Et, dans ce corps, nous avons la mission de veiller les uns sur les autres. Ainsi, au prophète Ezéchiel, le Seigneur annonce : « je fais de toi un guetteur ». Le prophète n’est donc pas un donneur de leçons, il est un « guetteur » : c’est-à-dire que s’il abandonne son poste ou s’il manque d’élever la voix quand l’ennemi approche, c’est toute la ville qui est menacée de perdition, c’est tout le corps qui est en péril. Nous devons donc être des veilleurs les uns pour les autres, afin de dénoncer le mal et d’encourager à la sainteté ; une mission que nous devons avoir le courage d’assumer, aussi bien dans une vie de couple ou de famille, que dans toutes nos relations - et particulièrement dans une communauté de frères et sœurs chrétiens.
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Au sanctuaire Notre-Dame du Laus, cette responsabilité du salut des autres, Benoîte Rencurel l’a courageusement assumée. C’est même une triple mission que le Seigneur, par la Vierge Marie, l’a invitée à accepter : désigner les péchés, amener les pécheurs à se confesser, et veiller à ce qu’ils fassent de bonnes confessions. On peut trouver consolant que Benoîte ait cherché parfois à se décharger de cette redoutable mission ; il lui est arrivé de ne pas oser se présenter à un pécheur pour lui dénoncer ses fautes au nom du Seigneur ; et la Vierge le lui a vivement reproché. Mais, bien plus souvent, Benoîte a osé le faire, consciente que c’était vraiment pour le bien des pécheurs. Ainsi, dans les manuscrits du Laus, on trouve cette affirmation enthousiaste : « qu’on est heureux quand, dans les désordres de sa conscience, on trouve quelqu’un qui vous donne des avis salutaires ». Benoîte avait le charisme de lire dans les consciences ; et quand on parle de charisme, on parle d’une grâce offerte par le Seigneur pour l’ensemble du peuple. Que Benoîte puisse lire dans les consciences, c’était donc une grâce non pas pour elle, mais pour ceux qui en étaient les bénéficiaires : les pécheurs les plus endurcis. De même, nous pouvons reconnaître que la mission de dénoncer les péchés des autres, c’est une grâce que le Seigneur nous demande de mettre en œuvre, avec beaucoup de délicatesse, d’amour et de vérité, en ayant bien conscience que c’est pour les servir, non pour les dominer.
* * *
C’est bien sûr une entreprise délicate, et n’oublions jamais la paille et la poutre. Mais chacun d’entre nous est capable de percevoir, quand il reçoit un conseil ou un avertissement, si c’est une remarque pour blesser ou au contraire pour relever. Nous le sentons très bien, car l’amour ne ment pas. Alors, si ce n’est pas par amour que nous aidons les autres à avancer dans la vocation à la sainteté, taisons-nous. Mais si c’est l’amour qui nous porte, nous n’avons pas le droit de nous taire. C’est bien ce que le Christ nous enseigne dans l’Evangile de ce jour, où il ne s’agit pas seulement de dénoncer les péchés d’un frère une seule fois, mais trois fois, par trois moyens différents, nous permettant de ne pas ménager nos efforts pour lui éviter de se perdre. Le premier de ces moyens, Jésus l’exprime ainsi : « si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute ». Vous remarquerez que l’être humain a plutôt tendance à appliquer une méthode quelque peu différente, du genre : « si ton frère a commis un péché, va parler aux autres, derrière son dos ! ». Or, Jésus nous dit bien : « seul à seul ». Il s’agit de parler à la personne concernée, non pas de déblatérer sur elle auprès des autres. « Seul à seul », oser faire une démarche de charité et de vérité ; voilà la première consigne donnée par le Christ. Mais elle est assortie d’une deuxième : « s’il n’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes afin que l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins ». Cette remarque du Seigneur est importante, car elle ne peut manquer d’être mise en parallèle avec les mots qu’il exprime, quelques instants après, en disant : « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». « Deux ou trois témoins », « deux ou trois réunis » au nom du Christ : clairement, il s’agit de mettre en valeur la présence du Seigneur et la communion qu’il nous offre de vivre en Lui. Autant Ezechiel était seul, comme guetteur aux portes de la ville ; autant nous, chrétiens, nous ne sommes jamais seuls à dénoncer le mal et à encourager à la sainteté. Nous avons le Christ, présent au milieu de nous, qui nous permet de rester fidèles et qui nous donne la lumière de l’Esprit de vérité, pour que notre jugement soit juste et notre intention pure de toute supériorité sur les autres. Puis, vient une troisième demande, au cas où le pécheur refuserait d’écouter les deux ou trois témoins : « dis-le à la communauté de l’Eglise », annonce le Christ. C’est la troisième instance, pourrait-on dire. Troisième, pour bien manifester la persévérance dans le désir d’aider le pécheur à se convertir. Troisième : comme les trois reniements de Pierre et ses trois paroles d’amour au Christ, ou comme les trois renoncements au mal dans le sacrement du baptême. Trois : c’est le chiffre de la persévérance, de l’acte décidé, de la conviction profonde. Ainsi, nous le comprenons : nous ne pouvons pas dénoncer les péchés simplement de manière périphérique, pour nous donner bonne conscience ; mais c’est sans relâche que nous devons nous dépenser pour éviter qu’un seul ne se perde. Nous devenons ainsi des reflets du Seigneur, qui veut « que tous soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité », comme le dit Saint Paul à Timothée (1 Tim 2,4). Cette troisième instance de dénonciation, c’est « la communauté de l’Eglise », dit le Christ. Il nous présente là une mission essentielle de l’Eglise : tout en cherchant à donner envie de vivre l’Evangile, elle doit aussi assumer sa responsabilité de dénoncer, par exemple quand la vie est mise en péril ou quand la dignité humaine passe au second plan, après d’autres intérêts commerciaux ou idéologiques. L’Eglise doit aussi mettre en garde contre le danger de se perdre ; elle doit aider à identifier le péché.
* * *
Frères et sœurs, le Christ nous présente ainsi trois instances de dénonciation du mal ; il ne peut ainsi que nous rendre convaincus de l’importance d’assumer cette mission en son nom. Nous voici donc tous interrogés sur ce que nous faisons pour le salut des autres. Sommes-nous d’abord persuadés d’être concernés par leur salut - et pour cela, peut-être faut-il d’abord être convaincu qu’il y a des situations où ce salut est en péril ? Voulons-nous aider les autres à devenir saints ? Voulons-nous leur bien, non seulement en les aidant sur terre, mais en souhaitant leur bonheur éternel, et en les aidant à y parvenir ? Si chacun d’entre nous aide ne serait-ce que deux ou trois personnes à devenir plus saintes, notre monde peut déjà s’en trouver transformé. Pourquoi ne pas nous y essayer, dès cette semaine ? Amen. Télécharger cette homélie (Homélie du 23e dimanche du TO, année A)]]>
Sun, 04 Sep 2011 14:33:00 +0200
Session familles: rendez-vous l'an prochain ! http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/session-familles-rendez-vous-lan-prochain.html Du 11 au 15 août 2011, le sanctuaire a vécu l'un des temps forts de l'été: sa 1ère session des... le Seigneur me donne l'agilité du chamois".  Une quinzaine de familles, qui ne connaissaient pas Notre Dame du Laus pour la plupart, ont pris part à cette session.
Revivez la, ou découvrez-la, grâce aux liens suivants: Témoignage de soeur Marie-Jérémie et de la famille Fossé Plusieurs diaporamas sur la session L'intégralité de l'emploi du temps et la présentation du thème D'ores et déjà, rendez-vous en 2012 pour la 2e session des familles !]]>
Tue, 30 Aug 2011 11:17:00 +0200
"Qui perd gagne" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/qui-perd-gagne.html Homélie du 22e dimanche du temps ordinaire

Les « Jérémiades » sont de longues plaintes, des lamentations incessantes.

En entendant la première lecture de ce dimanche, on comprend que Jérémie ait donné son nom à cette attitude négative. Il faut dire que le prophète a de quoi se morfondre en jérémiades : le Seigneur lui a confié une mission visiblement trop difficile. Il rencontre tellement d’adversité qu’il est bien décidé à laisser tomber : « je ne penserai plus au Seigneur, je ne parlerai plus en son nom ». La démission paraît une solution plus enviable que la fidélité courageuse.

Comme Jérémie, nous pouvons rencontrer de nos jours de vives oppositions, en raison de notre attachement au Seigneur. « A longueur de journée, je suis en butte à la raillerie », confie le prophète. « Tout le monde se moque de moi ».  Oui, notre foi suscite bien des moqueries. Elle rencontre non seulement l’indifférence de beaucoup de nos proches, mais plus encore les critiques directes ou indirectes, la dérision et l’incompréhension.

Devant tant d’adversités, la tentation est grande de reprendre les paroles de Jérémie : « je ne penserai plus au Seigneur, je ne parlerai plus en son nom ». Sans doute avons-nous parfois envie de baisser les bras, préférant aller dans le sens de la majorité, pour « plaire aux hommes plutôt qu’à Dieu », comme le dit Saint Paul (1 Th 2,4). C’est la tentation de la facilité et des séductions du monde.

Mais le prophète Jérémie ne peut pas démissionner, car c’est une autre séduction qui l’a touché en profondeur : « tu as voulu me séduire et je me suis laissé séduire ». La foi ne consiste pas d’abord à défendre des idées, aussi importantes soient-elles. La foi est une relation dans laquelle notre Dieu a fait le premier pas pour venir nous séduire. Alors, Jérémie ne peut pas renoncer à parler au nom du Seigneur, puisqu’il y a en lui « comme un feu dévorant ». Non pas malgré lui, mais plus grand que lui, il y a l’amour du Seigneur, qui est venu l’embraser.

En nous aussi, peuple de prophètes, il y a un feu dévorant ; un feu qu’il n’est pas possible d’éteindre et qui nous rend convaincus de l’existence de Dieu et de son amour, par-delà toute preuve ou tout signe de sa présence. « Je suis venu allumer un feu sur la terre », avait annoncé le Christ (Luc 12,49). Depuis le jour de la Pentecôte, ce feu brûle avec bien plus de puissance et d’éclat que nous ne pouvons le voir ou même l’imaginer. Serions-nous dans une période de doute, de remise en question ou d’épreuves, le Seigneur ne s’éloigne pas, le feu ne s’éteint pas.

* * *

Un feu : autant dire que la vie de foi ne peut pas être tiède ni statique. D’ailleurs, le Seigneur nous indique aujourd’hui les conditions requises pour être de ses disciples : « si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».

N’aurions-nous pas préféré une recette plus facile à mettre en œuvre ? Quelques rites, exercices spirituels ou règles alimentaires… une religion maîtrisable, en somme, où l’on pourrait vraiment savoir ce qu’il faut donner à Dieu et ce qu’on peut garder pour soi. En tous cas, quelque chose d’un peu moins radical, qui ne perturbe pas trop nos projets de vie ni notre désir de confort.

 Mais c’est un feu qui nous habite, un feu qui consume tout : « si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Comment se fait-il que des millions de personnes à travers le monde se disent chrétiennes quand les exigences posées pour l’être sont si élevées, et apparemment si peu enthousiasmantes ?

On comprend bien qu’être chrétien, ce n’est pas réciter le Notre-Père, venir à la messe le dimanche ou lire fréquemment la Bible. Etre chrétien, c’est renoncer à soi-même et prendre sa croix, ce que la prière du Notre-Père, la participation à la messe et la méditation de la Parole de Dieu aident, bien sûr, grandement à vivre.

Renoncer à soi-même : Saint Paul a décliné cette exigence, dans la deuxième lecture, quand il a dit aux chrétiens de Rome : « je vous exhorte, par la tendresse de Dieu, à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint… c’est là pour vous l’adoration véritable » (Rm 12,1). Pour adorer en vérité, il ne s’agit donc pas seulement de passer du temps devant le Saint-Sacrement ; il faut encore offrir notre vie en sacrifice !

Mais le voulons-nous vraiment ? Sommes-nous disposés à le faire, ou préférons-nous informer le Seigneur que nous renonçons, comme Jérémie le voudrait, à une mission qui nous paraît bien au-dessus de nos forces et bien loin de notre bonheur ?

* * *

« Je vous exhorte, par la tendresse de Dieu, à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint ». Du sacrifice, nous avons souvent une vision très négative, parce que nous partons toujours de nos petits efforts, alors que notre foi nous demande de tout penser à partir de Dieu. L’important n’est donc pas tant de notre côté, à considérer ce que nous lâchons, que du côté de Dieu, à constater ce qu’Il réalise.

Dans un sacrifice, le Seigneur élève ce que nous offrons à une réalité supérieure - j’oserais dire : divine. C’est ce que nous manifestons pleinement au moment de l’offertoire, la présentation des dons au cours de la messe. Mais c’est ce qui se vit aussi à chaque fois que nous offrons quelque chose à Dieu ; en soi, Il n’a pas besoin de ce que nous Lui donnons, Lui qui possède tout par nature. Mais, en Lui donnant ce qu’il nous a Lui-même auparavant offert, nous Lui permettons d’élever la réalité créée à une autre dimension, pour en faire l’occasion d’une union plus grande avec Lui, par le don offert et reçu, par la circulation d’amour.

Ainsi, en offrant notre vie « en sacrifice saint », nous acceptons d’entrer vraiment dans la réalité de notre salut. Le Créateur nous avait donné la vie ; nous sommes appelés à la Lui rendre, puisqu’Il nous l’a redonnée dans son Fils, pour l’éternité. « Vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, dit alors Saint Paul aux Corinthiens, car le Seigneur a payé cher le prix de votre rachat » (1 Co 6,19-20).

* * *

 « Vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes ». Voilà comment accueillir les paroles du Christ aujourd’hui : « si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même ». Renoncer à soi, c’est d’abord reconnaître que l’on ne s’appartient plus à soi-même.

Sans ce renoncement, nous ne pouvons pas réellement marcher derrière le Seigneur ; notre foi consistera plutôt à Lui demander de marcher derrière nous, en soutenant tous nos choix de sa protection et en intervenant quand nous le Lui demandons. Mais non : Dieu n’est pas au service de nos besoins, comme un garde du corps qui nous suivrait de près pour nous éviter tous les dangers.

C’est nous qui devons marcher derrière Lui. Parce que nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes, nous marchons derrière Celui à qui nous appartenons, cherchant à ne faire plus qu’un avec Lui.

Or, il nous faut le savoir si nous voulons vraiment suivre le Christ : il ne prend pas des chemins faciles. La route qu’il suit s’appelle : le don de soi, l’abandon de nos revendications personnelles, le renoncement à la vie facile et confortable pour choisir la vie surabondante et éternelle.

Et c’est pourquoi le Seigneur nous dit : « si quelqu’un veut marcher derrière moi… qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Souvent, on interprète ces paroles dans un sens plutôt fataliste : « il faut bien porter sa croix, chacun sa croix, on n’y peut rien ».

Or, le Christ n’appelle jamais à la fatalité. Il demande au contraire de choisir de le suivre ; c’est le choix des forts, la mort à soi-même pour exister vraiment. « Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera ».

Quels que soient nos vocations, nos âges, notre état de santé, nos joies ou nos peines, nous sommes tous appelés à suivre ainsi le Christ : en ne cherchant pas à gagner, mais en croyant à la puissance du don, seule capable de nous associer à la vie du Christ, dès maintenant et pour l’éternité. Amen.

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Sun, 28 Aug 2011 17:14:00 +0200
"Une grâce de clés" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/une-grace-de-cles.html Homélie du 21e dimanche du temps ordinaire « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise ; et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle ». Frères et sœurs, en ce dimanche où le successeur de Pierre affermit la foi d’un million de jeunes à Madrid, la Providence a voulu nous rappeler la mission spécifique de Pierre et celle de l’Eglise entière en communion avec lui : Pierre sur laquelle le Christ bâtit son Eglise, non pas comme une simple association de croyants, mais comme son œuvre propre, la continuation de son agir, le prolongement de son corps. Cette mission est assortie d’une promesse inouïe, quand on veut bien l’entendre : « tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux ». Quelle redoutable responsabilité ont reçu Pierre et de ses successeurs ! Une responsabilité qui demande le soutien de nos prières. Car « lier » et « délier », cela signifie d’abord conserver intact le dépôt de la foi, qui n’a pas été inventé par l’Eglise mais qui est reçu du Christ, dans l’Esprit-Saint. Ainsi, ce verbe « lier » signifiait, dans le monde rabbinique : « interpréter authentiquement la loi ». Nous voici donc appelés à un acte de foi en l’Esprit-Saint qui conduit son Eglise et qui permet au Pape et aux Evêques de ne jamais errer dans la foi. Cette responsabilité de « lier » et de « délier », avec des conséquences dans les Cieux, signifie également en propre le ministère du pardon des péchés. Saint Augustin écrira ainsi que : « l’Eglise a reçu les clés du Royaume des cieux, afin que se fasse en elle la rémission des péchés par le sang du Christ et l’action du Saint-Esprit ». D’ailleurs, dans les Evangiles, le verbe « délier » a une signification très forte, qu’illustre bien l’ordre donné par Jésus au moment de la résurrection de son ami Lazare : « déliez-le et laissez-le aller » (Jean 11,44). Le pardon des péchés est donc une véritable résurrection ; la mission de délier consiste à rendre la liberté de se mouvoir, de vivre, d’exister vraiment ! Telle est la belle mission dont les prêtres confesseurs se découvrent chaque jour un peu plus d’humbles serviteurs. Dans les manuscrits du Laus, il est précisé, de manière touchante, que les Pères Peythieu et Lhermitte, confesseurs au sanctuaire du temps de Benoîte « n’échangeraient pas le confessionnal pour les premières charges de l’Eglise, tant ils avaient de joie et de consolation dans la conversion des pécheurs ». Oui, il est heureux pour un prêtre de confesser, car la confrontation pénible avec la laideur du péché et le poids des vies meurtries est largement compensée par la joie à voir le pécheur se relever ; la joie de l’aider à délier ce qui l’empêche de vivre vraiment ; la joie de le voir repartir avec un élan nouveau et un désir renouvelé de suivre le Christ au plus près. Il est beau de pouvoir ainsi « délier », sans aucun mérite personnel, mais sur la seule promesse du Christ. Cependant, cette mission a un autre aspect, celui de « lier » : une responsabilité qu’il faut avoir le courage de regarder en face. Et je vous assure que c’est une épreuve pour le prêtre confesseur, l’épreuve de devoir maintenir lié quand les conditions nécessaires au pardon ne sont pas remplies. Ce n’est pas une limite fixée humainement à la miséricorde divine ; c’est au contraire la reconnaissance que la seule limite que Dieu se soit lui-même imposée, c’est celle de notre liberté. Alors, si nous n’avons pas le regret de nos péchés ou pas la ferme intention de changer une situation de vie qui n’est pas selon la volonté du Seigneur, il faut en assumer les conséquences : on ne peut pas alors recevoir le pardon sacramentel. Et rappeler cela, c’est une responsabilité redoutable, qui fait trembler les confesseurs conscients de leur charge de « délier » mais aussi de laisser « lié », au nom de la vérité. * * * Cette mission de « lier » et de « délier » peut cependant être perçue de manière plus large encore. Car, si le Christ confie ici à Pierre en particulier ce ministère des clés et si c’est seulement à lui qu’il est dit : « tu es pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise », il faut bien voir que, deux chapitres plus loin, le Seigneur reprend le même thème (lier-délier) pour révéler cette fois-ci à tous ses disciples la responsabilité qui est aussi la leur. Parce que nous sommes tous membres du même corps de l’Eglise, nous avons tous à œuvrer pour lier et délier. « Délier », comme Lazare au sortir du tombeau : aider à redonner la vie. Et « lier », comme on peut le faire de liens d’amour : donner envie d’être uni au Christ et davantage ouvert à l’amour des autres. C’est notre mission commune de baptisés, et il nous faut la regarder bien en face pour la mettre en œuvre courageusement et percevoir ses implications qui peuvent être éternelles. Alors, posons-nous ces questions : comment agissons-nous quotidiennement pour qu’à travers nos paroles et nos actes, le Christ puisse délier et libérer de la mort ? Comment est-ce que nous entendons cette mission avec ses conséquences éternelles : « ce que vous aurez lié (ou délié) sur la terre sera lié (ou délié) dans les cieux » ? Qu’est-ce que ça veut dire pour nous tous ? Il me semble que c’est d’abord un appel à être cohérents dans notre vie de foi. Si, bien que chrétiens, nous sommes pour les autres des objets de scandale ou si notre foi se révèle hypocrite, alors prenons garde : non seulement notre foi ne mène à rien, mais en plus cette religion hypocrite risque de conforter d’autres personnes dans leur conviction qu’ils ont raison de ne pas avoir la foi ou de ne pas pratiquer. Nous avons ainsi la redoutable responsabilité de pouvoir lier des personnes dans leur incrédulité s’ils ne trouvent pas en nous de vrais témoins de l’Evangile ; et ce lien peut avoir des conséquences éternelles : « ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans les cieux ». Alors, sans crainte et sans crispation, assumons notre mission de foi ; nous n’en serons d’ailleurs que plus heureux, plus épanouis et plus libres : « montre-moi ta foi qui n’agit pas, dit Saint Jacques. Moi, c’est par mes actes que je te montrerai ma foi ». Bellement, fidèlement, courageusement vécue, notre foi peut dénouer chez les plus réticents des liens d’incrédulité ou de révolte contre Dieu et contre l’Eglise. « Délier », ça pourra être aussi, pour nous, briser les liens de la superstition, qui n’a rien à voir avec la foi, mais qui est au contraire une forme subtile d’idolâtrie. « Délier », ça pourra être aider quelqu’un à découvrir que le Seigneur n’est pas la cause d’un malheur qui le touche, mais qu’il est le Sauveur qui œuvre et qui relève. « Lier », ça pourra être nous garder d’entretenir de mauvaises pensées ou lier notre langue pour qu’elle cesse de critiquer, de comparer, de juger, de mentir. Lier le mal pour qu’il ne puisse plus librement circuler entre nous à sa guise, en semant la désunion… Et bien d’autres circonstances, dans lesquelles nous découvrons que le Christ, parce qu’il nous fait confiance et qu’il nous prend au sérieux, nous offre cette liberté d’œuvrer avec Lui pour le salut, afin de lier ou de délier, avec des incidences décisives, jusqu’au Ciel. Par nos paroles, nos actes et toute notre vie, est-ce que nous dénouons des liens mauvais et est-ce que nous tissons des liens d’amour ? Aux portes du Ciel, quand nous rencontrerons celui qui en a reçu les clés, est-ce que nous pourrons rendre témoignage des chaînes que nous aurons contribué à briser, ou est-ce que nous devrons constater que nous avons choisi de cadenasser les autres, d’enfermer la vérité, de réprimer l’amour ? * * * Frères et sœurs pèlerins, au sanctuaire du Laus, le Seigneur a particulièrement déposé une grâce pour lier et délier. Une grâce de clés, pour ouvrir des portes, afin que chacun soit davantage lucide sur sa vie et sa vocation. Une grâce de clés pour s’ouvrir soi-même aux autres. Une grâce de clés pour déverrouiller des portes du passé trop solidement cadenassées. Une grâce de clés pour rouvrir des chemins qu’on pensait inaccessibles, par le pardon, l’audace à faire des projets et le courage à reprendre la route. Une grâce de clés pour vivre plus en profondeur l’Evangile, en prenant bien conscience que notre témoignage de foi sincère pourra délier les cœurs des plus réticents. Une grâce de clés pour laisser le Seigneur, par Marie et Benoîte, venir nous assurer que la promesse du Christ à Pierre se réalise réellement dans nos vies à tous, dès maintenant : « la puissance de la mort ne l’emportera pas ». Amen. ]]> Sun, 21 Aug 2011 10:24:00 +0200 Heureuse es-tu, Vierge Marie !" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/heureuse-es-tu-vierge-marie.html Homélie de la solennité de l'Assomption Mon, 15 Aug 2011 22:12:00 +0200 L'assomption de la Vierge Marie fêtée dans la ferveur http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/lassomption-de-la-vierge-marie-fetee-dans-la-ferveur.html Mille-cinq-cents personnes environ ont assisté à la messe solennelle de l’Assomption de la Vierge... Extrait de l'homélie prononcée par Mgr Caillet:
"Elle a du poids, aux yeux de Dieu, votre humanité dans la part de souffrance qui est la vôtre.  L’Assomption de la Vierge Marie rappelle la dignité de tout le corps humain appelé à ressusciter. Le corps ne pourra jamais être traité seulement comme une maladie, un objet d’études et de sciences. Il mérite toutes les attentions puisque promis à la résurrection de la chair comme le Christ, premier ressuscité d’entre les morts comme saint Paul nous le rappelait. Elle a du poids notre humanité, aux yeux de Dieu, quand le mental et le psychique nous entrainent dans des déséquilibres, des névroses et des psychoses. Le Christ nous ouvre au bonheur en nous invitant à nous laisser réconcilier en lui. On comprend que Marie ait partagé avec Benoîte sa volonté de faire de ce sanctuaire un refuge pour les pécheurs et un havre de paix pour celles et ceux dont le cœur est blessé, tourmenté et déchiré. » Une procession en l'honneur de Notre-Dame du Laus: La statue de Notre-Dame des grâces (photo ci-dessus), offerte au sanctuaire du vivant de Benoîte par des habitants de Marseille, est un souvenir du séjour mémorable que la bergère y fit en 1692. Traditionnellement, cette statue est portée en procession lors des grandes fêtes qui ponctuent l’année liturgique à Notre-Dame du Laus. C’est ainsi qu’en ce 15 août, une foule nombreuse et recueillie a accompagné Notre-Dame des grâces jusqu’à la chapelle du Précieux-Sang. "Vivre la foi, l'espérance et la charité avec Benoîte": Le spectacle des enfants fait partie lui aussi des rendez-vous traditionnels du 15 août au sanctuaire. Un rendez-vous qui attire généralement une foule compacte. Cette année encore, la grande salle suffisait à peine à accueillir les spectateurs venus encourager les enfants et se laisser attendrir par leur simplicité et leur joie. Participant avec leurs parents à la session des familles débutée le 11 août, les acteurs en herbe avaient eu plusieurs jours pour répéter leurs rôles avec l’aide des sœurs. C’est donc à un magnifique spectacle que les pèlerins ont assisté, auquel ils ont d’ailleurs répondu par une standing ovation. Voir les différents diaporamas sur ce 15 août 2011
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Mon, 15 Aug 2011 15:39:00 +0200
"La voie parfumée du pardon" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/la-voie-parfumee-du-pardon.html Homélie du jeudi de la 19e semaine du temps ordinaire « Seigneur, combien de fois dois-je pardonner à mon frère ? Jusqu’à sept fois ? (Mt 18, 21- 3) Que nous dit Jésus sur le pardon, en réponse à cette demande de saint Pierre ? Il nous répond d’abord qu’il faut pardonner jusqu’à 77 fois 7 fois, c'est-à-dire inlassablement, sans limites. Nous savons combien cela nous est difficile. Pourtant, il en va de notre entrée dans le Royaume. Pour pouvoir pardonner vraiment, « de tout son cœur », il nous faut comprendre ce que Jésus nous dit du pardon dans cette parabole du serviteur insolvable. Ce serviteur doit à son maître une somme énorme, or, alors que celui-ci, pris de compassion, vient de lui remettre une dette considérable, ce serviteur méchant ne pardonne pas à son compagnon qui lui doit une somme infime. Dans cette parabole, nous voyons que pour Jésus, et dans tout l’Évangile, pardonner c’est, fondamentalement, remettre une dette, remettre à quelqu’un ce qu’en justice il nous doit. C’est ce qu’apprend Jésus à ses Apôtres  en leur enseignant le Notre Père, dans cette parole que nous avons parfois bien du mal à prier : « Remets-nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs » (Mt 6,12). Autrement dit, pour qu’il y ait pardon il faut qu’il y ait reconnaissance d’un dû. Pardonner ce n’est pas faire comme s’il n’y avait rien eu, « ce n’est pas grave, on passe l’éponge ». C’est souvent cette fausse conception du pardon qui nous le rend si difficile ; nous ne pouvons pas faire comme si il n’y avait pas eu offense, injustice grave, blessures profondes. Dieu ne nous demande pas quelque chose contre la vérité et ne nous propose pas un remède impossible ou illusoire. La parabole nous présente un autre point important pour comprendre le pardon à savoir qu’il y a des degrés dans la dette, entre devoir une somme considérable et une dette de rien du tout ce n’est pas pareil. Ces dettes légères, souvent répétées il est vrai, qui consistent le plus souvent en de petites offenses à notre vanité, nous devons les pardonner inlassablement. Ce sont des incompréhensions, des oublis, des manques de considération qui ne prêtent pas à conséquence et, qu’avec un peu de d’humilité et de bienveillance, nous pouvons et devons pardonner. La grande, et parfois insurmontable, difficulté à pardonner concerne les blessures extrêmement graves, les dettes irréparables. Comment, pour des parents, pardonner à l’assassin de leur fils ou de leur fille ? Comment pardonner à tel membre d’une équipe médicale qui, par suite d’une erreur, vous laisse lourdement handicapé à vie ? Comment pour un jeune pardonner au pédophile qui a détruit sa vie ? Comment pardonner à un tueur fou ? Cela semble mission impossible. Si Jésus demande le pardon, avec une telle insistance, dans l’Évangile, il ne demande pas que l’on considère ce genre de dettes comme insignifiantes. Le pardon n’est pas cautionner le mensonge, avaliser le crime, l’injustice gravissime, la destruction d’une vie. Dans son encyclique Dieu riche en Miséricorde, le Bienheureux Jean Paul II a des paroles extrêmement fortes dans ce sens : « dans aucun passage du message évangélique, ni le pardon ni même la miséricorde qui en est la source, ne signifient indulgence envers le mal, envers le scandale, envers le tort causé ou les offenses » (DM 14). Le pardon, s’il est une remise de dette demande donc la reconnaissance de cette dette. Nous savons bien que ce qu’il y a de plus insupportable dans les cas gravissimes tels que ceux que je viens d’évoquer, c’est le manque de remords du débiteur et là le pardon paraît inacceptable. Toute violence grave ou injustice demande réparation ou, au moins, reconnaissance de sa responsabilité et expression d’un repentir. La parabole de l’Évangile de la messe de ce jour nous apprend encore un autre élément essentiel du pardon. Lorsque le serviteur dit à son maître, prosterné à ses pieds : « prends patience avec moi »,  le maître, nous dit Jésus, dans la formulation de saint Matthieu, « est saisi de pitié », littéralement « ému jusqu’aux entrailles », un terme qui, dans tout l’Évangile, désigne très spécifiquement la Miséricorde divine, la compassion toute particulière et comme viscérale de Dieu et de Jésus devant la détresse humaine et l’homme pécheur qui se repent (cf. le Père à l’égard de son fils prodigue, Jésus lorsqu’il rencontre la veuve de Naïn dont on conduit le fils unique au tombeau ; Lc 7,11-15). Pardonner c’est donc puiser en Dieu et devant la misère du débiteur les ressources de compassion et de miséricorde qui font qu’il est possible de remettre la dette, sans injustice (la somme était due au maître) et dans un regard nouveau sur cette personne qui peut être reconnue en Dieu comme un frère (« dois-je pardonner à mon frère ? »). Heureusement, nous ne sommes pas souvent confrontés à des cas aussi extrêmes mais Jésus nous demande d’acquérir l’habitude du pardon, inlassablement. Donc, voici quelques conseils, d’autant qu’ici, au Laus, nous sommes dans un lieu de grâce de pardon et de réconciliation. D’abord, apprendre à pardonner et à demander pardon, dans les petites choses, là où cela n’est pas trop difficile. En second lieu, et c’est encore un enseignement fondamental de la parabole, nous mettre devant Dieu et prendre conscience que ce que nous Lui devons et que ce qu’Il nous pardonne dans notre péché est sans commune mesure avec ce que d’autres peuvent nous devoir. L’une des grâces du Laus c’est de pouvoir reconnaître ses fautes et s’en confesser, non pas à la manière de ces vieilles personnes qui, en confession, disent « oh, vous savez, mon père, à mon âge, je ne fais plus de péchés » car elles pensent à une seule catégorie de fautes et oublient les mensonges, les jalousies, les haines recuites, les vilénies de toutes sortes. Enfin, Notre Dame du Laus nous enseigne un chemin doux et lumineux : confier à Marie, humblement, nos difficultés à demander pardon et à pardonner, recourir au baume de sa compassion et nous en remettre à elle. La voie du pardon nous sera alors toute parfumée.]]> Thu, 11 Aug 2011 14:29:00 +0200 Le Laus à l'honneur dans la presse nationale http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/le-laus-a-lhonneur-dans-la-presse-nationale.html Au début du mois de juillet, le sanctuaire a accueilli durant deux jours M. Benjamin Coste,... Famille Chrétienne, hebdomadaire catholique d'actualité. Cette visite s'inscrivait dans la réalisation d'une série de reportages estivaux consacrés à certains sanctuaires français. Voici les premières lignes du texte écrit par Benjamin Coste à l'issue de son passage à Notre-Dame du Laus (et paru le 6 août 2011 sur le site internet de Famille Chrétienne): "Parmi les sanctuaires en devenir, Notre-Dame du Laus, dans les hautes-Alpes, est certainement l'un des mieux placés pour connaître un afflux toujours plus important de pèlerins. Malgré sa situation reculée, le sanctuaire connaît déjà une fréquentation accrue. La raison ? La reconnaissance par l'Eglise en 2008 des apparitions de la Vierge à une bergère illettrée, Benoîte Rencurel (1647-1718). Une première en France depuis... Lourdes !" Vous pouvez accéder à l'intégralité de l'article grâce au lieu suivant: http://www.famillechretienne.fr/agir/pelerinages/notre-dame-du-laus-petit-sanctuaire-veut-devenir-grand_t11_s68_d61908.html En mai 2011, le sanctuaire avait déjà fait l'objet d'un article intitulé "Le Laus miraculeux", et rédigé par M. Antoine Soubrier à l'occasion du pèlerinage des personnes malades et handicapées(http://www.famillechretienne.fr/agir/pelerinages/laus-miraculeux_t11_s68_d61567.html). Il faut signaler enfin qu'un dossier du quotidien La Croix consacré à Embrun et à paraître courant août évoquera aussi le sanctuaire. ]]> Wed, 10 Aug 2011 07:44:00 +0200 "Avis de tempête et promesse de salut" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/avis-de-tempete-et-promesse-de-salut.html 19e dimanche du temps ordinaire « confiance, je suis là, n’ayez pas peur ». Et le Sauveur nous tend la main ! _ Pour nous faire accueillir cet agir salvifique du Seigneur, le magnifique épisode du premier livre des Rois commence par une présentation qui pourrait être qualifiée de « théologie négative ». Cette manière de parler de Dieu consiste à dire plutôt ce qu’Il n’est pas que ce qu’Il est : « Dieu n’est pas dans l’ouragan ; Il n’est pas dans le tremblement de terre ». La théologie négative présente cet intérêt d’exclure résolument ce qui ne vient pas de Dieu. On peut en effet être parfois plus proche de la vérité en disant ce que Dieu n’est pas qu’en cherchant à dire ce qu’Il est, puisqu’Il est infini et que le reste de la réalité créée est, par définition, fini. Ça peut paraître un peu compliqué, mais c’est en fait assez limpide : si nous disons « Dieu n’a absolument rien à voir avec le mal », nous sommes sans doute dans une perception plus proche de la réalité que si nous disons : « Dieu est bon ». L’approche négative semble davantage ouverte à l’infini de Dieu. Si ces considérations peuvent sembler un peu théoriques, il est cependant possible de reconnaître qu’elles rejoignent en fait nos expériences les plus concrètes et souvent les plus douloureuses. Car il peut nous arriver, dans une épreuve, de nous demander où Dieu se trouve ; mais nous serons davantage capables de saisir sa présence, si nous sommes d’abord convaincus d’où Il n’est pas : le Seigneur n’est pas dans l’ouragan, Il n’est pas dans le tremblement de terre, Il n’est pas la cause d’un cancer, Il n’est pas responsable de la mort. Quand nous doutons de l’existence ou de la bonté de Dieu parce qu’un drame nous touche, cette théologie négative peut nous être d’un précieux secours : nous avons l’assurance que Dieu n’est pas la cause du mal qui nous assaille, même s’il est sans doute difficile de déterminer, sur le moment, où le Seigneur se trouve véritablement dans notre épreuve. Devant le mystère de la croix, j’ose penser que c’est ce qu’a éprouvé la Vierge Marie. Savait-elle précisément que son Fils allait ressusciter au troisième jour ? N’était-elle pas plutôt convaincue que la mort ne pouvait pas avoir le dernier mot, mais sans savoir vraiment comment la puissance divine allait pouvoir agir ? La Vierge Marie, stabbat Mater, Mère debout au pied de la croix, nous aide à entrer humblement dans le mystère de la passion et de la résurrection de son Fils, pour parvenir à y découvrir la parole ultime et décisive de Dieu sur le mal et sur la mort. C’est donc seulement en méditant, et en méditant encore, le mystère de la croix et de la résurrection, que nous trouvons la lumière nécessaire pour aller plus loin dans notre compréhension de Dieu et de son agir ; non plus seulement dans une « théologie négative », qui dit où Dieu n’est pas, mais dans une « théologie positive », qui reconnaît comment le Seigneur est vraiment à l’œuvre pour nous sauver. _ C’est bien ce que Pierre et les autres Apôtres vont vivre, dans cette barque balayée par les flots. Le récit de la marche de Jésus sur les eaux peut ainsi être lu comme une annonce du mystère pascal et nous permettre une perception plus vive du salut qu’il nous apporte. Car il y a d’abord la croix, la mort : le Christ est à distance de la barque, il n’est plus avec ses disciples. Auparavant il leur avait partagé le pain, comme au soir du Jeudi Saint ; mais ensuite, il est parti, comme il le fera le vendredi saint pour donner sa vie sur la croix.   Privés de la présence de leur Maître et ami, les disciples connaissent alors une douloureuse tempête, qui va durer jusqu’à « la fin de la nuit ». Cette tempête peut donc être comprise comme celle de la mort de Jésus : terrible nuit pour les disciples, qui se retrouvent seuls, dans la tourmente de leurs questionnements et de leurs espérances déçues. Mais, vers la fin de la nuit - comme au petit matin de Pâques - Jésus rejoint ses disciples, d’une manière tellement inattendue que leurs yeux ne parviennent même pas à le reconnaître : « c’est un fantôme », s’écrient-t-ils. Au jour de Pâques, la même difficulté à reconnaître le Christ vivant, marchant sur la mort, habitera les disciples. Marie-Madeleine le prendra pour un jardinier ; à Emmaüs, il faudra attendre la fraction du pain pour que le Seigneur soit reconnu ; et Thomas exigera de mettre ses doigts dans les plaies du Ressuscité. C’est qu’il n’est pas si facile de poser l’acte de foi en la victoire du Christ sur les flots impétueux de la mort ! Mais c’est bien Lui qui revient vers les siens. Et Il marche sur la mer, Il marche sur la mort. C’est le jour de la résurrection, où le Sauveur apparaît à ses disciples en les rassurant : « n’ayez pas peur, c’est bien moi » ; Comme aujourd’hui sur le lac déchaîné, où il les réconforte : « confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ». _ Le témoignage de cette puissance du Christ marchant sur les eaux éveille en nous un désir profond, celui d’y être associés ; et c’est bien pour cela qu’Il est mort et ressuscité : afin que nous vivions de sa Vie. Alors, Pierre se fait le porte-parole de toute l’humanité pleine d’espérance, quand il dit : « ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux ». Oui, avec le Christ, nous pouvons, sur son ordre, marcher nous aussi sur les eaux de la mort, comme Lui et par Lui. Au jour de notre baptême, nous avons d’ailleurs marché sur ces eaux : l’eau qui engloutit la vie est devenue eau qui engloutit la mort pour donner la vie éternelle. Mais qu’avons-nous fait de l’enthousiasme et de la grâce de notre baptême ? Pendant un temps, Pierre est parvenu à avancer sur les eaux, comme le Christ : il l’a réellement fait, ça a marché ! Mais, très vite, un obstacle est venu interrompre ce prodige : « voyant qu’il y avait du vent, Pierre eut peur ». C’est tout de même étonnant : ce vent, voilà plusieurs heures qu’il soufflait violemment. Alors, pourquoi est-ce seulement maintenant que Pierre s’en inquiète ? N’est-ce pas plutôt qu’il croyait qu’en marchant avec le Christ sur les eaux, ce vent s’arrêterait soudainement ? Comme nous, sans doute, quand nous pensons parfois que la confiance en Jésus va, comme par magie, nous faire éviter les épreuves et les obstacles de l’existence. Mais non, suivre le Christ et marcher avec lui sur les eaux de la mort, ce n’est pas être libérés dès maintenant de toutes les difficultés de la vie.  Pierre espérait sans doute que le vent cesserait, puisque le Messie était là, devant lui. Mais comme les difficultés ont persisté, plutôt que de garder les yeux fixés sur le Christ pour continuer à marcher sur le lac malgré le vent, voilà qu’il baisse son regard vers ses pieds, vers la profondeur des eaux, et les vagues lui font peur. Alors seulement, il se met à couler. Et nous, comment vivons-nous notre vie ? Les yeux fixés sur le Ressuscité qui nous appelle à marcher vers Lui sur les eaux parfois tempétueuses de l’existence, ou le regard abaissé vers les vagues des difficultés et des incertitudes, qui nous font vite perdre pied et couler ? _ Mais la vie de foi ne s’arrête pas encore là : même quand nous perdons confiance, quand nous avons l’impression de nous laisser submerger par les épreuves ou les souffrances, le Christ ne reste pas à distance, se désolant de nos manques de foi. Il s’approche encore ; c’est la miséricorde. Il s’approche pour nous tendre la main. Et l’Evangile précise bien : « aussitôt, Jésus étendit la main et le saisit ». Le Christ ne nous laisse pas une seconde dans le désarroi : « aussitôt », il nous tend la main pour nous relever ! Il y a dans nos vies des moments privilégiés où Dieu nous a tendu la main, directement ou par la médiation d’autres personnes ou événements particuliers. Il y a des lieux aussi, où le Seigneur étend particulièrement la main pour nous relever ; le sanctuaire du Laus fait partie de ces lieux de grâce, où lorsque nous avons l’impression de couler sous le poids des difficultés et de nos péchés, la main du Christ est là pour nous relever. Tout, en notre sanctuaire, exprime et réalise cette présence du Seigneur qui relève. De la beauté des paysages au calme des lieux ; du puissant message de réconciliation à la révélation de l’amour fou du Christ sur la croix d’Avançon ; du témoignage des anges qui nous soutiennent pour nous empêcher de tomber, jusqu’à la chapelle des confessions si souvent ouverte pour tendre la main de la réconciliation sacramentelle…tout au Laus appelle à reconnaître que le Seigneur nous rejoint dans les flots et nous encourage à ne pas avoir peur des vagues ni de la profondeur des eaux, car Il nous tend sans cesse la main et Il nous dit : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur » ! Amen]]> Sun, 07 Aug 2011 10:20:00 +0200 "Nos faims et nos soifs" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/nos-faims-et-nos-soifs.html 18e dimanche du temps ordinaire Le dimanche 31 juillet 2011, le sanctuaire Notre-Dame du Laus fêter un anniversaire significatif : voici tout juste 30 ans, le 31 juillet 1981, le Pape Jean-Paul II décidait de rouvrir le procès de béatification de Benoîte Rencurel. Depuis, Jean-Paul II a été déclaré bienheureux ; il saura bien aider Benoîte à le devenir à son tour ! C’est le Père René Combal, responsable diocésain du procès de béatification de Benoîte, qui assurait la prédication au sanctuaire, ce dimanche 31 juillet. Puisqu’il n’a pas écrit de texte, le Père Ludovic Frère propose une méditation sur l’Evangile de ce 18e dimanche du temps ordinaire. Bonne lecture… et merci de prier avec nous pour la béatification de Benoîte ! « Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! (…) Venez acheter du vin et du lait, sans argent et sans rien payer » (Is 55,1). Ces paroles d’Isaïe ont quelque chose de franchement dérangeant en ces jours où nous venons d’apprendre que plus de 12 millions d’êtres humains risquent de mourir de faim ces prochains mois. L’information est passée quasiment inaperçue… sans doute parce qu’en période estivale, il ne faut pas trop déranger le repos des vacanciers avec des questions trop pénibles ! « Donnez-leur vous-même à manger », dit le Christ à ses disciples (Mt 14,16). Ne nous voilons pas la face : c’est à nous qu’il s’adresse. Nous avons dans nos mains, dans nos portefeuilles, la possibilité de nourrir ceux qui ont faim. Et nous aurons beau nous réfugier derrière de faux prétextes - comme l’incertitude de la destination finale de nos dons à certains pays - cet appel du Christ nous rejoindra jusqu’au jour de notre mort, où il dira à ceux qui auront nourri les autres : « venez, les bénis de mon Père ; recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim et vous m’avez donné à manger » (Mt 25,35). Faut-il rappeler qu’à ceux qui n’auront pas donné, le Christ aura ces paroles dures : « allez-vous en loin de moi, maudits ; car j’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger » (Mt 25,41-42) ? Et je ne peux, personnellement, m’empêcher de penser au Père Pedro Opeka, présent au sanctuaire du Laus à la Pentecôte, qui nous a tellement touchés par ses paroles de feu, en nous rendant sensible à l’indigence de tant d’enfants de Madagascar… mais notre émotion s’est-elle depuis concrétisée en des dons généreux pour nourrir ceux qui ont faim ? Il nous est impossible d’entendre ces promesses divines de nourriture donnée en abondance sans nous demander comment nous pouvons, à notre place et selon nos ressources, apporter notre part à leur réalisation. - Il n’empêche cependant que cette promesse de boisson et de nourriture abondantes, comme le récit de la multiplication des pains que nous a présenté l’Evangile de ce dimanche, sont certainement accueillis différemment dans les pays où se nourrir est une priorité absolue, et sous nos latitudes, où l’on veille plutôt… à ne pas prendre trop de poids. Cette différence est en soi scandaleuse, mais elle peut aussi nous aider à bien discerner : sommes-nous vraiment certain d’avoir la nourriture suffisante ? De quoi nous nourrissons-nous ? Il ne s’agit bien sûr plus ici de nourritures terrestres, mais d’autres aspirations : qu’est-ce qui nourrit notre vie ? De quoi avons-nous soif ? La Parole de Dieu nous révèle que toutes nos faims et toutes nos soifs sont connues du Seigneur. C’est Lui qui invite dans la première lecture : « vous tous qui avez soif, venez ! » (Is 55,1). C’est encore Lui qui, dans l’Evangile, refuse de renvoyer la foule l’estomac vide : « ils n’ont pas besoin de s’en aller » (Mt 14,16). Nous croyons volontiers que le Christ vient répondre à nos soifs les plus profondes ; mais nous le croyons peut-être sans être vraiment convaincus qu’il nous apporte tout le nécessaire, sans quoi nous arrêterions résolument d’aller chercher ailleurs. Or, notre péché révèle que nous ne sommes pas convaincus : nous cherchons dans les biens matériels, dans l’orgueil et dans tant d’autres réalités futiles de quoi assouvir nos soifs d’amour, d’existence, de reconnaissance, de vie paisible.  Comment pouvons-nous donc nous convaincre que le Christ nous donne tout ? Peut-être en expérimentant la pauvreté. Il ne s’agit pas de rechercher l’état d’indigence, mais de reconnaître que nous sommes pauvres : toujours en besoin, toujours mendiants d’amour…nous sommes pauvres, affamés, assoiffés. Tant que nous sommes dans l’autosuffisance, nous ne pouvons pas être rassasiés par le Seigneur. C’est quand notre dépendance à son égard s’éveille en nous qu’alors nous comprenons qu’une seule attitude nous nourrit vraiment : tendre nos mains vides vers le Seigneur et le laisser nous combler de ses grâces. Amen.]]> Sun, 31 Jul 2011 17:13:00 +0200 "Demande ce que tu veux !" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/demande-ce-que-tu-veux.html 17e dimanche du temps ordinaire « Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai ». Qui de nous ne rêverait d’entendre cette promesse divine ? Tel le génie de la lampe d’Alladin, le Seigneur ouvre à Salomon tous les possibles. Alors, si nous étions à la place de ce roi, sincèrement, qu’aurions-nous demandé ? Quels sont nos vœux les plus grands, nos plus profonds désirs ? Notre foi de chrétiens nous appelle à reconnaître qu’en Jésus-Christ sont exaucés tous nos vœux les plus audacieux. Par sa mort et sa résurrection, nous avons en effet accès à la vie-même de Dieu ; nous avons la vie en plénitude… qui aurait osé demander autant au Seigneur ? Etre comme Lui, participer éternellement à sa Vie : voilà ce que le Christ a acquis pour nous, mais que nous avons encore à choisir comme notre plus grand trésor. C’est bien ce que le Seigneur vient nous révéler aujourd’hui par ces trois paraboles : un trésor caché dans la terre, une perle de grand prix, un filet rempli de poisson. Ces trois paraboles nous aident à entrer dans cet exaucement sublime de nos désirs les plus profonds que le Christ a réalisé pour nous mais que nous avons pour mission de choisir : il ne s’agit plus seulement, comme avec Salomon, de discerner ce que l’on veut vraiment, mais plutôt de reconnaître que le Seigneur le donne abondamment. Trois paraboles présentent ainsi la découverte d’un bien de grande valeur, qui devient la priorité de ceux qui le découvrent. Mais si elles visent la même réalité, ces trois paraboles l’abordent de manières différentes, comme trois portes d’entrée dans la beauté de ce royaume. _ Par l’image d’un trésor caché dans un champ, la première parabole nous montre que le royaume de Dieu n’est pas une réalité étrangère à notre vie quotidienne. En effet, l’agriculteur qui découvre le trésor ne le cherchait pas ; il accomplissait juste son travail ordinaire de la terre. Mais c’est dans ce quotidien habituel qu’il découvre un trésor impérissable. Voilà qui peut nous convaincre que le Royaume de Dieu n’est pas à chercher en dehors de notre vie, de nos relations humaines, de nos difficultés de l’existence, de nos projets du quotidien. Il se cache dans les réalités plus anodines des tâches domestiques, de la vie familiale, des activités professionnelles. Tant que nous n’avons pas la conviction que le Royaume de Dieu est un trésor caché dans l’ordinaire de nos activités, nous ne pouvons, en fait, pas vraiment vivre en chrétiens. Car ce n’est certainement en s’évertuant à pratiquer quelque posture de yoga ou quelque méditation transcendantale que l’on touche véritablement le royaume de Dieu. Ce n’est pas en fuyant la réalité qui nous entoure, le poids de notre corps ou la présence des autres : c’est au contraire dans toutes ces réalités que le trésor du Royaume est caché pour être découvert. _ Mais la première comme la deuxième parabole nous révèlent aussi que la découverte du trésor du Royaume ne peut que changer notre vie. Quand le paysan a trouvé le trésor, son objectif de vie n’est plus de cultiver la terre, mais de posséder ce trésor. Quand le négociant a trouvé la perle de grand prix, son objectif de vie n’est plus de tenir un magasin de perles, mais de jouir de sa perle si précieuse. Ce n’est pas, selon moi, un appel à ce que toute personne qui a découvert le Royaume lâche tout pour devenir moine ou moniale. Certains sont appelés à cette magnifique vocation ; et les paraboles du trésor et de la perle sont pour eux un splendide encouragement à la fidélité. Mais il me semble que le cœur de ces deux paraboles consiste à nous faire prendre vraiment conscience que la découverte du Royaume de Dieu doit bouleverser nos plus grands projets. Un chrétien n’a pas pour objectif de vie de construire une belle maison ou de se prévoir une retraite paisible ; il vise à posséder le Royaume ! Et comme le paysan de la parabole, il fait tout pour l’acquérir. Ainsi, nous sommes profondément interroger sur ce que nous faisons pour posséder, pour accueillir le Royaume de Dieu, dès maintenant et pour l’éternité ? _ Si le Royaume est un trésor gratuitement offert, nous avons pourtant notre responsabilité pour l’accueil ou le recevoir, pour le chercher ou rester indifférents, pour avoir des souhaits à la hauteur de Dieu ou des désirs petits comme les hommes. C’est ce qu’illustre la troisième parabole, celle du filet rempli de poissons, qui n’est pas sans rappeler la première parabole de l’Evangile de dimanche dernier, celle du bon grain et de l’ivraie. Il y était alors question d’un champ, le champ du monde, dans lequel poussent en même temps les bons et les méchants, jusqu’au jour de la moisson où un tri séparera les êtres humains d’après ce qu’ils auront fait de leur vie. C’est un tri identique que nous retrouvons dans cette parabole du filet, avec une séparation entre les bons poissons et « ce qui ne vaut rien », dit le Christ. Cette dernière précision permet une intéressante comparaison : d’un côté, il était question d’un trésor et d’une perle, qui tous deux sont de grande valeur. D’un autre, il est question d’un filet dans lequel on trouve du bon poisson mais aussi « ce qui ne vaut rien ». Trésor de grande valeur, contre « ce qui ne vaut rien ». Si nous faisons du Royaume de Dieu notre trésor, en concrétisant notre accueil de ce Royaume par une vie bonne, alors notre existence ne vaut pas rien : elle prend de la valeur, comme par contagion, par osmose avec ce Royaume de grande valeur. C’est bien l’expérience de Benoîte Rencurel, ici au Laus : la bergère ne s’est pas contentée d’être spectatrice des révélations du Royaume dont elle a bénéficié. Elle s’est laissée toucher, habiter, transformer par ce qui lui était révélé. Ces transformations ont été parfois pour elle contraignantes, voire douloureuses ou crucifiantes. Mais ainsi, Benoîte est devenue elle-même un trésor, par sa proximité avec le trésor du Royaume. Et l’expérience de Benoîte nous renvoie tous à la nôtre : dans l’Eucharistie, dans tous les sacrements, dans la fréquentation de la Parole de Dieu, dans l’ouverture à la charité envers nos frères… en tout cela, nous touchons le trésor du Royaume des cieux, et ce contact nous fait devenir trésor ; au fur et à mesure d’un rapport plus intime et plus profond avec Celui qui n’a pas n’a pas de prix, nous devenons toujours plus des perles de grand prix. Alors, ici, au sanctuaire du Laus, laissez le Seigneur faire de vous des trésors de valeur toujours plus grande, par l’intercession de Marie et de Benoîte ! _  « Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai », avait promis le Seigneur à Salomon. Aujourd’hui, nous sommes invités à répondre : ce que je veux, Seigneur, c’est avoir part à ton royaume dès maintenant et pour l’éternité. Cela me suffit, c’est tout mon trésor. Comme le disait Sainte Thérèse d’Avila : «  celui qui a Dieu ne manque de rien ». Amen. ]]> Sun, 24 Jul 2011 16:08:00 +0200 "Des oreilles pour entendre ?" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/des-oreilles-pour-entendre.html 16e dimanche du temps ordinaire « Le règne de Dieu est tout proche de vous » (Marc 1,15). C’est par ces paroles que Jésus inaugure son ministère public. Ce sont les mêmes paroles qu’il charge ses disciples d’annoncer : « dans toute ville où vous entrerez, dites aux habitants : ‘le règne de Dieu est tout proche de vous’ » (Luc 10,8-9). Ce Royaume, cependant, « n’est pas de ce monde » (Jean 18,36), comme le Christ le dira à Pilate, avant que des soldats ne se moquent de lui en le coiffant d’une couronne d’épines. Décidément, ce Royaume de Dieu est bien déroutant. Et beaucoup de nos interrogations de foi touchent sans doute, elles aussi, à la réalité de cette royauté divine : car, si vraiment le Règne de Dieu est là et s’il est effectivement accompli par la mort et la résurrection du Christ, comment se fait-il qu’il reste tant de souffrances dans le monde ? Pourquoi ce règne n’a-t-il pas apporté la paix définitive ? En l’appelant « royaume des cieux », le Seigneur veut-il nous faire comprendre qu’il n’a rien à voir avec notre vie de la terre ? _ Le Christ nous exactement le contraire aujourd’hui : en présentant le royaume des cieux par des images de la terre, il nous montre que son règne n’est pas en dehors de notre réalité présente. Les paraboles qu’il choisit sont cependant loin de nos conceptions humaines de la royauté : une petite graine de moutarde, un champ à moissonner, un levain dans la pâte. Ce royaume n’est décidément pas comme nous pouvions l’attendre, et pourtant il concerne la vie de la terre. Ce règne n’apporte visiblement pas maintenant une  sécurité politique, une croissance économique ou une paix sociale, mais il est à l’œuvre, comme une semence, comme levain. Le Seigneur Jésus nous présente ainsi trois paraboles, courtes et efficaces, pour nous faire entrer dans le mystère de ce royaume présent et en devenir, dont nous sommes les héritiers. Première parabole : un champ où poussent du bon grain et de l’ivraie. C’est la plus longue des trois images choisies par le Christ, et c’est celle pour laquelle les disciples lui demandent une explication, signe qu’elle n’est pas la plus évidente. Et l’on comprend bien pourquoi : cette parabole nous révèle une réalité que nous n’acceptons pas si facilement, car il est question d’une moisson à la fin des temps… la réalité d’un jugement divin dont nous n’aimons sans doute pas beaucoup entendre parler, tant il peut remettre en cause certaines de nos manières de vivre aujourd’hui. Mais voilà qu’à travers cette image très simple d’un champ où pousse du bon grain et de l’ivraie, le Christ répond en fait à notre interrogation sur la persistance du mal dans un monde qu’il a pourtant définitivement sauvé par sa mort et sa résurrection. Il y répond en nous révélant la grande patience divine : du mauvais se mêle au bon ? Ne risquons pas de perdre le bon en voulant nous débarrasser du mauvais. Et voilà la miséricorde de Dieu à l’œuvre pour laisser du temps et attendre qu’une croissance puisse tout de même se faire. Viendra le temps de la moisson ; nous en sommes prévenus. Mais la question, pour nous, est de savoir ce que le Seigneur aura à moissonner en nous : du bon grain, de l’ivraie, un peu des deux ? Le sanctuaire du Laus et son message de réconciliation nous interrogent en ce sens : est-ce que nous préparons cette moisson ? Est-ce que nous serons fiers de ce que nous allons pouvoir présenter au Seigneur quand, au terme de notre vie, il fera sa moisson en nous ? Si, à cette question, nous percevons qu’il nous est difficile de répondre avec enthousiasme, c’est sans doute le signe qu’il ne faut pas tarder : « convertissez-vous, dit le Christ, car le Royaume de Dieu est tout proche » (Mt 3,2). Convertissez-vous ! Et voilà Marie qui confie à Benoîte : « J’ai demandé le Laus à mon divin Fils pour la conversion des pécheurs, et il me l’a accordé ». Le Laus est donc un lieu privilégié pour préparer la moisson, non pas dans la crainte et le tremblement, mais dans la paix et la joie de laisser le Seigneur, par le sacrement du Pardon, retirer dès maintenant la mauvaise herbe qui nous empêche de porter du fruit. Le Laus est un lieu privilégié aussi pour déjouer les pièges du Mauvais qui veut semer l’ivraie dans nos vies. Nous le connaissons, nous savons comment il agit ; ne le laissons pas faire, ne tombons pas dans ses pièges grossiers ! Convertissons-nous, dans la paix et la joie de faire de nos vies des œuvres belles, des moissons abondantes faites de grains savoureux que nous serons heureux de présenter au Seigneur. Préparons la moisson, convertissons-nous maintenant ! _ Le Royaume de Dieu est un royaume à accueillir aujourd’hui pour une moisson qui viendra plus tard. Mais à cette révélation, la deuxième parabole apporte encore un éclairage en nous révélant que le temps d’attente, le temps d’accueil du royaume, est un temps de croissance. Voyez cette petite graine de moutarde : elle grandit, ses branches se développent en tous sens. C’est le Royaume de Dieu qui ne cesse de s’étendre à travers l’histoire et le monde. Alors que nous avons souvent les yeux braqués sur des chiffres qui nous parlent de chute des vocations, de baisse des demandes sacramentelles et de désertion de nos églises, le Christ nous appelle à poser un acte de foi : celui de croire que le Royaume est en croissance permanente, jusqu’au jour de son achèvement, quand Dieu sera tout en tous. C’est un acte de foi, non pas un aveuglement devant la réalité des chiffres. C’est un acte de foi en l’Esprit-Saint plus fort que les statistiques, plus agissant que ce que l’apparence peut laisser croire. Nous avons à être des porteurs de cette espérance que le royaume de Dieu s’étend et s’étendra encore. Alors que nous pourrions nous résigner à un constat d’impuissance devant les statistiques pessimistes, nous pouvons cependant tous faire quelque chose : nous pouvons tous agir, dans nos vies, pour que le Règne de Dieu, le règne de l’amour, soit davantage présent dans le monde, même si, en apparence, il ne semble pas être en croissance. _ Et voilà la troisième parabole, celle du levain enfoui dans la pâte. Le Royaume des cieux n’est pas visible ; levain dans la pâte, il permet qu’elle s’élève non pas en tirant dessus mais en la soulevant de l’intérieur. Ainsi le Seigneur pour chacun de nous : il nous soulève de l’intérieur. Et votre présence au sanctuaire du Laus peut vous aider, aujourd’hui et dans les jours prochains, à prendre davantage conscience que la présence du Seigneur est comme un levain, qui nous soulève de l’intérieur pour nous relever si nous sommes tombés, et pour nous élever plus haut, plus près de Lui. Invisible, mais indispensable à la levée : tel est le royaume de Dieu pour chacune de nos existences et pour la vie du monde. Ne courons donc pas après des manifestations extérieures et clinquantes de son agir ; le Seigneur Lui-même l’a voulu levain dans la pâte, champ où se mêle bonne et mauvaise herbe, et petite graine dont le développement n’est pas achevé mais va assurément nous étonner. _ « Celui qui a des oreilles, qu’il entende », dit le Christ pour terminer ces paraboles. Etonnant appel que celui-ci ; comme si nous pouvions avoir la folie de posséder des oreilles sans les utiliser pour entendre ! Mais c’est pourtant souvent cela : le Seigneur nous prévient de la moisson qui viendra, et nous nous préférons nous laisser séduire par les richesses, les orgueils, les médisances, plutôt que préparer cette moisson. Le Seigneur nous annonce un Royaume aux larges branches, où les oiseaux du ciel viendront faire leur nid ; et nous, nous vivons parfois recroquevillés, frileux, parcimonieux, à donner et à nous ouvrir aux autres. Le Seigneur nous présente un Royaume qui fait lever la pâte humaine, invisiblement, de l’intérieur, et nous nous nous complaisons dans des manifestations visibles de puissance et de gloire. Que tous ceux qui ont des oreilles entendent. Amen.]]> Sun, 17 Jul 2011 12:00:00 +0200 Jean-Paul II et Benoîte... Rencurel http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/jean-paul-ii-et-benoite-rencurel.html Il y a 30 ans, Jean-Paul II rouvrait le procès de béatification de Benoîte... reponatur (c'est-à-dire la suspension) de 1913.      Aujourd'hui, après de multiples travaux de recherche complémentaires menés notamment par Mgr René Combal, recteur émérite du sanctuaire, la cause de béatification est parvenue à l'ultime étape: il reste en effet à obtenir la reconnaissance officielle d'une guérison inexpliquée survenue par l'intercession de Benoîte. Précédemment, cette dernière a été déclarée "vénérable" en 2009, ce qui signifie en d'autres termes que le Vatican a reconnu l'héroïcité de ses vertus.      On se souvient également qu'en 2008, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d'Embrun, avait reconnu officiellement le caractère surnaturel des événements survenus à Notre-Dame du Laus. Indépendante du processus de béatification de Benoîte, cette reconnaissance est néanmoins intervenue suite à une découverte durant l'instruction du procès: bien qu'autorisé depuis les origines, le pèlerinage du Laus n'avait jamais donné lieu à une enquête poussée sur les phénomènes surnaturels vécus par Benoîte durant 54 ans... Tellement évidente pour tous, la reconnaissance implicite n'avait donc jamais été prononcée officiellement. Ce sera donc chose faite le 4 mai 2008 à Notre-Dame du Laus, après trois ans d'enquêtes. Largement médiatisée, la cérémonie de reconnaissance contribuera à inscrire le sanctuaire dans une dynamique de notoriété qui se poursuit aujourd'hui.      Le programme des journées du 30 et du 31 juillet, qui n'ont pas vocation à avoir l'ampleur du 3e anniversaire de la reconnaissance célébré en mai dernier, figure dans l'agenda. A lire aussi: point de situation sur le procès de béatification de Benoîte, par le père Ludovic Frère, recteur du sanctuaire (document PDF).]]> Fri, 15 Jul 2011 07:14:00 +0200 "Laissez-vous désherber" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/laissez-vous-desherber.html 15e dimanche du temps ordinaire « Seigneur, ta parole est une lampe sous mes pas, une lumière sur ma route ». Ou alors, comme le fait l’auteur de la lettre aux Hébreux, la Parole de Dieu pourrait être comparée à une épée tranchante, qui pénètre en nous pour « juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4,12). Le choix pourrait se porter aussi sur une comparaison météorologique : « comme la pluie et la neige descendent du ciel et n’y reviennent pas sans avoir abreuvé la terre, dit le Seigneur au prophète Isaïe, ainsi en est-il de ma parole qui sort de ma bouche : elle ne revient pas à moi sans effet » (Isaïe 55,10-11). La Parole de Dieu est encore comparée dans la Bible à un feu dévorant, un souffle imprévisible ou une eau qui désaltère. * * * Mais pour nous révéler le mystère de la fécondité de la Parole de Dieu, c’est pourtant une autre image que le Christ choisit aujourd’hui : l’image d’une graine, et même de très nombreuses graines, qui sont répandues largement par le Seigneur sur tous les types de terrains se présentant à Lui. Pourquoi le Christ a-t-il préféré cette image à celles de la lumière, de l’épée, de la pluie ou du feu, pourtant a priori plus dynamiques que celle d’une graine ? D’abord, me semble-t-il, parce qu’une graine porte en elle une espérance, celle de donner de nombreux grains nouveaux. Personne cependant ne pourra prédire ce qu’il en sera de cette fécondité : une graine va-t-elle donner un épi de quinze vingt ou trente nouvelles graines ? En regardant le grain qui va germer, il est impossible de le dire ; pas plus qu’en le passant sous un microscope. Ainsi en est-il de la Parole de Dieu : en l’observant de manière extérieure, et même en la passant sous le microscope d’études savantes, on ne peut percevoir toute sa fécondité tant qu’on ne l’a pas laissée pénétrer dans la terre de nos cœurs pour la laisser germer. C’est pourquoi un rapport intime à la Parole de Dieu nous est indispensable. Tant qu’on reste extérieur, on ne voit pas sa fécondité, et on peut même en venir à des raccourcis qui la font mentir. Certains retireront ainsi des textes qu’ils estimeront trop guerriers. D’autres ne voudront pas accepter les passages de l’Ecriture qui parlent de l’enfer ou de Satan. D’autres encore se complairont à ne pas voir la révélation de l’amour miséricordieux, et tant de malheureuses lectures fondamentalistes, qui dénaturent la Parole de Dieu pour en faire un instrument de propagande. * * * Pour porter du fruit, la Parole doit donc être accueillie dans un cœur humble, sans avoir présupposé de ce qu’elle va nous apporter. Mais pour cela, il faut du temps ; c’est ce que révèle encore l’image du grain de blé. Pour qu’il germe et donne un épi à moissonner, il faut de nombreux mois, de la patience, et une terre qui reste disponible pour porter le fruit. Ainsi en est-il de notre accueil de la Parole de Dieu : il nous faut accepter cette loi du temps, de la maturation, pour que la Parole puisse germer en nous. Il faut respecter le temps, avec patience ; mais il faut aussi prendre le temps. Je me permets de citer des chiffres déjà bien connus, mais peut-être pas encore bien intégrés : en moyenne, un français a regardé 3h32 de télévision par jour, soit près de 25h par semaine. Ces chiffres montent à 4h34 par jour pour les personnes de plus de 50 ans. Et un chrétien, combien de temps consacre-t-il à la méditation de la Parole de Dieu ? 25h par semaine, peut-être pas… mais entre 25h et même pas quelques minutes, il y a peut-être un juste milieu à trouver, pour que la Parole puisse avoir le temps de germer en nous. * * * L’image du grain de blé présente donc encore un grand avantage sur celles de la lumière, de l’épée ou de la pluie : c’est de nous montrer qu’une collaboration humaine est indispensable à l’œuvre de la grâce. Certes, la grâce fait vraiment l’essentiel du travail : elle est la source du grain et l’a répandu sur la terre. Elle envoie l’eau du ciel et les rayons du soleil. Tout cela, c’est par pure grâce. Mais il faut aussi la réponse humaine : être une bonne terre, bien disposée pour offrir à la semence de la Parole le terrain propice à sa croissance. Le Seigneur nous indique même comment devenir ou rester une bonne terre : il nous faut fuir les séductions de la richesse qui étouffent la Parole, dit le Christ. Car la Révélation est bien trop dérangeante pour celui qui met son cœur dans les biens matériels. Mais il s’agit aussi de l’étouffement par « les soucis de la vie ». Seule la conviction profonde que le Seigneur veille sur nous en toute chose nous rend disponible pour recevoir sa Parole. Il s’agit encore de discerner et de déjouer l’œuvre du démon, ce « Mauvais » dont parle Jésus pour prévenir qu’il risque de s’emparer de ce qui est semé dans les cœurs. Il s’agit enfin d’être une terre profonde, sans quoi l’accueil enthousiaste de la Parole n’est que superficialité : « il n’a pas de racines en lui, dit le Christ, il est l’homme d’un moment ». * * * Mais là où la grâce se révèle encore plus abondante, c’est que, même si nous sommes une terre trop peu fertile pour permettre tout le déploiement de la Parole divine, le Seigneur ne nous abandonne pas. Il ne cesse d’offrir l’engrais des sacrements pour purifier notre terre et la rendre féconde, bien au-delà de nos seules capacités. Désherbants et nourrissants : tels sont pour nous les sacrements, qui nous donnent réellement le Christ. Tel est aussi, par rayonnement, un sanctuaire comme celui du Laus, qui offre une grâce privilégiée de réconciliation, par la Vierge Marie et par Benoîte.  Ici, au Laus, le Ciel est à l’œuvre pour retirer les mauvaises herbes de nos vies, évacuer les cailloux qui rendent notre terre infertile, éloigner les oiseaux de malheur qui pourraient en manger le fruit, et creuser plus en profondeur en nous, pour que de solides racines puissent se déployer et faire lever l’épi jusqu’au Ciel. Vous tous, pèlerins du Laus, « laissez-vous réconcilier » (2 Co 5,20) ! Avec l’aide de Marie et de Benoîte, laissez-vous désherber de tout ce qui vous étouffe ! Laissez le Seigneur retirer les cailloux  qui endurcissent les cœurs ! Laissez-vous fertiliser par la Parole de Vie !  Amen.]]> Sun, 10 Jul 2011 10:15:00 +0200 Sur le chemin de Saint-Jacques http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/sur-le-chemin-de-saint-jacques.html Ensemble, la ville de Gap et le sanctuaire Notre-Dame du Laus sont membres de l'association... Vous pouvez visionner un diaporama sur cette actualité dans la rubrique "Chroniques du Laus en images" (jeudi 7 juillet)]]> Fri, 08 Jul 2011 16:33:00 +0200 "Je te rends grâce" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/je-te-rends-grace.html 14e dimanche du temps ordinaire « Père, je te rends grâce ! »                Ces quelques mots du Christ à son Père sont pour nous, un cadeau pour notre été.  Une invitation à rendre grâce. Une invitation à regarder la vie autrement ! Pour cela, il nous faut laisser notre cœur s’ouvrir chaque jour à l’étonnement, à l’émerveillement de la beauté, à la joie de savoir goûter les mille et une petites choses de la vie, à se laisser aimer et à faire le don de son amour à l’autre.                Père, je te rends grâce !  Ce que tu as caché aux sages et aux savants tu l’as révélé aux tout-petits !                Benoîte Rencurel est un de ces êtres « tout petits » devant Marie et par là, devant son Seigneur.  Elle est pourtant devenue grande sous le regard du Père.  Cette aptitude à se reconnaitre petit devant Dieu ouvre en effet l’être humain au Mystère de l’homme et de Dieu. Cette attitude donne une grandeur d’âme.                C’est en Christ que nous est révélée la véritable humilité qui devient force de salut.                Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur !                 St Paul dans sa lettre aux Philippiens, nous offre une très belle contemplation de cette humilité et de cette douceur du Christ : « Lui, de condition divine, ne retint pas comme un privilège le rang qui l’égalait à Dieu, il s’anéantit lui-même, prenant la condition de Serviteur » !                Ce Serviteur est déjà annoncé par le prophète Zacharie comme un roi humble, monté sur un âne tout jeune.  Il est sympathique cet âne !  Malgré sa faiblesse, il fera disparaître les chevaux de combat.  Bien fragile cet âne… Pourtant, quand les chevaux galopent, sautent, tirent le chariot et combattent,   l’âne, lui, ne fait rien de tout cela. Il porte.  Il porte toujours avec le même entêtement,  en trottinant quand le chemin est facile, prudent quand le chemin est escarpé et endurant quand le chemin est montagneux. Cet âne, animal domestique plus que de combat,  a été choisi pour porter le Roi, le Messie dans l’adversité de l’histoire, face à la violence de l’humanité.  Que les foules acclament, que les foules crient et vocifèrent,  l’âne, lui, passe son chemin, sans fierté, portant le Messie. Ce roi particulier fera disparaitre les chevaux de combat, brisera l’arc de guerre et proclamera la paix.                Père je te rends grâce…                Je te rends grâce quand la faiblesse reconnue devient force de paix.                Je te rends grâce quand la tendresse devient une violence plus puissante que toutes les violences…                Je te rends grâce quand l’entêtement au quotidien a raison de toutes les velléités et séductions passagères.                N’est-ce pas ce à quoi St Paul nous invite quand il nous rappelle que nous ne sommes plus sous l’empire de la chair puisque l’Esprit habite en nous.  Cet Esprit est Esprit de Paix…                Nous nous illusionnons quand nous pensons que notre puissance est à la mesure de nos éclats de voix dans nos familles, nos couples et nos relations professionnelles. Nous nous illusionnons quand nous pensons que le nombre de décibels de nos musiques clame notre force….  Nous nous illusionnons quand nous nous caparaçons dans des habitacles, véritables chars de combat, mus de multiples chevaux moteurs endiablés !                L’Esprit qui nous est donné  nous conduit sur le chemin de l’humilité et de la douceur avec celui qui nous offre son joug à porter, le portant avec nous.                Je vous propose trois terrains pour vivre cette humilité et cette douceur durant les semaines qui viennent :                La « route » de nos vacances : qu’elle devienne chemin d’Evangile !  Elle sera chemin d’humilité si nous conduisons avec courtoisie laissant l’impatience sur le bord de la route.  Si nous faisons de nos véhicules des oratoires, des lieux et des temps de prières, la prudence et le respect de l’autre nous seront naturels.                Le temps de la famille et de la vie en couple renouvelée, second terrain !  On peut construire l’amour familial et conjugal à coups de collier, ne durant que quelques instants, on peut aussi le construire avec l’entêtement de l’âne qui permet de porter l’être humain chaque instant de l’existence.                Le troisième terrain est celui que le Christ nous offrait au début de cette homélie : « Père, je te rends grâce ! »  Vivre de cette humilité qui permet de reconnaître en l’autre sa grandeur, la grandeur de l’amour qu’il nous porte, c’est inscrire la douceur en son cœur !  Admirer, nous étonner,  remercier demande de l’humilité mais donne de la couleur à nos journées. Que ce temps de vacances soit véritablement, avec l’Esprit qui nous habite, un temps de profondes actions de grâces.  Approfondissons la vie spirituelle de Benoite, contemplons sa mystique et nous pourrons reconnaître que le Seigneur est doux et humble de cœur.                   Joyeux été à chacun !]]> Sun, 03 Jul 2011 07:14:00 +0200 "Contemplation, adoration" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/contemplation-adoration.html Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ  

Il n’est a priori pas si facile de faire un lien entre les différents événements qui égayent aujourd’hui notre sanctuaire : le pèlerinage des motards, la session de chant grégorien et le pèlerinage des servants de Privas. Pourtant, à bien y regarder, un point commun unit ces différents groupes, un point commun qui fonde notre regard sur le mystère que nous fêtons aujourd’hui, le mystère de l’Eucharistie : c’est la contemplation. * * *

En parcourant les paysages fabuleux de nos régions, les motards peuvent s’ouvrir à la contemplation. Si la vitesse – à consommer avec modération – est sans doute grisante en moto particulièrement, c’est surtout l’impression de liberté qui domine, la liberté d’être en contact plus direct qu’en voiture avec la nature et les paysage.

Un motard est donc toujours un peu un contemplatif, et il est sans doute opportun pour un motard chrétien de rester ouvert à l’action de grâce pour les merveilles qui se déploient sous ses yeux dans la nature.

* * *

La contemplation, c’est aussi ce qu’offre le chant grégorien. Ce n’est pas un chant de tapage, qui fait du bruit pour impressionner. Ce n’est pas non plus un chant qui joue sur la beauté de la polyphonie, puissante et gracieuse. C’est un chant de simplicité, même s’il est souvent bien difficile d’être simple, dans la vie comme en musique. Le grégorien, c’est un chant épuré, qui soutient les mots de la belle langue latine pour nous conduire à un dépouillement nécessaire à la véritable contemplation.

Pour chanter du grégorien, il faut donc sûrement d’abord savoir contempler ; il faut avoir prié, et c’est pourquoi il est particulièrement le chant des moines et des moniales, comme l’expression musicale de leur orientation de vie.

Offert aujourd’hui à notre contemplation, le chant grégorien auquel tous ne sont pas habitués, oblige à une forme d’humilité pour pouvoir le chanter mais aussi pour être capable de l’écouter. C’est pourquoi il est œuvre de contemplation, car on ne peut contempler sans humilité.

* * *

La contemplation, c’est encore le fondement du service de la messe, pour tous les enfants de chœur. Vous savez, vous les servants de Privas, que pour bien servir la messe, il faut d’abord s’être mis à disposition du Seigneur, pour qu’il se serve de nous afin d’aider l’assemblée à prier.

Un servant de messe se trompera complètement dans sa mission s’il veut se mettre lui-même en avant, s’il veut « faire » des choses et assurer le plus de services possibles à la messe. Or, de mon expérience en paroisse, on voit parfois les servants s’écharper avant la messe pour savoir qui fera les services les plus importants.

Alors, pour bien servir la messe, il faut aussi, comme pour les motards et comme pour les chanteurs de grégorien, avoir un cœur humblement ouvert à la contemplation. Car c’est seulement en contemplant Jésus serviteur que l’on est capable d’avoir un cœur de serviteurs.

* * *

Servants, motards, chanteurs, et nous tous, nous sommes faits pour contempler. Nous passons beaucoup  de temps à faire des choses, mais nous ne devons pas oublier de nous arrêter pour contempler.

Le mystère de l’Eucharistie que nous célébrons particulièrement ce dimanche est justement un mystère à contempler, autant qu’il est un mystère à consommer. « Prenez, mangez-en tous », dit le Christ : l’Eucharistie a été voulue par le Seigneur pour que nous communions, que nous mangions sa Présence. Mais pour bien saisir que c’est vraiment Lui que nous recevons, il nous faut contempler ce mystère ; c’est ce que l’on appelle l’Adoration du Saint-Sacrement. Cette prière - heureusement redécouverte par beaucoup ces dernières années - est essentielle pour que notre cœur repose sur le cœur du Christ.

Quand nous contemplons l’hostie consacrée, présentée telle un soleil dans un ostensoir doré, nous voyons de nos yeux ce qui dépasse notre entendement : Dieu nous aime tellement qu’il se fait nourriture. Il est si humble qu’il vient reposer dans nos mains. Il est si peu soucieux de sa propre personne qu’il accepte de se faire balader dans une custode pour aller rejoindre une personne malade.

L’Adoration du Saint-Sacrement est la clé pour que nous sachions être des disciples de contemplation. Et ici, au sanctuaire du Laus, nous avons un beau moyen pour nous y aider, c’est la prière appelée : « l’amende honorable au Saint-Sacrement », une prière que la Vierge Marie avait apprise à Benoîte, qui l’avait retenue par cœur.

Parmi les paroles, toutes aussi fortes les unes que les autres, que nous offre cette prière, nous entendons ceci : Seigneur, « nos yeux aveuglés par ta Sainteté, se fixent humblement sur les voiles mystérieux qui te cachent à nos regards ».

Dans cette prière, nous avons tout le condensé de la présence eucharistique du Sauveur. D’abord, nos yeux sont aveuglés par la Sainteté de Dieu, il est trop grand, trop lumineux pour que nos yeux de pécheurs puissent Le voir dans tout son éclat. Mais le Seigneur ne nous a pas laissés dans cet aveuglement : « nos yeux se fixent humblement sur les voiles mystérieux qui te cachent à nos regards ». Nos yeux qui ne peuvent pas voir, voient cependant, mais ils voient comme derrière un voile.

L’Eucharistie nous montre ainsi réellement Jésus présent ; et quand nous communions, c’est vraiment Lui, le Christ ressuscité, qui vient reposer en nous. Mais l’Eucharistie, qui nous donne réellement le Christ, nous le montre sous le voile du pain et du vin consacrés, car c’est seulement au Ciel que nous le verrons face à face.

L’Eucharistie condense donc toute la réalité de notre vie présente : Dieu nous dépasse infiniment, mais il nous rejoint au plus intime. Il se donne réellement à nous, mais cette venue dans nos corps et nos âmes, tout en étant bien réelle, reste cependant voilée.

C’est ce que nous contemplons dans l’Adoration du Saint-Sacrement, comme l’expression la plus sublime de toutes nos autres contemplations de la présence du Seigneur. Un motard contemplant un paysage grandiose, un chanteur contemplant une pièce de grégorien, un servant contemplant la beauté d’une liturgie, tous sont appelés à vivre cette même expérience spirituelle qui trouve son expression la plus sublime dans l’Adoration du Saint-Sacrement : reconnaître que le Seigneur est bien là, mais que cette présence est encore voilée jusqu’à ce que tout soit dévoilée, dans la béatitude éternelle.

L’Adoration, la contemplation, sont donc destinées à nous faire désirer le Ciel, désirer la sainteté, afin de parvenir un jour à voir, pour un face à face d’éternité, Celui que nous percevons déjà maintenant de manière voilée. Désirer le Ciel, ce doit être notre plus grand désir, non pas comme une fuite des réalités quotidiennes, mais comme leur éclairage le plus lumineux, leur élévation la plus haute, leur espérance la plus forte. Nous voulons voir Dieu. Amen.

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Sun, 26 Jun 2011 00:00:00 +0200
"Imprévisible Trinité..." http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/imprevisible-trinite.html Fête de la Sainte Trinité

Pourquoi nous contenter de peu, quand le Seigneur nous offre tellement plus ? On pourrait résumer par cette question tout l’enjeu de la fête que nous célébrons ce dimanche, tant le mystère de la Sainte Trinité peut nous sembler bien obscur ou bien éloigné de nos préoccupations quotidiennes.

La fête de ce jour nous offre cependant  d’entrer plus en profondeur dans ce grand mystère, puisque c’est le Seigneur qui nous y invite Lui-même en révélant son Etre-même ; une révélation qui a des incidences fondamentales sur nos vies.

* * *

Certes, le mot de Trinité n’est présent nulle part dans la Bible. Mais Jésus révèle souvent son égalité avec le Père : de toute éternité, il est sont Fils, comme il le redit aujourd’hui : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Et l’Esprit-Saint, révèle-t-il encore, Lui est son égal. Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l’Esprit-Saint est Dieu ; mais ces trois personnes ne sont qu’un seul Dieu.

Au lieu de contempler ce mystère, il me semble que nous pouvons avoir tendance à le fuir, à le réduire. Comme un amateur de musique se contentant de chansonnettes alors qu’une symphonie grandiose lui est proposée, nous pouvons préférer penser un dieu accessible à tous, facile à comprendre, mais réduit dans son mystère ; un Dieu créateur, une force cosmologique, une puissance d’amour, mais pas davantage.

* * *

Ayons donc aujourd’hui le courage de rendre témoignage au mystère de la Sainte Trinité ! Un mystère qui nous est offert non pas pour compliquer notre foi et la rendre inaudible aux autres ; mais au contraire pour élever nos âmes et nous offrir cette grâce formidable d’entrer dans la vie-même de Dieu ! C’est là que se trouve caché tout le sens de notre vie, qui n’attend qu’à se révéler à nous. Car c’est seulement à partir de la Trinité que nous pouvons comprendre totalement de quoi nous sommes faits et pour quoi nous sommes faits.

Sincèrement : quels sont les désirs les plus grands qui nous habitent ? N’est-ce pas d’aimer et d’être aimés, autrement dit : de vivre des relations authentiques, jusqu’à la plus comblante que sera la vie éternelle en Dieu ?

Nous sommes faits pour la relation ; des relations qui nous soutiennent, qui nous font du bien, qui nous grandissent, qui nous consolent ; des relations par lesquelles notre vie prend du sens, en cherchant le bonheur des autres et en les soutenant dans leurs souffrances. Personne d’entre nous ne désire autre chose !

Or, ces désirs forts de relations vraies, c’est dans la Trinité qu’ils trouvent leur source. Car la Trinité, c’est ce mystère de relation qui unit le Père au Fils dans l’Esprit, de toute éternité, avant-même la création du monde.

Et nous, nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Celui qui est toute-Relation ; nous avons été sauvés, rétablis dans la grâce, ouverts à l’éternité, par Celui qui est toute Relation. C’est pourquoi ce grand élan est inscrit en nous : donner de nous-mêmes comme Dieu se donne de toute éternité, au sein de la Trinité.

Nous savons, a contrario, qu’en voulant garder pour nous-mêmes, nous gâchons les plus belles occasions de nos vies et nous risquons même de nous perdre éternellement. Le Christ nous prévient : « Celui qui perd sa vie la gagne ; celui qui veut la garder en ce monde, la perd pour la vie éternelle ».

Parce que Dieu est Trinité - relation éternelle de don du Père au Fils, et du Fils au Père, dans l’Esprit qui est don - Dieu perd éternellement sa vie pour la donner sans cesse et la recevoir sans cesse.

* * *

Alors, la fête de la Trinité nous appelle à revoir notre manière d’être en relation avec les autres : nous pensons trop souvent que c’est en attirant à nous-mêmes que nous allons gagner quelque chose ; mais nous nous éloignons alors de la manière d’être de la Trinité, donc nous nous éloignons de ce qui est notre bonheur. Car la logique de Dieu n’est pas celle de la terre.

Fêter la Sainte Trinité, c’est donc nous demander résolument quelle logique nous voulons suivre : celle du monde, pour attirer à nous et profiter des autres ? Ou celle de la Sainte Trinité, pour se donner sans jamais revenir en arrière ?

La logique de Dieu n’est pas celle du monde. Et comme pour nous le faire percevoir, le Seigneur nous appelle à dépasser notre logique comptable : 1 égale 3. Dieu n’est pas un théorème de mathématiques, il est l’Amour éternel, et quand on aime, on ne compte pas… ou plutôt, quand on aime, on est ouvert à l’autre : on ne peut pas s’aimer tout seul. Dieu, de toute éternité, aime sans s’aimer Lui-même mais il aime en Lui-même, Père, Fils et Saint-Esprit. 1 égale 3.

Mais on ne peut sans doute pas comprendre vraiment ce mystère de la Trinité si l’on reste à l’extérieur. Pour entrer dans ce mystère, il faut donc entrer en Dieu, épouser la logique de Dieu, vivre en communion avec Dieu. C’est ce que nous a offert notre baptême ; c’est ce que nous offre continuellement l’Eucharistie.

Maylis, Louis et Alexandre vont communier aujourd’hui pour la première fois ; ils vont expérimenter ce que nous vivons de manière peut-être un peu trop banale, nous qui communions régulièrement : quand le Christ ressuscité se fait nourriture et vient demeurer en nous, c’est nous qui allons, pour ainsi dire, demeurer dans la Sainte Trinité. Nous voici donc unis au Père, par le Fils, en étant rempli de l’Esprit-Saint.

Toute communion devrait être pour nous un accueil conscient de la Sainte Trinité. La Première Communion de Maylis, de Louis et d’Alexandre peut donc nous aider aujourd’hui à en prendre davantage conscience et à renouveler notre action de grâce pour un tel bienfait.

Pourquoi nous contenter de peu quand le Seigneur nous offre tellement ?

Embrassons aujourd’hui le mystère de la Trinité ; communions à ce mystère, et notre vie sera tellement plus belle, plus utile et vraiment orientée vers notre vocation éternelle : celle d’habiter la Sainte Trinité. Amen.

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Sun, 19 Jun 2011 00:00:00 +0200
Un spectacle pour soutenir les JMJ http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/un-spectacle-pour-soutenir-les-jmj.html Le vendredi 1er juillet, le sanctuaire accueillera "Racines d'étoiles", un spectacle... Thu, 16 Jun 2011 15:24:00 +0200 "Salutation !" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/salutation.html Lundi de Pentecôte et fête de Notre-Dame du Laus

« Quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle ! »

Nous sommes-nous quelquefois arrêtés aux salutations entre ces deux femmes dans la montagne de Judée ?  Peut-être pas ! Tout simplement par ce que nous ne faisons même plus attention aux salutations que nous nous échangeons. On ne saura rien de cette salutation de Marie à sa cousine mais ce que nous savons c’est qu’elle a fait naître cette réponse d’Elisabeth : « tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni. » Cette salutation est d’une grande beauté, d’une grandeur d’âme extraordinaire. Se saluer en reconnaissant que l’autre est béni, en reconnaissant que celui que l’on rencontre est sujet de grâces, qu’il bénéficie d’une attention toute particulière de la part de son Seigneur.  Nous aurions compris qu’Elisabeth ait pu penser qu’au regard de son âge, au poids de ses prières et de ses supplications incessantes, c’est elle qui aurait dû être choisie pour mettre au monde le Messie attendu.  Rien de cela dans son cœur… mais cette attitude d’effacement, d’humilité. Elle dit à sa cousine : « tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni. »  La salutation engage la qualité de la relation qui va suivre. Si l’on se contente d’un salut rapide, à peine audible, (Bonjour ! Salut!), il ne faudra pas être surpris qu’il soit impossible d’écouter l’autre et de lui parler dans une relation de qualité. Apprendre à saluer comme Elisabeth et Marie est une attitude naturelle à se forger. A nous de nous mettre à l’école de ces deux femmes, ces deux cousines : approcher l’autre en reconnaissant qu’il est aimé par le Seigneur, que l’amour de Dieu le couvre de bénédictions. Ouvrir la relation avec l’autre en reconnaissant ce qu’il porte en lui de grand, qu’il est porteur d’un projet, d’un choix du Seigneur sur lui… c’est se donner la chance d’une rencontre en grâces car l’autre est rempli de grâces. Les discussions qui consistent à exposer à l’autre tous ses bobos, toutes ses misères… (nous connaissons les échanges des tamalous), cette attitude ne fait que renfermer l’être humain sur lui-même lui interdisant de s’ouvrir à l’autre. « Tu es bénie entre toutes les  femmes et le fruit de tes entrailles est béni ! » Telle est la réponse d’Elisabeth à sa cousine.

     Cette salutation, elle est aussi à vivre dans notre prière.  Souvent, nous nous disons : je ne sais pas prier !  C’est peut-être tout simplement par ce que nous ne savons pas saluer le Seigneur. Toute prière commence par une salutation qui consiste à nous mettre en présence du Seigneur : « béni sois-tu, Seigneur Dieu de tendresse et d’Amour ! »  Nous mettre en présence du Seigneur pour entrer en relation avec lui. De la qualité de notre salutation au Seigneur dépend la qualité de notre prière. Se mettre en sa présence, c’est comme le dit Saint Paul aux Ephésiens : c’est se décentrer de ses misères, de ce qui nous replie sur nous-mêmes pour d’emblée reconnaître que « Dieu est riche en miséricorde. Il nous fait revivre avec le Christ et c’est par grâce que nous sommes sauvés ! »  Saluer ainsi le Seigneur, c’est entrer dans la joie du don d’Amour qu’il nous fait chaque jour  avant même que ne commence notre journée. « Il nous a créés en Jésus-Christ pour que nos actes soient vraiment bons ! »

     La salutation de ces deux femmes va les ouvrir à la prière de reconnaissance et d’actions de grâces.   Reconnaitre que l’autre est béni du Seigneur c’est comme par effet de boomerang reconnaître : « comment ai-je ce bonheur de vivre cette rencontre ? » « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »  Se saluer à la manière d’Elisabeth et de Marie, c’est donner chance à la reconnaissance, au chant d’actions de grâces, c’est s’ouvrir à la capacité de reconnaitre pour le chanter, toute l’œuvre du Seigneur, par son Esprit et grâce à l’Amour du Père.  C’est laisser le soleil de l’Amour entrer dans la grisaille de sa journée. C’est pouvoir reconnaitre que le Seigneur se penche sur nous, que pour nous il déploie la force de son bras, qu’en nous il élève les humbles, qu’à chaque instant il se souvient de son amour. De la salutation lors de la visitation, jaillit un chant de reconnaissance, de paix et de joie : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur ! » Les pauvres de notre monde nous évangélisent, les plus démunis, les plus méprisés nous ouvrent à cette attitude de cœur de la reconnaissance dès lors qu’on les approche avec respect. Les humbles de notre monde attendent de pouvoir reconnaître de par la manière dont nous les saluons que le Seigneur renverse les puissants de leurs trônes, qu’il renvoie les riches les mains vides, qu’il les élève par son Amour. Il y a une manière de donner qui restera toujours méprisante !  Du don jaillit la joie si d’abord nous savons nous saluer, nous approcher avec respect profond et amour véritable. Là se situe la Sagesse dont le Seigneur nous comble. « Cette sagesse est la mère du bel amour, de la crainte de Dieu, de la connaissance et aussi de la sainte espérance »…

     Alors, frères et sœurs dans le Christ, je vous invite à prendre le temps de saluer un de vos voisins avec la grandeur d’âme et la sagesse qui habitaient Marie et Elisabeth.

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Mon, 13 Jun 2011 00:00:00 +0200
Un nouveau site internet ! http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/un-nouveau-site-internet.html Bienvenue sur le site flambant neuf du sanctuaire Notre-Dame du Laus, mis en ligne le 12 juin!... Bienvenue sur le site flambant neuf du sanctuaire Notre-Dame du Laus, mis en ligne le 12 juin!

Une sélection de photos du rassemblement diocésain et du concert des Prêtres y est d'ores et déjà disponible (cliquer ici pour accéder aux diaporamas).

Comme pour tout site en rodage, vous imaginez bien que l'accès à certaines rubriques est encore restreint. De même, il se peut que vous soyez confrontés à certains petits disfonctionnements... Merci de votre compréhension et de votre patience. Vu le caractère exceptionnel de la journée du 12 juin, il nous a semblé intéressant de choisir cette échéance pour la mise en ligne, même s'il reste encore beaucoup de travail.

Grâce à ce site, qui va progressivement s’étoffer, nous espérons vous faire découvrir ou approfondir le message du Laus, ce lieu si particulier où le Ciel se fait plus proche de la terre.

Mieux : nous allons vous donner envie de venir ou revenir au sanctuaire ! Haut-lieu de réconciliation et de ressourcement ouvert à tous, Notre-Dame du Laus n’attend que vous !

Bonne visite.

En espérant vous compter dès maintenant parmi nos visiteurs fidèles et réguliers !

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Sun, 12 Jun 2011 00:00:00 +0200
« En quête de gloire » http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/en-quete-de-gloire.html 7e dimanche de Pâques A

Voici trois jours, nous avons célébré l’Ascension du Seigneur Jésus-Christ, et nous avons précisé : son Ascension « dans la Gloire ». Comme pour bien saisir la réalité de cet événement et ses conséquences pour notre vie et notre salut, ce dimanche met justement l’accent sur la Gloire de Dieu et notre participation à sa Gloire.

Voilà bien une réalité assez difficile à percevoir : qu’est-ce que la Gloire de Dieu ? Et quel rapport entre cette Gloire et celles que nous voyons s’étaler dans notre monde : gloire d’un succès ou d’une reconnaissance médiatique ?

Quand nous appliquons le concept de « gloire » aux réalités humaines, c’est pour parler d’un triomphe donnant une renommée particulière. On parlera ainsi de nos « glorieux ancêtres » pour honorer ceux qui ont donné leur vie pour notre pays ; leur courage et leur abnégation font aujourd’hui légitimement leur gloire, dans nos mémoires.

Si certaines de ces gloires humaines sont donc honorables, d’autres sont bien plus futiles. Mais, quoi qu’il en soit, il est évident que le Seigneur, Lui, n’est pas en quête d’une gloire à l’image du monde. Dieu n’a pas besoin d’être applaudi ; Il lui est absolument inutile d’être admiré ; Il n’est pas grandi par nos acclamations, puisqu’il est Dieu.

La Gloire de Dieu va donc nécessairement se jouer sur un autre registre que celui de la réputation et de l’admiration. C’est justement ce que viennent nous dire les lectures de ce dimanche.

 

*  *  *

Ainsi avons-nous entendu Saint Paul nous parler de « l’Esprit de gloire », comme le moyen de tenir dans les épreuves : « si l’on vous insulte à cause du nom du Christ, dit-il, heureux êtes-vous puisque l’Esprit de gloire repose sur vous ! » La gloire est donc une réalité présente et agissante maintenant, mais dont le déploiement total est annoncé pour plus tard, comme Saint Paul le dit encore : « réjouissez-vous afin d’être dans la joie et l’allégresse quand la gloire (du Seigneur) se révèlera ».

Il ne s’agit donc clairement pas d’une gloire de renommée à applaudir, mais d’une gloire à vivre, à laisser nous habiter ; une gloire à demander au Père, comme Jésus le fait dans sa prière d’aujourd’hui : « Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie (…) Donne-moi la gloire que j’avais auprès de toi avant le commencement du monde ».  

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette prière n’est pas facile à comprendre ! Mais si la Parole du Seigneur insiste à ce point sur cette réalité, c’est qu’elle a quelque chose d’essentiel à nous dire. Alors, acceptons de chercher à la comprendre, en commençant par un voyage en terre biblique.

 

*  *  *

Dans l’Ancien-Testament, la Gloire de Dieu  - la Shekinah – signifie sa présence quasi-visible. Enveloppée dans la nuée, elle est comme une colonne de lumière qui accompagne le peuple hébreu dans sa traversée du désert. Cet aspect lumineux et presque tangible est très important pour saisir ce qu’est la Gloire de Dieu : c’est la manifestation visible de Celui qui est par nature invisible.

Or, voilà qu’en Jésus-Christ, Dieu s’est rendu visible. Depuis lors, la gloire divine n’est donc plus seulement une manifestation de sa présence, c’est la personne-même du Christ. Nous entendions ainsi, à Noël, Saint Jean s’exclamer : « le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient du Père comme Fils unique plein de grâce et de vérité » (Jean 1,14).

Puisque la Gloire divine s’est pleinement manifestée en Jésus-Christ – on pourrait oser dire qu’elle s’est totalement « incarnée » en Lui –, il devient évident pour nous qu’elle n’a rien à voir avec une renommée admirative. Car si Dieu avait voulu être admiré et applaudi, il aurait choisi une autre manifestation que l’incarnation, si humble et si discrète. La Gloire de Dieu n’est décidément pas du bling-bling !

 

*  *  *

Mais une fois écarté ce qu’elle n’est pas, il nous reste à comprendre ce qu’elle est véritablement pour en saisir toutes les conséquences dans nos vies.  Car si Jésus est la Gloire de Dieu en personne, on peut se demander pourquoi il demande aujourd’hui au Père de le glorifier, c’est-à-dire de lui donner de la gloire.

Pour le comprendre, c’est le lien étroit entre le Christ-Tête et nous son corps qu’il faut d’abord percevoir. Monté aux Cieux, le Verbe éternel nous emporte avec Lui : par son humanité, c’est toute notre humanité qui est montée auprès du Père au jour de l’Ascension.

Par conséquent, si Jésus (qui est la Gloire du Père) demande au Père de le glorifier encore, c’est pour nous, les membres de son corps. Liés de manière vitale au Christ, sa gloire peut désormais circuler en nous.

Rendez-vous compte de ce que cela signifie ! La gloire divine, dans toute sa splendeur lumineuse, circule en nous et entre nous. Et c’est pourquoi Saint Paul osera cette affirmation scandaleuse pour la mentalité juive dont il est originaire : « nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : j’habiterai et je marcherai au milieu d’eux » (2 Co 6,16). L’Apôtre reprend ici l’image de la Gloire qui accompagnait le peuple au désert, marchant avec eux. Par Jésus-Christ ressuscité et par l’envoi de l’Esprit-Saint, cette Gloire est maintenant en nous, dans nos corps de chair.

Et Saint Paul nous aide encore à en tirer les conséquences les plus concrètes : « ne savez-vous pas que votre corps est le temple de l’Esprit-Saint, qui en vous et que vous avez reçu de Dieu ? Vous ne vous appartenez plus à vous-même » (1 Co 6,19).

C’est l’un des fondements essentiels de la morale chrétienne – ou l’éthique chrétienne, si vous préférez –, notamment dans le rapport au corps : puisque la Gloire de Dieu habite en nous, elle nous envahit totalement. Nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes et notre corps ne peut que glorifier Dieu.

Notre langue doit toujours glorifier Dieu… est-ce que nous ne l’employons pas à d’autres choses ? Notre corps sexué doit glorifier Dieu, en chacune de ses attitudes. Nos relations avec les autres doivent glorifier Dieu, et jamais nous glorifier nous-mêmes. Oui, en toute chose, prendre conscience que la Gloire de Dieu nous habite, c’est bouleversant pour toute notre existence.

Mais entre cette conviction spirituelle et son application pratique, nous savons tous que nous sommes capables de résistances et d’hésitations. Et voilà que le Seigneur nous offre justement des lieux pour lâcher nos résistances. Notre sanctuaire du Laus en est un privilégié ; l’expérience de Benoîte et son éducation spirituelle par la Vierge Marie et les anges l’ont ouverte, au fur et à mesure d’un long parcours de 54 années, à laisser la gloire faire en elle sa demeure, pour devenir chaque jour un peu plus des tabernacles de sa présence, des tentes de la rencontre avec sa gloire. Amen.

 

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Sun, 05 Jun 2011 00:00:00 +0200
"Pourquoi rester à regarder le Ciel?" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/pourquoi-rester-a-regarder-le-ciel.html Homélie de la Solennité de l'Ascension

« Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder le Ciel ? »

Cette question peut tous nous interpeller, nous qui vivons la fête de l’Ascension sur un sanctuaire où, pendant 54 années, une bergère a justement regardé et écouté le Ciel ; un sanctuaire, qui est un lieu privilégié pour, nous aussi, regarder vers En-haut, afin de voir notre vie avec davantage de hauteur.

En leur posant la question : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder le Ciel ? », les anges ne demandent donc certainement pas aux Apôtres de retourner à leur vie d’avant, comme s’ils n’avaient pas rencontré le Ressuscité qui les a ouvert au Royaume éternel.

Mais justement, par cette interpellation, les anges veulent maintenant aider les Apôtres à avancer dans leur vie et à prendre leur part dans l’annonce de ce Royaume. Il ne faut pas rester immobile, il faut se mettre en marche ! Galiléens, ne restez pas là à regarder le Ciel !

* * *

Pourtant, les Apôtres ont bien de quoi se retrouver paralysés devant l’événement de l’Ascension du Seigneur : car voici quarante-trois jours seulement, leur ami avait déjà disparu à leurs yeux… il était mort ! Les disciples croyaient l’avoir définitivement perdu. Alors, quand au troisième jour, il est ressuscité - une fois passée la peur devant l’inconnu et l’incrédulité devant l’imprévisible - les Apôtres avaient éprouvé une joie indicible : Jésus de nouveau au milieu d’eux !

Mais aujourd’hui, leur joie risque de disparaitre, car ils vivent de nouveau le départ de leur ami. Bien entendu, dans des circonstances qui n’ont plus rien à voir avec celles de la Croix, car le Seigneur est ressuscité, et il l’est pour toujours.

Mais ce deuxième départ, même s’il est glorieux, n’est sans doute pas pour autant facile à vivre pour les disciples ; car lorsqu’on aime quelqu’un, on a du mal à le voir partir. Alors, sans doute veulent-ils garder jusqu’à la dernière seconde de cette relation physique et visible avec le Christ. Mais c’est justement à ce moment-là qu’ils entendent les anges leur dire : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder le Ciel ? »

* * *

Oui, quelque chose est bien fini, quelque chose de ce qu’ils ont tellement aimé : leur Maître et Seigneur ressuscité, présent au milieu d’eux, les rassurant et chassant leur peur. Tout cela, c’était tellement beau à vivre !

Si les Apôtres peuvent intellectuellement concevoir qu’il est bon que le Christ soit entré dans la Gloire, l’événement de son Ascension est peut-être d’abord une réalité difficile à accepter pour eux ; un moment d’interrogation plus qu’un moment de fête. Mais seul leur effort d’accepter ce changement de relation avec le Christ va leur permettre d’avancer dans leur vie et de témoigner du Ressuscité.

S’ils ont besoin de l’encouragement des anges, c’est que les Apôtres sont faits de la même chair que nous ; alors, comme nous, ils aiment bien sûr les moments exaltants et ils craignent sans doute les changements.

En vivant une joie, qu’il nous serait agréable d’arrêter le cours du temps, de figer ce moment pour le goûter vraiment sans craindre qu’il disparaisse trop vite ! La fête de l’Ascension peut donc d’abord être l’occasion de réfléchir à notre manière de vivre nos joies terrestres et d’accepter qu’elles soient éphémères.

Accepter aussi tous les changements qui ne cessent de se produire dans nos vies ; les accepter, sans les prendre pour des disparitions, puisque le Christ est ressuscité ; et sa résurrection a définitivement changé la réalité du temps.

C’est là notre acte foi pascal : nous croyons que, par le Christ, tout changement est désormais porteur de la lumière de la résurrection. Tout changement est « passage » avec le Sauveur, tout changement est une Pâque. Même dans les moments les plus dramatiques de nos existences, le Christ vient faire jaillir une lumière qui ouvre un chemin de vie, même si nous le voyons pas, ou pas dans l’immédiat.

* * *

Mais, parce que nous aimons la sécurité, nous préférons souvent nous maintenir dans l’illusion que nous pourrons figer le temps, plutôt que d’accepter les changements.

Par la grâce du Ressuscité, il s’agit donc de poser cet acte de foi : croire que le Seigneur ne nous abandonne jamais, qu’il nous accompagne dans nos passages, qu’il nous fait avancer vers une réalité toujours nouvelle et toujours plus belle, une croissance perpétuelle de nos vies, une Ascension permanente, jusqu’à l’ultime !

Ainsi, les disciples vont-ils bientôt découvrir cette croissance nouvelle : dans dix jours, par la grâce de l’Esprit-Saint, ils comprendront qu’il fallait bien que le Ressuscité monte au Ciel pour que sa présence se développe partout et toujours.

Ils vont découvrir que l’Ascension du Seigneur n’est pas un abandon. Le Ressuscité va déployer sa présence : dans le mystère de l’Eucharistie, dans sa Parole vivante, dans l’assemblée corps du Christ, dans ceux qui peinent… le Seigneur est là, il se donne, il guide, il souffre, il aime. Non, le Christ ne vous a pas abandonnés ! Au contraire, il a déployé sa présence par-delà les contraintes de l’espace et du temps, pour pouvoir s’offrir à tous, faire l’unité entre tous et vivre intimement avec tous.

Mais cette réalité nouvelle, les Apôtres ne peuvent l’accueillir qu’en tournant la page de ce qu’ils ont vécu jusque-là. « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder le Ciel ? » Il ne s’agit pas d’oublier, bien au contraire ; mais il s’agit d’avancer pour accueillir ce qui est donné maintenant.

Il leur faut tourner la page, pour que la nostalgie de ce qui n’est plus laisse place à la joie de ce qui est offert maintenant. Tourner la page, pour ne pas se raccrocher au passé, afin d’habiter vraiment le présent. Tourner la page, comme un acte de foi qu’il y a tant à vivre et à découvrir encore !

* * *

L’Ascension est donc une fête pascale, en ce sens qu’elle est une fête pour nous réjouir des passages dans nos vies et pour renouveler notre foi en la présence du Seigneur qui accompagne et qui transfigure chacun de nos passages.

Et nous en avons déjà vécu beaucoup :

Tous, nous sommes déjà passés du ventre maternel à notre existence présente.

Tous, nous passerons de la vie terrestre à la résurrection.

Tous, nous sommes actuellement en train de vivre des passages : pour certains, c’est de l’enfance à l’adolescence, de l’adolescence à la vie adulte, de la vie en pleine forme à la vie malade, de l’âge des constructions à l’âge des conclusions.

Et tant d’autres passages, subis ou choisis, qui ne sont pas toujours faciles à vivre, mais dans lesquels nous reconnaissons la présence du Seigneur, qui nous accompagne dans une Ascension permanente, jusqu’à la communion plénière avec lui et entre nous.

Alors, le passage de la vie terrestre à la vie glorieuse que nous célébrons aujourd’hui pour le Christ est un appel à vivre sereinement tous nos passages de vie et à les accueillir vraiment comme des occasions d’une communion toujours plus grande avec Lui et les uns avec les autres. Amen.

 

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Thu, 02 Jun 2011 00:00:00 +0200
Notre-Dame du Laus tende la mano ai suoi vicini transalpini… http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/notre-dame-du-laus-tende-la-mano-ai-suoi-vicini-transalpini.html Il 28 e il 29 maggio 2011, il santuario mariano della diocesi di Gap e d’...      Il 28 e il 29 maggio 2011, il santuario mariano della diocesi di Gap e d’ Embrun sara’ decorato con i colori dell’Italia all’occasione del pellegrinaggio degli italiani presieduto da Mons. Renato  Boccardo, arcivescovo di Spoleto e Norcia. Si ricorda che questo prelato, molto popolare nel suo paese, e’ stato il responsabile dell’organizzazione di molte Giornate Italiane della Gioventu’ durante il pontificato di Giovanni Paolo II. Per Notre Dame du Laus, questo pellegrinaggio rappresenta un vero primato. E’ anche un simbolo dei legami che uniscono il santuario ai suoi vicini transalpini – come d’altronde l’attesta la sua relazione privilegiata con la comunita’ italiana della citta di Gap. Il pellegrinaggio e’ infine un’ occasione per contribuire ancora alla crescita della notorieta’ del santuario tra un popolo che sembra venire ancora piu volontieri in pellegrinaggio dopo la riconoscenza ufficiale delle apparizioni in maggio 2008.  E da notare che un terzo dei pellegrini e visitatori (turisti)  annuali (circa 50 000 persone) sono oggi originari d’ Italia.

     Mons. Boccardo  é conosciuto al santuario di Notre Dame du Laus in seguito alla  visita effettuata su  invito di Mons. Jean-Michel Di Falco Leandri, vescovo di Gap e Embrun e,  apprezzato il luogo,  Mons. Boccardo ha accettato con naturalezza di assicurare la presidenza del pellegrinaggio.

     Sabato 28 maggio alle ore 15, la cerimonia d’ apertura del pellegrinaggio rispettera’ alcune usanze tradizionali quali l’ appello solenne per regione o la processione che condurra tutti i pellegrini al seguito dei stendardi nei differenti luoghi emblematici del santuario.

     Il pellegrinaggio continuera’ domenica 29 maggio, nella cui giornata la messa solenne sara’ celebrata alle 10h30 sotto il grande palco del santuario in presenza di Mons. Falco Leandri. Un altro tempo forte del rassemblamento sara’ la catechesi presentata domenica alle 14h30 da Mons. Boccardo. Il tema dell’ insegnamento “ Maria, rifugio dei peccatori” ha un legame diretto con la vocazione di Notre Dame du Laus, forte luogo di riconcilliazione dopo che la Vergine Maria é apparsa per 54 anni  (1664-1718) a Benoite Rencurel.

     Situato a un ora e mezza dall’ Italia ( il piu vicino varco frontaliero e il Col di MontGeneve sulle alture della citta di  Briancon), il Santuario Notre Dame du Laus é chiamato naturalmente a risplendere in questo paese dove la devozione mariana e molto forte e dove ogni turista e un possibile pellegrino.

Sabato 28 maggio

15.00 : Celebrazione d’apertura alla Basilica presieduta da Monsignore Renato Boccardo

15.30 : Pellegrinaggio sui diversi posti delle apparizioni 17.15 : Adorazione del Santissimo Sacramento alla Basilica 18.15: Benedizione del Santissimo Sacramento alla Basilica 18.30 : Vespri (italiano/francese) presieduti da Monsignore Renato Boccardo 19.15 : Cena 20.30 : Celebrazione penitenziale alla Basilica 21.30 : Fiaccolata

Domenica 29 maggio

8.10 : Lodi mattutine (italiano/francese) presiedute da Monsignore Renato Boccardo 9.00 : Rosario commentato alla Basilica

10.30: Solenne Celebrazione Eucaristica presieduta da Monsignore Renato Boccardo

In presenza di Monsignore di Falco Léandri 12.15 : Pranzo

14.30 : Catechesi presentata da Monsignore Renato Boccardo : “Maria, rifugio dei peccatori.”       

15.30 : Processione con la statua della Madonna delle Grazie 16.30 : Vespri solenni (italiano/francese) presieduti da Monsignore Renato Boccardo]]>
Mon, 23 May 2011 11:48:00 +0200
"Berger des brebis" http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/berger-des-brebis.html Dimanche des vocations sacerdotales - 4e dimanche de Pâques

Berger des brebis, porte de la bergerie, portier qui permet le passage : en trois images complémentaires, le Christ nous enseigne sa manière particulière et comblante d’être présent dans nos vies et de nous guider vers l’éternité. Il nous dit aussi le mystère de cette mission qu’il a voulu confier à son Eglise par Simon-Pierre, les Apôtres et leurs successeurs, et ainsi par les prêtres qui n’ont cessé depuis 2000 ans de rendre le Ressuscité présent, agissant et pardonnant.

Des Pasteurs, des bergers qui conduisent les brebis, qui soignent les plus faibles et encouragent les plus vigoureuses ; tels sont les prêtres que l’Eglise ne cesse d’offrir au monde, parce qu’il en a besoin.

Des commentateurs avisés l’ont noté : l’année sacerdotale 2009-2010 a aussi été une année d’épreuves pour les prêtres. Avec les scandales de pédophilie (légitimement dévoilés mais injustement rejetés sur tous les prêtres) et avec les attaques subies par notre Saint-Père, on a craint que cette année sacerdotale soit surtout une année pour que les prêtres portent la croix, comme le Christ, le Grand prêtre éternel.

Et il est vrai qu’il y a dans la vocation presbytérale ce mystère d’une union particulière au Christ jusque sur la croix, qui rend la vie du prêtre crucifiante, mais pas moins épanouissante… comme pour tout baptisé, en somme, mais d’une manière particulière pour le prêtre, parce que ses mains ont été consacrées pour bénir et que les puissances du mal n’aiment pas cela.

 

* * *

Mais cette crucifiante année sacerdotale était à peine close que des foules se ruaient au cinéma pour voir le film « des hommes et des dieux », qui magnifie le don concret de sa vie pour les autres. Des foules aussi nombreuses s’enthousiasmaient pour des prêtres de notre diocèse, qui sortaient un disque et se présentaient sur des plateaux de télévision en portant dignement l’habit clérical, comme un signe utile - quoique non suffisant – qu’il y a de quoi être fier de répondre à cette sublime vocation.

On peut penser que ces nombreuses réactions positives au film sur les moines de Thibbérine et au disque des prêtres sont comme un témoignage du besoin de notre époque d’avoir sous les yeux des figures d’hommes qui ne sont bien sûr pas sans défauts, mais qui osent consacrer leur vie au Seigneur.

Des vies eucharistiques, dans le don de soi quitte à être mangé par les autres, et dans l’action de grâces pour toutes les merveilles que l’Esprit-Saint réalise à travers des hommes si peu dignes d’une telle mission et d’une telle grâce.

C’est bien sûr un grand honneur d’être pasteur à la suite du Christ, d’avoir la charge d’une partie de ses brebis et de se dépenser sans compter pour les guider vers la vie en abondance ; un grand honneur sans être pour autant honorifique, car la fécondité du Sacerdoce ministériel est grandement conditionnée par l’humilité de celui qui cherche à l’exercer, une humilité à réclamer sans cesse au Seigneur, tant elle est soumise à l’épreuve des réussites, de l’exposition publique et même du désir de bien faire.

Comme l’âne portant le Christ pour son entrée à Jérusalem se serait illusionné de croire que c’était à lui que revenaient les acclamations de la foule, de même le prêtre sait bien que les fruits de son ministère ne sont pas son œuvre, même s’il lui est demandé d’y mettre toute son énergie, toute sa foi et toutes ses compétences.

 

* * *

Energie, foi, compétence : tous les aspects du don de soi si bellement manifesté par le prêtre au jour de son ordination. Un don de soi que le Christ révèle dans sa propre manière d’être le pasteur des brebis, pour inviter tous les pasteurs à faire de même. Il nous dit ainsi du berger qu’il « appelle chacune (de ses brebis) par son nom », puis « il les fait sortir », « il marche à leur tête », il les conduit vers « un pâturage ».  

Si l’image des brebis ne nous est pas forcément des plus agréables à notre époque - puisqu’on ne veut surtout pas être pris pour des moutons qui suivent sans réflexion - acceptons humblement d’écouter ce que le Seigneur nous révèle par cette image bimillénaire.

D’abord, le Seigneur appelle ses brebis « chacune par son nom » : c’est dire qu’il nous connaît personnellement, et la sollicitude de vos prêtres devrait être un reflet évident de celle du Christ pour chacun. Si nous, prêtres, tentons sincèrement de le faire, pour parfois y parvenir, il faut bien reconnaître que les multiples sollicitations rendent de plus en plus difficile cette proximité à tous les fidèles.

Dans notre région, comme probablement dans toutes celles d’où vous venez, les prêtres ont à couvrir des territoires de plus en plus vastes ;  il n’est donc pas toujours évident de trouver le temps nécessaire pour témoigner à chacun de cette sollicitude du Seigneur, même sur un sanctuaire.

Mais on peut aussi renverser la question, car il est toujours tentant d’être observateur en se gardant de prendre sa part de responsabilité : que faites-vous, sur vos paroisses, pour que vos prêtres puissent appeler chacun par son nom ? Quelle aide leur apportez-vous ? Quel soutien matériel ou de prière ? De quoi pouvez-vous les décharger pour qu’ils ne manquent pas cette mission première d’être les ambassadeurs du Christ, qui appelle chacun par son nom ?

 

* * *

Deuxième mission du Pasteur envers ses brebis : « il les fait sortir », nous dit le Christ. Les prêtres ont donc la responsabilité de « faire sortir » leurs frères et sœurs. Les faire sortir de leurs peurs, de leurs refus de pardonner, de leurs égoïsmes et de leurs préjugés. Les faire sortir, également, de certaines habitudes…et ce n’est pas toujours le plus facile !

Mais les « faire sortir », c’est aussi certainement les conduire en-dehors de l’Eglise : c’est là que se déploie la vocation baptismale. Une fois les forces reçues dans les Sacrements, les fidèles que vous êtes doivent sortir de l’église et aller donner le Christ à l’extérieur.

Si un prêtre ne parvient pas à conduire ses fidèles jusque-là, il ne répond pas pleinement à sa mission. Car son objectif n’est pas de remplir les églises ni d’en faire des monastères ; l’objectif, c’est de nourrir les brebis pour qu’elles sortent.

Alors, si l’on a légitiment insisté ces dernières décennies sur la collaboration entre prêtres et laïcs, il importe que chacun approfondisse toujours plus sa vocation spécifique ; celle des prêtres est de nourrir les fidèles pour qu’ils sortent ; celle des baptisés est de se nourrir pour ensuite aller dehors et convertir toujours plus les structures de la société, les vies familiales et toutes les réalités humaines à l’amour véritable.

La troisième mission du Pasteur envers ses brebis consiste à « marcher à leur tête ». C’est le Christ et Lui seul qui nous guide. Mais il choisit de le faire par la médiation de l’Eglise, et en chaque lieu, de nos prêtres. Difficile mission pour le prêtre de marcher à la tête d’une communauté tout en prenant soin à ce qu’on ne marche pas derrière lui !

Car notre Eglise doit se prémunir de gourous focalisant sur leur personne ; elle a, en revanche, besoin de prêtres solides, qui nous conduisent au Christ. C’est là aussi votre responsabilité de ne jamais considérer l’un de vos prêtres - aussi charismatique soit-il - comme votre idole ; ce n’est vraiment pas lui rendre service et c’est manquer le but, qui est le Christ.

 

* * *

Puis, la dernière mission dont nous parle le Seigneur dans l’Evangile d’aujourd’hui, c’est celle de conduire vers des pâturages ; car, précise-t-il, il est venu pour que nous ayons « la vie en abondance ».

C’est sans doute la plus grande réjouissance du prêtre que de voir ceux dont il a la charge parvenir aux pâturages de la Parole de Dieu et des sacrements pour s’en nourrir abondamment ; une réjouissance aussi de voir tant de fidèles chercher à répondre à la vocation à la sainteté, même s’ils doivent payer cher leur renoncement à une vie opulente, tranquille ou divertissante.

Alors, acceptez que vos prêtres visent haut : ils portent le trésor de l’Evangile dans des vases fragiles. Ne jugez pas le message d’après le messager, mais aidez le messager à vivre le message.

 

* * *

Frères et sœurs, nous savons tous qu’en de nombreuses régions de France, le manque de prêtres se fait de plus en plus sentir. Ce manque illustre à quel point l’Eglise a besoin de prêtres ; mais ce dimanche nous rappelle aussi que vos prêtres ont besoin de vous.

Vous êtes bien sûr en droit d’attendre de leur part les attitudes qui conviennent et les compétences nécessaires à l’exercice de leur ministère ; beaucoup n’hésitent d’ailleurs pas à nous le rappeler, sans toujours une grande délicatesse.

Mais ce droit s’accompagne d’un devoir : celui de veiller sur vos prêtres. Ils ne sont pas d’impersonnels distributeurs de grâces ; ils ont un cœur, des combats et des besoins auxquels vous avez le devoir d’être attentifs.

Confions donc aujourd’hui tous nos prêtres au Seigneur : ceux qui nous ont baptisés, catéchisés, mariés, accompagné dans un deuil ou dans un choix important ; ceux qui nous ont confessé et fait l’onction des malades ; ceux qui nous guident dans nos diocèses, nos paroisses, nos sanctuaires.

Rendons grâce à Dieu pour nos prêtres et prions le Seul Pasteur de nous en envoyer encore beaucoup, car la mission est loin d’être achevée et son terme est tellement grandiose : rien de moins que la vie en abondance !

Amen.

 

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Sun, 15 May 2011 00:00:00 +0200
"Et moi..." http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/et-moi.html Pèlerinage des personnes malades ou handicapées J’avoue que je me suis demandé dans un premier temps pourquoi on avait gardé les textes de la fête de Saint Matthias. Pour un pèlerinage tel que le vôtre, il aurait été possible de choisir des lectures plus adaptées à ce que vous pouvez vivre, pour vous qui êtes malades ou âgés, pour vous soignants qui les accompagnez, pour vous membres de la Pastorale de la Santé.

Saint Matthias... que peut-il avoir à nous dire ?

Et puis, en lisant les lectures, j’ai été touché par leur contenu. Une phrase notamment a pris une coloration toute particulière en pensant à vous tous. La voici : « On tira au sort, et le sort tomba sur Matthias. »

Le sort tomba sur Matthias.

Il tomba sur Matthias et non pas sur Joseph Barsabbas, surnommé Justus. Pauvre Justus ! Il avait pourtant suivi le Seigneur. Il avait pourtant été le témoin de sa résurrection. Il remplissait tous les critères de sélection. Et voici qu’il a été écarté par le sort.

Oui, le sort est parfois dur. D’ailleurs la langue hébraïque ne s’y trompe pas. Dans l’Ancien Testament, le tirage au sort se faisant à l’aide de cailloux, le mot « sort » (gôral) vient d’une racine signifiant « rude », « rugueux ».

Oui, dures, rugueuses, rudes, sont les suites d’un tirage au sort, où l’un est pris, l’autre laissé. Oui, dure, rugueuse, rude est la loterie de la vie avec ses quelques gagnants et ses nombreux perdants, où l’un naît sans handicap, l’autre avec une maladie génétique, où l’un ne sera jamais malade, l’autre cumulera les maladies, où l’un sera un jour massacré par un chauffard, l’autre sortira indemne de l’accident, où l’un sort de l’hôpital sur ses pieds, l’autre les pieds devant.

 « Et moi, et moi, et moi ?! », crie depuis son tas d’immondices l’enfant des favelas. « Et moi et moi, et moi ?! », s’époumone en vain le petit Africain dont seule une peau momifiée recouvre les os. « Et moi, et moi, et moi ?! », pleure le jeune Indien qui sait qu’aucune main ne viendra essuyer ses larmes. « Et moi, et moi, et moi !? », implore l’enfant malgache qui ne demande qu’un peu d’école pour sortir de la misère. « Et moi, et moi, et moi !? », vous êtes vous dit parfois, ou vous dites-vous encore ! Dans un cri, dans un pleur, dans le silence, par une dépression, par une révolte….

Et moi ?....

Mais à bien y réfléchir, est-ce bien la vie qui est si rude ? Ne serait-ce pas plutôt ce qui fait obstacle à la vie ? La vie est belle. La vie ne demande qu’à s’épanouir. Ce qui est  rude, c’est ce qui s’oppose à la vie, ce qui la freine, ce qui l’étouffe.

A y bien réfléchir aussi, c’est vrai que j’en prends plein la figure. C’est vrai que je souffre. C’est vrai que je rame. C’est vrai que je suis meurtri. C’est vrai que trop c’est trop ! Mes années de chômage, mon divorce, la mort de mon enfant, mes infirmités grandissantes, ma dépendance, la solitude… Mais n’y aurait-il pas une brèche dans le mur qui s’élève jusqu’au ciel ? Dieu qui siège là-haut, comme dit le psaume, n’abaisserait-il pas son regard vers le ciel et vers la terre ? Est-ce bien le sort qui s’acharne contre nous ?

L’évangile de ce jour nous la présente, cette brèche. En la personne de Jésus. Par un Jésus qui sait très bien ce qui l’attend comme épreuves. Par un Jésus qui se préoccupe du sort de chacun de nous. Par un Jésus qui nous apprend à ne pas nous raidir contre le sort.

« Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis. » dit Jésus. Un serviteur, au temps de Jésus on en faisait ce qu’on voulait. Il était corvéable à merci. Il ignorait ce que voulait faire son maître. Tout ce qu’on lui demandait, c’était d’obéir, même sans rien comprendre. On pouvait agir avec lui de manière arbitraire.

De ces serviteurs, Jésus en a fait des amis. Jésus est venu nous rejoindre dans ce que nous sommes et il nous accompagne.

Non, nous ne sommes pas tenus à l’impossible ! Non, le Père n’est pas un despote ! Oui, il abaisse  son regard sur nous ! Oui, nous allons quelque part ! Oui, il retire le pauvre de la cendre pour qu’il siège parmi les princes ! Oui, Jésus est là à nos côtés pour nous mener à ce Père de tendresse !

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » confiait Lamartine dans sa Méditation poétique intitulée L’isolement. Et « nulle part le bonheur ne m’attend », criait-t-il alors, désabusé.

 Mais quand j’entends Jésus dire « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis », et quand je l’entends en plus ajouter « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie », j’aurais plutôt envie de dire : « Un seul être vous accompagne, Jésus, et tout est transfiguré ! »

Et comment nous accompagne-t-il, Jésus ? Où le trouver ? Dans sa parole, dans son eucharistie, dans la communauté qu’il a fondée sur les douze apôtres, dans l’Eglise qui est vraiment pour nous tous et chacun de nous, ici et maintenant, si nous le voulons bien, Jésus continué et communiqué.

Revenons à la lecture des Actes des apôtres.

Quels sentiments ont bien pu traverser Justus ? S’est-il réjoui pour Matthias ? L’a-t-il envié ? A-t-il été soulagé ? S’est-il résigné ? A-t-il accepté de bon cœur ? A-t-il claqué la porte au nez des apôtres ? A-t-il quitté la communauté sur la pointe des pieds ? Est-il resté ?

Et la communauté des apôtres, elle qui avait été si proche de ce Joseph Barsabbas jusqu’à ce jour au point de lui avoir donné ce surnom de Justus, cette communauté l’a-t-elle entouré ? Pour ma part, j’ose espérer que le compagnonnage de Justus avec le Ressuscité a été plus fort que sa déception, si déception il y a eu. Et j’ose espérer que les apôtres ont tout fait pour que Justus trouve sa place dans la communauté malgré le résultat du tirage au sort.

Chers frères et sœurs.

Inégaux devant le sort, nous le sommes tous. Inégaux face à la maladie aussi. Mais quel que soit notre état, rien ne nous empêche de rivaliser d’amour et d’entraide les uns pour les autres.

« Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis. Tout ce que j’ai appris de mon Père je vous l’ai fait connaître ».

« Aimez-vous les uns les autres. »]]>
Sat, 14 May 2011 11:09:00 +0200
"Il s'est penché sur son humble servante..." http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/il-sest-penche-sur-son-humble-servante.html Homélie de la cérémonie de reconnaissance officielle des apparitions

Trois siècles se sont écoulés depuis qu’ici Benoîte Rencurel a témoigné pendant cinquante ans de ce que le Christ et Marie sa mère lui révélaient de l’amour de Dieu pour les hommes, de sa miséricorde infinie, de son appel à la conversion.

Ici, comme à Lourdes, comme à La Salette, comme à Fatima, nous voyons Marie poursuivre sa mission de montrer son Fils, d’inviter à « faire tout ce qu’il nous dira. »

Avec Marie, en pensant à Benoîte Rencurel nous pouvons chanter : « Il s’est penché sur son humble servante. » Ce qui fait la grandeur de Benoîte ce ne sont ni ses capacités intellectuelles, ni ses diplômes, ni sa fortune, ni l’aura de son milieu social, c’est le fait qu’elle accepta d’être choisie par le Seigneur pour que, par Marie, lui soit révélée la tendresse de Dieu pour elle et pour l’humanité.

« La vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » Ainsi priait Jésus. Le connaître, c’est l’aimer. C’est être conduit jusqu’au plus intime de son être. C’est consentir à se recevoir de l’amour qu’il nous porte.

Ici, Benoite Rencurel a été guidée par le signe du parfum, des odeurs, vers Marie tout d’abord, puis de manière plus unique, plus suave, plus irrésistible vers la Croix d’Avançon, où le Christ crucifié et tout sanglant lui apparaît, lui disant qu’il ne souffre plus ainsi, mais qu’il se montre ainsi à elle pour lui faire voir ce qu’il a souffert pour les pécheurs et l’amour qu’il a eu pour eux. Benoîte en sera bouleversée, éclairée. Sûrement elle avait déjà entendu tout cela, comme nous d’ailleurs. Mais là il lui est donné de consentir à ce mystère de l’amour infini, de l’amour sauveur. Il lui est donné de percevoir le drame du péché qui abîme l’homme et défigure l’humanité. Il lui est donné de réaliser que si le drame du péché est bien là, la miséricorde de Dieu y est bien plus encore.

Elle se fera alors la messagère du pardon de Dieu. Elle invitera chacun et de manière très personnalisée parfois, à la conversion, c’est-à-dire à remettre de l’ordre et de la vérité dans sa vie, à donner la première place à l’amour de Dieu, à emprunter le chemin de l’humilité, à vivre vraiment en baptisé, marqué par l’huile sainte, cette huile qui marque nos vies de la bonne odeur du Christ. Elle conduira ses contemporains à se mettre à genoux pour recevoir le signe sacramentel du pardon et la force de l’Esprit pour vivre en enfant de lumière. Dans sa chair, dans sa vie, elle mènera le combat spirituel pour tenir dans l’espérance. Le Jour de la fête des Saints Innocents, dans le sourire de l’adieu qu’elle leur fait, ceux qui l’entouraient percevront que déjà elle souriait à ce Dieu et Père dont les bras ouverts s’apprêtaient à se refermer sur elle pour l’éternité.

Mes amis, mes frères, laissons nous gagner par l’amour de Dieu pour nous. Laissons nous toucher par le visage du Christ tout donné. Demandons pour nous-mêmes et pour l’Eglise la grâce de l’humilité qui permet au Seigneur de faire son œuvre en nous et de nous révéler les chemins de la mission et du témoignage pour aujourd’hui. Amen.

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Sun, 04 May 2008 18:20:00 +0200
Dimanche 24 septembre - 25ème dimanche du temps ordinaire http://www.sanctuaire-notredamedulaus.com/fr/actualites/lactu-du-laus-detail-de-larticle/news/dimanche-24-septembre-25eme-dimanche-du-temps-ordinaire.html Homélie du dimanche 24 septembre 2017 Thu, 01 Jan 1970 01:00:00 +0100